Covid-19 : si le virus ne disparaît pas, l’État de droit est-il condamné ?

Les Français doivent-ils se résigner à vivre en régime d’exception, ballottés par les déclarations étatiques tantôt rassurantes, tantôt effrayantes, sous prétexte que le virus ne disparaît pas ? Il y a urgence à réagir.

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Covid-19 : si le virus ne disparaît pas, l’État de droit est-il condamné ?

Publié le 11 février 2021
- A +

Par Frédéric Mas.

Quand finira la crise sanitaire créée par la covid-19 ? Dans un article publié le 4 février dernier, Bloomberg s’est essayé à une estimation chiffrée en s’appuyant sur le rythme des vaccinations. Selon les autorités américaines, il faudrait que soit vacciné entre 70 et 80% de la population pour qu’on puisse envisager un retour à la normale :

« Israël, le pays ayant le taux de vaccination le plus élevé au monde, se dirige vers une couverture de 75 % en deux mois seulement. Les États-Unis y arriveront juste à temps pour le Nouvel An 2022 (bien que le Dakota du Nord puisse y arriver six mois plus tôt que le Texas). La vaccination se déroulant plus rapidement dans les pays occidentaux plus riches que dans le reste du monde, il faudra sept ans à l’ensemble du monde au rythme actuel. »

Sept années pour en finir avec la pandémie ? À Singapour, qui pourtant arrive dans le peloton de tête des pays ayant le mieux géré la crise covid selon l’Institut Lowy, les autorités ne sont pas beaucoup plus optimistes. Le ministre de l’Éducation Lawrence Wong a estimé en janvier qu’il faudra sans doute attendre entre 4 et 5 ans pour que la crise se calme et que le monde revienne à une situation normale comparable à celui d’avant.

« À un moment donné, la pandémie passera, mais il faudra peut-être quatre à cinq ans avant de voir enfin la fin de la pandémie et le début d’une normalisation post-Covid. À quoi ressemblera ce nouveau monde post-Covid ? Personne ne peut le dire » a-t-il déclaré selon Channel News Asia.

La France plus rassurante que le reste du monde

En France, le gouvernement s’est voulu beaucoup plus rassurant que le reste du monde. La situation sera rétablie d’ici juin, nous a-t-on déclaré sur un ton optimiste. Si tout se passait bien.

Cette manière de communiquer dure depuis maintenant pratiquement un an. Si tout se passe bien, vous retrouverez votre vie d’avant, qui, soyez-en assurés, reviendra bientôt.

Chaque semaine, rien ne se passe comme prévu, et les confinements, reconfinements, couvre-feux, fermetures autoritaires des magasins et des écoles perdurent ou s’aggravent. Les vaccins devaient nous sauver du brouillard sanitaire, et puis finalement, ça ne change rien.

Le virus est plus « diabolique » et plus « intelligent » que prévu, selon Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique.

Il se joue des politiques publiques et réapparaît sous de nouvelles formes pour justifier l’existence d’un État autoritaire qui nous materne, nous protège et nous parle comme à des enfants. De nombreux scientifiques réclament le reconfinement. Pas sûr que la France en ait encore les moyens.

Pourtant, « l’État stratège » a réussi à rater sa campagne vaccinale, comme il s’est planté sur les masques et les tests quelques mois auparavant. Si on se rapporte à l’indicateur de suivi de vaccins créé par Bloomberg, la France va attendre des années pour sortir du tunnel, loin derrière Israël ou la Grande-Bretagne.

Chaque semaine, les Français attendent la bonne parole d’un gouvernement qui a organisé sur fond d’état d’urgence sanitaire son propre isolement politique. Décidant en comité restreint, s’appuyant sur un conseil scientifique au fonctionnement opaque, l’exécutif distille unilatéralement les informations et impose des normes bureaucratiques et sanitaires qui échappent à l’évaluation des organes démocratiques ordinaires.

Ceux-ci sont jugés globalement incompétents par ceux qui ont transformé la crise sanitaire en crise morale, politique et économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Tout cela est temporaire, nous dit-on, mais si le temporaire durait des années ? Les Français doivent-ils se résigner à vivre en régime d’exception, ballottés par les déclarations étatiques tantôt rassurantes, tantôt effrayantes, sous prétexte que le virus ne disparaît pas ?

La réponse du gouvernement ne doit pas être seulement sanitaire, mais institutionnelle.

À suivre.

Voir les commentaires (23)

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Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • navré delfraissy, vous êtes dans le baratinage… le virus est « banal » l’epidémie est « banale »..

    c’est ce genre de propos que je trouve scandaleux quant à moi..

    vous prêtez au virus de la malice pour pallier le manque de modestie et votre dissimulation d’ignorance…

    osez la modestie et l’humilité!!!!!

    on barre à vue, c’est si difficile à dire???

    l’epidémie dans un an ? aucune foutue idée …. et le climat dans 20 ans ? aucune foutue idée..

    ou alors mettez des vraies marges d’erreurs..

    le futur que je prévoie se situe en gros » entre catastrophe et ça va bien. ». et NON tu ne sais pas pondéré par une « probabilité » qui de toute façon ne fait pas sens..

    les scientifiques ( pas la science ) pourront être LEGITIMENENT être tenus pour responsables du gaspillage de pognon…

  • on ne peut laisser la France se transformer en pays du tier monde parce que des personnes âgées et ou en mauvaise santé et qui sont en minorité ne résistent pas au virus ;

    • Si je comprends biens il faudrait même leur inoculer le virus, si possible et de préférence la souche sud-Africaine ou Brésilienne!..
      La connerie n’a décidément aucune limite…..

    • On est déjà moins qu’un pays du tiers monde. Je m’aperçois que beaucoup de pays africains font beaucoup mieux que nous dans la gestion de la crise pourtant avec des administrations complètement corrompues : contrôle et tests aux frontières, contrôle des passagers des lignes de bus longue distance, suivi et quarantaine.
      De retour en France, pas un chat alors que soit disant les frontières sont fermées, le virus est prié de sévir aux heures de bureau.

  • La crise sanitaire précipite une évolution autocratique certaine du régime. Nos institutions représentatives sont effacées au profit de comités théodule qui sont des théâtres d’ombres abusant le peuple en lui faisant croire que le gouvernement débat (convention citoyenne, d’ailleurs bafouée, CSEE, réunion des maires lors de la crise des gilets jaunes, comités scientifiques de crise, carnets anglo-saxons de conseil…). La technocratie incompétente française et européenne règne en maître et sans contrôle. Les échecs de gestion de la crise sanitaire auront sans doute engagés la sortie de route qui bénéficiera à Mme le Pen en 2022.

  • Cette citation de delfraissy sur le virus diabolique et très intelligent est incroyable. On parle quand même des être les plus bêtes de la creation. Les virus sont de bêtes machines cellulaires deterministes, les plus simples êtres vivants existants sur cette planete. Certains scientifiques ne les considèrent même pas comme vivant.
    S’il n’a pas su prévoir que le virus allait muter, chose très courante dans cette famille de virus, c’est plutôt sur sa compétence qu’il faut se pencher

  • Et comme dirait un célèbre professeur, les vaccins, de la science fiction.
    Cette situation ne s’arrêtera jamais sans l’usage d’anti viraux, des médocs. Encore faut il qu’ils les autorisent.

  • Cet article implore le tyran d’arrêter d’être un tyran ou au minimum de l’être moins. Évidemment il n’a aucune raison de s’arrêter tant que son action criminelle est bien acceptée.
    Ce n’est pas au tyran qu’il faut demander de changer, c’est à ceux qui le cautionnent par habitude, cynisme,intérêt ou lâcheté.

  • La question est stupide !
    Pour nos juges débiles la réponse est oui. La condamnation globale de l’Etat n’est pas innocente, elle permet de fermer les yeux sur les corruptions et incompétences individuelles, voir forfaitures infiniment plus grave.
    Elle est pas belle la Justice ?

  • Au début la peur du virus a entrainé l’acceptation du confinement.
    Puis la dégringolade de l’économie a commencé d’inquiéter nos autoritaires dirigeants.
    Or maintenant point pernicieusement de jour en jour le risque de catastrophe sociale qui est la révolte des excédés envers ces interdictions et enfermements à vie et aussi le risque dû au désespoir vis à vis de leur avenir.
    Déjà la résistance s’organise envers le couvre feu dans des quartiers interdits aux forces de l’ordre avec des commerces ouverts.
    Donc nos autoritaires doivent dorénavant doser trois manettes: virus enfermement, économie liberté de circulation, explosion sociale.
    Virus et décision uniquement sanitaire c’était en 2020.
    Désolé pour le personnel médical mais en 2021 ils va falloir partager la prise de décisions, les politiciens vont reprendre en main le devenir de notre pays : présider et diriger le pays selon au moins ces trois paramètres, voire plus: virus, économie, révolte potentielle.
    Quand je dis les politiques ce ne sont pas forcement ceux en place actuellement, peut-être faudra-t-il un genre de cohabitation dès cette année.

  • L’Etat est prisonnier du discours qu’il a tenu dès le début: le Covid est une maladie très grave, qui ne se soigne pas, seul le vaccin pourra nous sauver et en attendant, il faut accepter des mesures sociales drastiques.
    Or il apparaît que le Covid n’est pas si grave que ça, et seulement pour certaines tranches précises de la population, qu’il existe des médicaments efficaces (sont l’Etat fait tout pour qu’ils ne soient pas utilisés), que le virus mute beaucoup et que l’efficacité des vaccins est très sujette à caution (sans parler des risques associés, inconnus), et que les mesures sociales liberticides ont un coût faramineux, et une efficacité plus que discutable.
    En d’autres termes, le narratif officiel est un tissu de contrevérités. Le pouvoir se trouve acculé à une fuite en avant, en mentant de plus en plus effrontément et en comptant sur la soumission des citoyens.
    Forcément, ça va bien se passer, comme dirait h16…

    • Comme de nombreux commentateurs sur le site de Contrepoint vous minorez l’impact de l’épidémie de COVID; certains se sont même risqués à parler de « grippette ».
      Si vous vous réclamez de la mouvance libérale, sachez que des pays comme la Suisse et le Luxembourg ont pris conscience de la gravité de la pandémie et, en temps voulu, ont mis en œuvre des stratégies de prévention et de lutte contre la maladie efficaces et bien acceptées par les populations concernées.
      Mais, vous me direz « l’exception française…. »

      • On ne minore pas.
        On a présenté le covid comme un MERS ou un SRAS 1, d’ailleurs le nom donné au virus du COVID n’est pas innocent, il fait référence au SRAS I qui faisait 10%-20% de morts.
        La plupart des coronavirus humains sont bénins.
        Du point de vue libéral, l’état n’a pas à intervenir, sauf pour le contrôle des frontières.
        En France, l’état est intervenu, avec comme conséquence de désorganiser les soins et de surajouter une crise économique.
        Plus de morts, plus de misère, moins de liberté.

        • « Plus de morts, plus de misère, moins de liberté » : c’est incontestable et vouloir le nier serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle.
          Mais, il ne faut pas attribuer entièrement l’incidence des mesures de prévention COVID à l’état préoccupant de notre économie en plein déclin du fait de la désindustrialisation à marche forcée et source de pertes d’emplois et de baisse généralisée de niveau de vie.
          Il faut également souligner que, dans ce contexte de pénurie d’emploi, on se trouve en présence de gouvernants qui aggravent la situation en acceptant des immigrants, par centaines de milliers, qui sont pour la plupart sources de graves problèmes dans nos banlieues.

          • Quand j’étais jeune, on appelait les migrants les travailleurs immigrés. Ils travaillaient.
            L’état socialiste est arrivé, le chômage a explosé, et ils sont devenus des immigrés, même après 1 ou 2 générations. Les problèmes français sont dus à la politique socialiste voulue par les français.

  • Merci Frédéric Mas pour cet essai sur la compatibilité de l’état de droit avec le virus…
    Reste à savoir de quel état de droit il s’agit?
    Dans la France de la Vème République, nous sommes dans un régime ultracentralisateur ayant généré une organisation étatique impérieuse et inamovible à laquelle les français ne sont pas en capacité de déroger.
    Les français doivent prendre conscience qu’ils vivent sous un régime qui a transféré le pouvoir politique à la classe sociale des fonctionnaires dont les prérogatives, les privilèges et les effectifs sont en augmentation constante et inéluctable…
    Dans ce contexte exceptionnel, qui n’existe dans aucun autre pays d’Europe, le seul espoir de changement ne peut résulter que de l’avènement d’une VIème République décentralisatrice , régionaliste et d’inspiration libérale.
    Pour l’heure, un rêve inaccessible car une majorité de nos ressortissants n’accepterait pas le sevrage des tétines étatiques.. bien au contraire!…

  • Nous ne savons rien pour l’instant, donc il est inutile de paniquer.
    Si l’on raisonne par analogie :
    – prenons la grippe espagnole, la pire catastrophe liée à un virus de type respiratoire, des dizaines voire centaines de millions de morts sur 3 vagues successives pour 3 variants différents ; eh bien cette grippe (H1N1) est devenue ensuite, cad au bout de 2 ans, saisonnière, causant certes encore des morts mais à des taux très faibles, et tout ça sans vaccin (le vaccin contre la grippe a été découvert 2 décennies plus tard)
    – ou prenons les autres coronavirus, les 4 qui donnent des rhumes ; il est possible que lorsque ces virus sont apparus, il y a sans doute très longtemps, ils furent responsables de pandémies ou pas ; en tout cas, ils sont aujourd’hui totalement inoffensifs.
    Il me paraît donc peu raisonnable d’imaginer un scenario catastrophe selon lequel le Covid ferait de nombreux dégâts pendant encore de nombreuses années.
    D’autant que nous avons désormais des vaccins et que nous savons mieux soigner les gens.

  • Les commentaires sont fermés.

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