Manifs des commerçants et des indépendants, manifs des sacrifiés

Tuer l’envie et les moyens de travailler d’un des derniers secteurs économiquement moteur dans ce pays aura des répercussions que l’on ne pourra malheureusement évaluer que quand il sera trop tard.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Vue by Sébastien Guillot(CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Manifs des commerçants et des indépendants, manifs des sacrifiés

Publié le 19 décembre 2020
- A +

Par Olivier Maurice.

Les restaurateurs et cafetiers manifestaient lundi à Paris. Comme ils avaient manifesté à Dijon, à Caen, à Marseille et en fin de compte, un petit peu partout en France.

Comme ont manifesté les professionnels des salles de sports, comme ont manifesté les représentants des musées, des cinémas, des théâtres, des salles de spectacle…

Comme un peu partout, depuis des mois, défilent les non-essentiels, les accessoires, les secondaires, les négligeables, les inutiles…

Disons plutôt les sacrifiés. Sacrifiés, car nous sommes en guerre, et la guerre, ça fait des victimes, la guerre, ça demande à faire des sacrifices. Parce qu’il faut bien montrer que le gouvernement prend des décisions, des décisions difficiles, des décisions impopulaires, des décisions courageuses.

La valeur courage

Comme si c’était courageux d’empêcher les autres de travailler, de les ruiner, de les mettre sur la paille.

C’est même tout le contraire du courage, de fermer les lieux de vie, de spectacles, de joie et de culture. Le courage, ça aurait été de les laisser ouverts, pas de les fermer !

Le courage appartient aux gens qui y vivent, à ceux qui les font vivre. Ce sont eux les plus exposés !

Clairement, il n’y a absolument rien de courageux d’institutionnaliser la peur, d’en faire une cause nationale.

Nul ne sait vraiment si le confinement a un effet sanitaire ou pas, mais ce n’est absolument pas la question. Rien n’a jamais empêché ceux qui le désireraient de rester chez eux. Rien.

C’est la peur qui pousse à s’enfermer chez soi, à réduire ses interactions sociales au maximum, à éviter les autres. C’est la peur des autres. Le confinement a légalisé cette peur et a banalisé le jugement moral que l’on pouvait avoir sur soi, sur son courage, mais aussi sur celui des autres, sur les autres, sur cet enfer que seraient les autres. Le confinement a légalisé la peur et son cortège d’infamies : la délation, l’opprobre, la fuite, le déni, le mensonge…

Le courage est devenu de l’inconscience, de l’irrespect, de l’incivilité. La peur est devenue de l’altruisme, du sacrifice, de l’empathie.

Le vice est devenu vertu et la vertu est devenue vice. Le courage est devenu mauvais et la couardise est devenue bonne, par le simple travers de l’interdiction de porter un jugement, par le simple procès en stigmatisation.

C’est devenu mal de montrer que l’on est fort, tout comme c’est devenu très mal de juger les faibles.

Inversion des valeurs

Difficile de savoir si c’est la peur, la rhétorique grégaire des chaines d’infos, le gauchisme systémique ou la disparition des points de repère moraux, qui ont amplifié ou mis en lumière cette terrible constatation, et confirmé l’incroyable pertinence de la première leçon du sorcier : les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu’ils souhaitent être la vérité ou ce qu’ils redoutent être la vérité.

Pour tous les couards, la couardise est nécessaire, c’est d’ailleurs la seule et unique vérité.

Ceci est encore plus vrai quand ils sont encouragés à croire ce qu’ils ont envie de croire. Depuis le début de la pandémie, on assiste en effet à un stupéfiant inversement des valeurs morales.

Les défauts sont collectivement devenus des valeurs. Les faiblesses sont devenues des exemples, puis la norme, puis l’obligation.

Les restaurateurs, les cafetiers, les artistes, les sportifs font les frais de cette inquisition moderne qui considère que l’on peut bien sacrifier un peu de ses loisirs, de son bien-être, de son amusement, pour la collectivité.

Mais c’est dans le fond le même sophisme qui est utilisé depuis bien longtemps pour asservir les citoyens, le même prétexte d’abnégation et de don de soi qui est instrumentalisé pour culpabiliser les mauvais penchants des individus : le procès en égoïsme, en non-respect des autres, en non-respect des règles, en luxure du superflu et en stupre du non-essentiel.

C’est cette même manipulation qui est utilisée encore et encore pour justifier l’exploitation et la mise en coupe réglée de la population.

La valeur travail

La culture, la convivialité et la santé ont été sacrifiés sur l’autel de la valeur travail, parce que le travail est essentiel, lui et que le loisir est par définition superflu.

Il est alors devenu mal de s’occuper de soi. Il est devenu mal de s’occuper de soi avant de s’occuper des autres.

Cet perversion morale a été tellement utilisée, tellement banalisée, tellement répétée, qu’en en oublie la profonde bêtise et l’incroyable manipulation qu’elle contient.

Si ce n’est effectivement pas très moral de refuser de s’occuper des autres quand ils ont besoin de vous, il est bien pire d’obliger les autres à s’occuper de soi, alors que l’on pourrait tout à fait faire autrement.

Les pires maux découlent des meilleures intentions. C’est d’ailleurs la deuxième leçon du sorcier.

L’altruisme est un leurre, une magnifique intention. C’est de cet appât qu’usent et abusent tous les totalitarismes, tous les systèmes qui demandent de se sacrifier au bénéfice d’une cause qui nous serait supérieure.

Mais quelle pourrait donc être ce bien qui serait plus précieux que le bien le plus précieux que nous possédons : la vie, ce nombre limité de jours à passer sur Terre et donc le décompte implacable démarre dès notre naissance ?

Ici comme ailleurs, la passion domine la raison. Triste troisième leçon qui nous rappelle que l’espoir de nous montrer plus noble et plus généreux que ce que notre fortune ne nous le permet, nous pousse à toutes les folies et à tous les mensonges.

La valeur économique

Il a été depuis très longtemps inculqué dans l’esprit des gens la croyance que l’importance serait équivalente à la nécessité. Or, c’est parce qu’une société réussit à rendre commun et quasiment sans valeur les choses les plus nécessaires, qu’elle peut croître et prospérer.

Ce n’est que parce que le nécessaire est devenu commun, que le superflu peut exister. Jusqu’au jour où le superflu, hier si rare, sera devenu lui aussi commun, si commun, qu’il deviendra alors lui aussi nécessaire.

L’industrie du tourisme à elle seule représente 7,4 % du produit intérieur brut. Ce chiffre a peu de sens dans un pays où l’État est comptabilisé pour moitié de la production intérieure, mais comparé aux autres secteurs marchands, cela place les activités de divertissement : tourisme, culture, sport, loisirs, etc. dans l’ordre de grandeur de l’industrie manufacturière, c’est-à-dire en tête de liste des activités, des revenus, de la production, des emplois… et donc en haut de la richesse du pays.

La France est la première destination du tourisme mondial en termes de fréquentation. Ces activités déclarées comme non-essentielles et sacrifiées pour cause de danger sanitaire, constituent tout simplement le fleuron du pays.

D’ailleurs, le fait que malgré sa première place en termes de visiteurs, la France ne soit que troisième en termes de recettes, en dit long sur le dédain porté à ce secteur, comme à l’argent et à l’économie de manière générale.

C’est également devenu mal de gagner de l’argent. C’est de plus en plus mal, au fur et à mesure que le collectivisme progresse.

C’est surtout très mal de gagner de l’argent avec le sport, la culture ou la gastronomie : ce qui est superflu devrait ne pas avoir de valeur, tellement ça en a… Et comme ça n’a pas de valeur, on n’en a pas besoin. L’argent, c’est si mal, et on n’en a tellement pas besoin…

La valeur sacrificielle

Sacrifier le sport, le tourisme, les loisirs, la culture, les restaurants, les cafés, les concerts, c’est exactement comme sacrifier de jeunes vierges en haut des pyramides : c’est beau ! C’est détruire ce que l’on a de plus précieux, ce qui porte l’avenir, dans l’espoir que le miracle sera à la hauteur du sacrifice. C’est montrer que l’on n’hésite pas devant le sacrifice. Quoi qu’il en coûte.

Pourtant, depuis 10 mois que dure cette pandémie nous pouvons être assurés d’une chose : les miracles sont aux abonnés absents. Les seules lois qui semblent s’appliquer de façon implacable depuis le début de l’année, et sans aucun doute depuis bien plus longtemps, sont celle de Murphy : « S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie », et celle de Peter : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité ».

Sacrifier le dernier fleuron de l’économie française encore en relative bonne santé, aux motifs d’une moraline dévoyée et d’un obscurantisme mystique à l’opposé de toute rigueur scientifique est à l’image de la gestion de la crise et du pays depuis malheureusement bien trop longtemps : soutenir contre toute évidence que l’on a toujours raison.

Tuer l’envie et les moyens de travailler d’un des derniers secteurs économiquement moteur dans ce pays aura des répercussions que l’on ne pourra malheureusement évaluer que quand il sera trop tard.

Jusqu’à quand la France, son peuple comme ses gouvernants, aura-t-elle encore les moyens de son arrogance ? Quelle devra être la rudesse du choc, pour que l’on comprenne qu’on a touché le fond et qu’il est trop tard ?

Sera-t-il un jour possible de remettre le droit dans ce pays ?

 

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  •  » le chef de l’état est aux antipodes du courage , incapable d’assumer ses choix et ses conséquence ; ( Philippe Bilger , avocat général ) ; nous avons des pleutres à la tête de ce pays , et cette pleutrerie contamine les français ; autant dire que l’on n’est pas sorti du sable ;

  • Pourquoi s’étonner qu’un peuple soumis à un lavage de cerveau permanent ne puisse agir de façon intelligente ?
    La dernière, la 5g doit être interdite sinon on ne pourra pas obtenir le zéro co2, ça consomme trop d’énergie.. Nucléaire ou éolienne ou solaire je suppose… C’est que ça fume grave une centrale nucléaire !

    • pas besoin de lavage de cerveau, la notion d’intérêt général suffit.

      imaginons que les décroissantistes qui veulent interdire la 5 G se souciaient vraiment de la consommation d’energie, pourquoi ne se contentent ils pas de proposer un quota energetique pour chacun que chacun déciderait d’utiliser selon ses choix?
      Parce qu’ils veulent contrôler la vie des autres..pas la leur.

      Aristocratie.

      • Les décroissantistes seront les premiers à avoir l’iphone 5g.. Gratos, ces gens là ne paient rien, ils font partie du sérail , les abrutis utiles. N

  • Il y a quelques jours dans un article gratuit du Monde (oui, j’ai de mauvaises lectures mais c’est très instructif), un lecteur trouvait très bien que les restaus soient fermés puisque les restaurateurs s’enrichissent grâce aux riches, et que de toute façon, le Français moyen ne va au restau que deux ou trois fois par an. En route vers l’Union soviétique où seuls les loisirs dictés par l’Etat ont une raison d’exister. Le choix « bourgeois » de s’offrir un restau, même à 12 euros, ou même simplemet un café, doit disparaître. Avec de tels citoyens, on attend la liste des loisirs non essentiels. Et tanpis si ces derniers contribuent à faire rentrer de l’argent dans les caisses publiques.

    • Ces gens imbibés de marxisme trouvent normale et jouissive la fermeture des restaus, bars et autres lieux de détente avant tout parce qu’ils symbolisent une économie libre, l’esprit d’entreprise, en un mot la liberté. Et la liberté, c’est ce qu’ils haïssent peut-être plus que tout. Pourquoi, répondra-t-on ? Parce que pour la grande majorité, les gauchistes sont des ratés, totalement incapables de créer et de faire tourner une entreprise. Et comme ils sont jaloux, ils souhaitent que la liberté soit ôtée à ceux qui réussissent. Quelqu’un a dit que l’envie (la jalousie) est le carburant du socialisme : c’est très juste.

  • Il ya sans doute un consensus sur l’idée de situation exceptionnelles.. qui peuvent « justifier » fermetures diverses et variées voir réquisitions..

    Un des conditions est que les choses soient claires..

    on est en guerre..ou pas.. ça se comprend…les morts de guerres sont visibles..on sait si on gagne ou on perd..

    ici..on est dans l’abritraire et on se sait même pas vraiment ce que signifie la victoire sur l’epidémie..

    On fermer ceci ou cela…en admettant même que ces mesures soient éfficaces…il ne s’agit pas d’efficacité absolue..

    le gouvernement fait au minimum le silence sur le fait que à un jeu de mesures, il aurait lui en substituer d’ autres ( jeu de modèles) mais on ne sais pas comment il « décide »…

    Pour un résultat donné, maitrise du flux de malades , vous avez le chois entre plusieurs options ayant chacune des impacts économiques différents tant en niveau global qu’en distribution sur la société.

    • Un consensus de personnes triées sur le volet, toujours les mêmes d’ailleurs, quelques artistes richissimes, vous pressez leur nez il en sort de la poudre magique, et des associatifs vivants de nos sous et les éternels corrompus.

  • Un billet triste, mais lucide. Ce pays court à sa perte, il est comme pris d’une folie collective.
    Les gens refusent majoritairement d’assumer leur liberté et leur responsabilité personnelles : c’est le terreau sur lequel les gens de pouvoir prennent des mesures insensées et destructrices, et non seulement depuis le début de cette épidémie, mais depuis des décennies. Nous assistons juste avec le Covid à une accélération de l’Histoire… on récolte ce que l’on sème.

  • passage devant une Taverne : allumée, des grosses peluches de nounours à table à la place des clients.
    j’avais envie de me faire un bon restau avec ma femme… Quelle tristesse…!

  • Derrière les bars, café, restaurants, salles de spectacles… ce sont également tout les prestataires de services, fournisseurs qui sont sacrifiés sur l’autel de la « santé » publique, tout cela bien sur sans aucuns remords de la part d’un état centraliste, autoritaire, technocratique , voir autocrate ; qui par peur de prendre réellement ses responsabilités, ce cache derrière des mesures liberticides a tout les points de vue.
    C’est a ce demander si toutes ces mesures liberticides ne sont pas mises en place pour permettre l’arrivé de ce nouvelle ordre mondial tant désirer par une nomenklatura mondialiste.
    Notre « président » c’est suffisamment époumoné lors de sa campagne électoral a ce sujet.
    L’arrivé de ce virus semble tombé fort a propos pour lui permettre de mettre sont programme a exécution a marche forcé en faisant disparaitre au passage tout ce qui permet la sociabilisation de la population envers ses contemporains.
    En effet qui n’a pas engager la conversation avec les voisins de tables,de comptoir ou a la sorti d’un spectacle.
    La disparition de ces lieux entrainerait non seulement une importante hausse du chômage, la descente vers une paupérisation de famille entière, la monté de la délinquance,une perte de savoir faire dans beaucoup de secteurs lier a ces métiers et l’arrivé du Transport, Boulot, Conso, Dodo ou toute distractions, relation social serait interdites ou au bon vouloir du Régime en place.
    Certes cette vision est alarmiste mais nous n’en sommes pas si éloigné que cela ,

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Yves Bourdillon.

Imaginez.

Imaginez qu’une pandémie démarre à Vert-le-Petit (Essonne), siège d’un des trois labos P4 français. Qui croirait les explications de Paris selon lesquelles ce virus aurait été transmis naturellement à l’Homme par une perdrix ?

C’est pourtant l’exploit qu’a réussi Pékin en imposant depuis un an au monde entier le récit selon lequel le SARS Cov 2 qui provoque la maladie Covid-19 proviendrait d’une chauve-souris vendue sur le marché de Wuhan, dont le hasard voulait qu’il se trouvât à proximité ... Poursuivre la lecture

Par Daniel Lacalle.

Les chiffres macro-économiques les plus récents montrent que le ralentissement chinois est beaucoup plus sévère que prévu et qu'il n'est pas seulement imputable aux confinements liés au Covid-19.

Les confinements ont un impact énorme. 26 des 31 provinces de Chine continentale connaissent une augmentation des cas de covid et la crainte d'un confinement de type shanghaien est énorme. Les informations en provenance de Shanghai prouvent que ces fermetures drastiques causent d'énormes dommages à la population. Des... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Par David Waugh. Un article de l'American Institute for Economic Research

Shanghai, la capitale financière de la Chine, qui compte 25 millions d'habitants, connaît actuellement sa troisième semaine de forte augmentation des cas de covid-19.

En réponse, le Parti communiste chinois (PCC) a mis en place des restrictions sévères à Shanghai, en envoyant une armée de travailleurs de la santé pour les faire respecter. Les citoyens ne peuvent pas quitter leur domicile. Ils ne peuvent recevoir des soins médicaux que sur présentation d'un... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles