La peur du virus nous a-t-elle fait perdre la tête ?

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Nous sommes devenus en un rien de temps une armée de bons élèves à l’écoute d’autorités imbues de l’immense pouvoir de protéger un pays entier contre un fléau mortel.

Par Paul Touboul.

Voilà plus de quatre mois que nous sommes entrés dans un univers qui pourrait bien figurer dans un quelconque film d’anticipation. Du jour au lendemain le cadre de vie s’est transformé, des règles nouvelles sont apparues pour guider notre existence, nous nous sommes sentis menacés à tout moment et en tout lieu par un mal invisible et pourtant terriblement présent capable de frapper à sa guise et de régir notre sort sur cette Terre, un avant-goût de fin du monde s’est instillé en chacun.

Obéir aux consignes

Il devenait urgent d’obéir aux injonctions des gouvernants nous sommant de rester isolés chez nous, de n’en sortir que pour des raisons impérieuses et munis de documents justificatifs, d’éviter tout contact interpersonnel, de maintenir entre personnes une distance réglementaire d’un mètre au moins, portée ensuite à 1 m 50 puis deux mètres.

Il nous a été inculqué avec force messages l’intérêt de nous laver soigneusement les mains en toute occasion, d’éternuer ou de tousser en se protégeant du coude ou dans un mouchoir en papier à jeter ensuite.

L’usage de masques ? Certes, il paraissait tomber sous le sens mais l’intérêt pourtant en était débattu. Nous sommes devenus en un rien de temps une armée de bons élèves à l’écoute d’autorités imbues de l’immense pouvoir de protéger un pays entier contre un fléau mortel.

Déluge d’informations

Et l’évènement a vu son retentissement démultiplié par l’entrée en jeu des médias, au premier rang desquels la télévision, qui depuis ne parle pratiquement que de cela, faisant que tout autre évènement survenant sur notre planète perdait toute consistance.

Déluge d’informations avec ses redondances, débats à n’en plus finir, appel aux experts avec la caution de la science, paroles des politiques cachant ignorance et indécision derrière des formules travaillées, théâtralisation des faits digne de dramaturgies antiques, et au bout du compte, dans ce concert de voix venant de toutes parts une immense cacophonie.

Et pourquoi ? Parce qu’un pandémie virale venue de Chine envahissait notre pays. Que devait-on craindre ? L’irruption d’un ange de la mort, foudroyant et impitoyable ? Le ravage d’un pays sans défense avec des millions de morts ? Une dévastation dont on mettrait des générations à se remettre ? Réaliser que nous avons pu en arriver à ce degré de confusion, de désarroi et de panique, mérite que l’on s’arrête un instant sur l’historique et que l’on revisite les faits.

Retour sur la pandémie

Au départ une virose apparue à Wuhan, une ville chinoise, mégapole d’une dizaine de millions d’habitants. La nouvelle n’a pas fait à l’époque la Une des journaux. Nous étions en novembre dernier. Il était question d’un virus nouveau, donc non encore répertorié. Certes une diffusion aux pays voisins (Corée du Sud, Singapour, Taïwan) était enregistrée sans pour autant déclencher d’alerte générale.

Cependant, avec le temps nous parvenaient de plus en plus d’images de l’épidémie avec son cortège de malades et aussi de décès dans une ville qui paraissait en état de siège. À un moment donné, et sous l’impulsion des messages alarmistes émanant de l’OMS, l’inquiétude a gagné nos contrées.

Il y a eu ce formidable accélérateur qu’a été en janvier l’explosion de l’épidémie en Italie. La virose a frappé de plein fouet un pays au début désarmé face au cataclysme meurtrier, puis rapidement les mesures sanitaires appropriées ont été mises en route.

Un tremblement d’effroi a alors gagné notre pays sans que soit pour autant déclenché de plan d’urgence. Il est vrai que nous paraissions épargnés.

Dans le même temps des nouvelles inquiétantes nous parvenaient de l’Espagne toute proche. Et le 14 mars dernier le président français a finalement annoncé l’état de guerre et instauré le confinement.

L’épidémie a depuis fait son chemin. Le nombre de formes respiratoires graves a dépassé dans les régions les plus touchées (Est, Île de France) les capacités de prise en charge des services de réanimation obligeant à des transferts inter-régions voire vers des pays limitrophes.

Au plus fort de l’épidémie (fin mars-début avril 2020), le système sanitaire français a paru au bord de la rupture. Et il est vrai que le bilan actuel est lourd, de l’ordre de 30 000 morts, signe de la violence de l’attaque.

Pourtant, au vu du nombre de contaminations répertoriées, contagiosité et dangerosité du virus apparaissent limitées. La létalité dans notre pays parait tourner autour de 0,5 %, elle semble même descendre à 0,02 % chez les moins de 20 ans. Par contre elle pourrait atteindre 8 % à 80 ans et plus. Ce pic de gravité dans le grand âge semble attesté partout.

Quelle prise en charge médicale ?

Et là se pose bien sûr la question de la prise en charge, laquelle dans notre pays a fait l’objet de débats houleux et dont nous ne sommes toujours pas sortis.

Quid de l’association chloroquine-azithromycine prônée dès le début par le professeur Raoult à Marseille sur la base d’informations provenant de Chine et issues de données provenant d’études limitées ? D’autres antiviraux semblent avoir fait l’objet d’essais non contrôlés finalement abandonnés en raison d’effets secondaires marqués. Quant à l’azithromycine, antibiotique généralement prescrit contre les infections respiratoires, une action antivirale du produit a été invoquée, à moins que ne soit ciblée dans certaines cas une bactérie opportuniste.

Dans les faits, les préconisations chinoises semblent avoir été assez largement suivies notamment dans les pays du sud-est asiatique, lesquels, entre parenthèses, ont résisté plutôt bien à l’épidémie.

Fallait-il donc traiter chez nous tout sujet contaminé dès le début de la maladie ? Contre cette idée a fait front une opposition tranchée coalisant nombre de praticiens hospitalo-universitaires, virologues et infectiologues notamment, et ce au nom de l’exigence scientifique de vérité puisque la proposition chinoise relayée par le professeur Raoult n’était pas validée par des études contrôlées.

Or, entamer des essais où les produits testés sont évalués par comparaison avec une population témoin identique laissée sans traitement requiert du temps, lequel risque d’outrepasser celui de l’épidémie. Cela n’a pourtant pas empêché nos experts de choisir cette voie et de continuer à s’opposer à l’autre.

Force est de constater qu’il n’en est pour l’instant rien sorti, alors que l’épidémie semble entamer actuellement sa décroissance. Certes la prescription signée Raoult a continué d’être appliquée, semble-t-il plus qu’il n’y parait, et en premier lieu à Marseille avec des résultats probants, mais jamais sur une base générale.

La seule concession faite officiellement a été d’en recommander l’usage dans les seuls hôpitaux et pour le traitement des formes sévères.

Alors, que l’on s’inquiète d’un déversement de médicaments dans une situation nouvelle où faute d’expérience on peut craindre légitimement des effets secondaires graves minant un potentiel bénéfice, une telle prudence va de soi et est au fondement de l’éthique médicale. Mais était-ce le cas ici ?

Les données tirées de l’expérience chinoise méritaient à tout le moins d’être prises en considération. Les résultats, certes parcellaires, offraient matière à réflexion. Et puis les médicaments incriminés sont archi-connus, la chloroquine est depuis des décennies prescrite à grande échelle dans la prévention du paludisme et continue chez nous d’être d’un usage courant dans les pathologies auto-immunes comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. A-t-on jamais entendu parler de complications sévères en limitant l’usage ? Certes, non.

Entrave des médecins, mesures aléatoires

Alors pourquoi tant de réticence et même d’opposition au nom d’exigences scientifiques inapplicables dans l’urgence ? Et de quel droit entraver la pratique des médecins en la matière ? Qu’ils aient la liberté de prescrire des produits qu’ils connaissent bien et dont en situation d’incertitude, comme ici, ils aient à en reconnaitre ou non l’intérêt, quoi de plus banal dans ce métier où les faits de ce genre abondent !

Et l’on a été jusqu’à dire, pour justifier l’abstention, que dans 90 % des cas la contamination est bénigne et ne nécessite aucun traitement. C’est là, je trouve, faire bien peu de cas des 30 000 morts, un bilan qu’aurait peut-être allégé une prise en charge active des malades. Il semble qu’à l’étranger ce débat n’ait pas donné lieu comme chez nous à une crise de nerfs pleine de sous-entendus malveillants.

Autre élément de surprise pour le médecin que je suis, l’adhésion comme allant de soi aux mesures de confinement. Après tout, se protéger du virus en se calfeutrant, se conçoit bien. Mais en est-on si sûr ?

Une telle mesure appliquée dans la plupart des pays concernés à différents degrés a-t-elle eu un impact décisif sur le mode d’expansion et l’ampleur de l’épidémie ? On aimerait l’affirmer, mais, avouons-le, en dehors de professions de foi, toute certitude fait défaut.

Il a été montré, calculs théoriques à l’appui, que depuis le confinement l’ampleur du développement de la virose avait été entamé entrainant un abaissement du pic des contaminations. Est-ce bien sûr ? Les courbes reflétant le suivi de l’épidémie en France ressemblent bien à celles de toute virose avec un aspect en cloche caractéristique.

Que l’invasion du covid-19 ait été quelque peu contenue, empêchant l’explosion des capacités hospitalières, cela semblerait le cas, mais encore une fois, une telle présomption n’est pas vérité.

Et puis fera-t-on jamais le décompte des dégâts collatéraux du confinements (conflits de personnes exacerbés en vase-clos, violences, malades se négligeant ou laissés à leur sort, vieux coupés des leurs, troubles psychiques décompensés, perte de travail et explosion du chômage, faillites multiples, misère sociale) lesquels pourraient bien à terme compromettre le soi-disant bénéfice sanitaire ?

Catastrophisme ambiant et peur d’une « deuxième vague »

Pourquoi fallait-il aussi que sous prétexte de nouveauté, ce virus se distingue des agents de son espèce vus dans le passé, soit l’objet des craintes les plus folles à tonalité parfois apocalyptique, ait vocation à nous surprendre et même à nous désemparer, devienne un ennemi public chaque jour plus terrifiant ?

Le catastrophisme ambiant s’en est donné à cœur joie. Chaque jour a amené son lot de soupçons, de craintes, d’informations faisant craindre le pire, de nouveaux maux attachés à ce virus démoniaque, le tout balayé ou non par les informations du lendemain.

Et comme si on n’en avait pas fini avec son machiavélisme, voilà que l’épidémie finissante est maintenant soupçonnée de n’avoir pas dit son dernier mot et de nous préparer une surprise de taille : une deuxième vague. Pourquoi ? Sur quels arguments ?

Le degré de contamination de la population ayant été modeste, le virus resterait sur sa faim et prêt à de nouvelles conquêtes. Des conjectures, encore des conjectures, qui pourtant ont fini par s’imposer et dessiner le nouvel horizon de la maladie.

La fabrication de l’opinion

Mais revenons à la télévision. Elle a contribué à faire d’une virose, dont il fallait certes se défendre, un évènement grandiose, planétaire. Le contact avec la réalité telle qu’elle était et finalement cernable a été perdu et remplacé par la vision d’une fantasmagorie terrifiante dépourvue de repères.

Le visage de l’épidémie a été recomposé, c’est un produit de novo qui a émergé, ouvert à toutes les conjectures et aux hypothèses les plus débridées.

Dans ce sillage a pris forme un courant de pensée dominant surfant sur cette version hard de l’épidémie alors que tout autre discours devenait inaudible (cf. Raoult). Cette fabrication de l’opinion est à méditer, elle ne manque pas de susciter question dans une société comme la nôtre pourtant ouverte.

Comme quoi, en réplique à la peur, peuvent naître des courants d’idées univoques, à vocation autoritaire, qui occultent le libre débat démocratique. Et on en a eu un aperçu ici.

En fin de compte, que s’est-il passé réellement ? Un beau jour a émergé et s’est répandu partout un nouveau germe appartenant à cette famille de virus respiratoires appelés coronavirus. Tout était à craindre puisque son comportement ainsi que les moyens de le combattre restaient à découvrir. Et les dégâts causés ont impressionné.

On semblait curieusement avoir oublié que dans le passé certaines épidémies de grippe avaient aussi frappé avec violence, s’en prenant surtout comme le coronavirus aux sujets âgés et fragilisés. Cependant, à l’époque, il n’en était pas fait état journellement à la télévision et aucun décompte des décès, de l’ordre de 20 000 morts l’hiver 2017, n’était tenu, comme aujourd’hui, à l’unité près.

Peu à peu, et au-delà de l’enflure manifeste apportée à l’information, les données acquises sur la maladie ont dessiné un profil plus conforme. Et l’épidémie semble suivre un décours connu par ailleurs.

Alors fin de partie ? Non, car en raison du récit développé à propos de la virose, la gestion du déconfinement est entachée de mille craintes donnant l’impression que nous marchons à reculons, la peur au ventre. Le monstre reste tapi dans la conscience collective et le pire est toujours à craindre.

Formatage des esprits, retour au Moyen-Âge

À l’encontre de ce que les épidémies nous ont appris depuis l’aube des temps quant à leur mode d’extinction, l’on persiste à forger d’autres scenarios dont celui de voir renaître de l’hydre une nouvelle tête. Notre humanité est moins malade du virus lui-même que de son existence fantasmée, laquelle continue de nous poursuivre.

Peur, peur, quand tu nous tiens ! Habitants de pays modernes, développés, nous avons fait le retour aux grandes peurs du Moyen-Âge et y avons sombré, aidés en cela par la technologie audio-visuelle qui a donné aux messages délivrés une écoute planétaire.

Et les montagnes de données chiffrées actualisées au jour le jour ont pris place dans un récit qui s’est structuré faisant de l’épidémie un évènement tragique unique en son genre. Oubliées les références antérieures, lesquelles auraient pu aider à recadrer la crise présente et à déciller le regard. C’est la vision d’une terra incognita qui l’a emporté véhiculant dans son sillage les projections les plus folles.

Et quel n’est pas mon malaise de voir, en cette phase de déconfinement, circuler des gens masqués, qui s’efforcent, comme on nous en a rebattu les oreilles, de maintenir avec l’autre le plus de distance possible, s’en prennent parfois hargneusement, dans les files d’attente des magasins, à ceux qui ne portent pas le sacro-saint masque, exhalent une peur devenue un credo fermé à toute argumentation.

Ce formatage des esprits, je ne m’en cache pas, me fait peur. Je ne peux m’empêcher de faire retour aux heures sombres de notre histoire où la propagande tendait à harmoniser les comportements au profit d’idées-force qui se voulaient vérité. On peut tout demander à un peuple sous emprise.

Il est certes des motifs honorables, le coronavirus en est un, et d’autres moins, pareille distinction pouvant cependant fluctuer selon les époques. Cette malléabilité du corps social acquiert une ampleur inédite à l’ère de médias d’information omniprésents, intrusifs, et à rayonnement planétaire. Elle offre plus que jamais matière à réflexion.

Loin de moi ici l’idée de minimiser ce qui s’est passé et d’amoindrir la gravité de cette épidémie dont le bilan est sans conteste lourd. Simplement, en tant que professeur de médecine, je me suis senti tout au long de cette affaire en décalage avec l’histoire qui m’était proposée, n’ayant de cesse de la mettre en perspective et de l’inscrire dans le passé millénaire des épidémies.

C’est cet oubli du passé et de ses enseignements qui m’a surpris de la part d’un monde contemporain en effervescence entré dans un combat considéré comme unique en son genre et sans équivalent.

J’ai vu aussi dans cette aventure croître et embellir, au-delà des motifs scientifiques, les querelles d’ego entre leaders de la médecine, des querelles qui, même feutrées, ont été impitoyables, avec en arrière-plan le lobbying de grands groupes pharmaceutiques. En fera-t-on jamais le bilan dans l’avenir ?

Quant à nos gouvernants, Ils ont eu la tâche difficile de définir un cap face au bouillonnement d’un univers en ébullition. Force est cependant, à leur encontre, de devoir déplorer l’absence de boussole, des stratégies de gestion de l’épidémie brillant par leur vacuité, sans compter les mensonges d’État sur les réserves sanitaires.

Et que dire des incohérences d’un ministre de la Santé qui prive les officines et donc les médecins de l’usage de la chloroquine, prend prétexte d’un article du Lancet, pour signifier l’interdiction d’usage du médicament, et puis revient sur sa décision après que l’éditeur de la revue anglaise ait pris lui-même ses distances avec l’article en question ?

La peur du « virus qui circule toujours »

Je pensais clore ces considérations en même temps que sonnait le glas de l’épidémie. Or l’été n’a pas mis fin à la saga. Avec quelque retard, et l’épidémie finissante, les tests de dépistage sont entrés en action.

Le combat continue, tel est le nouveau slogan. Le virus circule toujours. Des cas de contamination découverts ici ou là raniment la fièvre. Attention ! Petits clusters deviendront grands un jour, tel est le message à peine voilé que sous-tend chaque décompte.

On se prend pourtant à penser que l’invasion virale initiale ait pu traîner derrière elle des restes disséminés qui essaiment tardivement, contaminations qui sont d’ailleurs le plus souvent inapparentes. Ceci, lors de toute virose, est peut-être plus banal qu’il n’y parait.

Que je sache, on ne pratique jamais de dépistage à grande échelle au décours d’épidémies de grippe saisonnière. Qui sait si n’apparaitraient pas là aussi des clusters ignorés.

Plus que jamais le masque est de rigueur alors même, il faut le rappeler, qu’une telle injonction n’était pas de mise en pleine phase épidémique. On en vient même à réprimer les manquements à l’aide d’amendes, ou plus si récidive.

Une telle restriction de liberté, qui en d’autres temps aurait scandalisé, est désormais acceptée au nom de la sacro-sainte santé. Plus que jamais, les médias s’en donnent à cœur joie, le danger n’est pas écarté, la bête immonde nous guette. Refleurissent les chiffres de contaminés chez nous et ailleurs, la globalisation des informations en renforçant le potentiel anxiogène.

La peur gagne du terrain et infiltre les comportements. Et nous voilà entrés, par l’entremise d’un virus respiratoire, au fond banal, déguisé en entité diabolique, dans une ère de désordre planétaire car, évènement inouï, la grande majorité des États et leurs gouvernants se sont donné le mot, ont réagi comme un seul homme à la menace, chacun reproduisant ce qui se fait chez les autres.

« Ce virus qui rend fou », tel est le titre du récent livre de Bernard Henri Lévy sur l’épidémie. La formulation est on ne peut plus appropriée. Oui, il y a de la folie dans le tohu-bohu actuel. Et l’on est forcé de s’interroger sur les facteurs qui la sous-tendent.

La peur, la guerre et la disparition des libertés

De prime abord la peur, telle que nous l’avons déjà évoquée, entretenue par l’imagerie d’un fléau qui, invisible, est d’autant plus redoutable, décime aveuglément les populations rencontrées, se joue des stratégies d’évitement, semble renaître de ses cendres quand on le croit moribond, continue, des mois après l’agression, de laisser des traces de son existence. Telle est la présentation, disons officielle, de l’ennemi.

Le terme de guerre a été employé en son temps et l’on tremble à l’idée de ce qu’il adviendrait de nous, les humains, en cas de défaite. Curieusement cette dramatisation a résisté aux bonnes nouvelles qui nous parvenaient sur le comportement du virus et sa dangerosité limitée avec prédilection aux sujets très âgés ou malades.

Le débat démocratique, source vive d’une nation, a été lors de ces évènements mis à mal, évoluant de plus en plus vers un concert à une seule voix. Et dans ce sillage l’exercice des libertés publiques a été allègrement perverti au nom d’un objectif littéralement sacralisé, la santé.

Big Brother a été à nos portes. Il y a eu comme un avant-goût d’ordre imposé et d’embrigadement des esprits. Et chacun de courber l’échine. Le slogan certes était imparable : sauvons des vies.

Verrons-nous dans l’avenir apparaitre dans les manuels scolaires, parmi les conflits qui parsèment l’histoire humaine, cette guerre livrée au coronavirus comme préfigurant nos combats de demain ? Tout, dans ce qui vient de se passer, le laisse augurer.

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