Martine Aubry ou le socialisme à bout de souffle

Martine Aubry au 104 crédits parti socialiste Martine Aubry au 104 crédits Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

Martine Aubry apporte sa contribution à la succession de mesures toutes plus idiotes les unes que les autres prises par les nouveaux édiles écolo-dépendants.

Par Marc André.

Si, comme le disait Margaret Thatcher, le socialisme arrive rapidement à bout de l’argent des autres, il en va tout autrement de sa capacité à s’approprier les idées les plus stupides du moment. Exsangue après ses 6,5 % à l’élection présidentielle, le PS n’a dû sa relative sauvegarde locale qu’à une alliance particulièrement hasardeuse avec ses supplétifs d’hier : les Verts.

Forts des peurs millénaristes qu’ils ont su instiller dans le pays avec la complicité des médias mainstream, ces derniers déroulent leurs délires d’autant plus facilement que l’effondrement idéologique du parti de Jaurès laisse un boulevard à leurs élucubrations.

Ainsi à Lille Martine Aubry en bon otage des Khmers Verts vient-elle d’annoncer un moratoire sur le déploiement de la 5G, espérant sans doute l’implantation prochaine d’une colonie Amish pour relancer une économie locale que chacun s’accorde à trouver florissante.

Ces débats sur les dangers supposés des ondes électromagnétiques, aussi vieux que le téléphone portable, n’ont jamais été étayés par la moindre étude sérieuse. Il est parfaitement exact qu’un certain nombre de personnes se sont plaintes de troubles au fur et à mesure du déploiement des réseaux, sans pour autant que la science établisse une corrélation certaine.

C’est d’ailleurs bien là tout le problème. Avant la téléphonie mobile, les ondes radio existaient déjà et personne ne souffrait de quoi que ce soit à proximité des émetteurs TDF pourtant beaucoup plus puissants que nos antennes relais.

Simplement le progrès et l’émancipation de l’Homme, pourtant à la base de l’utopie socialiste, sont une abomination pour les partisans d’un retour aux grottes de Lascaux, surtout lorsqu’il voisine avec le capitalisme sauvage et le libéralisme qui ne saurait être qu’ultra.

C’est donc autour de ces vieilles lunes marxistes que les plus archaïques des socialistes se sont couchés dans le lit des partisans du silex et de la bougie, tout en dénonçant avec fracas les affreux LREM qui tentaient de leur faire barrage en s’alliant avec une drouate forcement réactionnaire.

Faisant fi de son héritage supposé venir des Lumières et de sa confiance dans la science pour libérer l’Homme de sa condition, Martine Aubry se réfugie donc derrière le « principe de précaution » pour décréter qu’il est urgent de ne rien faire. Les socialistes sont très doués pour ne rien faire, mais même cela, ils le font mal ! Ce faisant, elle sort une bassine et se fait prêter un glaive, pour donner un très médiatique coup d’épée dans l’eau.

Le gouvernement, par la voix de son sous secrétaire d’État à la machine à découper le jambon numérique, ayant déjà fait savoir qu’il s’asseyait sur les desideratas de l’amère de Lille et que la 5G sera déployée quoi qu’il en soit, na ! Notons au passage la différence considérable que l’arrivée de Jean Castex, « l’homme des territoires » a produite dans l’approche gouvernementale des libertés locales… Mais c’est un autre débat !

Résumons-nous ! N’ayant aucun projet pour sa ville et surtout aucune majorité derrière elle pour avoir la moindre chance de le mettre en œuvre, si jamais elle avait une idée de génie, Martine apporte sa contribution à la succession de mesures toutes plus idiotes les unes que les autres prises par les nouveaux édiles écolo-dépendants. Après le Tour de France polluant, les arbres morts de Noël, la statue de Napoléon, le refus de s’agenouiller devant le primat des Gaules tout en se couchant devant l’Imam, voici venu le moratoire sur la 5G.

Cette transition écologique au pays des corons est fascinante à plus d’un titre. Elle confirme l’état de délabrement idéologique complet de ce qui reste des socialistes. Elle permet de voir la réalité du péril vert et elle confirme que l’État jacobin se fout totalement de la gueule du monde quand il affirme, la main sur le cœur, que les maires sont les sentinelles avancées de l’État de droit. Bref, tartufferies à tous les étages.

Martine aurait été bien inspirée de se rappeler les propos de sa grand-mère sur le flou et les loups… En s’accrochant désespérément à son fauteuil de maire, en dépit de ses promesses de 2014, elle a fait entrer les loups dans son flou lillois. Pauvres Flandres !

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