Le système de santé va-t-il changer après le Covid-19 ?

Covid-19 by Terence Faircloth (CC BY-NC-ND 2.0) — Terence Faircloth, CC-BY

L’écroulement du système est une réelle menace. Ce danger n’a pas été anticipé par les décideurs de la haute administration. Comme pour le reste, ils ont tout raté.

Par Bernard Kron.

Le mouvement La République en marche se revendique être un parti politique progressiste. Il s’oppose ainsi aux nationalistes, assimilés aux réactionnaires.

Selon le politologue Jérôme Sainte-Marie, ce choix est fait pour dépasser le clivage gauche-droite.

En fait, pour la médecine il se montre étatiste et anti-libéral ! Il veut suivre la ligne progressiste des partis radicaux et du centre se voulant héritiers de Léon Gambetta tout en épousant certains aspects d’un pseudo-libéralisme pour la médecine.

« Quand la France aura fait entendre sa voix souterraine, croyez-le bien, messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre. »
— Léon Gambetta – Discours à Lille le 15 août 1877.

Avec la nouvelle loi de bioéthique il veut changer notre modèle familial basé sur la filiation et la parentalité. La loi Ma santé 2022 va évoluer avec le Ségur de la santé.

On saura les orientations à la mi-juillet, mais avec une dette hospitalière de 50 milliards d’euros et la crise économique, les marges de manœuvres seront trop faibles si l’État ne change pas de cap.

L’hôpital était en train d’exploser avant la pandémie.

Jugeant très insuffisante la réponse du gouvernement à la crise de l’hôpital, 1200 médecins hospitaliers dont 600 chefs de services avaient décidé de démissionner avant la crise sanitaire.

Leur lettre de démission collective avait été rendue publique au cours d’une conférence de presse. La crise de gouvernance et le manque de personnels étaient dénoncés par ces médecins. Ils rejoignaient ainsi les mouvements de grèves lancés par les services d’urgences et les internes en 2019. Le collectif inter-hôpital s’était mobilisé avec les internes pour une grande manifestation le 14 février 2020.

C’est reparti avec les mardis de la colère le 16 juin, avec plus de 20 000 manifestants contre le Ségur de la santé.

Il faudra attendre la fin de l’État d’urgence sanitaire en juillet pour connaitre les mesures qui seront adoptées pour restaurer l’Hôpital. Les manifestations sont reparties de plus belle car il n’y a aucune confiance dans les nouvelles orientations qui seront prises.

Le système de santé va-t-il changer après le Covid-19 ?

Elle risque d’aggraver cette tension car le Plan Blanc dans certains services hospitaliers déjà sous tension a épuisé les personnels. Pourtant cette crise a été très bien gérée par les médecins et tous les soignants. L’administration confinée dans ses bureaux a laissé enfin les médecins travailler et s’organiser avec le retour des cycles de huit heures ou de douze heures pour les personnels soignants.

Les médailles et les primes ne remplaceront pas les augmentations de salaires classés en dessous de la moyenne européenne et ne feront pas oublier le manque de masques de protection.

La saturation des lits de réanimation ont fait reporter la chirurgie lourde et le suivi des cancers avec des délais peu compatibles avec leur gravité. La presque totalité des hôpitaux publics et privés du territoire se sont vidés des autres pathologies qui ont été reléguées aux calendes. Toutes les hospitalisations et la chirurgie programmées ont été annulées.

Des malades paniqués par le Covid sont morts chez eux d’insuffisance cardiaque ou du déséquilibre de leurs pathologies chroniques. La plupart des médecins libéraux, généralistes et spécialistes avaient pourtant laissé ouvert leur cabinet malgré le manque de masques de protection.

En France on ne soignait plus, on attendait !

L’écroulement du système de santé est donc une réelle menace. Ce danger n’a pas été anticipé par les décideurs de la haute administration. Comme pour le reste, ils ont tout raté. La reprise de la chirurgie est d’une grande complexité faute de moyens suffisants avec la réquisition par les ARS de 5 produits anesthésiants.

Deux années seront nécessaires pour rattraper les retards. En effet, ce sont plus d’un million d’interventions qui ont été décalées1, ce qui entraînera une perte de chance pour de nombreux patients.

  1. Rapport de l’Académie Nationale de Chirurgie. Mai 2020.
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