Loi « Ma santé 2022 » : la médecine se désintègre, l’hôpital explose

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Loi « Ma santé 2022 » : la médecine se désintègre, l’hôpital explose

Publié le 29 mars 2019
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Par Bernard Kron.

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de Loi Ma santé 2022.

Le Sénat a maintenant la main et le vote en seconde lecture aura lieu en mai.

En moins de 10 ans, ce sera la quatrième loi santé. En l’état on peut déjà apporter un certain nombre de conclusions : l’étatisation est en marche accélérée vers la nationalisation de la médecine avec un risque de désintégration de tout l’édifice car au lieu d’être dégraissé le mammouth administratif va grossir.

Nos concitoyens ne sont pas conscients que les quatre lois santé (200, 2009, 2016 et Ma santé 2022) étatisent à grande vitesse le système.

Pourtant cette loi est globalement bien accueillie sauf par les vrais libéraux et par  L’Institut Santé fondé par Frédéric Bizard, qui prépare un contre-projet destiné au Sénat pour essayer d’en corriger les effets pervers.

La suppression du numerus clausus et la fin de l’ECN (épreuves classantes nationales) sont adoptées : c’était nécessaire et demandé par les étudiants mais  n’apportera aucun changement dans la désertification médicale, le temps disponible consacré aux soins ayant diminué compte tenu de l’évolution de la société et du poids administratif.

La société a changé, les jeunes ne veulent plus travailler plus de 50 heures hebdomadaires. Le nombre de femmes en médecine dépasse 70 % en faculté, 60 % à l’installation, mais moins de 20% en chirurgie. Ce changement n’a pas été anticipé par les décideurs. La féminisation n’est pas la raison de la pénurie, les hommes sont dans la même demande de préservation de leur qualité de vie !

Le retard dans la formation sera aggravé par les trois ans du Portail santé.

En effet, les externes sont devenus des stagiaires occupés à des tâches subalternes, voire au secrétariat ; les internes sont devenus des étudiants sans responsabilités, ce qui retarde leur formation et leur volonté de s’installer. Les gardes rémunérées 7 euros de l’heure sont devenues un enfer avec l’afflux sans fin vers les urgences.

Parmi les milliers d’amendements déposés les plus contraignants ont heureusement été rejetés car ils seraient contre-productifs, comme par exemple :

  • les stages obligatoires dans les zones médicales désertées,
  • le conventionnement sélectif,
  • l’encadrement des dépassements.

Reviendront-ils sous la pression de Mélenchon en deuxième lecture ?

Les délégations de tâches aux pharmaciens et aux infirmières visant à soulager les médecins sont également adoptées, mais c’est de la poudre aux yeux.

Mardi 26 mars en Commission des Affaires sociales, les députés ont adopté le principe d’un stage obligatoire en zones sous-dotées pour les étudiants en médecine, lors du deuxième cycle des études,  et qui conditionnerait l’accès à l’internat.

Mais un futur chirurgien ou radiologue y perdrait son temps !

Qui payera les trajets, le logement et la nourriture ? Nous sommes dans la pure démagogie stérile !

Les carabins devront ainsi avoir validé avant l’internat « un stage situé dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins », lit-on dans le texte de cet amendement de plusieurs députés LREM.

Le métier d’assistant médical est acté mais sa subvention sous conditions lui fera perdre tout avantage. La CNAM conditionne l’aide financière à l’augmentation du nombre de patients… ce qui en ferait une médecine à la chaîne ! Voilà comment le libéral est tué.

L’article 6 de la loi Santé, créant un statut unique de praticien hospitalier, a été également adopté. Il fusionne les statuts de titulaires à temps partiel et à temps plein, et est désormais accessible sans concours. Il permet un exercice mixte public/privé à tous les praticiens hospitaliers.

La ministre des Solidarités et de la Santé recommande ainsi aux anesthésistes-réanimateurs de mettre du beurre dans leurs épinards en allant exercer 20 % de leur temps en clinique afin d’améliorer leur rémunération…

On voit mal comment l’hôpital déjà sous pression pourra faire face à leur absence !

Les ARS (Agences de Santé), les GHT (Groupements Hospitaliers de Territoire) et les CPTS (Centres Professionnels Territoires Santé) vont mettre en effet les libéraux sous l’autorité de l’hôpital.

L’inflation administrative autour de l’hôpital a été en 20 ans de 300 %, le mammouth va donc encore grossir !

Ces échecs expliquent le mal-être grandissant des internes et des praticiens tant libéraux qu’hospitaliers, harassés par les tutelles et les normes face aux salaires monstrueux des hauts fonctionnaires qui s’acharnent sur les soignants.

Les hôpitaux de proximité : la réforme est très inquiétante car la restructuration hospitalière va pénaliser les zones rurales. Quels seront leurs activités, urgences, petites chirurgies, consultations avancées par des hospitaliers ?

Les maisons médicales : elles nécessitent 2 secrétaires pour fonctionner. Le coût des charges d’une secrétaire médicale se situe entre 30 000 et 50 000 euros par an. C’est totalement irréaliste pour les petites structures.

En conclusion :

La puissance des GAFA pour lesquelles l’e-santé est une manne financière considérable participent avec les lobbies de l’e-médecine à ce désastre. C’est donc la fin du suspense : « Ma santé 2022 » ne veut plus de la médecine libérale ou tout au moins veut la mettre sous sa tutelle.

Le système doit avancer sur ses deux jambes, libérale et hospitalière pour être efficace, mais l’hôpital est en crise car sur-administré. La jambe libérale va être amputée.

Voir les commentaires (27)

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  • claude henry de chasne
    29 mars 2019 at 7 h 04 min

    je ne comprends pas pourquoi on associe toujours les « services » a « public »
    Privatisons les hôpitaux ! et le probleme se recoudra de lui meme

  • Quand dans un pays il faut des ministres pour n’importe quoi c’est que cela devient dangereux. Un ministre de l’alimentation, de la reproduction, de l’information, de l’Internet…de la santé et du chômage ! Alors qu’il suffirait d’autoriser la richesse. Nous voyons bien que l’Etat travaille au maintien de son pouvoir. Augmentant sans fin ses tentacules sur le peuple le plus stupide au monde. La France est une blague et je préfère de loin 1984 où il y restait encore un peu d’humanité. Même la Grève d’Ayn Rand est moins froid que notre réalité. L’humain est comme la grenouille, il s’adapte et fait avec. Mais qu’est-ce qu’on s’emmerde dans ce pays.

  • Il faut arrêter de dire n’importe quoi le secteur libre existe.Pour ma part je vais en clinique c’est sûr que je paye plus cher qu’en hôpital mais le choix existe
    Quand à dire que nôtre système santé est parfait ce n’est pas le cas mais peu de pays offre aux gens peu aisés d’être aussi bien soigné et ça c’est grâce à l hôpital public malgré ses défauts.
    Il ne faut pas oublier aussi que les études de médecines en France sont gratuites et qu’en plus ils sont payés pendant une partie de leurs études

    • C’est bien clés, vous avez réussi à enfiler tous les poncifs éculés sur le sujet.
      Ah non! vous avez oublié; « la santé n’est pas un marché comme les autres ».

      • Et encore contrairement aux étudiants en médecine il n’a pas révisé tous les poncifs pour ce partiel…

    • Payés pendant leurs études? c est une blague… Gagner moins qu’un smic pour 50 h hebdo a faire tout et son contraire, des sutures au café pour le chef de service, à 25 ans passés…. même la cgt a de quoi bondir

    • C’est sûr!! C’est pour cela qu’on voit tous les jours des hordes de pauvres allemands, suisses, italiens ou espagnols fuir leur système de santé médiocre pour se précipiter en France se faire soigner…
      Et un poncif de plus!

    • L’hopital libre c’est comme l’école libre en france : de moins en moins libre, cher et mis à part quelques exceptions tu peux y sentir le socialisme à l’oeuvre. La pression pour les employés est telle que pour continuer à faire du bénéfice sous l’avalanche des prélèvements et des contraintes administratives tu peux y ressentir un manque flagrant d’effectif…

    •  » les études de médecines en France sont gratuites et qu’en plus ils sont payés pendant une partie de leurs études »
      Argument classique! Les étudiants puis internes et assistants travaillent pour l’hôpital pendant leurs études pour un salaire très nettement inférieur à ce que devrait payer l’hôpital pour des titulaires aux fonctions équivalentes. Donc les étudiants en médecine remboursent très largement le coût de leurs études!

  • je peux vous assurer qu’en Belgique, (je suis belge) personne n’envie le système de santé en France . Ouvrez les yeux en dehors de la France et sortez de la propagande  » le système français que le monde nous envie » . Fake news!!

  • Si je ne me trompe pas en Belgique il y a aussi une sécurité sociale où tout le monde doit cotiser.Ce n’est pas très libéral.
    Le reste à charge quand à lui est payé soit par le patient ou une complémentaire payé en partie par l employeur si je ne me trompe un peu comme en France.

  • La santé est trop importante pour la confier a des fonctionnaires politicards, seuls des médecins ou chirurgiens devraient décider de l’organisation de la santé ; encore une fois, les technocrates sont en train de tout démolir avec des plans trucs des plans machin, alors que la France avait une offre santé dans les premières au monde

  • « les études de médecine sont gratuites » ahahahaha je me marre, après 6 ans a bosser, je les ai payées déjà 10x avec les impôts les « études gratuites ». Les américains payent puis remboursent. Les Français sont exploités pendant 8ans puis payent toute leur vie. C’est beau la gratuité.

  • que l’ETat aggrave les problèmes je suis d’accord mais le lobby médical a sa part de responsabilités non? toujours à quémander des aides pour s’installer dans des zones dites désertes ..juste une question : c’est l’Etat qui rend une profession à l’état de caste qui ne préserve que ses intérêts ou c’est la profession qui se défend de l’Etat en profitant du système?

  • La plupart des étudiants payent leurs études et ensuite sont eux aussi assujettis à l impôts

  • @Dekkard vous vous trompez lourdement, les médecins n’ont jamais eu aucune revendications quelconques, a part qu’on leur foute la paix. Les aides et autres conneries étatistes ne sont que le fait des élus qui veulent attirer les médecins sur leur territoires après avoir organisé sciemment la pénurie. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si les médecins français partent travailler en Suisse, Allemagne, Benelux et même Thaïlande et que les ceux qui s’installent en France viennent du Maghreb, d’Afrique noire de Roumanie…

    • « Qui payera les trajets, le logement et la nourriture ? » dixit le texte sur les stages obligatoires…perso j’ai fait des stages obligatoires pour une reconversion, je n’ai rien réclamé et persone ne s’est soucié de savoir si ça me poserait des problèmes..

  • clés, bien sûr, mais c’est dans commune mesure avec ce que paye un français

  • La petite bête
    29 mars 2019 at 15 h 23 min

    La santé fonctionnait bien mieux quans les ARS (Agences de Santé), les GHT (Groupements Hospitaliers de Territoire) et les CPTS (Centres Professionnels Territoires Santé) n’existaient pas. Voilà la réalité.
    La bureaucratie a envahi tous les secteurs de la société. C’est un véritable cancer qui va faire crever la Fance.

  • @la petite bête, c’est clair ! et ne parlons même pas des assureurs public (sécu) et pseudos privés (mutuelles) qui sont encore pire

  • Il est sûr qu’un certain nombre de médecins formés en France exercent aux États Unis et au Canada car ils manquent cruellement de médecins
    Mais peut-être faut-il se poser la question pourquoi manquent t’ils autant de médecins ?

  • A partir du moment que l’hôpital est une entreprise comme tant d’autres où seul la règle est la productivité !! Le malaise sera grandissant et ce n’est pas fini !!

  • Quand on a un Président idiot, il nomme des ministres idiots, qui pondent des mesures idiotes, qui coulent encore davantage un pays d’idiots!

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