Grève aux urgences : jusqu’ici, tout allait bien ?

Le pays de la « plus belle médecine du monde » est en train de faire exploser son système de soins.

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Camionnette des pompiers Renault By: Frédéric BISSON - CC BY 2.0

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Grève aux urgences : jusqu’ici, tout allait bien ?

Publié le 14 juin 2019
- A +

Par Phoebe Ann Moses.

Un petit tour dans votre moteur de recherche préféré en tapant « urgences » vous donnera un aperçu de la situation catastrophique que le pays est en train de vivre.

Le pays de la « plus belle médecine du monde » est en train de faire exploser son système de soins.

Urgences : le personnel n’en peut plus

Les urgentistes expliquent clairement qu’ils sont « à bout ». Un terme vague et difficile à comprendre dans un pays où on évoque le « burn-out » à la moindre contrariété professionnelle. Y compris dans des métiers où le travail consiste essentiellement à être dans un bureau.

Ce « beau métier » supposé apporter aux patients une réponse immédiate à un problème de santé urgent (et vital) a été détruit par les gouvernements successifs, qui ont fait des urgences un dispensaire devant répondre gratuitement à tout et n’importe quoi : de l’infarctus en cours à l’angoisse nocturne, de la crise d’appendicite à la cause la plus bénigne.

Au milieu d’un fatras de motifs ne relevant pas de l’urgence vitale, des cas graves et nécessitant toute l’attention et tout le temps du médecin finissent par être traités avec difficulté. Médecin interrompu en plein examen du patient par des personnes faisant irruption dans le box et ne supportant pas d’attendre pour un motif moins urgent ; agressivité, agressions, menaces…

La nuit, il est de plus en plus fréquent que les médecins et les infirmières soient agressés. L’agression verbale est quotidienne. Les gens ne sont pas « juste impolis », ils sont violents. Ils empoignent, ils saisissent les blouses, ils menacent de mort.

Ce ne sont pas des cas isolés. C’est le lot de tous les services d’urgence.

Le Figaro dresse un triste état des lieux :

En vingt ans, les urgences ont vu leur fréquentation doubler. Sur l’année 2017, pas moins de 8,3 millions de patients ont été pris en charge dans les différents services nationaux, dont 1,5 million dans les centres hospitaliers universitaires (CHU) d’Île-de-France. Une surpopulation des services qui entraîne des tensions quotidiennes: « c’est un boulot de chien de travailler aux urgences. On se fait cracher dessus tous les soirs », commente un infirmier de l’hôpital parisien Lariboisière.

Ce débordement « personnel » est amplifié par un débordement administratif : impossibilité de trouver des lits pour mettre les patients dans les services appropriés, inertie de certains services qui refusent de prendre des patients parce que la fin d’après-midi approche et que personne n’a envie de rallonger sa journée de travail ni ses semaines de 35 heures.

Agnès Buzyn sur tous les fronts

Les conditions se dégradent depuis plusieurs années. Agnès Buzyn tente de panser tant bien que mal la plaie des urgences. Mais les solutions qu’elle propose n’auront d’impact que dans plusieurs années. Les soignants doivent donc attendre, et serrer les dents. En attendant, Agnès Buzyn ne veut plus « qu’il y ait des gens sur des brancards »… Un voeu pieux partagé par les soignants mais comment fait-on ? On invente des professions intermédiaires qui « gèreront » certains malades, pour cacher la misère des services ?

Sa tentative de culpabiliser les urgentistes de Lons Le Saunier, massivement en arrêt maladie, ou ceux de l’hôpital Lariboisière, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. C’est maintenant la France des urgences tout entière qui s’embrase. Évoquer la « responsabilité » des soignants, comme l’a fait Édouard Philippe, est tout simplement cynique : qu’un politicien ose ce genre d’argument, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !

Vous entendrez parler de la « dégradation du service public ». Vous entendrez demander « plus de moyens ». Mais vous payez déjà pour le service public, avec vos impôts, et vous payez aussi pour que l’hôpital ait des moyens, avec des cotisations « salariales et patronales » prélevées sur votre salaire.

L’argent a bien été prélevé. Apparemment il s’est perdu en route.

Au cœur du problème : la politique menée depuis des années

Les méthode pour « sauver » les urgences et le système de soins en général, seront socialistes, alors que les causes de leur implosion sont socialistes : plafonnement des tarifs, planification du système, fonctionnarisation des médecins, destruction de la médecine libérale… Et ce sont les responsables qui en parlent le mieux :

Olivier Véran est celui qui fustigeait les médecins « mercenaires », ces horribles médecins qui viennent suppléer à l’absence de personnel en cas de besoin… Et qui prônait la régulation du personnel hospitalier.

Les problèmes des urgences, actuellement « révélés » au  grand jour, ne sont que le commencement : elles sont la première ligne de ce système de soin à la française. Mais le reste suivra.

Il n’y a qu’une seule solution pour résoudre cette crise. Que l’argent public soit géré convenablement et cesse de se perdre dans les méandres d’une administration kafkaïenne et pléthorique qui finit par nuire au patient au lieu de le servir.

De même, la gratuité montre ses limites. L’augmentation du flux de patients est sans cesse alimentée par la gratuité de tout, donnée d’une main par l’État. De l’autre main, il a serré la vis sur la tarification des soins, organisé le recrutement des médecins, planifié l’ensemble du système de soins. Bilan : déserts médicaux, nombre de praticiens en baisse, grogne… Comme il a détruit l’École, il détruit l’Hôpital.

Le tout gratuit n’est cependant pas près de s’interrompre : il est un moyen de gagner et de conserver des électeurs. Mais brandir notre solidarité ne suffira plus. Les soignants, les patients, commencent à  prendre conscience des limites de la solidarité obligatoire. Ils ont une nouvelle fois entre les mains l’outil le plus précieux aux yeux des politiques et des Français : il n’y a plus qu’à s’en servir avec bon sens.

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  • si certains citoyens cessaient de se rendre aux urgences pour un pet de travers , les choses iraient mieux ; quand aux insultes et menaces dont sont victimes le personnel soignant, il faut la aussi prendre les choses en main ou faut il attendre que quelqu’un se fasse tuer ? pauvre France va …..

  • Ce qu’ont doit rappeler est que dans un système collectiviste personne n’a idée de l’argent qu’on doit utiliser pour se soigner.. Un individu seul est « borné » par ses autres dépenses..et il doit choisir.. car ses ressources sont bornées à un moment donné, pour un état…
    il faut donc aller voir ce qui se fait dans les autres pays « comparables »..
    Mais à l’inverse personne ne peut dire si on se place sur un plan collectif, que nous ne dépensons déjà pas trop…

    alors on va avoir un plan d’action..on va mettre des sous..

    au moins quand on est un simple individu on sait..qu’on ne sait pas..
    les politiques et surtout les idéologues eux disent SAVOIR..

    il y a aussi une apocalypse..pas mal du personnel médical est de gauche, souvent d’une façon « saine » à savoir à cause du désir de protéger et d' »aider les pauvres…or ce sont souvent des pauvres qui au lieu de manifester de la gratitude pour ce système où ils sont bénéficiaires nets manifestent de la violence verbale et physique…
    le phénomène est similaire dans l’enseignement ou ailleurs.
    la pauvreté n’est pas une vertu, les pauvres ne sont pas des victimes et pas toujours des braves gens. Aider une personne pour la seule raison qu’elle est pauvre peut conduire à un certain nombre de problèmes et de terribles désillusions..Tant que vous imaginez que les gens vous sont reconnaissants voire vous admirent, vous pouvez supporter une charge de travail plus grande ou des sacrifices, quand cette illusion s’évanouit…

    si vous aidez une personne à laquelle vous ne devez rien,
    vous devez exiger quelque chose en retour..

    dire aux gens qu’ils sont des victimes en fait des agresseurs…

    • Il y en a un peu assez d’aller chercher chez les autres ce qui pourrait marcher chez nous…Les pays nordiques…Il y a chez nous latin une grande différence , largement renforcée à la base par le: « personne ne doit souffrir, la douleur est inacceptable.. »..L’éducation à la santé est un gros point faible..En France vous avez mal à la gorge , vite un sirop ou un comprimé de machin chose…La réponse à la douleur est pharmacologique..Il est trop rare de sortir d’une consultation chez son praticien sans aucun médicament…Il y a déjà à la base tout ce travail de prévention…Personnel médical de gauche ..??? Et d’un c’est largement faux et de deux de droite ou de gauche soigner c’est prendre soin de l’autre. Les victimes deviennent des agresseurs…???Comprends pas…Quant aux urgences la situation est préméditée ..Depuis le temps que les urgentistes pointent du doigt les failles du système..Et ceci concerne autant le public que le privé où cela n’est guère mieux…la solution..Et ben y en a pas à
      court terme..Elle viendra de l’obligation légale qu’ont les médecins généralistes à assurer des gardes afin de séparer ce qui ressort de l’urgence et de la bobologie…Mais notre métier est en pleine évolution et l’altruisme de vocation des anciens n’existe plus..il y a fonctionnarisation de notre discipline voulue par l’état mais acceptée aussi par nos plus jeunes confrères…Et je ne parle même pas de la détresse des soignants qui elle est inacceptable dans un pays dit développé..

    • Une réflexion d’une très grande vérité. C’est un message très juste , qui permet de saisir la profondeur de beaucoup de choses.

    • Une réflexion d’une très grande vérité. C’est un message très juste , qui permet de saisir la profondeur de beaucoup de choses

  • Ce sont les urgences qui sont mal organisées ou une demande excessive de protection des citoyens pour des risques bénins ? Le vide laissé par les médecins libéraux a contribué à générer cet afflux : il y a quelques années, ils étaient accessibles en dehors des heures de bureau. Les conséquences risquent d’être une fonctionnarisation plus poussée de la médecine (par exemple, création de maisons médicales publiques pour limiter l’accès aux hôpitaux aux véritables urgences).

    • Les médecins sont de moins en moins libéraux, et c’est ce que veut le gouvernement: qu’ils soient les auxiliaires de la politique dite « de santé publique ».
      Il ne faut pas rêver: sur cette pente, la clause de conscience sera un jour remise en question, voire le serment d’Hypocrate.
      La réaction libérale sera que certains médecins vont se déconventionner (ça a commencé).
      Ceux qui ont organisé le système étatisé pour « éviter une médecine de riches » en seront pour leur idéologie.

    • il faut bien comprendre que la ruine des urgences ne peut pas être regardée seule …parce que il se pourrait que l^’état dépense plein de sous pour les urgences les paverait d’or et de marbre…on aurait juste un autre article, pourquoi on a plus de sous ici ou ailleurs?

      à partir du moment où c’est public? comment d’après vous pouvez vous déterminer combien l’etat doit dépenser pour les urgences?

      et pour les gens qui ne contribuent en rien au point de vue fiscal…ils n’ont pas à se plaindre!!!ils ont un truc contre…rien…

      le seul constat que l’ont peut faire est de dire que le personnel et les usagers sont mécontents…ils aimeraient mieux…sauf que normalement…les usagers et le personnels ont des interets antagonistes.. ici c’est un tiers qui paye…de façon quasi magique.. et que l’on aime à dire « complexe » donc donc l’explication est réservé à des gens qui ne sont pas la moitiés de cons qui ont fait des études toussa…et qui vont conclure après consultation et cogitations que l’hôpital manque de moyens! non mais! alors ils vont mettre une certain somme…qui d’après eux est suffisante sinon parfaitement adéquate…et on appellerait ça le collectivisme..et pourquoi ça ne marche pas…

      • et j’ajouterais que les urgences ne sont pas là pour satisfaites les désirs des gens mais leurs « besoins »..besoins que le français moyen ne sait pas estimer…
        je vais donner un exemple..hier mon voisin a acheté quatre bananes !! ô malheur je sais qu’il n’en avait besoin que de deux!!!même si ce serait un peu long à expliquer..je l’ai pourtant laissé faire, je ne l’ai m^me pas dénoncé.

  • La penurie de medecins explique en totalite la surcharge des urgences , et cela ne sera pas resolu avant une dizaine ou plus annees…si la france arrive a attirer de nouveaux medecins a 25€ la consultation.

    • reactitude
      La penurie de medecins explique en totalite la surcharge des urgences.
      L’art d’énoncer des idioties sur un ton sentencieux, sans rien y connaître du problème.
      Depuis une trentaine d’années, j’ai assisté, interloqué puis inquiet, enfin résigné aux manœuvres sournoises mais continues du couple infernal Sécu-Ministère pour imposer leur idéologie : l’hospitalo-centrisme. D’abord supprimer peu à peu la petite chirurgie et les salles de soins dans les cabinets libéraux. Ensuite limiter puis supprimer les agréments « urgences » pour les cliniques privées : par exemple, une urgence d’Hendaye sera évacuée sur l’hopital de Bayonne (35 km) alors que la clinique de Biarritz, plus proche, a été équipée d’un service d’urgences avec héliport, mais son agrément a été refusé). Enfin, mesure la plus efficace, pressions amicales sur les pompiers pour monopoliser leurs évacuations sanitaires sur l’hôpital public.
      Le résultat ne faisait aucun doute dès le départ, et on y est en plein. Le pire est qu’ils ont le culot de se plaindre des résultats de leurs turpitudes…

      • Oui mais l’hospitalo centrisme n’est plus de mise…Mouvement inverse …Après avoir bien sûr réduit la voilure hospitalière..!!! On repart vers le « libéral » étatisé et sous contrôle des maisons médicalisées financées par les communes donc nous en partie..Et les déconventionnements existent mais au prix d’un tri très sélectif de ceux qui peuvent se payer ce type de soins…Avec beaucoup de recul de deux choses l’une …Où ceci est pensé depuis fort longtemps et c’est diaboliquement pervers ou c’est du coup par coup en fonction de ..et c’est pathétique…!!!

        • Comme tout ce que peuvent les » petits hommes gris », c’est pensé depuis longtemps mais mal avec perversité . Il s’agit d’une pensée du coup par coup en fonction de … Tout pour leur pérennisation et l’augmentation prétentieuse de leur pouvoir quel que soit le domaine .
          Songez que dans un domaine moins dangereux pour la santé: il existe des « commissaires à la création!(artistique)

  • le constat est bien decrit mais l article brille par l absence de solution.
    Que doit on faire ? quel seront les concequences ?

    par ex si on liberalise completement les tarifs des medecins que va t il se passer ? quel impact sur les deserts medicaux ?
    On peut supposer que les tarifs des medecins vont augmenter. Est ce que ca va inciter certains a s installer dans les endroits perdu, ca reste peu probable (nous avons atuellement plus de medecins par habitant que dans les annees 70. Le seul Probleme c est qu en 1970 le medecin etait un homme qui travallait 60h et dont l epouse a la maison s occupait des enfants. en 2019 le medecin est une femme qui veut avoir son mercredi et ces WE, nepas travailler apres 18 h ni habiter un trou paumé)

    • Et donc pourquoi le médecin ne veut-il pas travailler 50-60 heures, alors que de nombreux/nombreuses cadres du privé le font bien ?

      • Mon medecin prend sa retraite ,il faisait 80 h par semaine et jamais un semaine complete de vacances ,vive la campagne.

        • Mon associée majoritaire gérante va bientôt prendre sa retraite, et on vend la boite. Elle aussi travaille/voyage 80 heures par semaine. De nos discussions, il ressort que :
          – Le salaire, les dividendes et les facilités pour ne pas s’emm… avec des détails, plus n’avoir de comptes à rendre qu’à son associé minoritaire, sont essentiels dans sa motivation. Ca n’est guère transposé dans la médecine de nos jours.
          – Malgré une décennie d’efforts, nous n’avons pas trouvé de jeune acceptant de se former dans la boite et d’y rester pour la reprendre. D’après nos conseillers comptables et juridiques, c’est un problème général, seuls moins de 20% des jeunes ne mettent pas une limite « infranchissable » à leur implication dans leur boulot, au prétexte de préserver leur vie personnelle mais sans doute plutôt comme résultat de leur éducation, quand on compare objectivement et pragmatiquement avec notre génération. Ces jeunes n’aiment pas leur boulot, ils le trouvent agréable, mais il n’y a pas le sentiment envers lui qu’on avait dans notre génération. Et 20%, ça me paraît optimiste… Les jeunes médecins, c’est pareil.
          La conclusion est simple, à mon avis. Faire un boulot exigeant, et le faire bien, doit rapporter aisance ou fortune matérielle et respect de la population, en France aussi. Les paperasseries, réglementations, et obligations, la fiscalité dissuasive, et le sentiment généralisé que la prestation est un dû envers l’usager/client final (qui n’est pas celui qui a signé le contrat), voilà ce qui tue notre économie et notre médecine, pour des raisons identiques.

          • Le calcul est vite fait, lors de mon dernier changement de poste, j’ai estimé que me mettre à mon compte me rapporterait 10% de salaire supplémentaire, mais également des emmerdes, des risques si je ne trouvais pas de client à plein temps, des samedis à faire de la paperasse, une couverture santé de merde et j’en passe.
            Alors pour 10% de « confort financier » en plus, avec les remerciements des jaloux de ce pays, ça donne pas envie et je préfère rester salarié.

          • Bref, le socialisme…

        • Le mien à Paris aussi, mais c’est un saint !

      • je suppose qu il y a plusieurs raisons:
        1) si vous gagnez sufisament avec 30h/semaine pourquoi en faire 60 ? surtout si travaille plus vous fait payer bien plus d impots (raisonnement de mon ex dentiste)

        2) vous avez des enfants et il faut vous en occuper

        3) vous avez des hobby et vous preferez passer du temps la (cf point 1) )

        4) un cadre a la pression des superieurs. une profession liberale n a pas de pression. et comme il y a penurie de medecin, pas trop de risque de voir le patient passer a la concurrence

        5) ce que vous faites vous ennuie profondement. Je reconnais que delivrer a la chaine des medicaments et ecouter des gens se plaindre est pas passionant. Une partie des nouveaux medecins ont fait medecine par interet (metier bien paye pour pas trop d heures) et non par passion pour le metier

        • 1) si vous gagnez « suffisamment » à raison de 30h par semaine, c’est que vous êtes trop payé. Ca ne durera pas longtemps.
          2) travailler n’a jamais été incompatible avec l’éducation des enfants. Au contraire, l’exemplarité d’un travail acharné est essentiel à l’édification des jeunes générations au sein des familles. Des milliards d’humains en ont fait la preuve avant vous.
          3) cf point 1
          4) tout le monde a un supérieur, même une profession libérale. Pas besoin d’une hiérarchie formelle pour avoir un supérieur.
          5) changez de métier si vous vous ennuyez. On manque de chaudronniers par exemple. Concernant les médicaments délivrés à la chaîne, 90% à 95% des médicaments actuellement délivrés sur ordonnance devraient être distribués en vente libre. Concernant les plaintes des patients, leur écoute est essentielle à l’exercice du colloque singulier. Le corps humain est une machine complexe. Il ne rentre pas facilement dans les cases d’une médecine de petits gestionnaires à l’esprit étroit.

          • 1) Raisonnement parfaitement absurde, surtout pour un libéral. Laissez le soin aux socialistes de décider qui est trop ou pas assez payé, et qui travaille trop ou pas assez, c’est leur spécialité.

            2) Encore une fois, laissez à nos chers collectivistes le soin de décider pour nous la meilleure manière de conduire nos vies. Si les jeunes générations voient les choses autrement, c’est leur choix et vous n’avez pas votre mot à dire.

            4) Si vous entendez par là que les professions libérales n’ont pas un patron mais des clients, c’est une lapalissade. Et si vous pensez que ça revient au même au quotidien, vous avez beaucoup à apprendre.

            5) D’accord avec vous.

            • 1) Si vous gagnez « suffisamment » sans travailler ou presque, un concurrent apparaîtra immanquablement pour gagner autant en travaillant, vous disqualifiant dans votre activité. Si le concurrent ne peut apparaître, il y a une forte probabilité qu’une loi injuste protège votre situation (statut de ponctionnaire par exemple). Rien n’est plus socialiste que de croire qu’on peut vivre sans rien foutre.
              2) Les jeunes générations dépendent de l’éducation que leurs parents leur inculquent. Leur avis est sans intérêt : elles ne sont pas capables d’en avoir.
              4) la clientèle est un patron infiniment plus difficile à satisfaire au quotidien qu’une hiérarchie formelle avec laquelle il est toujours plus facile de négocier.

              • Hahaha ben voyons, travailler 80 heures par semaines sans vacance, quelle vie de rêve !
                J’encourage tous les jeunes médecins à vivre leur vie comme ils l’entendent.
                Rien n’est plus socialiste que de croire qu’on NE peut PAS vivre sans rien foutre : C’est la base de la théorie Marxiste de l’accaparement des richesses pas les bourgeois oisif.

                • Vivre sans rien foutre, c’est toujours et partout vivre avec la sueur des autres en volant leur pain.

                • La vie de rêve, c’est de faire le plus longtemps possible ce qui vous plaît, sans que personne ne vienne vous mettre de bâtons dans les roues ni ne soit obligé de vous le payer. Si ce qui vous plaît, c’est de soigner les gens et de les rendre heureux, le faire 80 heures par semaine est une vie de rêve, oui. Et si que les jeunes médecins vivent leur vie comme ils l’entendent coûte un max à la collectivité et ne rend heureux qu’eux-mêmes, c’est une vie de cauchemar, oui.

                  • Je ne fais que donner mon opinion personnelle de manière provocatrice, pas un jugement de valeur sur la vie des autres.

                    Comment peuvent ils coûter un max à la collectivité si ils ne travaillent que 30 heures par semaine ?
                    Un médecin qui travaille 60 h ou deux médecins qui travaillent 30h, ça devrait revenir au même niveau rémunération ?
                    A moins que ce soit parce qu’à l’heure actuelle, le médecins est payé 60 h au prix de 30 et que ça arrange bien la sécu de faire travailler des gens gratos?
                    Es tu pour le travail non rémunéré ?

                    • Merci pour votre première phrase.
                      Le travail, pour moi, ne se mesure pas en heures. Certains de ses produits sont difficiles à chiffrer dès qu’on quitte le domaine de la production à la chaîne, mais ça n’est pas une raison pour remettre artificiellement ce lien, d’autant plus s’il s’agit de couper celui entre celui qui paie et celui qui bénéficie de ce travail. Un médecin, un écrivain, un scientifique, un dirigeant d’entreprise, un chef de projet, qui à 19 heures regarde sa montre et déclare « maintenant et jusqu’à demain 7 heures, c’est mon collègue qui va soigner, écrire le bouquin, réfléchir à la suite de la théorie, prendre les décisions ou s’inquiéter pour le projet », est un mauvais professionnel. Ca n’est pas parce qu’il « travaille » 30 ou 60 heures par semaine qu’il ne mérite pas d’être payé, mais parce qu’il est mauvais. Et il est mauvais parce qu’il considère que son boulot est une sorte d’appendice inévitable à sa « vraie » vie. La vraie vie, à mon sens, comprend le travail quand on exerce une profession intellectuelle. La vraie vie, c’est se réveiller à 3 heures du matin avec une solution pour un problème professionnel, aller à sa table de travail, et trouver ça normal et moralement gratifiant. Et peut-être, en effet, au final on n’aura travaillé que 30 ou même 10 heures dans la semaine, bien que ce ne soit pas le genre des gens comme ça. Seuls l’état et la sécu vont compter le produit du travail en heures, ne tombons pas dans leur piège.

            • Il convient d’ajouter qu’un médecin à 30h par semaine est une immense perte de chance pour ses patients, par manque de pratique et d’expérience. La médecine bien comprise est un sacerdoce, un sacrifice personnel, pas une promenade de santé pour ne pas dire un loisir occasionnel. Si la tendance se confirme, on verra une multiplication de procès en incompétence criminelle au cours des prochaines années.

      • Parce que la profession s’est féminisée et qu’il faut aussi s’occuper de la petite famille surtout si le mari est un cadre qui travaille 60 heurs par semaine

        • Il ne vous vient pas à l’idée que certes les déserts médicaux n’attirent pas les femmes médecins, mais pas les hommes médecins non plus ?
          Il ne vous vient pas à l’idée que le médecin, homme ou femme, vient s’installer avec un conjoint, et que celui-ci doit/veut travailler, et qu’ils auront des enfants un jour ? Et que dans les déserts médicaux il n’y a ni travail, ni écoles, ni tout ce qui rend la vie très active un peu plus agréable (cinéma, piscine etc)
          Vous comprenez mieux maintenant que les déserts médicaux ne sont pas dus au fait que les femmes médecins sont des feignasses, mais au fait que les déserts médicaux sont des déserts de tout. Et que de nos jours, femmes ET hommes sont habitués à certains équipements qui n’existaient pas du temps du médecin de La Petite Maison dans la Prairie ?
          Je comprend, c’est plus facile de raisonner de manière simpliste…

          • Ma réponse n’est pas pour vous Sigmund, car au moins vous admettez que la femme est quasiment toujours celle qui fait les concessions quand les 2 parents travaillent beaucoup, mais surtout pour cdg et tous ceux qui n’ont pas écrit mais pensent pareil.

      • Mon médecin le fait!

    • @cdg ahahah trop fort l’argument sur l’absence d’implication des femmes dans leur métier ! Vous m’avez bien fait rire, merci !

  • i faut annuler le ticket modérateur et faire payer le patient

  • Il y a un problème de société qui se traduit dans le refus de beaucoup de jeunes médecins de s’installer en libéral, tout le monde le sait. D’autre part, ce n’est pas politiquement correct de le dire,mais une grande majorité de jeunes femmes médecins souhaitent travailler à temps partiel (66% des médecins de moins de 30 ans sont des femmes). Et de plus celles ci préfèrent le statut de salariés au statut libéral, ce qui peut se comprendre.

  • YAKA, FAUKON, … trop facile. On ne règle pas les problèmes complexes avec des YAKA. Et si on changeait de paradigme en découvrant la pensée complexe ?

    • Edgard Morin est une escroc! Il faut prendre le temps d’analyser un de ses textes pour s’apercevoir que c’est un fatras pédant suffisamment complexe pour berner le quidam..

  • Pour bien appréhender l’étendue du problème, ne pas oublier que les urgences sont méprisées au sein même des hôpitaux. Comprenez que ce n’est pas une médecine noble. Papeu ou pas de budget affecté en interne.

    Comme les gestionnaires de la sécu ont tout fait pour détruire la médecine de ville (avec la complicité des syndicats de médecins), la médecine libérale (libérale, pouah !), les malades n’ont plus d’autre choix que de se précipiter aux urgences.

    Au total, on a créé une situation de concentration maximale de patients là où on attribuait le moins de budget possible. Forcément, ça devait bien se terminer.

    Et vive la médecine socialo-étatisée !

  • ben voilà ! le gouvernement a trouvé la solution ; on lui parle de burn out , de déprime , de suicides , de mise en arrêt de travail ,de manque d’effectif , hé bien il répond distribution de pognon ( 70 millions pour commencer) …..je suis consterné par autant de débilité de la part de ceux qui nous gouvernent ;

  • Que les médecins de ville refassent les gardes ça faisait partie du package ils le savaient en signant et par ailleurs ils sont affiliés à la sécu et ne payent quasiment d’URSSAF(pris en charge par la sécu à95%) au motif de la permanence des soins…..qu’ils n’assurent plus.
    A ce compte là puisqu’ils se disent médecins libéraux qu’ils payent leur URSSAF comme un libéral.
    Quant aux urgences il n’y a qu’a mettre un tri médical à l’entrée avec un médecin trieur comme à l’armée…ça désengorgerait vite!
    Retirer cette notion »d’urgence ressentie » qui fait que le moindre bobo devient une urgence !

    • @PCC
      Bonjour,
       » qu’ils payent leur URSSAF comme un libéral. »
      C’est vrai quoi ! L’U.R.S.S.A.F est « notre amie » à tous, aux toubibs aussi !
      Cependant, il ne vous vient pas l’idée de réclamer que les médecins libéraux ne paient plus cette si chère amie, ni même que personne ne la paie plus.

      Le médecin trieur de l’armée trie quand il y a des événements qui réclament ce poste. C’est de la médecine de terrain, d’urgence certes, mais de terrain. Le tri est fait par les pompiers et/ou le SAMU. Quelques fois, il peut arriver que ceux qui se déplacent soient en situation d’urgence. C’est alors à la personne qui accueille, infirmière la plupart du temps de faire le tri. Il m’est arrivé d’amener aux urgences un collègue venant de subir une agression, après être parti de chez moi, au cours de laquelle il avait reçu plusieurs coups de clés anglaises à la tête. Quand je l’ai vu revenir, je l’ai mis dans ma voiture et l’ai conduit direct aux urgences où il a convulsé pendant l’attente. J’en ai informé aussitôt la personne qui l’avait accueilli. Elle l’a fait évacué de la salle sur le champ.

  • Bien sur que l’URSSAF existe encore il n’y a que ceux qui ne la paient pas ou en profitent qui ne la connaissent pas !!!!!!!!!!Je peux joindre un bordereau si besoin….
    Je maintiens que le médecins « libéraux »…..(affiliés à la sécu qui paye pour eux les cotisations Urssaf ils payent juste une somme symbolique qui doit être incompressible) ne payent pas ll’Urssaf comme un libéral au motif de la permanence des soins ce qui n’est plus le cas ,plus de garde accordé par Chirac (encore lui) je crois dans les années 2000.
    Demandez à un médecin….
    Des coups de clés anglaises sur la tête ,bien sur que cela nécessite les urgences,un médecin à condition d’en trouver un vous y aurait envoyé de toute façon.
    Quand au tri à l’entrée bien sur qu’il serait plus que nécessaire,une salle d’attente des urgences ressemble à une salle d’attente de généraliste!!!!!!!!!

    • C’est principalement pour le respect des tarifs conventionnels qui en France restent faibles par rapport à ceux pratiqués en Europe.

    • @PCC
      Bonjour,
      Pour ne pas connaître L’U.R.S.S.A.F, il faut :
      – ne pas travailler ;
      ET
      – ne pas percevoir d’allocations sociales ;
      L’un n’allant pas sans l’autre, à moins d’être un SDF depuis des décennies, il est peu probable de ne pas avoir eu vent de cette « chère amie ».

      « affiliés à la sécu qui paye pour eux les cotisations Urssaf ils payent juste une somme symbolique qui doit être incompressible »
      Encore l’argument de ceux qui ne payent pas assez par rapport à ceux qui payent (trop en fait.)

  • Bonjour STF,
    Je parle des médecins dits « libéraux » alors que leur cotisation URSSAF est prise à 90% par la Sécu(il suffit d’aller sur le site de l’Urssaf pour le vérifier) ,j’insiste encore une fois ,au motif qu’ils sont censés assurer la permanence des soins …..comme tout le monde peut le constater.
    Soit ils reprennent cette permanence des soins(ce qui résoudra une partie du problème des urgences ) en contrepartie de cet avantage soit ils payent l’Urssaf au taux normal puisqu’ils sont libéraux.
    Ce n’est pas de la jalousie il s’agit juste d’assurer sa mission en contrepartie d’un avantage accordé.
    Quant au motif que la consultation n’est pas assez payé par rapport aux autres pays ,dans les autres pays au prix de la consultation la bobologie n’existe pas ,en France ils en voient 5 pour 1 dans les autres pays ,je ne suis pas certain que les médecins français acceptent toutes les autres contraintes (que ce soit en GB,Allemagne,Portugal….) même au prix d’une consultation bien supérieur quant au patient …………..

    • @PCC
      Bonjour,
      Le problème n’est pas le fait que les médecins ne fassent pas de garde, d’ailleurs pourqoi seraient-ils obligés d’en faire ? Le problème est que pour payer moins un organisme vorace, il faille satisfaire les désirs de cet organisme. Comme vous le dites, ceux qui paient plein pot, ne font pas de garde.
      Votre exemple montre que l’U.R.S.S.A.F est gérée par des glandeurs incompétents, qui n’ont que faire de ceux qui payent (ici les médecins) au détriment de ceux pour lesquels le système a été instauré (ici les patients).

      Dans les autres pays, les médicaments n’ont peut-être pas besoin d’une consultation médicale obligatoire pour les obtenir, comme le mentionnait Cavaignac :
      « Concernant les médicaments délivrés à la chaîne, 90% à 95% des médicaments actuellement délivrés sur ordonnance devraient être distribués en vente libre » 14 juin, 11h52.
      Les gens peuvent se soigner eux-mêmes, ce qu’on nomme en France « automédication » et qui est, du fait qu’on soit en France, une hérésie.

      Quant à votre rapport de 5 consultations de boblogie pour une vraie consultation :
      d’après quels critères ? Les médecins sont des spécialistes, et un dignostic ne se fait pas au doigt mouillé. Rhumes, angines, bronchites, quand on en attrappe assez souvent, on peut les reconnaître.
      Comparé aux vétérinaires, les cabinets médicaux font piètres figures. Pour ma chienne malade, j’ai versé plus de 120 €de consultation, d’antibiotique, plus une échographie et une radiologie. Pas de sécu’ ni de mutuelle, même s’il existe des assurances qui prennent en charge les soins. Bizarement, elles sont moins calamiteuses que l’officielle pour l’humain. Mon cabinet vétérinaire fait de la chirurgie, des gardes la nuit ET le weekend… et paient l’U.R.S.S.A.F certainement plein pot. Il vaut peut-être mieux être véto que toubib de nos jours, pour avoir un peu plus de liberté d’exercer, non ?

  • Fin des années 70 sur le CHR de Rennes il n’y avait pas un bruit, pas un mouvement durant des jours entiers. C’était les urgences…

  • Les commentaires sont fermés.

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