Pour Élisabeth Borne, Ségolène Royal manque à son devoir de réserve

Ségolène Royal by Ecologique solidaire-domaine public — Ecologique solidaire, CC0

OPINION : le contribuable serait-il en train de financer la communication politique de Ségolène Royal ? La question reste ouverte après la déclaration d’Elisabeth Borne sur le devoir de réserve de l’ambassadrice des pôles.

Par Michel Gay.

En novembre 2017, Ségolène Royal, « ambassadrice des pôles », s’en est allée glisser consciencieusement sur la glace en Laponie avec l’argent des contribuables. À cette fonction « honorifique » sont attachées quelques contraintes, dont notamment celle de respecter un devoir de réserve.

Mais non.

Celle qui revendique sa « liberté de parole » a multiplié récemment les attaques contre l’exécutif, critiquant le pouvoir sur les pesticides, la réforme des retraites, ainsi que la proximité d’Emmanuel Macron avec « le monde du business mondialisé ».

Un rappel à l’ordre

L’actuelle ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, est son ancienne directrice de cabinet lorsqu’elle était ministre de l’Écologie. Elle lui a demandé de « faire un choix » si elle veut garder sa fonction d’ambassadrice :

Je pense que Ségolène Royal va devoir faire un choix : soit elle veut rester ambassadrice, et évidemment il y a un devoir de réserve, soit elle veut avoir sa liberté de parole […] et dans ce cas il faut qu’elle ne soit plus ambassadrice soumise à une obligation de réserve.

L’ancienne ministre de l’Écologie, nommée « ambassadrice des pôles » par Emmanuel Macron sur proposition de François Hollande, a décidé de réapparaître dans le débat public en accusant le gouvernement de mauvaise gestion, mais elle a la mémoire courte. Elle oublie son passé calamiteux.

Elle a oublié qu’elle n’est pas étrangère à cette tradition gouvernementale de dépenser allègrement d’un côté, puis de taxer ensuite lourdement les contribuables-consommateurs via les carburants par exemple… pour récupérer de l’argent.

L’écologie punitive de Madame Royal

Madame Royal aurait-elle oublié qu’elle a fait des choix délirants dont « l’écotaxe » ratée, qui a coûté au minimum  10 milliards d’euros aux contribuables pendant son passage au ministère de l’Écologie ?

Certes, ce fiasco a été voté par les parlementaires sous le quinquennat du Président Hollande. Mais qui a soutenu ce projet écologique « punitif » pour les transporteurs, et donc pour tous les consommateurs ?

Même s’il est vrai que l’écologie politique veut punir les Français de consommer (et bientôt d’exister ?), Madame Royal a tout de même un sacré toupet d’accuser ce gouvernement de mauvaise gestion des affaires du pays. C’est elle qui a fait voter la désastreuse Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en août 2015 pour soutenir coûte que coûte les ruineuses énergies renouvelables.

Selon la Cour des comptes, il s’agit tout de même de… 121 milliards d’euros pour financer principalement les éoliennes et les panneaux photovoltaïques (incluant la fameuse route solaire en Normandie). Et les Français vont devoir assumer les conséquences financières de cette gabegie pendant au moins 20 ans.

Les conséquences de sa loi « verte ».

À la suite de cette loi, dont s’est félicitée madame Royal, l’ancien ministre de l’Industrie Jean-Pierre Chevènement a fustigé les conséquences néfastes de cette LTECV le 21 octobre 2018 en ces termes :

EDF prépare un plan prévoyant la fermeture d’au moins une demi-douzaine de centrales nucléaires. A-t-on vu quelque part dans le monde un pays qui manifeste une telle défiance à l’égard de ses propres capacités et au point de porter un tel coup à la crédibilité de son industrie ?
La France avait acquis à la fin du siècle dernier une remarquable maîtrise du cycle complet de l’énergie nucléaire. L’outil industriel constitué au fil des générations était un atout majeur de notre pays dans la compétition internationale.
Sous l’effet d’orientations prises au début du quinquennat précédent, cet atout est en train d’être complètement gâché. […] A-t-on vu quelque part dans le monde un pays qui manifeste une telle défiance à l’égard de ses propres capacités et au point de porter un tel coup à la crédibilité de son industrie ?

Pour Ségolène Royal, gâcher l’outil industriel de la France par le truchement d’une loi (LTECV) qui s’applique au détriment de tous les Français n’est pas de la mauvaise politique, alors c’est quoi ?

Un « politique » peut dire n’importe quoi

Pendant ce temps les emplois promis dans la transition énergétique et les énergies renouvelables ont disparu dans l’air du temps. Mais en politique, particulièrement en écologie politique, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… et veulent y croire.

Après avoir incité les Français à ne plus se chauffer à l’électricité, ce qui favorise le gaz, il serait indécent, en plus des carburants, de parler de l’augmentation du gaz de 7,45 % en juillet 2019 et de 3,45 % en octobre 2019, due pour l’essentiel à l’augmentation des taxes pour payer la transition énergétique hasardeuse de madame Royal.

Pour tenter de faire oublier les gabegies qu’elle a laissées derrière elle, y compris en Poitou-Charentes, elle devrait se faire oublier loin, très loin sur les pôles. Là-bas, au moins, elle peut exercer son incompétence et dire n’importe quoi sans conséquences néfastes pour la France et l’Europe car personne ne l’écoute.

Le passage ravageur (mais « éco-conscientisé ») au ministère de l’Écologie de celle qui a endetté le Poitou pour 19 ans pouvait faire espérer qu’elle se taise.

C’est raté.

Ce n’est ni la première fois et, malheureusement, ni la dernière fois qu’un « politique » se sert de sa confortable situation payée par les citoyens pour soutenir sa communication. Mais la Castafiore du Poitou, transformée en Reine des pôles, sait particulièrement bien chanter pour les médias qui adorent sa voix et sa « bravitude ».

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