La trahison énergétique

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Ségolène Royal en meeting à Villepinte en 2007 (Crédits philippe grangeaud-Parti Socialiste licence Creative Commons)

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La trahison énergétique

Publié le 8 août 2014
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Par Michel Gay.

Ségolène Royal en meeting à Villepinte en 2007 (Crédits philippe grangeaud-Parti Socialiste licence Creative Commons)Dans le cadre de la transition énergétique voulue par le gouvernement, le ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE) a présenté un projet de loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique français le 22 juin 2014. Ce texte ne respecte pas les objectifs fixés initialement.

D’une part, il met exagérément en avant les énergies renouvelables (EnR) alors que l’Union Européenne, depuis le 1er juillet dernier, vient de supprimer en grande partie les tarifs garantis d’achats à ces moyens coûteux de production. C’est une évolution majeure qui aura un impact important sur le développement des EnR. La future loi française sur la transition énergétique ne semble pas en tenir compte.

Les EnR en Europe entrent pourtant dans une période d’incertitude, pour ne pas dire de déclin, après la flambée des factures d’électricité en Espagne et en Allemagne, malgré les aides colossales consenties1 par ces pays.

Joaquin Almunia, vice-président de la commission chargé de la politique de concurrence a déclaré : « L’heure est venue pour les énergies renouvelables d’entrer sur le marché. L’Europe doit atteindre ses objectifs ambitieux en matière d’énergie et de climat au coût le moins élevé possible pour les contribuables et sans fausser indûment la concurrence au sein du marché unique. Cela contribuera à rendre l’énergie plus abordable pour les entreprises et les citoyens européens. »

D’autre part, ce projet de loi ignore ou minore délibérément le rôle essentiel que le nucléaire peut et doit jouer dans cette transition énergétique. Ce texte trahit l’esprit et les objectifs de la transition énergétique présentée aux Français en 2013.

Voici comment le MEDDE lui-même définit précisément cette transition énergétique le 24 janvier 2013 :

« – La transition énergétique est le passage d’une société fondée sur la consommation abondante d’énergies fossiles, à une société plus sobre et plus écologique.
– Concrètement, il faut faire des économies d’énergie, optimiser nos systèmes de production et utiliser le plus possible les énergies renouvelables.
– Aller vers un modèle énergétique qui permette de satisfaire de manière durable, équitable et sûre, pour les hommes et leur environnement, les besoins en énergie des citoyens et de l’économie française dans une société sobre en énergie et en carbone.
– C’est un nouveau modèle à inventer : plus juste, porteur d’emplois et d’activités économiques. »

Ce texte officiel initial de janvier 2013 fixe des objectifs raisonnables et ambitieux auxquels le citoyen ne peut qu’adhérer avec enthousiasme pour diminuer notre facture énergétique et nos émissions de gaz à effet de serre. Dit autrement, il s’agit de diminuer notre dépendance aux énergies fossiles (et non fissiles) en gaspillant moins et en leur substituant d’autres énergies, si possible renouvelables, tout en continuant à répondre aux besoins des citoyens et de l’économie.
Si ce besoin ne peut pas être satisfait par des énergies renouvelables, alors une énergie non fossile, non carbonée, économiquement viable et non délocalisable comme le nucléaire, dont 95% de la plus-value est produite en France, correspond tout à fait au modèle énergétique défini ci-dessus.

Cependant, une dérive est rapidement apparue lorsque des considérations partisanes antinucléaires ont déformé ces objectifs en y introduisant sournoisement les énergies fissiles parmi les énergies à écarter, ce qui ne figure pas dans le texte original. Un « o » a été transformé subrepticement en « i » dans le mot « fossile ».

L’esprit du texte original a été dévoyé et le nucléaire est mis volontairement à l’écart pour des considérations idéologiques en contradiction avec les objectifs affichés.

Habituellement, selon le dicton populaire, « quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ». Dans le cas du nucléaire, les antinucléaires l’accusent de tous les maux de la terre en utilisant « jusqu’à la nausée » les procédés connus (mensonges, amalgames, frayeurs, manipulations…). Aujourd’hui, et c’est nouveau, l’énergie nucléaire qui devrait être le pivot d’un avenir « sans fossile » semble subir aussi l’indifférence délibérée, voire méprisante, de certains cabinets ministériels.

Au résultat, ce projet de loi sur un nouveau modèle énergétique français semble marqué par une idéologie déconnectée des réalités et il trahit l’esprit initial de la transition énergétique présentée aux Français en 2013.


Qu’est-ce que la transition écologique ? ANNEXE 1
Commentaires du projet de loi pour un nouveau modèle énergétique français. ANNEXE 2

  1. 50 milliards d’euros pour l’Espagne entre 1998 et 2013. Pour l’année 2014 uniquement, l’Allemagne versera 23 milliards d’euros d’aides aux EnR…!
Voir les commentaires (13)

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  • Le lobby « réchauffement climatique » l’a emporté sur celui du « peak oil ». Quant au lobby « indépendance énergétique », le dernier représentant a dû s’éteindre dans les environs de Bruxelles…

    • C’est quoi le lobby du peak oïl ?

      • Pierre Estrelka
        8 août 2014 at 14 h 42 min

        C’est américain : ça veut dire piquer le pétrole pendant qu’il y en a.

        • Les USA produisent désormais plus de pétrole que l’Arabie Saoudite sur une base mensuelle, votre vieille vision anti-américaine commence à sentir le renfermé tant elle n’est plus à jour.

      • Il existe 2 périls annoncés : le climat réchauffé, la guerre pour les derniers puits de pétrole.
        Paradoxalement, on peut dire qu’ils se font concurrence : s’il n’y plus de pétrole, alors nous sommes « sauvés » du réchauffement climatique, si le réchauffement devient prouvé et problématique, alors pétrole et pire charbon devront être remplacés.

        En attendant ces preuves définitives, les lobbys jouent d’influence…

        Pour rappel, le lobby pour l’indépendance énergétique a très bien marché après les chocs pétroliers des années 70.

  • Pierre Estrelka
    8 août 2014 at 15 h 01 min

    Un ami ingénieur avait commencé à commercialiser des capteurs photovoltaïques en Suisse à la fin des années quatre-vingt-dix.
    Les Helvètes ne rachetant pas la surproduction quand il y en avait, son problème était la durée de vie des batteries de stockage.
    Sans tenir compte du renouvellement de celles-ci, il annonçait un retour sur investissement de dix-sept ans, basés sur les prix du pétrole à cet époque.
    Il m’avait alors fait part de son étonnement quand il eut découvert que les prix en France étaient deux fois supérieurs à ses prix de vente à lui, pour un produit identique.
    J’ai dû lui expliquer qu’en France, l’ADEME finançait le prix des capteurs pour la moitié de leur valeur.
    Nous sommes convenus que leurs prix s’étaient alignés systématiquement sur la norme la plus haute.
    Ce qui n’est qu’une forme détournée de faire mousser le PIB pour masquer la capacité d’endettement.
    Pendez lézénarques.

    • C’est encore une démontration empirique de la loi déjà énoncée par Michel de Poncins: la dépense publique est un surcoût auquel ne correspond aucune création de richesse.

  • Association Ma Zone Contrôlée
    Condition de travail et de vie des sous-traitants de l’industrie nucléaire qui participent à la production de l’électricité , réalisent la conduite et la maintenance de certaines installations , réalisent le démantèlement de nos vieilles installations et conditionnent les déchets .
    http://www.ma-zone-controlee.com/
    D’avance merci de votre soutien
    ON A TOUTES ET TOUS A Y GAGNER
    Cdt Webmaster MZC

  • bouffeur de tapioca
    8 août 2014 at 20 h 27 min

    un exemple de gabegie energétique subventionné par le parti EELV:

    l’agriculture céréalière biologique. comme monsanto, c’est pas beau ( et en plus ça pu … ) on labour à 40 cm de profond ( 4000 tonne de terre retourné par hectare ) pour faire 10 qx hectare avec une vieille variété de pays sans aucun potentiel de rendement.
    au brésil, les agriculteurs font 2 voir 3 récoltes par ans sans aucun travail du sol…

    cherchez l’erreur !

  • lemiere jacques
    8 août 2014 at 22 h 44 min

    on remarque combine le discours ecolo sur le sujet est absurde…
    « le moment est venu…. »..ah bon? pourquoi maintenant..?? il y a un truc de changé sinon les gens qui voient que c’est une connerie, qui n’est pas efficace et qui coûte une blinde?…
    mais ça fait sage et paroles de sage qui sait des choses..que nous ignorons…

    « – La transition énergétique est le passage d’une société fondée sur la consommation abondante d’énergies fossiles, à une société plus sobre et plus écologique.
    – Concrètement, il faut faire des économies d’énergie, optimiser nos systèmes de production et utiliser le plus possible les énergies renouvelables.
    – Aller vers un modèle énergétique qui permette de satisfaire de manière durable, équitable et sûre, pour les hommes et leur environnement, les besoins en énergie des citoyens et de l’économie française dans une société sobre en énergie et en carbone.
    – C’est un nouveau modèle à inventer : plus juste, porteur d’emplois et d’activités économiques. »

    je sais pas quoi dire…faire des économie d’énergie n’est pas un but, rationaliser mais la consommation d’énergie est un impératif ECONOMIQUE…

    consommation abondante…bah….

    • Ils sont tombés sur la tête, nos charlots au pouvoir :

      – d’un coté, consommation abondante qu’il faut restreindre fortement jusqu’à la faire tendre vers rien

      – de l’autre coté, crise économique, il faut faire tourner la planche à billet pour relancer la consommation

      Si je comprend bien, ils n’ont plus de tête … :mrgreen:

  • Observatoire du nucléaire
    16 août 2014 at 0 h 19 min

    Pour ceux qui n’auraient pas compris, M Gay n’a que faire du climat, de la nature, de l’économie, des êtres vivants, etc, la seule chose qui lui importe est l’adoration de son dieu le nucléaire.

    Or son dieu s’effondre (17% de l’électricité mondiale en 2001, 9% à ce jour, et ça va continuer au fil des dizaines de fermetures de vieux réacteurs : 250 des 400 réacteurs sur Terre ont passé 30 ans ! )

    Alors M Gay fait des textes, confus, agressifs (contre tout ce qui est de près ou de loin attaché à la nature), mais tellement inutiles…

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