Derrière l’écologisme radical, toujours et encore Thomas Malthus

Publié Par Walter Simonson, le dans Environnement

Par Walter Simonson.

Pour vraiment comprendre en profondeur les racines philosophiques de la « deep ecology », il faut absolument relire An Essay on the Principle of Population as It the Future Improvement of Society, l’œuvre majeure, publiée en 1798, de Thomas Malthus (1766-1834). Ce pasteur anglican a écrit, à une époque où il y avait seulement un milliard d’humains sur Terre, une très fameuse doctrine basée sur deux postulats (1° la population croit en progression géométrique et 2° les ressources croissent en progression arithmétique).

Deux postulats faux

Thomas Malthus (image libre de droits)

Thomas Malthus (image libre de droits)

Ce sont deux postulats particulièrement simplistes dont la fausseté absolue a, soit dit en passant, pu être dûment constatée durant plus de deux siècles. D’après lui, avec une croissance exponentielle de la population humaine qu’il estimait promise à un doublement naturel tous les 25 ans, nous courrions tout droit vers une apocalypse inéluctable. Suite à cette intime conviction, ce grand optimiste a développé une vision très personnelle de l’humanisme chrétien en affirmant avec force qu’il ne fallait surtout pas secourir les miséreux, soigner les malades et nourrir les affamés mais qu’il fallait au contraire impérativement les laisser mourir sans pitié pour ne pas accélérer une catastrophe qu’il jugeait imminente.

Ces derniers temps, ces brillantes idées ont été reprises par des néo-malthusiens fervents comme l’entomologiste Paul Ehrlich (qui visiblement aurait mieux fait de se limiter à l’étude de ses chers insectes) et à son disciple John Holdren (qui est devenu le principal « conseiller scientifique » de Barack Obama !). Comme quoi, de même que pour un entomologiste il n’est pas forcément facile de devenir un bon démographe, il n’est pas non plus nécessairement facile pour un politicien avec une formation d’avocat de parvenir à s’entourer judicieusement de personnes compétentes en matière scientifique.

Ehrlich, son épouse et John Holdren publient en 1977 un livre de plus de 1000 pages intitulé Ecoscience : Population, Resources, Environment dans lequel ils reprennent les thèses de Malthus et dans lequel ils prétendent sauver la Planète du désastre qui la menace en envisageant très sérieusement, aussi incroyable que cela puisse paraître, des mesures salvatrices radicales telles que l’interdiction légale des familles nombreuses, les avortements forcés, la stérilisation des femmes à leur insu en mettant subrepticement un produit stérilisant dans l’eau de distribution, et autres joyeusetés du même acabit.

Il se trouve une multitude de personnes, et même en nombre croissant ces dernières années, pour croire dur comme fer à tous ces délires.

Néomalthusianisme v. les faits

Peu importe que les faits aient donné tort à Malthus sur toute la ligne. Les faits sont têtus. Cependant l’aveuglement et l’entêtement humains n’ont guère de limites. Les convictions bien ancrées de ces zélotes du néo-malthusianisme l’emportent à tous les coups sur la raison la plus élémentaire.

En réalité, la croissance des ressources augmente nettement plus vite qu’une progression arithmétique, du fait de la croissance spectaculaire de l’efficacité de la gestion des ressources, de la découverte de nouvelles ressources, et du génie humain qui permet de mettre à portée du plus grand nombre des biens et des services de qualité croissante, à moindre prix, produits de plus en plus efficacement en consommant toujours moins de matières premières, d’énergie et de travail humain.

Quant à la croissance de la population, il est puéril de vouloir la modéliser par une progression géométrique. Aucun phénomène matériel ou biologique, quel qu’il soit, ne peut évidemment obéir très longtemps à une loi de croissance exponentielle. Si l’on considère qu’une bactérie Escherichia Coli se divise en deux toutes les 20 minutes, la croissance exponentielle continue d’une colonie d’ E. Coli amènerait en quelques heures à une masse et à un volume supérieur à celui de notre Planète.

Au départ d’une bactérie unique, on obtiendrait théoriquement au bout de 24 heures à peine 2^72 bactéries (2 puissance 72), et au bout de trois jours et cinq  heures (moins d’une demi-semaine) le nombre astronomique de 2^231 bactéries (2 puissance 231, soit 3,45 x 10 puissance 69). Le mot « astronomique » n’est nullement usurpé ici. En effet, comme une bactérie E.Coli contient de l’ordre de 70 milliards d’atomes, le nombre total d’atomes que cela représenterait serait donc plus du double que le nombre estimé d’atomes dans l’univers visible, à savoir 10^80 (10 puissance 80) !

Il est également facile de calculer qu’un doublement de population tous les 25 ans comme le prétendait Malthus aurait abouti aujourd’hui en 2016 à une population de 422 milliards d’individus. On perçoit donc l’inanité des élucubrations de Malthus et de ses disciples.

En 1840 déjà, Pierre-François Verhulst a proposé un modèle mathématique de croissance des populations beaucoup plus élaboré et surtout beaucoup plus conforme à la réalité que le modèle exponentiel simpliste de Thomas Malthus.

Ce modèle de Verhulst est basé sur la fonction logistique, avec une croissance relative d’abord lente, puis rapide, puis à nouveau plus lente suivie d’une stabilisation. N’importe quel démographe sérieux pourra confirmer que l’évolution de la population mondiale suit une courbe sigmoïde, obéissant en gros à une fonction logistique (à l’exception de phénomènes exceptionnels comme les deux guerres mondiales, ou encore la grande famine de Chine dans les années 1958-1961).

La croissance annuelle absolue a été maximale en 1989 (avec une augmentation de 87,8 millions de personnes). Quant à la croissance annuelle relative, elle est passée par un maximum de 2,2% en 1962-63 et est redescendue aujourd’hui à un peu plus de 1,1%. Il y a un consensus unanime des démographes pour estimer que la population mondiale (qui approche aujourd’hui les 7,4 milliards) devrait se stabiliser entre 9 et 10 milliards, avec comme estimation la plus fréquemment admise, une stabilisation à 9,2 milliards vers le milieu du siècle.

Globalement, les conditions de vie se sont spectaculairement améliorées, surtout dans les pays émergents.

L’espérance de vie a augmenté de plus de trois mois par an depuis plus d’un siècle, fait sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

L’extrême pauvreté

Le fait est que contrairement à des idées reçues particulièrement tenaces, l’extrême pauvreté dans le monde (y compris sa composante la plus tragique, la faim) touche de moins en moins de personnes, tant en nombre absolu qu’en pourcentage de la population mondiale. Ce pourcentage est passé de 37,1% en 1990 à 9,6% en 2015 (Source : Banque mondiale)

On est donc très loin des prophéties d’apocalypse de certains oiseaux de mauvaise augure dont le discours néo-malthusien continue cependant à faire florès dans les médias, dans les tribunes politiques et auprès d’un grand public très mal informé et toujours prompt à laisser l’émotion prendre le pas sur la raison.

Même confrontés à des faits indiscutables, il s’en trouvera toujours qui nieront farouchement les faits et resteront convaincus de certaines balivernes, à la manière d’adeptes d’une secte religieuse.

  1. Très bon article !

    1. Étonnant cette sorte d’addiction à Malthus. La théorie « simpliste » dont il est question date quand même de plus de 2 siècles et il est clair que la science a fait de très nets progrès depuis. Lui reprocher sa théorie de cette façon s’apparente à de l’anachronisme. Mais le plus « drôle » dans cette affaire est qu’effectivement Malthus a eu tort sur la nourriture, mais raison sur tous les autres sujets qu’il n’a pas abordé : biodiversité, climat, déforestation, désertification et j’en passe. Alors oui, il est clair que l’augmentation de la population que l’on connait actuellement (1 milliard d’humains supplémentaires tous les 12 ans) nous mène à une catastrophe écologique…

      1. Manso: « climat, déforestation, désertification et j’en passe. »

        Même pas, les satellites de la NASA rapportent une augmentation de la couverture forestière, les déserts avancent depuis 30’000 ans au moins on a quand même pu constater un recul ces dernières années et les températures n’augmentent quasiment plus depuis 15 ans alors que le CO2 fait des bonds inédits:
        http://www.contrepoints.org/2013/03/26/119497-matt-ridley-la-planete-devient-plus-verte

        Nous somme juste sorti de l’œuf, l’ère moderne ne représente rien dans l’histoire humaine, tout indique que la population va se stabiliser, s’enrichir se soigner et que nous allons en plus vers une révolution énergétique et donc, écologique.

        Vos pairs dépressifs se sont planté dans toutes leurs prédictions depuis 200 ans. A terme la terre sera détruite de toute façon il est vrai, dans un certains sens Malthus était effectivement un visionnaire… (lol)

        ————————————————————————————–
        « En 1995, entre 75% et 85% de toutes les espèces animales seront disparues”
        Dr. S. Dillon Ripley April 1970

        “En 1985, la pollution aura réduit de moitié la lumière du soleil qui nous atteint. » –
        Life magazine, January 1970

        « Nos stocks de minerais de fer, d’huile minérale et de gaz naturels s’épuisent rapidement et beaucoup de grands champs sont déjà épuisés » Gifford Pinchot, “The Fight for Conservation,” 1906

        « Le pic de production [aux USA] va bientôt être atteint, probablement d’ici 3 ans »
        David White, géologiste en chef de l’USGS, 1919

        « Le monde ne peut plus compter sur la hausse de la production du pétrole pour satisfaire à ses besoins en énergie »
        CIA, Août 1979

        « Les météorologistes […] sont unanimes pour dire que ce refroidissement va diminuer la production agricole dans les dernières décennies de siècle »
        Peter Gwynne – Newsweek Avril 28, 1975

        1. Merci beaucoup llmryn pour votre commentaire tout à fait pertinent. Je n’aurais pu mieux répondre à Manso !

    2. alain le gargasson

      Maltus ne connaissait pas le pétrole, donc augmentez les prévisions de 200 ans. 2 vidéos pour comprendre.

      https://www.youtube.com/watch?v=o7805tvS9hc

    3. Oubliée la loi de conservation de l’énergie? Lavoisier : rien ne se cré, tout se transforme.
      «Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »Kenneth Boulding (1910-1993), président de l’American Economic Association.
      Maltus ne connaissait pas le pétrole, donc augmentez les prévisions de 200 ans. 2 vidéos pour comprendre.

      https://www.youtube.com/watch?v=o7805tvS9hc

  2. La catastrophisme et la peur qu’il instille est un formidable moteur pour les étatistes de tout poile qui ne conçoivent l’existence que comme une merveilleuse occasion de s’occuper de la vie des autres.

    1. Manipuler l’opinion par le mensonge et le catastrophisme, c’est en quelque sorte le métier des politiciens. Le contre pouvoir devrait être la presse – mais il y a bien trop de collusions entre la presse et le pouvoir, et trop de corporatisme et d’effet de caste pour que cela soit le cas. Pourtant, si elle veut survivre à l’époque d’Internet, la presse devrait se doter d’une instance de régulation et d’éthique, afin de justifier son rôle et faire son propre ménage. La différence entre un journal et un blog est de plus en plus ténue dans le monde « numérique ». En revanche la limite de l’expression sur les réseaux est l’absence d’éthique (les blogueurs ne sont pas un corps) et l’impossibilité de régulation (ils sont trop nombreux). Si la presse traditionnelle ne fait pas mieux en dénonçant les à peu près et les manoeuvres des politiciens tous bords confondus, alors elle ne sert plus à rien.

  3. « qu’il fallait au contraire impérativement les laisser mourir sans pitié pour ne pas accélérer une catastrophe »

    Il me semble bien avoir clairement distingué cet héritage « humaniste » de Malthus chez les écologistes.

  4. En ce qui concerne la confrontation catastrophique de 2 tendances devant (théoriquement) mener au chaos, j’en vois pour ma part une bonne dizaine. Probablement parce que je ne suis pas assez clairvoyant et informé pour en voir un millier. Alors les gens qui ne sont pas capables de m’en citer au moins 3 ou 4, j’ai du mal à les prendre au sérieux.

  5. Bonjour

    Vous êtes bien dur avec Malthus, il faut replacer son discours dans l’époque.
    Dans le contexte des lois sur les pauvres, il énonce simplement que la régulation des populations se fait soit d’une manière brutale (épidemie guerre famine) soit par auto régulation (contrainte morale), qu’il faut arrêter l’assistance aux nécessiteux, inciter les gens à n’avoir que le nombre d’enfants qu’ils peuvent entretenir.

    En français d’aujourd’hui il serait contre les allocations familiales 🙂

    1. Autant je puis être relativement indulgent pour Malthus, qui a effectivement l’excuse d’être un ancien qui a publié son livre à la fin du XVIIIe siècle, autant je ne puis plus l’être pour nos contemporains chez qui croire encore dans les théories de Malthus relève d’un aveuglement consternant. Nous avons le privilège de vivre à une époque où nous avons un accès plus aisé que jamais à la connaissance : à la réalité des faits, à toutes les données historiques, à toutes les statistiques officielles, et à tous les travaux scientifiques les plus récents. On ne peut qu’être affligé que beaucoup trop de nos contemporains à commencer par des professionnels de la communication tels que des politiciens, des essayistes et des journalistes, ignorent superbement les faits avérés au profit d’opinions préconçues et totalement infondées, mais fortement orientées idéologiquement et invoquent pour justifier leurs errements des théories complètement dépassées.

  6. En passant, faites attention aux valeurs numériques et à leur mise en forme.
    Dans le paragraphe « Au départ d’une bactérie unique, on obtiendrait théoriquement au bout de 24 heures à peine le nombre astronomique de 272 bactéries. », le nombre astronomique, ce n’est pas 272 mais bien 2 à la puissance 72, soit 4722366482869645213696.
    De même pour 1080: vous voulez dire 10 puissance 80, je pense.

    1. Et même en faisant spontanément la correction, le résultat est faux, puisque le nombre d’atome de 2^72 bactéries d’E. Coli ne serait toujours que de 3,3 10^32 atomes, soit 3 10^47 fois moins, et non 700 fois plus que 10^80. Ceci sans tenir compte du fait évident que toute progression géométrique naturelle est limitée par les ressources disponibles. Ce qui d’ailleurs ne remet pas en question ladite progression géométrique.

      Il faut aussi remarquer qu’un croissance relative annuelle de la population de 1,1% est une progression géométrique. Il n’est pas nécessaire d’être en présence de chiffres astronomiques pour cela.

      1. et m^me un progression de 0%

      2. Cher VB, un tout grand merci d’être un lecteur attentif et d’avoir relevé très justement cette regrettable erreur de calcul. Je devais être un peu fatigué lorsque j’ai rédigé cet article et je me suis quelque peu mélangé les pinceaux avec ces nombres astronomiques, avec lesquels l’inexactitude des ordres de grandeur ne sauté pas nécessairement aux yeux. J’ai écrit à la rédaction pour faire corriger le paragraphe incriminé comme suit :

        Au départ d’une bactérie unique, on obtiendrait théoriquement au bout de 24 heures à peine 2^72 bactéries (2 puissance 72), et au bout de trois jours et cinq heures (moins d’une demi-semaine) le nombre astronomique de 2^231 bactéries (2 puissance 231, soit 3,45 x 10 puissance 69). Le mot « astronomique » n’est nullement usurpé ici. En effet, comme une bactérie E.Coli contient de l’ordre de 70 milliards d’atomes, le nombre total d’atomes que cela représenterait serait donc plus du double que le nombre estimé d’atomes dans l’univers visible, à savoir 10^80 (10 puissance 80) !

    2. HefJee, bien entendu il s’agissait d’une erreur typographique, que vous avez corrigée de vous-même. Les exposants qui figuraient dans l’article que j’ai transmis avaient été malencontreusement retranscrits. L’erreur a été corrigée depuis hier jeudi 13/4 dans la soirée.

  7. Passant sur les erreurs de typographie (les nombres avec exposants) déjà corrigés par Hefjee, on devrait rappeler que les biologistes des populations savent depuis longtemps que la loi exponentielle ne décrit que des phases de croissance, dès lors que l’exposant de e ou bien l’exposant de 2 est positif. Il existe aussi des cas de croissance exponentielle dont l’exposant de e est inférieur à l’unité (l’augmentation est faible, comme votre capital sur un livret d’épargne actuel !). Si l’exposant de e est affecté d’un coefficient négatif, il y a diminution des effectifs (c’est un cas fréquent en biologie, dans les courbes de survie, par exemple). On peut donc décrire de nombreuses phases avec des lois exponentielles.
    L’erreur consiste en l’extrapolation. Il est cependant du devoir des « penseurs » du développement futur des populations de notre planète, de se poser les questions d’adéquation entre les nombres d’individus et les ressources nécessaires. C’est vrai pour l’Homme comme pour les espèces animales et végétales. Le cas particulier et unique de l’espèce humaine est de se multiplier en même temps qu’elle crée ses ressources en prélevant sur celles de toutes les autres espèces, par la culture, l’élevage et en prélevant aussi sur les ressources non renouvelables. Il y a donc forcément des limites. La mission de l’Ecologue n’est cependant pas de faire peur mais d’avertir. L’écologiste n’est pour moi que celui qui utilise la peur et le raisonnement poussé à l’absurde, pour les transformer en action politique.

    1. Dulieu: « Il est cependant du devoir des « penseurs » du développement futur des populations de notre planète »

      Les planifications ont amené des catastrophes environnementales et humaines partout et toujours. On ne contrôle pas l’humanité, le mieux qu’on puisse faire, c’est de donner des règles claires, la liberté et le droit, de bien informer les gens et de laisser tourner.

      Dulieu: « L’écologiste n’est pour moi que celui qui utilise la peur et le raisonnement poussé à l’absurde, pour les transformer en action politique. »

      Le bilan de ces actions politiques idéologique sont, comme attendu, très mauvais, des ressources colossales sont détournées dans des moulins à vent cher et inutiles qui alimentent les corruptions, augmentent la pollution et coûtent très cher.

      Dulieu: « de se poser les questions d’adéquation entre les nombres d’individus et les ressources nécessaires. »

      On va vers une déplétion de population dans les pays développés, un ralentissement et une stabilisation dans les autres et tout indique qu’il y aura une révolution énergétique à venir.

      La mise en commun récente des cerveaux par l’interconnexion décuple les capacités d’innovations de l’espèce humaine.
      150 ans de révolution industrielle, ce n’est rien, on est arrivé en presque 50 ans à nourrir presque tout le monde alors que la population a doublé et on n’avait même pas cette capacité d’innovation.

      La seule chose réellement inquiétante, c’est la politique: que des peuples apeurés par les prédicateurs démagos se lancent dans des chimères constructiviste ou planificatrice destructrice autant de l’homme que de la nature.

      1. « La mise en commun récente des cerveaux par l’interconnexion décuple les capacités d’innovations de l’espèce humaine. »

        Mais va-t’on pouvoir supporter longtemps cette interconnexion ?

        « Monsieur Pagnol fut bien sûr rempli d’orgueil, mais madame, elle, ne le voyait pas de cet œil, et était persuadée que le cerveau de son fils allait exploser ! »
        (Marcel Pagnol, La gloire de mon père)

        10 Milliards de cerveaux qui explosent ! Vous imaginez la catastrophe écologique ? Malthus était un petit joueur …

      2. Je suis donc assez d’accord avec vous.

        1. Avec LLMRYN bien sûr!!

  8. Voyons ce que dit Bastiat:

    « Jamais Malthus n’a posé cette inepte premisse: « Les hommes multiplient, en fait, suivant une progression géometrique. » Il dit au contraire que le fait ne se manifeste pas, puisqu’il cherche quels sont les obstacles qui s’y opposent, et il ne donne cette progression que comme formule de la puissance organique de multiplication.

    Recherchant en combien de temps une population donnée pourrait doubler, dans la supposition que la satisfaction de tous les besoins ne rencontrât jamais d’obstacles, il a fixé cette période à vingt-cinq ans. Il l’a fixée ainsi, parce que l’observation directe la lui avait révélée chez le peuple qui, bien qu’infiniment loin de son hypothèse, s’en rapproche le plus, — chez le peuple américain. Une fois cette période trouvée, et comme il s’agit toujours de la puissance virtuelle de propagation, il a dit que la population tendait à augmenter dans une progression géométrique.

    On le nie. Mais, en vérité, c’est nier l’évidence. — On peut bien dire que la période de doublement ne serait pas partout de vingt-cinq ans; qu’elle serait de 30, de 40, de 50; qu’elle varierait suivant les races. Tout cela est plus ou moins discutable; mais, à coup sûr, on ne peut pas dire que, dans l’hypothèse, la progression ne serait pas géométrique. Si, en effet, cent couples en produisent deux cents pendant une période donnée, pourquoi deux cents n’en produiront-ils pas quatre cents dans un temps égal?

    — Parce que, dit-on, la multiplication sera contenue.

    — C’est justement ce que dit Malthus. »

    « Le plus célèbre et le plus vigoureux de cette école ayant fait un chapitre contre Malthus, un jour que je causais avec lui, je lui citai des opinions exprimées dans le Traité de la population, et je crus m’apercevoir qu’il n’en avait aucune connaissance. Je lui dis: « Vous, qui avez réfuté Malthus, ne l’auriez-vous pas lu d’un bout à l’autre ? » — « Je ne l’ai pas lu du tout, me répondit-il. Tout son système est renfermé dans une page et résumé par la fameuse progression arithmétique et géométrique: cela me suffit. » — « Apparemment, lui dis-je, vous vous moquez du public, de Malthus, de la vérité, de la conscience et de vous-même…. »

    Voilà comment, en France, une opinion prévaut. Cinquante ignares répètent en chœur une méchanceté absurde mise en avant par un plus ignare qu’eux; et, pour peu que cette méchanceté abonde dans le sens de la vogue et des passions du jour, elle devient un axiome. »

    1. à Y33sha : Merci pour votre très intéressant commentaire de ce grand penseur libéral qu’est Frédéric Bastiat, dont les analyses à la fois modernes et non dénuées d’humour et de piquant sont généralement fort pertinentes, et restent encore d’actualité. Bastiat a parfaitement raison de préciser que le doublement en 25 ans est une hypothèse de Malthus uniquement dans le cas particulier où la croissance de la population n’est contrariée ni par des causes naturelles ni par un contrôle humain et en tout cas « dans la supposition que la satisfaction de tous les besoins ne rencontrât jamais d’obstacles ». Quoi qu’il en soit, les prédictions catastrophistes de Malthus ne se sont jamais réalisées et l’humanité souffre moins de misère de maladie et de faim que jadis malgré que la population ait été multipliée par un facteur supérieur à 7. Par ailleurs, le modèle mathématique basé sur la fonction logistique et introduit par Verhulst quelques années à peine après la mort de Malthus est beaucoup plus sophistiqué et infiniment mieux adapté à une modélisation crédible de la croissance des populations et a de ce fait rendu obsolete la théorie de Malthus. Voir à ce sujet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_de_Verhulst

  9. Moi aussi je peux poser des équations vides de sens : du genre f = (f/f’) * f’ !!! et en tirer des tonnes d’élucubrations, mais quel est l’intérêt ? Si ce n’est celui de duper son auditoire ?

    Cela étant dit, je ne cautionne pas les propos de l’auteur : rien dans les données (que je prends comme argent comptant) ne justifie sa conclusion.

    1. Question publique à l’équipe de modération et à celle qui la dirige ! Que vous enleviez, par principe modérateur, des propos qui ne vous conviennent pas, rien que de plus acceptable : vous êtes chez vous, votre Loi est souveraine. Mais quand vous retirez un propos, selon ces principes,alors l’arbre de commentaires ne ressemblent plus à rien ! Ce qui reste le plus étrange, pou moi, est que je voulais réponde à un commentaire qui n’était pas exclus (pourquoi l’aurait-il était d’ailleurs ?).

    2. Pour que ce soit clair pour le lecteur : je répondais au message de Dulieu et pourquoi cela ne se voit pas dans l’arbre des commentaire ? Pourtant j’ai bien cliquer su « répondre », son message est toujours présent, dois-je faire un rapport de bug incendiaire à je t’héberge mais je m’amuse ?

  10. Hitler avait mis en pratique le concept darwinien de « Lebensraum » ou espace vital avec pour conséquence des génocides pour faire de la place aux Aryens.
    Nos Verts radicaux aux conceptions darwiniennes veulent tailler plus franchement encore dans la masse, décroissances des PIB et des populations, on attend avec inquiétude de connaitre la solution finale retenue.

    1. Pourriez vous au moins citer les propos auxquels vous faites référence par « Nos Verts radicaux aux conceptions darwiniennes veulent tailler plus franchement encore dans la masse » ? Les défenseurs de la décroissance ne l’envisage pas comme une doctrine à imposer par la force…

      Par ailleurs, cet article démonte la pensée Malthuséenne (visiblement, il démonte surtout son résumé en trois lignes), mais n’explicite pas le lien qui y est fait par cette prétendue « écologie radicale ». De ce fait, la puissance argumentaire de cet article ne dépasse pas celle des titreurs de la presse people…

  11. Parmi les disciplines dites scientifiques, les « méthodes de projection » en usage chez les démographes m’apparaissent drôlement douteuses.

    Or ceux-ci sont devenus de parfaits instruments de soutien aux dires d’activistes en politique. Ainsi voit-on les Verts européens, des ONGs et d’évidence les camarades socialo-clientélistes s’appuyer abondamment sur des projections quasiment invérifiables. D’où en résulte un affolement du grand public et/ou le développement de mesures coercitives à l’égard de la population d’aujourd’hui.

    En un exemple concret (ou absurde) que le futur à 20-30 devra démontrer à la prochaine génération, voyons leurs chiffres avancés quant à la croissance d’une population dans la capitale de l’Europe ? Voyons les « projections » publiées sur la population africaine à horizon 2050 (chiffre lu de 4.000.000.000 d’habitants). La FAO n’a qu’à bien s’entenir ! A moins que, grâce à une immigration incontrôlée vers l’Europe, les dits chiffres se trouvent accomplis ?

    Liez-y le coûts d’investissements publics en cours et l’endettement douteux s’ajoutant à celui déjà exorbitant, Puis dites-nous comment ces irresponsables et/ou inconséquents maîtriseront les « ressources » à consacrer à leurs élucubrations ?

    Petit exemple d’ouvrages ayant trait à cette pseudo-science :
    http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1961_num_16_3_9846

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire fort pertinent. Effectivement l’attitude consistant à accorder une confiance excessive à des projections (surtout à long terme) basées sur des modèles mathématiques sur ordinateur constitue un travers de plus en plus fréquent chez nos contemporains. Un modèle n’est qu’un modèle et si l’évolution observée diverge des prédictions du modèle, ce sont les observations qui importent et c’est le modèle qui est à remettre en question, à affiner, et même au besoin à jeter purement et simplement à la poubelle. L’usage immodéré de ces modèles pour justifier à tort et à travers des orientations politiques peut en effet s’avérer extrêmement dangereux, tant dans le domaine de la climatologie que dans celui de l’économie !

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