Vœux présidentiels : Macron donneur de leçons anti-libérales

« Le capitalisme ultralibéral et financier, trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin » a déclaré Emmanuel Macron lors de ses vœux. Ne serait-il pas temps de sortir de l’idéologie anti-libérale ?

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Vœux présidentiels : Macron donneur de leçons anti-libérales

Publié le 3 janvier 2019
- A +

Par Olivier Maurice.

Il y a eu de Gaulle, le général. Pompidou, le bonhomme tranquille. Giscard, l’ingénieur ingénieux. Mitterrand : dieu. Chirac, sa tête de veau, sa Corona et ses pommes. Sarkozy et sa Rolex. Hollande et son scooter.

Et maintenant il y a Emmanuel Macron, le banquier. Le loup du palais Brongniart, l’héritier de la famille Rothschild, l’agent de la cinquième colonne mondialisée, l’habitué de Davos, l’ami de la finance prédatrice qui se gave sur le dos des plus défavorisés. Bref : le pur capitaliste ultralibéral et financier.

C’est bien pratique : comme quasiment personne dans ce pays veut admettre que le capitalisme n’existe pas, ne sait ce qu’est le libéralisme et encore moins comment fonctionne le système financier et monétaire actuel, claironner sur tous les réseaux sociaux que si les pauvres sont pauvres, c’est parce que les riches sont riches est la recette imparable pour accrocher sur son profil une guirlande de breloques et de médailles en chocolat du net : like, retweet, amis et autres followers.

Le monopole du cœur et de la raison

L’antilibéralisme primaire est la valeur la plus sûre qu’il soit pour frimer en société numérisée. Le double becquet arrière avec flammes peintes à l’aérographe. Le klaxon cucaracha du populiste revendiqué. La bonne grosse chaîne en or du gauchiste affirmé. Le marcel à grosses mailles du révolutionnaire en peau de lapin.

Et surtout, ça donne l’impression d’être intelligent, comme Sartre. D’être altruiste, comme le Dalaï-Lama. D’être visionnaire, comme Lénine. D’être charismatique, comme le Che. D’être pacifique, comme Gandhi. D’être moderne, comme Obama. D’être prophétique, comme Marx. D’être antiraciste, comme Mandela. D’être féministe comme Louise Michel. D’être écologiste comme le commandant Cousteau ou comme Charles-Edouard de C., le punk à chien du coin de la rue qui se fait appeler Titi.

Che Guevara et les pulls en cachemire

Depuis le passage de l’escadrille d’emmerdes qui pour l’occasion a fait le voyage de Brive au Touquet, Emmanuel Macron a, paraît-il, cherché conseil auprès d’un de ses prédécesseurs pour changer son image, jugée trop bling-bling et trop autoritaire. Il faut dire qu’en la matière, Nicolas Sarkozy est un maître. Ses vacances en yacht, ses réceptions au Fouquet, ses montres en or et ses amitiés qataris sont autant de preuves de son profond détachement des valeurs matérielles que son  « casse-toi pauv’ con ! » démontre s’il en était besoin son absence totale d’arrogance et la relation fusionnelle qu’il entretient avec les gens du peuple.

Le président s’est donc essayé à la chansonnette populaire à l’occasion des vœux de la nouvelle année. Accompagné d’une douce musique d’accordéon et d’une appétissante odeur de saucisses grillées, il nous a déclaré avec aplomb : « le capitalisme ultralibéral et financier, trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin ».

Le lapin dans le chapeau

Je pense quand même qu’il y a des limites à la première leçon du sorcier, à savoir que les gens sont stupides et qu’ils tiennent pour vrai ce qu’ils souhaiteraient être la vérité. Que les gens ne croient que ce qu’ils ont envie d’entendre.

Ou alors, peut-être que les gens savent très bien dans le fond d’eux-même que le fameux capitalisme ultralibéral et financier, guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, n’est qu’une bonne excuse pour s’autoriser et s’enorgueillir de vomir sur le système, pour vivre du racket légal sous prétexte de redistribution et de solidarité et pour insulter impunément tout ce qui ressemble de près ou de loin à un patron, un banquier, un flic ou une quelconque figure d’autorité.

Après cet anachronique déclaration digne d’une assemblée générale de la fac de Tolbiac, aussi crédible qu’un boucher charcutier faisant de la réclame pour du tofu et sans doute tout fier de s’être mis à dos les centristes modérés qui l’avaient élu et les rares libéraux qui pouvaient encore avoir quelques doutes, Emmanuel Macron a ensuite réussi dans la même phrase à s’attirer les foudres de la gauche toute entière en constatant le déclin de « la civilisation occidentale » et celles des nationalistes en regrettant la « crise du rêve européen ».

Pour couronner le tout, une petite note de malaise et de défi insurmontable vient acter le caractère cyclopéen des difficultés qu’il rencontre et de sa totale incapacité à écouter, à changer, à innover, à diriger. Qu’on se le dise : ce n’est pas un mois de blocage de ronds-points et de feux de poubelles qui l’empêcheront de dicter avec « constance et détermination » ce « projet profondément français et européen » dont absolument personne ne comprend plus rien, tant il est en décalage avec à la fois les attentes des gens et avec ce qui se passe dans le reste du monde.

Et si on essayait l’honnêteté et la sincérité ?

La titre n’est d’ailleurs resté que quelques instants à la Une des quotidiens, tant il était par lui-même une non-information : Emmanuel Macron a magnifiquement démontré lors des vœux 2019, qu’il faisait bien l’unanimité contre lui.

Est-ce donc si compliqué de dire que la France, si elle continue ainsi à vouloir imiter l’URSS en termes de soviétisation de l’économie, la Roumanie de Ceausescu ou le Chili de Pinochet en termes de dérive oligarchique, le Venezuela de Maduro en termes de dépenses publiques incontrôlées finira comme tous ces pays qui ont refusé de faire confiance à la capacité innée des citoyens de bouger des montagnes dès qu’on arrête de vouloir les contrôler et de décider ce qui est bon pour eux : elle pourrait se finir dans un chaos et une violence qui ne se limiteront pas aux seuls Champs-Élysées.

 

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  • « C’est bien pratique : comme quasiment personne dans ce pays veut admettre que le capitalisme n’existe pas, … »

    ???

    • Les échanges libres ( le vrai capitalisme )n existe pas dans ce pays, en revanche la coercition, les réglementations existent bien. C est ainsi que je comprends cette phrase énigmatique de M. Maurice.

      « On a tort de nommer capitalistes les propriétaires des grosses entreprises qui vivent de subventions étatiques, de privilèges et de subventions et qui devraient être appelés « nomenklaturistes ». Les vrais capitalistes sont tous ces pauvres qui luttent pour leur survie en déployant des trésors d’imagination pour contourner les obstacles que les pouvoirs en place mettent sur leur chemin. »
      Pascal Salin

      • Comment pourrait-il exister un système politique dans lequel les pouvoirs publics (dont le mandat consiste à réguler la société) favoriseraient l’économie de libre marché ?

        Le capitalisme est l’invention d’un Etat qui organiserait une économie dans laquelle il n’y aurait pas d’Etat, qui planifierait une économie non planifiée.

        Il existe uniquement dans l’esprit fumeux des anticapitalistes qui voient des complots partout.

      • Je l’avais lu en tant que, le capitalisme n’est pas une doctrine politique ou économique avec un corpus idéologique etc. (le terme étant marxiste et dérogatoire.)
        Mais votre point de vue reste pertinent.

  • Pour le reste moi je veux bien, mais rien ne prouve que sa remplaçante désignée fasse mieux en matière de libéralisme … ou alors je n’ai rien compris aux programmes des extrêmes ?

  • « sans doute tout fier de s’être mis à dos les centristes modérés qui l’avaient élu et les rares libéraux qui pouvaient encore avoir quelques doutes, Emmanuel Macron a ensuite réussi dans la même phrase à s’attirer les foudres de la gauche toute entière en constatant le déclin de « la civilisation occidentale » et celles des nationalistes en regrettant la « crise du rêve européen » »


    Excellent paragraphe !
    Les libéraux sont détestés par deux camps : la gauche, la droite.
    Macron quant à lui a réussi l’exploit d’être détesté par trois camps : la gauche, la droite, et désormais l’ensemble des libéraux.

    • Je l’ai détesté avant même son élection, puisque j’ai regardé son CV, scruté ses antécédents et lu son bouquin! Aucun doute, c’était un socialiste bon teint, pur et dur. Ce qu’il démontre depuis qu’il est élu!

      • Purée, lire son bouquin ! Soit vous êtes intrépide à aller vers la folie, soit vous êtes maso. Bravo pour ce geste. Son bouquin, tout juste bon pour se torcher et encore, il y a des chances que cela brûle le cul.

  • il y a quand même 40% d’andouilles qui ont apprécié les vœux macroniste …..ou alors c’est encore un gros mensonge de la part des médias à la botte de l’exécutif ….

    • On refuse de croire que les français sont des abrutis qui méritent leur sort. Pourtant ils ont voté pour le principal responsable de la catastrophe du mandat de Hollande, puisqu’il fut son conseiller économique, alors qu’il n’en a aucune notion, la preuve, puis son ministre de l’économie. Avec pour résultat en 2016 1,2% de croissance et 1 million de chômeurs supplémentaires. Lesquels ne diminuent pas aujourd’hui, puisqu’il refuse toute réforme qui libérerait l’économie et ferait repartir l’emploi!

    • Pour se faire aimer il suffit de faire un petit cadeau avec un beau ruban comme la fin des impôts locaux …et de sonder que les heureux bénéficiaires…mais’pas trop pour faire vrai.

    • Vous croyez aux sondages? Il faut aller regarder de très près comment est constitué l’échantillon « représentatif »…

  • Impôts à la source : plus rien ne justifie donc l’obligation pour l’employeur de payer ses collaborateurs par virement ou chèque. Il devrait être possible de régler les salariés en cash. Ce qui remettrait en question l’obligation d’avoir un compte en banque. Si Macron veut combattre la finance, il peut supprimer cette obligation, ce qui changerait le rapport entre banques et particuliers.
    Enfin, cette idée, s’il y avait une cohérence dans le logiciel gouvernemental…

  • Il y a peu de vrai Patron d’entreprises , il y a plus d’employés qui dirigent !! où leur statut (
    patron ) illegitimes et en plus qu’ils soient bon ou mauvais ,ils prennent des thunes et pour certains des retraites chapeaux confortable , Si bien que cela mettra des entreprises en difficulté !!! Approvisionner 6 à
    10 millions d’euros !!!

  • « Est-ce donc si compliqué de dire que la France, si elle continue ainsi à vouloir imiter l’URSS en termes de soviétisation de l’économie, la Roumanie de Ceausescu ou le Chili de Pinochet en termes de dérive oligarchique, le Venezuela de Maduro en termes de dépenses publiques incontrôlées finira comme tous ces pays  »
    Dans la liste, il y a un intrus, devinez lequel.
    Parce que, désolé, Pinochet a justement permis au Chili de ne pas suivre la voie de l’Argentine ou du Vénézuéla. D’ailleurs, Pinochet est parti de lui même, ce qui est une exception dans le monde des dictateurs. Depuis, le Chili est considéré comme un modèle à suivre en terme de gestion publique. Arrivée au pouvoir, Michèle Bachelet s’est empressée… de ne rien changer fondamentalement.

    • Pinochet était intervenu à la demande du Parlement Chilien pour empêcher le coup d’état des communistes, téléguidés par Allende. Et donc une fois le Chili nettoyé de cette peste il avait rendu le pouvoir.

    • Pour Pinochet c’est la « dérive oligarchique »pas l’économie

  • Le petit con vient de se trahir et dévoiler son socialisme dogmatique!

  • « Emmanuel Macron a ensuite réussi dans la même phrase à s’attirer les foudres de la gauche toute entière en constatant le déclin de « la civilisation occidentale » ».
    Et moi qui croyais que justement Macron, en bon socialiste, souhaitait le déclin de la civilisation occidentale. Les socialistes se réjouissent du déclin de la civilisation occidentale dont la droite se désole.

  • il n’y a pas grand chose à attendre de quelqu’un qui vit et a toujours vécu dans l’imaginaire.

  • On se retrouve à être l’un des pays communistes le plus en vue au monde et il nous parle de capitalisme ultralibéral et financier ?
    Macron s’adresse aux gauchistes, il ment sciemment…
    li existe un permis de conduire alors soit on forme les Français à l’économie soit on instaure un permis de voter car là c’est bienvenue chez les fous à dire de tels mensonges.

  • Allons, c’est très positif tout ça : être dénoncé par Macron est devenu un brevet de respectabilité ! On ne pouvait espérer de meilleur soutien, à nous d’en tirer parti maintenant.

  • ce qui me fait le plus peur, c’est qu’il enchaine boulettes sur boulettes et se met les oppositions mais aussi le peuple à dos…2019 va être infiniment compliqué pour lui parce qu’il n’a plus aucun support et qu’il attise les braises de mouvements sociaux..

    • Expliquez nous comment on pourrait enfin éradiquer le socialisme sans « attiser les braises des mouvements sociaux ».

  • C’est l’absence de capitalisme qui n’existe pas.
    Du temps de l’URSS, on avait bien un capitalisme d’Etat. C’est l’Etat soviétique qui fournissait le capital pour produire les « richesses ». On a vu que cet Etat était une bille et qu’il a ruiné le pays.

  • Ces propos de Macron sont à peu près aussi dignes de foi que ceux de Lemaire réclamant une baisse des impôts !

  • Bonjour à tous et Bonne année,

    Je soumets à votre sagacité un extrait préoccupant du discours des vœux de Macron : 4:35

    « Nous sommes en train de vivre plusieurs bouleversements inédits.
    Le capitalisme ultra-libéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques’un va à sa fin ! »

    • Ultralibéral: adj. néologisme politique destiné à inculquer ou à admettre l’idée fausse que le libéralisme serait une forme d’extrémisme.

  • Merci Monsieur Maurice pour cet excellent article qui balance un bon sceau d’eau froide sur la tête ces bobos cryptogauchiste français.

    Merci également pour cette page d’humour dont nous avons bien besoin en ces temps au devenir incertain, gouvernés par de vrais socialistes =LERM, qui nous mènent droit au naufrage de la France et de l’Europe.

    « Après cet anachronique déclaration digne d’une assemblée générale de la fac de Tolbiac, aussi crédible qu’un boucher charcutier faisant de la réclame pour du tofu… » ?

  • a titre d’info benalla est un frangin ( franc- maçon ) d’origine marocaine sans commentaire…

  • Les commentaires sont fermés.

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