Idée reçue : Emmanuel Macron, président libéral

Code du travail : Macron m'a tuer By: Jeanne Menjoulet - CC BY 2.0

Pourquoi Emmanuel Macron se transforme petit à petit en Nicolas Sarkozy.

Par Eddie Willers.

Depuis son arrivée au gouvernement sous François Hollande, la presse n’a eu de cesse de présenter Emmanuel Macron comme un libéral. Forte de son inculture en la matière, elle pensait qu’il suffisait d’être passé par une banque d’affaires et d’avoir fait voter une loi de libéralisation de l’exploitation des autocars pour en être.

Néanmoins, les dernières semaines nous montrent que notre président fait tout pour se départir de cette étiquette. Une déclaration m’a notamment marqué ces dernières semaines, celle critiquant une « Europe ultra-libérale qui ne permet plus aux classes moyennes de bien vivre ».

Je passerai outre la stupidité profonde de l’expression ultra-libéral (on est libéral classique, minarchiste, libertarien, anarcho-capitaliste ou bien d’autres choses encore mais personne ne se revendique ultra-libéral parce que ça ne veut rien dire).

En revanche, cette déclaration montre bien que notre président a abandonné toute velléité de réformer le mammouth étatique français et a sombré dans la facilité de la critique anti-capitaliste. Si je devais faire un parallèle avec l’histoire récente, je dirais qu’Emmanuel Macron est en voie de sarkoïsation : un président jeune qui laisse imaginer qu’il veut réformer le pays dans une optique plutôt libérale, quelques réformes timides qui vont dans ce sens et puis finalement l’abandon et le retour à la grosse cavalerie socialiste.

Pas de baisse de la dépense publique en vue

La gestion ubuesque de l’augmentation des taxes sur les carburants vient d’ailleurs corroborer cette affirmation. Elle est l’une des rares augmentations que j’aurais été prêt à consentir si elle avait réellement eu pour ambition de pousser à la baisse la consommation d’essence. Cependant, elle vient après moult annonces de prélèvements en tout genre et la conviction que le président ne souhaite pas réduire la dépense publique.

Ces augmentations de taxes viennent donc combler un manque à gagner, encore une fois, et ne font qu’augmenter le mécontentement général, et justifié, des Français. La mise en place de « bons de carburants » proposée en contrepartie s’inscrit elle aussi purement dans une logique socialiste de redistribution par un État omnipotent qui décide à la place des Français.

Ces orientations mouvantes décrédibilisent d’ailleurs encore les libéraux aux yeux de l’opinion qui ne les imagine qu’en monstres assoiffés de l’argent des Français. La situation de la France n’évoluera pas tant que l’État ne réduira pas son périmètre. Cela passe par des privatisations et des simplifications administratives. Si nous ne voyons pas ces mesures poindre, il n’existe aucun espoir que les baisses d’impôt annoncées se réalisent et que la situation des Français s’améliore.

J’ai comparé un peu plus haut Emmanuel Macron à Nicolas Sarkozy, j’aurais aussi très bien pu le comparer à un Matteo Renzi à la française : un homme issu du centre gauche, présenté comme progressiste, libéral et réformiste qui se contente de réformettes et de communication pour finalement se rendre compte que ses orientations sont du socialisme déguisé et ne changent rien.

Lorsque l’on voit où cela a mené l’Italie aujourd’hui, aussi bien en termes économiques que politiques, je ne puis qu’espérer un changement radical de notre président pour enfin embrasser la voie de réformes libérales.

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