Au Venezuela, la grande fuite en avant de Maduro

Pour conserver le pouvoir entre les mains de la révolution bolivarienne, le gouvernement socialiste de Nicolás Maduro a décidé de noyer les contre-pouvoirs démocratiques.

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Nicolas Maduro le 4 décembre 2014 (Crédits : Presidencia de la República del Ecuador, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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Au Venezuela, la grande fuite en avant de Maduro

Publié le 13 mai 2017
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Par Eduardo Rios Ludena.
Un article de The Conversation

Nicolás Maduro fait face à une situation politique inédite dans l’histoire démocratique vénézuélienne. Héritier désigné par Hugo Chávez avant sa mort en 2013, il dirige aujourd’hui une coalition d’intérêts qui contrôle les vastes ressources économiques et politiques que lui octroie la domination des institutions de l’État vénézuélien. Mais au regard de la terrible situation économique dans laquelle est plongé le pays, cette coalition paraît dans l’incapacité de garder la mainmise sur ces ressources par la simple voie électorale. The Conversation

Pour conserver le pouvoir entre les mains de la révolution bolivarienne, le gouvernement socialiste de Nicolás Maduro a donc décidé de noyer les contre-pouvoirs démocratiques telle que l’Assemblée nationale – passée à l’opposition en 2015 – et, plus largement, toute forme d’expression électorale qui pourrait le léser. Cette dérive autoritaire – lente mais systématique – a abouti, en avril 2017, à la convocation d’une nouvelle Assemblée constituante dite « communale » qui se substituerait à l’Assemblée nationale actuelle et dont Maduro veut sélectionner lui-même les représentants.

Sur fond de manifestations de rue quotidiennes, qui ont provoqué en un mois plus de 39 morts et 700 blessés, l’actuelle situation de blocage politique et économique est bien le produit des dérives du système de gouvernement mis en place par Maduro. Ce système a certes permis au successeur de Chávez de se maintenir à la présidence de la république, mais au détriment des mesures économiques qui s’imposaient.

Cette dynamique pousse Maduro dans une contradiction politique qui ne trouvera pas de solution à court terme. Cette inaction se solde par une augmentation de la pauvreté et une dégradation des indices sociaux dans le pays. Ainsi le taux de mortalité à la naissance a récemment explosé, a reconnu le gouvernement.

Le gouvernement, une confédération de groupes en compétition

Lorsque Maduro a pris le pouvoir en 2013, les prix du pétrole n’avaient pas encore chuté. Il disposait de vastes ressources économiques ainsi que du soutien – symbolique – que Hugo Chávez lui avait donné lors d’une allocution nationale peu avant sa mort. La première tâche de Nicolás Maduro a donc consisté à préserver l’unité du mouvement révolutionnaire vénézuélien et de s’y installer comme président indiscuté. Il y est parvenu en gagnant les élections locales de décembre 2013 et en étendant le pouvoir de certains groupes au sein de la nébuleuse chaviste.

Sous son gouvernement, la sphère d’influence des militaires s’est élargie dans l’espace dollarisé du monde économique public. Maduro a permis aux forces armées de disposer de leur propre banque et autorisé les hauts gradés à investir directement sur le marché pétrolier – ce que même Chávez, militaire lui-même, s’était refusé de faire.

Il a aussi limogé les responsables économiques les plus puissants sous Chávez : d’abord le ministre de Planification Giordani, puis le président de l’entreprise pétrolière Ramirez, mais aussi le président de la Banque centrale Merentes. En définitive, Maduro a mis à l’écart du monde économique les représentants les plus actifs du chavisme radical.

Le gouvernement Maduro s’est ainsi transformé en une confédération de groupes de pouvoir en compétition pour tenter de s’accaparer une parcelle du budget de l’État vénézuélien. Cette nouvelle dynamique politique s’est imposée dans un contexte de contrôle absolu des institutions de l’État, d’un arbitre électoral soumis aux injonctions de la présidence et d’un pouvoir judiciaire noyauté par quinze ans de nominations favorables au gouvernement.

Mais ce système à l’équilibre instable a dû affronter une crise économique majeure, conséquence des dérives du modèle économique mis en œuvre par Hugo Chávez.

Un contrôle des changes à double tranchant

Le contrôle du taux de change a joué un rôle décisif dans l’accumulation de pouvoirs aux mains du gouvernement chaviste. Imposé en 2002, ce contrôle a en effet permis à l’État de s’adjuger une distribution discrétionnaire des dollars qui rentraient dans le pays. Malgré la propagande officielle qui insistait sur une répartition censée inclure les secteurs les plus démunis, cette manne a en réalité été attribuée prioritairement aux serviteurs (publics ou privés) les plus méritants du régime, autrement dit les plus zélés. Ainsi l’État s’est posé en arbitre ultime l’économie vénézuélienne.

Ce système de contrôle de change, qui a enfanté un système de taux de change parallèle – ceux qui ne pouvaient se pourvoir sur le marché public le faisaient dans le « marché noir » –, s’est effondré en 2014 : la différence entre le taux du marché noir et du taux légal est passée de 1 à 4 à 1 à 100. Cette dévaluation de fait a renchéri considérablement les prix des produits, et a obligé le gouvernement à soutenir la consommation interne avec la planche à billets. Et ce au prix d’une inflation terrible et d’une chute annuelle du PIB de 0 point, puis 5, puis 10 et enfin 17 points entre 2013 et 2016.

À chaque tentative de réforme, un des secteurs de la coalition d’intérêts du chavisme a crié à la trahison, se sentant plus lésé que les autres. Et en 2014, lorsque les prix du pétrole ont chuté, l’État devenu le principal importateur du pays a dû approvisionner le pays avec des revenus diminués.

Surenchère autoritaire

L’unité du mouvement révolutionnaire s’est faite au prix d’un processus de sclérose politique. Face à un système économique en déliquescence, le gouvernement a payé le prix de son inaction lors des élections législatives de 2015 : l’opposition a remporté les deux tiers des sièges. Le gouvernement s’est alors évertué à énucléer l’Assemblée nationale et à casser les initiatives de l’opposition. Le gouvernement Maduro a ainsi prohibé le référendum révocatoire du chef de l’État pourtant prévu dans la Constitution. Il a également repoussé les élections régionales aux calendes grecques.

Le processus de dialogue entamé en 2016 n’a servi qu’à diviser l’opposition et à asseoir la position de Maduro à la tête du pays, théoriquement jusqu’en 2019, terme de son mandat. En mars 2017, sous la pression du gouvernement, la Cour suprême a prononcé deux décisions rendant illégale toute décision de l’Assemblée nationale.

Ce coup de force a finalement incité l’opposition à l’unité. Le consensus s’est imposé autour d’une stratégie de protestation dans la rue, avec une mobilisation presque quotidienne. Dans sa surenchère autoritaire, Maduro a sévèrement réprimé ces manifestations et rendu inéligible le principal leader d’opposition du Venezuela encore libre, Henrique Capriles, le gouverneur de l’État de Miranda.

Face à une mobilisation qui, malgré la répression, ne faiblit pas, Maduro a choisi l’option de la fuite en avant en convoquant une Assemblée nationale dite « communale ». Ses leaders seront choisis selon un modèle corporatiste (de classes et de métiers). Son but sotto voce est de marginaliser l’Assemblée nationale pour récupérer par la force le semblant de légalité que lui a ôté la victoire de l’opposition aux élections législatives de 2015.

Un avenir incertain

La situation économique tragique qui alimente les manifestations ne devrait pas s’améliorer sur le court terme. Si Maduro réussit son coup politique avec la mise en place d’une Assemblée constituante – ce qui semble improbable vu la faible adhésion que son projet génère –, il aura encore à faire face à la pire érosion de PIB qu’un pays en paix ait subi depuis 1945 : -30 % de PIB en 4 ans. Maduro ne dispose plus de fonds propres et les bailleurs de fonds refusent d’investir dans un pays dont le gouvernement a assujetti le pouvoir judiciaire.

Nicolàs Maduro, en pleine surenchère autoritaire.
Hugoshi/Wikimedia, CC BY-SA

 

Cette stratégie de Maduro peut apparaître suicidaire, mais sa maîtrise des deniers publics et de l’appareil répressif – menée conjointement par l’armée et par des groupes civils armés – lui a déjà permis de tenir quatre ans à la tête du pays.

Reste que le maître absolu des institutions est aussi perçu comme le principal responsable du chaos et la cible de tous les mécontentements. Plus il accumule de pouvoir par une voie sans cesse plus autoritaire et plus il risque de susciter la grogne sociale. Mais Maduro semble prêt à tout pour conserver le pouvoir, même en rognant les conquêtes sociales mises en œuvre par son prédécesseur.


Eduardo Rios Ludena, Docteur associé (CERI), Sciences Po – USPC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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  • ce type est un psychopate , comme tout bon socialiste qui se respecte ;

  • Maduro est accroché à son trône présidentiel comme une tique ! L’en déloger ne se fera que brutalement. Il est du genre à abolir les élections présidentielles, ce qui sera son ultime solution à terme. Heureusement pour lui qu’il a l’Armée et la Police, en plus de ses « miliciens politiques ». Les citoyens sont pris entre les despotes, et les criminels.

  • Où l’on voit que sous ce type de régime, certains sont toujours plus égaux que d’autres.

    • @ Sine

      Ce n’est qu’habituel: un chef, démocratique ou pas, est forcément « protégé » et, représentant le pays (comme un monarque) doit pouvoir accueillir ses hôtes étranger dans des conditions mieux que bien.

      Ce n’est qu’en Scandinavie qu’un premier ministre est un citoyen comme un autre, qu’on peut tuer en le croisant sur un trottoir comme O.Palme ou rencontrer quand il vient à vélo à son ministère: en France, c’est le scooter (popu!) + la voiture de « gorilles » ou la garde républicaine!

      • Mouaaarrrfff ❗
        Maduro doit recevoir des scandinaves mieux que bien ❓
        Pouf pouf pouf ❗

        Maduro, c’est « Marchons dedans » :mrgreen:
        Personne de censé n’aura envie de le voir 🙂
        Ah si, vous avez raison : l’ânesse du Poitou, elle a envie de braire 🙁

  • Article mauvais car il rejette la responsabilité du désastre du Venezuela sur Maduro là où le vrai coupable est Chavez.

    Je me permets de mettre un commentaire très intéressant d’un autre commentateur sur un autre article de Contrepoints parlant du Venezuela:

    La chute du prix du pétrole a accéléré le désastre économique et l’a empiré mais ce n’est pas la cause Il est aussi important de souligner que déjà quand Chavez était au pouvoir la situation économique était mauvaise. Alors, cela ne sert à rien d’accuser Maduro d’être le responsable. Maduro mène la même politique que Chavez. La différence entre les deux hommes c’est que Chavez était charismatique. Là où Maduro n’avait aucun charisme. Il est intéressant de voir que les médias internationaux après avoir longtemps passé sous silence le désastre économique qu’était le venezuela (et vanter la politique de Chavez), ils sont obligés d’aujourd’hui de reconnaitre la situation du Venezuela tellement la vérité est devenue impossible à cacher. Mais au lieu de désigner les vrais responsables, ils préfèrent soit accuser l’incompétence de Maduro soit la chute du pétrole d’être responsable des problèmes du Venezuela alors que c’est Chavez. Certains médias (genre les sites de propagande russe) vont jusqu’à reprendre l’argumentaire des chavistes: c’est la bourgeoisie anti chaviste qui a créé la crise ou c’est un complot de la CIA. La bourgeoisie anti chaviste est soit parti du Venezuela depuis très longtemps (elle vit par exemple à Miami) soit est totalement ruiné et est devenue pauvre. La seule bourgeoisie existant aujourd’hui au Venezuela c’est la bourgeoisie chaviste.
    Quelques petits exemples pour montre que la situation économique était déjà mauvaise du temps de Chavez (même si les médias internationaux n’en parlaient pas ou en tout cas très peu).
    « Depuis 1998, le Venezuela est gouverné par Hugo Chavez, un président populiste qui dénonce régulièrement les élites économiques de la nation et adopte des mesures favorisant les pauvres et les classes ouvrières. Parmi ces mesures figuraient les contrôles de prix des biens alimentaires de base comme les haricots, le sucre, le boeuf, et le poulet, destinés à contenir le coût de la vie. Ces mesures entraînèrent des pénuries sporadiques à partir de 2003, mais ces pénuries devinrent bien plus graves en 2006. D’un côté, des mesures gouvernementales généreuses entraînèrent des dépenses plus élevées des consommateurs et des augmentations des prix importantes pour les biens qui n’étaient pas soumis au contrôle des prix. Le résultat fut une augmentation très importante de la demande des biens dont les prix étaient contrôlés. D’un Autre côté, une baisse importante de la monnaie du Venezuela entraîna une diminution des importations de biens étrangers. Le résultat fut des rayons vides dans les magasins alimentaires du pays.
    Le gouvernement réagit en accusant les producteurs de biens alimentaires, les distributeurs et les petits commerçants de profiter de la situation, menaçant de prendre le contrôle des supermarchés s’ils ne fournissaient pas davantage de nourriture. Mais même Mercal, une chaîne de magasins publics, avait des rayons vides.
    Le gouvernement imposa également des rationnements, restreignant les achats de sucre notamment. De manière prévisible, un marché noir du sucre se développa avec des vendeurs de rue.
    Finalement les pénuries alimentaires au Venezuela offrent un cas d’école: pourquoi les gouvernements pensent parfois que les prix plafond sont une bonne idée, et pourquoi ils se trompent généralement. »
    Ce texte, est disponible dans le livre « Microéconomie » de Paul R. Krugman (l’un des économistes préférés de la gauche) et Robin Wells pages 231 et 232)
    https://books.google.fr/books?id=A_CVjVouaigC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

  • Pourtant en 2003 (début des pénuries) le cour du pétrole était de 31$ le baril. En 2006 (les pénuries s’aggravent), le cour du pétrole était à 66$ le baril.
    Étrange de voir que le doublement du prix de vente de la principale ressource d’exportation ne suffise pas à remplir les rayons des magasins???
    En 2010, le pétrole est à 80$ du baril, et Chavez dévalue le Bolivar pour stimuler les exportations de pétrole et surtout financer ses dépenses publiques:
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/11/venezuela-pour-financer-ses-depenses-publiques-hugo-chavez-devalue-le-bolivar_1290107_3234.html

  • 2003: Pénuries: 31$, 2006: Pénuries: 66$, 2008: Pénuries: 99$, 2009: Pénuries: 61$, 2010: Pénuries: 80$
    Même en 2012 et 2013, avec un pétrole tutoyant les 120$ du baril, nous avons quoi? Des pénuries alimentaires!!
    http://www.directmatin.fr/monde/2013-10-24/venezuela-importation-massive-daliments-contre-les-penuries-591719
    article datant de 2013: http://www.economist.com/news/americas/21571445-cost-postponing-inevitable-devaluation-out-stock

  • La base du chavisme c’est le clientélisme poussé à l’extrême. Chavez utilisait les ressources naturelles de son pays pour acheter les électeurs. Alors, normal qu’il ait gagné le référendum. Ajouter à cela que les chavistes contrôlent les médias et vous comprenez leurs succès. Pourquoi l’opposition a gagné les élections législatives ? Parce que le Vénézuela est ruiné. La plupart des gens se rendent compte du désastre du chavisme. De plus, ils ne peuvent pas acheter des électeurs massivement (ils en ont achetés quand même achetés mais bcp moins que d’habitude). On voit le résultat quand ils ne peuvent pas acheter les électeurs: ils perdent. (Je rappelle quand même qu’en 2010, l’opposition s’était retrouvée minoritaire à l’Assemblée, malgré un nombre de voix supérieur car les chavistes contrôlent le pouvoir électoral qui leur permettent de redécouper les circonscriptions électorales et les règles du jeu).
    Hugo Chavez a ruiné son pays, ce qui, pour un pays producteur de beaucoup de pétrole n’est pas une mince prouesse. Il a, faisant à grande échelle ce que d’autres font à plus petite échelle, acheté des millions d’électeurs pour une bouchée de pain. Il a muselé les médias, ce qui permet aux Vénézueliens d’avoir une information encore plus biaisée que les Français (ce qui n’est pas peu dire). Il a confisqué au profit de l’Etat, donc à son profit (la fortune qu’il laisse est colossale) des centaines d’entreprises, ce qui a fait fuir tous les investisseurs éventuels et conduit ceux qui ont pu sauver un peu d’argent à le placer à Miami. Il a installé, sur le modèle cubain de son ami Fidel, des sortes de Comité de défense de la révolution, chargés de la délation dans tous les quartiers et dans tous les immeubles.
    Des armes sont régulièrement distribuées aux partisans du gouvernement , avec très peu de munitions , par peur de la revente de celle-ci mais avoir une arme si vous êtes membres du PSUV ne pose aucun probléme . Certains ne s’y inscrivent que dans ce but .A rappeller que 7/10 des crimes sont commis avec la participation d’au moins un membre des services de sécurité de l’Etat …

    En 1999, lorsque Chávez s’empara du pouvoir, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, la PDVSA, avait 51 000 employés et produisait 63 barils de pétrole brut par jour et par employé. Quinze ans plus tard, la PDVSA compte 140 000 employés et produit 20 barils de pétrole brut par jour et par employé. Aujourd’hui, d’exportateur, le Venezuela est devenu importateur de pétrole. http://af.reuters.com/article/algeriaNews/idAFL5N0R33EC20140902
    La dette de PDVSA approcherait 114 milliards de dollars (105 milliards d’euros). Il faut bien comprendre que PDVSA est le bras armé du clientélisme chaviste. PDVSA mène de nombreux » programmes sociaux » (c’est surtout de l’achat de votes ) au détriment de ses investissements pétroliers.
    Je ne parle même pas des détournements de fonds au profit de proches du pouvoir chaviste.

    Au Venezuela, environ 300 milliards $ des fonds de la République vénézuélienne ont été volés, donnés à leurs amis, par Chavez et Maduro en 17 ans. Cela s’est l’estimation la plus basse. Certaines estimations parlent de plus de 600 milliards $.

  • Oui, la baisse du cours de pétrole a conduit à amplifier le désastre économique mais ce n’est pas ce qui l’a provoqué.
    Les nationalisations, les contrôles de prix,…ont mené le Venezuela vers la ruine. Le chavisme était basé sur un clientélisme extrême càd que Chavez achetait des voix. N’oublions pas qu’il a dépensé une fortune à financer l’extrême gauche dans les autres pays (notamment eu Europe où il a par exemple financé Podemos).
    En 2003, le chavisme a mis en place un sévère contrôle des prix et des changes à travers lequel il fixe la marge bénéficiaire et monopolise les devises. Cette situation, ajoutée à des importations massives, est devenue un obstacle pour le développement de l’industrie, dont l’accès aux devises est très limité.
    Le gouvernement a exproprié 1.200 entreprises, dont 300 de l’industrie alimentaire qui sont inopérantes. Les nationalisations ont détruit l’efficacité des entreprises
    Le contrôle des prix ne permet pas aux industriels de couvrir leurs coûts de production, ce qui accroit la pénurie.
    En nationalisant les entreprises, Chavez a fait fuir les investisseurs potentiels. Les entreprises nationalisées ont vu leur productivité baisser de 50% malgré fortes hausse effectifs.

    Le pétrole représente sous Chavez 95% des exportations au Venezuela et 2/3 recettes de l’Etat ! C’était moins avant Chavez mais ça représentait déjà une part conséquente. Le succès de Chavez, c’est d’être arrivé à la meilleure période. Quand Chavez nationalise des entreprises en 2007, c’est que PDVSA commencait à devenir un très mauvais payeur vis à vis de ses sous-traitants car suite aux grèves de 2002 et au licenciement de l’ensemble des grévistes de PDVSA (pour les remplacer par des chavistes). la gestion de PDVSA s’est fortement dégradée (malgré 1/3 d’effectif en plus) et la production a diminué de plus de 20% faute d’entretien. râce à l’argent du pétrole, Chavez a bien lancé des « Misión que ce soit pour la construction de logements, l’alphabétisation, médecins,agriculture. Il a surtout subventionné massivement des produits de 1ère nécessité (farine de maïs, riz, lait, poulet, essence…).
    sur le papier, c’était très bien. La conséquence, c’est que la dernière usine de farine de maïs a fermée il y a quelques années pour être réouverte juste de l’autre cotée de la frontière colombienne. Fixation prix a totalement détruit certaines industries du Vénézuela. aujourd’hui, l’ensemble de ces produits subventionnés/ et ou prix fixés sont importés. (le Vénézuela était exportateur de farine de maïs)
    Il y a donc eu des nationalisations. Bilan : entreprises nationalisées ont vu leur productivité baisser de 20 à 50% malgré hausse effectifs
    la réforme agraire ? Ce que le Venezuela exportait, il l’importe aujourd’hui.
    Les investissements publics ? Le Venezuela est confrontée à des pénuries de production d’électricité, des ponts qui s’effondrent à cause d’un manque d’investissements chroniques sous Chavez.Plutôt que de développer la formation locale, il importait des médecins de Cuba. Mais une fois que l’argent a commencé à manquer, les médecins sont repartis…Les hôpitaux publics ? Enormes pénuries de médicaments et matériels médicaux. Les écoles ? Ne sont plus entretenues depuis des années. Les supermarchés publics ? Vides et à chaque arrivée de produits, des files d’attente énormes. Le plein emploi ? En prenant en compte l’emploi informel qui représentait 1/3 des emplois dans les années 80 contre 60% aujourd’hui. L’accès au logement ? Des années 70 à 2013, c’est sous Chavez que l’on a produit de moins de logements/an. Jusqu’à 2 fois moins que sous Pérez. En matière d’aménagement du territoire. Quelques pauvres ont eu le droit à des logements neufs dans des quartiers totalement isolés. Et un logement neuf c’est ça ! Impossible pour les habitants de trouver un emploi à proximité de leur quartier. Et concernant « l’Etat moderne ». corruption à tous les étages, une cour suprême dépendante du président et qui ne respecte pas Constitution. Lors des Panama papers et Swiss Leaks, le pays qui a été le plus souvent été cité, ou qui avait caché le plus d’argent était le Venezuela et à chaque fois, il s’agissait de proches de Chavez. Mais c’est vrai, Chavez faisait de beaux discours à l’ONU pour dénoncer l’impérialisme américain.Même si la majorité des revenus du Venezuela venaient des USA (PDVSA est par exmple propriétaire d’une chaine de stations service aux USA) et qu’après avoir nationalisé les puits pétroliers de l’orénoque, le Vénézuela a passé de nombreux contrats avec Chevron

  • Tous les commentaires que je viens de mettre ne sont pas de moi mais sont des commentaires que j’ai trouvé sur contrepoints et que je me permets de mettre car très intéressants.

    Si Maduro a donné plus d’importance aux militaires ce n’est pas par idéologie mais juste parce qu’il n’avait pas d’autre choix. Le chavisme se base sur le clientélisme pour rester au pouvoir. Or pour pratiquer du clientélisme, il faut un minimum d’argent. Or, il n’y en a plus. Quand vous n’avez plus d’argent vous êtes obligé d’utiliser la violence pour rester au pouvoir. Si Chavez était vivant, il y aurait eu la même chose. Le seul moyen pour les chavistes de rester au pouvoir s’st s’appuyer sur l’armée et les forces de l’ordre. Au plus, le mécontentement populaire grandit, au plus l’armée prends de l’importance. Cette logique n’a rien à voir avec l’arrivée au pouvoir de Maduro c’est juste la suite logique des choses. Chavez était déjà autoritaire lorsqu’il était vivant mais l’autoritarisme a grandi chez les chavistes non pas à cause de la mort de Chavez mais à cause de la situation économique qui se dégradait.

     » une confédération de groupes de pouvoir en compétition » cela existait déjà du temps de Chavez sauf que contrairement à Maduro, Chavez avait bien plus d’autorité. Donc, il pouvait plus facilement faire régner l’ordre dans son camp. Il avait une meilleure maîtrise de son camp qu’a Maduro. La mort de Chavez a juste accentué les choses.

     » les conquêtes sociales mises en œuvre par son prédécesseur » ridicule chavez a juste pratiqué du clientélisme et a acheté les voix des plus pauvres, il n’a jamais permis aux pauvres de sortir durablement de la pauvreté. Le but de Chavez était de faire des pauvres des assistés dépendant du chavisme certainement pas de les enrichir. Ces pratiques clientélistes n’étaient tenables qu’à court terme mais à plus long terme cela a été un désastre pour les plus pauvres qui aujourd’hui vivent de manière bien pire qu’avant Chavez. La pauvreté a fortement augmentée.

  • Chavez est arrivé au pouvoir en 99. De 91 à 99, le baril de brent était sous les 20$. Il est même tombé à 9,80$ en Décembre 1998. Chavez était au pouvoir de 99 à 2013. Sur cette période, le baril est passé de 10,20$ (au moment de son accession en février 1999) à 108$. Oui, une multiplication par 10 ! Encore, aujourd’hui (2016), le prix du pétrole tourne autour de 40-50 dollars soit plus du double du prix du pétrole dans les années 90. Or, la situation économique était bien meilleure dans les années 90 qu’aujourd’hui. Preuve que la chute du pétrole ne peut pas expliquer à elle seule la situation désastrueuse du Venezuela

  • Marrant, il y a quelques années (4 ou 5 ans), les gauchistes niaient les problèmes du Venezuela (la situation économique était déjà mauvaise). Aujourd’hui,ils sont bien obligé de la reconnaitre. Aujourd’hui, il y a deux types d’attitude de la part des gauchistes: la première,reconnaitre l’échec du chavisme (et c’est tout à leur honneur même si en général, ils oublient de dire qu’avant, ils ont soutenu le chavisme). La seconde, rester aveuglé et justifier l’échec du venezuela par un complot des USA (et d’Israel tant que l’on y est).
    A noter que dans la première attitude, certains gauchistes adoptent un révisionnisme que l’on pourrait qualifier de subtil càd qu’ils imputent l’échec du chavisme soit à Maduro (en disant que si Chavez était toujourss là, le venezuela se porterait très bien ce qui est absurde quand on sait que déjà avant la mort de chavez, le venezuela se portait mal). soit à la chute du pétrole (alors que cette chute est un élément accélérateur et amplificateur de la ruine du venezuela mais ce n’est certainement pas la cause première).
    Ce que je trouve interpellant dans l’attitude des médias, c’est qu’ils citent les chiffres officiels en les présentant comme des vérités (alors que tout le monde sait que ces chiffres sont truqués). Par exemple, ils disent tous que l’inflation en 2015 au Venezuela était de 180 % (chiffre officiel) alors que la plupart des observateurs pensent qu’il était plus élevé (certains parlent de 275 % d’inflation en 2015).
    D’ailleurs, les gauchistes qui nous vantaient les succès du chavisme (même chose pour l’argentine de Kichner) se basaient sur les chiffres officiels truqués. Aujourd’hui, tout le monde peut voir à quel point ces chiffres sont faux. C’était la même chose à l’époque de la guerre froide, la gauche nous vantait le succès du communisme en se basant sur les chiffres officiels des pays communistes (qui étaient faux).

  • Comme tout bon pays socialiste, le vénézuela est confronté à une fuite des cerveaux qui mine le pays: http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/91210/la-fuite-des-cerveaux-fragilise-le-venezuela.html
    les entrepreneurs et les vénézuéliens les plus diplômés et les plus dynamiques ont fui le pays. (Cette fuite de cerveaux a commencé quand Chavez était président. Difficile d’accuser Maduro).
    Bcp de gens opposés au chavisme ont fui le Vénézuela et malgré cela, l’opposition a gagné les élections
    Les chavistes ont faussé les règles du jeu et ont quand même perdu c’est à cause de la situation catastrophique du Vénézuéla à tout point de vue.
    Comme il y avait pus de fric dans les caisses, ils n’ont pas pu acheter autant de voix que d’habitude e qui explique en grande partie leur défaite.
    Même les cubains préfèrent fuir le Vénézuela: http://www.lapatilla.com/site/2015/08/22/un-mil-600-medicos-cubanos-se-largaron-por-malas-condiciones-de-venezuela-a-colombia/ (article datant un peu). Le système de santé vénézuélien est tellement mauvais que les médecins cubains préfèrent fuir.

    Le chavisme a aussi eu comme conséquence d’amener l’insécurité dans le pays. Le Vénézuéla à cause du chavisme a vu son taux de criminalité et d’homicides augmenter de manière impressionnante (la forte hausse de la criminalité a commencé sous la présidence de Chavez et non pas Maduro).
    Caracas au Vénézuela est la ville la plus violente au monde: http://www.francetvinfo.fr/monde/carte-voici-les-20-villes-les-plus-violentes-du-monde_1289827.html#xtor=RSS-3-monde
    Il y a eu 28 000 meurtres au Vénézuéla en 2015.

    Une excellent vidéo sur les prisons vénézuéliennes: https://www.youtube.com/watch?v=9G6H5Z_JzOc&feature=youtu.be (cela peut permettre de se faire une idée de ce pays et de la sécurité au Vénézuela).
    Au Vénézuela, les prisonniers ont des fusils d’assaut automatiques, ce sont eux qui gèrent les prisons (tout cela se fait avec la complicité du gouvernement)
    Un excellent article au sujet de la sécurité au Vénézuela: http://www.inhesj.fr/sites/default/files/cs27_28_vasquez_lezama_weinberger.pdf
    Entre 2002 et 2012, le taux de mortalité toute cause confondue a augmenté de 30 % au Vénézuela d’après les chiffres officiels (qui sont largement sous estimés).

  • a pénurie est généralisé au Vénézuéla. Il faut faire de longs files de plusieurs heures pour espérer pouvoir acheter quelque chose.
    Au Venezuela, on ne meurt pas des maladies mais du manque de médicaments
    http://www.el-nacional.com/sociedad/morire-tiempo-medicinas_0_800920143.html
    Faute de farine, le pain aussi se fait rare au Venezuela : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/venezuela-faute-de-farine-le-pain-aussi-se-fait-rare-27-02-2016-5582323.php
    La dette externe du Vénézuela s’élevait à 250 milliards de dollars (224 milliards d’euros) en avril 2015, selon le cabinet Ecoanalitica. Rien que l’an dernier, le gouvernement socialiste a déboursé 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) d’intérêts, selon le président Nicolas Maduro.
    Les dettes commerciales accumulées du Vénézuéla, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, sont de quelque 12,5 milliards de dollars (11 milliards d’euros), fermant la porte à plusieurs fournisseurs dans différents secteurs, ce qui n’a fait qu’aggraver la pénurie.
    Le déficit public se situe entre 18 et 20% du PIB, selon des analystes privés.
    En 2003, le chavisme a mis en place un sévère contrôle des prix et des changes à travers lequel il fixe la marge bénéficiaire et monopolise les devises. Cette situation, ajoutée à des importations massives, est devenue un obstacle pour le développement de l’industrie, dont l’accès aux devises est très limité.
    Le gouvernement a exproprié 1.200 entreprises, dont 300 de l’industrie alimentaire qui sont inopérantes.
    Le contrôle des prix ne permet pas aux industriels de couvrir leurs coûts de production, ce qui accroit la pénurie.

    Les seuls personnes qui se sont enrichis se sont les proches de Chavez. Les proches du pouvoir chaviste se sont enrichis de manière phénoménale depuis que Chavez a pris le pouvoir.
    Chavez lui même était milliardaire.
    Le Vénézuela compte d’un côté un peuple qui crève de faim et vit dans la misère la plus totale et de l’autre, les oligarques chavistes milliardaires.
    C’est beau le socialisme.
    Lisez ceci sur les proches de chavez qui se sont enrichis grace à lui: http://www.bloomberg.com/news/2014-08-12/venezuela-sees-chavez-friends-rich-after-his-death-amid-poverty.html
    Les riches proches du pouvoir chaviste ne connaissent pas la crise: http://www1.folha.uol.com.br/mundo/2016/03/1746870-alheios-a-crise-venezuelanos-ricos-mantem-vida-de-luxo.shtml
    La fille de Chavez est la personne la plus riche du Venezuela : http://www.directmatin.fr/monde/2015-09-02/la-fille-de-chavez-serait-la-personne-la-plus-riche-du-venezuela-709868
    Rosines Chavez(fille du dictateur) vit dans un appartement de luxe valant plus de 5 millions d’euros dans Trocadéro à Paris avec l’argent volé en provenance du Venezuela par son père.
    Rosines, c’est sa fille qui posait avec une liasse de billets: https://pbs.twimg.com/media/CachRfMWcAAXrAD.jpg:large

    Les chavistes ont fait du Vénézuéla un état mafieux. Les généraux vénézuéliens sont au cœur du narcotrafic mondial: https://blogs.mediapart.fr/otrava-gamas/blog/030316/venezuela-infos-les-generaux-venezueliens-sont-au-coeur-du-narcotrafic-mondial?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67
    Le Venezuela, ce narco-Etat qui aime tant la Suisse: http://www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/le-venezuela-ce-narco-etat-qui-aime-tant-la-suisse#st_refDomain=www.facebook.com&st_refQuery=/&st_refDomain=t.co&st_refQuery=/831IQSEAZC

    Le Venezuela brade discrètement une partie de son or en Suisse http://www.letemps.ch/economie/2016/02/26/venezuela-brade-t-discretement-une-partie-or-suisse?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article

    http://www.20min.ch/ro/economie/news/story/24519101

  • Rappelons aux gauchistes que plus de 200.000 morts ont votés Maduro http://www.eleconomistaamerica.com/latinoamerica/noticias/4890924/06/13/La-oposicion-identifica-a-200000-muertos-en-el-censo-electoral-de-Venezuela.html Alors difficile de dire que le Venezuela est une démocratie.

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