La liberté économique, une arme contre la pauvreté

Sowetan girl in a gokart By: Kandukuru Nagarjun - CC BY 2.0

L’Afrique du Sud a besoin d’une «économie d’échange libre», comme à Hong Kong dans les années 60/80, avec un taux d’imposition uniforme de 15% et un faible niveau de réglementation.

Par Eustace Davie.
Un article de Libre Afrique

Selon le classement de la liberté économique mondiale en 2018, l’Afrique du Sud occupe le 110ème rang contre le 46ème en 2000. Est-il inquiétant que son classement ait chuté de 64 places en 18 ans, pour se situer en dessous du Swaziland et juste au-dessus de la Namibie et du Lesotho ? Devrons-nous nous alarmer de cette terrible régression ?

Évidemment que oui, nous devons nous inquiéter ! Pourquoi ? Parce ce que les pays ayant des niveaux de liberté économique plus élevés réalisent de meilleures performances économiques. Le pays actuellement le plus économiquement libre du monde est Hong Kong. Le pays le moins libre économiquement parmi les 162 pays étudiés est le Venezuela. Notons que les pays vraiment répressifs économiquement, tels que Cuba et la Corée du Nord, ne peuvent pas être étudiés car nous ne disposons pas de données.

Quand l’État se limite à ne pas barrer les routes du progrès

Les politiques allant dans le sens du progrès de la liberté économique ont un impact positif sur les conditions de vie des populations. Une plus grande stabilité politique et un allègement des formalités administratives facilitent l’entreprise individuelle. Hong Kong est un exemple exceptionnel de pays dont la population est devenue riche parce que le gouvernement ne s’est pas immiscé dans leur vie. Il s’est plutôt concentré sur la protection de leur personne et de leur propriété.

À la fin de la seconde guerre mondiale, les gens qui avaient fui à cause de l’invasion japonaise se sont retrouvés à Hong Kong. L’administration britannique ne refusant pas les réfugiés, Hong Kong devint un refuge pour les personnes fuyant la Chine et le Vietnam. En conséquence, le petit territoire a accueilli un grand nombre de chômeurs. Le gouvernement ne pouvait rien faire pour eux si ce n’est de respecter la liberté contractuelle de ceux qui étaient prêts à les employer.

Le gouvernement a ainsi permis aux entrepreneurs d’innover et de trouver des moyens d’employer cette grande masse de réfugiés.  Certaines personnes ont qualifié cet épisode d’ateliers de misère et de travail forcé. Par exemple, elles ont fabriqué des millions de petits jouets en plastique qui ont été exportés et se sont retrouvés entre les mains d’enfants chanceux du monde entier. Elles ont reçu du plastique, du matériel pour le faire fondre et des moules pour fabriquer les jouets. Les fabricants de jouets ont été payés en fonction du chiffre d’affaires réalisé. Cela semble être un moyen terrible de gagner sa vie, mais au moins, cela leur a permis de mettre de la nourriture sur la table.

Un impact décevant à première vue

Beaucoup de petites usines ont été créées par des personnes relativement pauvres qui ont engagé des personnes encore plus pauvres pour fabriquer une grande variété de produits. Il y avait un surplus de main-d’œuvre, les salaires étaient bas et les conditions de travail et de vie n’étaient pas bonnes. Les gens louaient des lits à tour de rôle, par exemple, trois personnes payaient pour un lit à des créneaux horaires spécifiques de huit heures par jour. Dès 1980, tout cela avait changé et les employeurs se plaignaient d’une pénurie de main-d’œuvre.

La pire chose qu’un gouvernement puisse faire face à un chômage de masse est d’orienter les chômeurs et punir les employeurs qui leur donnent des emplois qualifiés d’indécents par des bureaucrates. Selon Stats SA (service national de statistiques en Afrique du Sud), l’Afrique du Sud compte près de 10 millions de chômeurs, soit 2 millions de plus que la population totale de Hong Kong. C’est le fruit de la rigidité de la législation du travail qui exclut du marché beaucoup de personnes non qualifiées.

Un résultat sans appel !

L’Afrique du Sud a avant tout besoin d’une « économie d’échange libre », comme à Hong Kong dans les années 1960-1980, avec un taux d’imposition uniforme de 15 % et un faible niveau de réglementation. Lors d’une visite à Hong Kong, l’économiste Milton Friedman a pu découvrir ce qu’il a qualifié de « miracle économique asiatique ». Il écrivit plus tard qu’en 1960 «… le revenu moyen par habitant à Hong Kong représentait 28 % de celui de la Grande-Bretagne ; en 1996, il atteignait 137 % de celui de la Grande-Bretagne ». Il a conclu que « le socialisme sévissant (à cette époque) en Grande-Bretagne face à la libre entreprise et les marchés libres à Hong Kong est la seule explication plausible du différentiel de taux de croissance. »

Si vous voulez savoir si l’économie d’un pays est libre, posez-vous les questions suivantes :

Si la réponse à chaque question est Oui, vous vivez dans une économie libre.

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