L’inflation, honteuse bouée de sauvetage de nos finances publiques

bouée credits yozine (licence creative commons)

L’inflation sauve le budget du gouvernement Philippe mais va à terme plomber notre pouvoir d’achat.

Par Simone Wapler. 

Les marchés sont d’excellente humeur, ils digèrent très bien la guerre commerciale sino-américaine et ne se soucient plus de l’Italie. Le rendement de l’emprunt d’État à 10 ans de ce pays est repassé sous le seuil psychologique des 3%.

J’en profite pour vous détailler comment le budget et les finances publiques profitent du retour de l’inflation.

Voici d’abord comment évolue officiellement l’inflation des prix depuis cinq ans :

La barre des 1% a allègrement été franchie.

Une infraction décontractée, assumée et complètement pas solidaire…

Le gouvernement a pris la décision de ne revaloriser les retraites de la CNAV que de 0,3% en 2019 et 2020. Ceci est en infraction avec le Code de la Sécurité sociale de notre bel État-providence, qui avait gravé dans le marbre de l’article L161-25 que les retraites devaient être réévaluées en fonction de la hausse des prix à la consommation.

En dehors des retraites, il est prévu que d’autres prestations ne suivent pas. Le gouvernement désindexe aussi les traitements des fonctionnaires. L’assèchement de tous ces petits ruisseaux évite quelques milliards d’euros de décaissements.

D’euthanasie en euthanasie

Tout ceci est finalement une bonne chose. Je vous choque ? Voyez cela comme l’euthanasie de l’État-providence ! Les prestations promises vont se retrouver laminées ; peut-être que cela dissuadera un électorat assoiffé de « promesses sociales » de voter pour avoir toujours plus d’argent qui tombe du ciel.

Ce qui ne va pas en revanche, c’est l’euthanasie des épargnants. D’abord ceux qui parquent des liquidités dans l’épargne réglementée. Le livret A ne rapportera que 0,75% jusqu’en 2020. Ensuite, ceux qui – en ayant fait le sacrifice de différer leur consommation à une époque où l’épargne n’était pas insultée – ont pu se constituer un patrimoine financier et immobilier. Les assiettes de nos innombrables impôts ne sont jamais relevées en fonction de l’inflation.

Ce qui ne va pas non plus, c’est cette incapacité de ce gouvernement à faire ce que tout le monde attend : des économies, des vraies. Que l’État fasse moins de tout et plus de rien et se recentre sur ses fonctions essentielles.

Des tours de passe-passe qui ne tromperont qu’un  temps

Le retour de l’inflation permet donc à ce gouvernement de présenter un budget presque honorable en grattant sur les prestations et en gonflant la TVA et les autres recettes fiscales.

Mais déjà, en juin, la dernière enquête de l’INSEE sur la confiance des ménages publiait ceci :

Les ménages sont plus pessimistes quant au niveau de vie futur en France : le solde correspondant perd 5 points, après −4 points en mai. Il se situe désormais nettement au-dessous de sa moyenne de longue période.

Les ménages sont plus nombreux que le mois précédent à estimer que les prix ont augmenté au cours des 12 derniers mois : le solde correspondant gagne 4 points, après +9 points en mai. Il se situe néanmoins toujours au-dessous de sa moyenne de long terme.

Les ménages sont quasiment aussi nombreux qu’en mai à estimer que les prix vont augmenter au cours des 12 prochains mois (−1 point). Le solde correspondant demeure nettement au-dessus de sa moyenne de longue période.

Sans surprise, l’indicateur avait plongé.

La prochaine publication de l’INSEE est prévue pour le 26 septembre. Nous verrons bien comment ont été reçues les feuilles d’impôt automnales.

En attendant, BFM Business notait ceci :

En réalité, il y a un phénomène économique que les Parasitocrates ont du mal à cerner et qu’il conviendrait de leur expliquer.

Pour payer des impôts, les contribuables tapent dans l’argent qu’ils ont gagné. Contrairement à un banquier central, ils ne peuvent pas s’octroyer des « liquidités » et faire surgir de l’argent du néant. Donc, si les impôts augmentent, il leur reste moins d’argent pour dépenser dans autre chose…

Pour le moment, les taux d’intérêt sur la dette française restent contenus grâce aux malversations de la Banque centrale européenne et aux artifices budgétaires que nous venons de décrire. Si jamais ils remontent, le fardeau des 2 255 Md€ de dettes publiques deviendra insupportable. C’est pour cela qu’il faut vous préparer au jour J du jubilé.

Pour plus d’informations, c’est ici.