Cuba est-elle pauvre à cause de l’embargo ?

Peut-on blâmer la politique étrangère américaine d’embargo face à Fidel Castro pour la pauvreté de Cuba ?

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Fidel Castro-Havana-1978 by Marcelo Montecino(CC BY-SA 2.0)

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Cuba est-elle pauvre à cause de l’embargo ?

Publié le 14 février 2017
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Par le Minarchiste.

Cuba est-elle pauvre à cause de l’embargo ?
Fidel Castro-Havana-1978 by Marcelo Montecino(CC BY-SA 2.0)

Aux dires de plusieurs penseurs de l’extrême gauche, la pauvreté des Cubains n’est pas attribuable au régime communiste, mais bien au cruel embargo des États-Unis. Depuis 1960, les Américains se sont vus interdits de transiger, investir et voyager à Cuba. Est-ce que cette politique est responsable des insuccès du régime castriste ?

La première chose que ces personnes doivent réaliser est que leur argument implique que le commerce international est une bonne chose, car si le commerce international était mauvais, l’embargo aurait dû avoir un effet positif. Pourtant, elles se présentent généralement comme d’ardents opposants à la mondialisation des échanges ! Voici d’ailleurs une citation de nul autre que Karl Marx, au sujet du protectionnisme :

Le système protectionnisme est un moyen artificiel de fabriquer des manufacturiers, d’exproprier les travailleurs, de capitaliser les moyens de production et de subsistance nationaux et de forcément ralentir la transition des modes de production médiévaux vers les méthodes de production modernes.

Marx était conscient que le protectionnisme favorise les producteurs locaux établis aux dépens des travailleurs. Il réalisait aussi qu’en protégeant les producteurs locaux de la concurrence étrangère avec des barrières tarifaires, on leur enlève un incitatif à innover et à adopter de meilleurs moyens de production. Il comprenait donc que le protectionnisme ne crée pas de richesse, il en détruit.

L’autre chose que ces gauchistes pro-Castro doivent aussi avouer est que si l’embargo a fait si mal à l’économie cubaine, c’est que l’île a besoin du commerce avec les États-Unis pour prospérer ; un pays que l’on présente généralement comme l’effigie du capitalisme, même si ce n’est pas tant le cas. Si le communisme est autant supérieur au capitalisme, pourquoi est-ce que Cuba n’arrive pas à subvenir à ses propres besoins ou encore à y parvenir en commerçant avec d’autres nations que les États-Unis ? N’est-ce pas là une preuve fondamentale de l’infériorité du communisme ?

Finalement, il faut aussi réaliser que malgré l’embargo, le commerce entre les deux pays n’est pas tombé à zéro. Bien qu’il ait fortement diminué, Cuba continue d’importer de la marchandise des États-Unis, ce qui a permis au régime de subsister un peu plus longtemps. À l’époque de l’embargo, presque tous les biens en capitaux cubains étaient importés des États-Unis, tandis que ce pays était la principale destination pour les exportations de l’île. Il est donc clair que l’embargo a dû avoir l’effet d’un choc brutal sur les finances de Cuba. Par contre, ce choc fut amorti par l’aide soviétique, qui allait en venir à représenter 85 % du commerce et de l’investissement, ainsi que 35 % du PIB, du moins jusqu’à ce que l’Union Soviétique s’écroule. Cuba continue néanmoins de bénéficier de l’aide d’autres pays, incluant le Venezuela et la Russie.

À quel point Cuba est pauvre ?

Il est difficile de se fier à une quelconque statistique conventionnelle pour évaluer le niveau de vie des Cubains, mais on peut tout de même considérer que la population vit dans une situation assez précaire. Le PIB par habitant est de 10 400 dollars, ce qui est comparable à la Jamaïque et à la République Dominicaine, mais cette mesure ne convient peut-être pas bien à mesurer la richesse d’une économie communiste.

Selon les calculs d’économistes cubains, en incluant tous les services sociaux fournis par l’État, une famille de quatre personnes aurait besoin de 7 salaires pour vivre décemment. Environ 63 % des Cubains dépendent des envois d’argent des membres de leur famille résidant à l’étranger, lesquels ont dépassé les 3 milliards de dollars par an récemment. Le salaire officiel moyen à Cuba est d’environ 25 dollars par mois. Cependant, avec le travail au noir, les envois d’argent de l’étranger, les pourboires de touristes et les autres sources de revenus non officiels, le revenu moyen est plus près de 150 dollars par mois, ce qui est tout de même dérisoire.

Les biens de subsistance sont subventionnés, ce qui réduit leur coût, mais ils sont généralement en pénurie. Beaucoup de biens de première nécessité ne sont disponibles que sur le marché noir à coût très élevé. Les services publics sont peu dispendieux, mais la décrépitude des infrastructures aboutit à ce que près de 10 % de la population n’a pas accès à de l’eau potable. Les édifices, incluant les écoles et hôpitaux, sont de plus en plus délabrés, mais l’éducation et les soins de santé sont gratuits.

Au niveau de l’Indice de Développement Humain, Cuba se classe 67e sur 188 pays, ce qui est tout de même un bon résultat. Bien que Cuba ne participe pas aux tests PISA, les résultats des élèves de 4e primaire aux tests de l’UNESCO sont de loin les meilleurs en Amérique Latine. Le niveau d’illettrisme fonctionnel approche les 0 % (même si on peut douter de la véracité de ce chiffre), alors que l’illettrisme fonctionnel est estimé à 14 % de la population adulte aux États-Unis.

Au niveau des soins de santé, la performance du système cubain a été applaudie mondialement. L’espérance de vie y serait similaire à celle des Américains, alors que la mortalité infantile serait en ligne avec celle du Canada, et plus faible qu’aux États-Unis. Cependant, plusieurs estiment que ces statistiques sont manipulées par le régime. Il faut aussi considérer que la population ordinaire n’a pas accès au même système que les touristes, les militaires et les politiciens du parti, qui bénéficient du système de luxe. Dans le système des individus ordinaires, les équipements sont vétustes, les fournitures sont toujours en pénurie, les patients doivent eux-mêmes acheter leurs points de suture sur le marché noir. Il y a énormément de médecins par habitant, au point que Cuba les envoie pratiquer un peu partout dans le monde, surtout au Venezuela qui envoie des barils de pétrole en retour.

Au final, la preuve la plus importante de la médiocrité du niveau de vie à Cuba est le fait que nombreux sont ceux qui sont prêts à risquer leur vie et fuir l’île pour les États-Unis. Les gens ne sont peut-être pas autorisés à critiquer ouvertement le régime, mais ils s’expriment avec leurs pieds de façon assez éloquente.

En 2010, même Fidel Castro a admis que le modèle cubain, basé sur son homologue soviétique de planification centrale, n’était plus soutenable. Des réformes furent alors entamées pour introduire un peu de capitalisme dans l’économie, avec des résultats encourageants.

Technologie cubaine de pointe pour l’agriculture…

L’embargo n’a jamais eu sa raison d’être…

Il va sans dire qu’il a été un très mauvais outil de politique étrangère pour les États-Unis. Il a fourni à Castro une excuse pour l’échec de son régime socialiste. Il peut diriger l’attention de la population sur les impacts directs de l’embargo, comme les pénuries de médicaments, ce qui dissimule les déboires de son système économique.

Cet embargo a en effet contribué à la pauvreté des Cubains en réduisant leur accès aux biens abordables produit par l’une des économies capitalistes les plus productives du monde, les confinant davantage dans la misère imposée par le communisme. Il est cependant ridicule d’affirmer que c’est à cause de cet embargo que le modèle cubain n’a pas fonctionné et que la population vit de façon si misérable…

Je ne peux passer sous silence les stupides commentaires du Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, suite à la mort de Fidel Castro. On comprend que Trudeau ait une certaine sympathie pour le dictateur cubain car son père, alors qu’il était lui aussi Premier ministre, a été le deuxième chef d’État à fouler le sol cubain suite à la Révolution. Cependant, de là à dire une sottise telle que « c’était un leader remarquable » qu’il a eu « l’honneur de rencontrer »…  Il a d’ailleurs été critiqué pour cette déclaration sur la scène internationale. Cela constitue certainement l’une des plus importantes bourdes de Trudeau depuis son accession au pouvoir, et en dit long sur ses convictions politiques profondes…

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  • Patrick Symmes a vécu 30 jours comme un Cubain à pied. Point positif : il aura perdu plus de 6 kilos.

    Sinon, on rappellera que Cuba jouissait déjà avant 1959 des meilleurs standards de santé et d’éducation de toute l’Amérique latine, au même niveau que l’Argentine et l’Uruguay et supérieur même à de nombreux pays européens.

  •  » Cet embargo a en effet contribué à la pauvreté des Cubains en réduisant leur accès aux biens abordables produit par l’une des économies capitalistes les plus productives du monde,  »

    L’embargo n’a surtout en rien réduits les biens destinés aux touristes et aux club de vacances. D’où l’escroquerie intellectuelle d’attribuer à l’embargo les pénuries de bien de première nécessite

    L’auteur aurai du préciser que l’embargo était bilatérale entre les USA et Cuba et que le reste de la planète pouvait commercer librement avec Cuba.

  • Tout le monde sait, mais la gauche le nie, que seul le commerce avec les USA est sous embargo, sauf pour les médicaments et les vivres! Il n’a donc aucune incidence que ce soit sur l’économie du pays!

  • Autre chose que les gauchistes se gardent d’évoquer est l’émigration cubaine. En effet, il est curieux de remarquer qu’au lieu d’émigrer vers l’Amérique latine où l’on parle espagnol, ce qui est plus facile pour eux car ils y seraient comme des poissons dans l’eau, les cubains se rendent tous aux USA où ils sont 3 millions! Malgré les difficultés de langage et de mœurs.
    Les américains racontent une bonne blague à ce sujet: La meilleure chose qui soit arrivé à la Floride depuis l’invention du climatiseur, est le jour où Castro a lu Karl Marx! Etat pauvre auparavant, l’élite des réfugiés cubains a fait la fortune de cet état en y rapatriant leur argent et leur savoir faire! Tout le commerce avec l’Amérique du sud passe par Miami.

  • Et si les poules avaient des dents…..
    Il faut être sérieux, Cuba , île comme tant d’autres ayant peu de ressources internes a bénéficié du financement de pays étrangers. Si on compare a l’ile d’à côté…..
    Et maintenant….. a part les touristes quelle richesse vont ils exploiter ?
    Ils gagnent un truc ,malgré tout: le droit de sortir de leur île, ils vont enfin pouvoir s’enrichir

    • « …ayant peu de ressources interne… »

      En 1958, un an avant l’arrivée de Castro au pouvoir, il y avait encore 18 000 Italiens qui émigraient vers Cuba.
      Du temps de la colonie, si l’Espagne a lutté jusqu’au bout pour conserver l’île jusqu’en 1898, c’est bien parce qu’elle rapportait un max.

  • « La première chose que ces gens doivent réaliser est que leur argument implique que le commerce international est une bonne chose, car si le commerce international était mauvais, l’embargo aurait dû avoir un effet positif. »

    Erreur de logique dès le début de l’article, dommage :/

    En logique, « A => B » équivaut à « Non B => Non A », et non pas « Non A => Non B ».
    Du coup : « commerce international = bon » donc « Embargo = effet négatif », ça ne veut pas du tout dire « commercer international = pas bon » donc « Embargo = effet positif », mais « Embargo = effet positif » donc « Commerce international = pas bon ».

    Le fait que l’embargo ait des effets négatifs n’apporte aucune implication sur le fait que le commerce international soit une bonne chose ou pas.

    • Vous vous êtes embrouillé, ici on COMPARE « commerce » et « embargo » sachant qu’exactement un des deux est vrai. Il n’y a que deux possibilités
      – « commerce = mieux » et « embargo = pire »
      – « commerce = pire » et « embargo = mieux »
      pas d’erreur de logique là dessous.

    • Plus simplement, on voit que la conclusion cloche :
      > « Le fait que l’embargo ait des effets négatifs n’apporte aucune implication sur le fait que le commerce international soit une bonne chose ou pas. »
      L’embargo c’est l’absence de commerce international, donc cette phrase reviens à dire « Le fait qu’arrêter de respirer ait des effets négatifs n’implique pas que la respiration soit une bonne chose ou pas ».

    • non il y a des gens qui affirment les échanges commerciaux sont mauvais. pour la richesse des pays …et ce sont les mêmes qui disent souvent cuba s’est appauvri du fait de l’absence de commerce international.

      le commerce international n’est absolument pas bon pour TOUT LE MONDE….notamment pour les moins productif mis en concurrence..si je ne me trompe pas le point libéral est de demander au nom de quoi devrait on entraver le commerce international pour favoriser une partie de la population de son pays au détriment d’une autre.?
      En ce qui me concerne c’est à celui qui établit une interdiction de me prouver ce qu’il en attend de positif. et quand il me dit qu’il le fait pour l’intérêt général.. là j’en rigole avant d’entendre l’argumentation.

  • @JLM
    Faute de java……. la richesse de ses îles….l’agriculture…..cela fait belle lurette que celle ci ne nourrit plus un îlien !

    • le fait est que cuba était riche, donc avait les moyen d’entamer une mutation économique du point de vue du capital..personne ne dit que la prospérité de cuba aurait toujours reposer sur l’agriculture …

    • On sait très bien que la pénurie qui sévit à Cuba résulte du système économique socialiste imposé par la dictature castriste.
      Cuba, c’est la population belge sur un territoire presque quatre fois plus grand. Dès qu’ils auront viré le socialisme, les Cubains mangeront à leur faim sans aucun problème.

      • ils peuvent aussi crever de faim en régime non socialiste voire libéral…souvenons nous de l’URSS devenue Russie de 1990 sous Eltsine , avec un régime libéral ( la thérapie de choc) , où les gens avaient souffert de la faim…

        • L’URSS de 1990… libérale… Ben voyons…
          Et, bien sûr, la situation socio-économique de l’URSS de 1990 n’avait rien à voir avec les 70 ans de socialisme qui avaient précédé…

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