Venezuela : les leçons du dernier échec socialiste

Hugo Chavez by Walter Vargas(CC BY-SA 2.0) — Walter Vargas, CC-BY

Au Venezuela, près de 75 % de la population a perdu en moyenne au moins 8,7kg. Résultat d’un régime socialiste.

Par Mpiyakhe Dhlamini.1
Un article de Libre Afrique

La tragédie que vit le Venezuela confirme les échecs de la Chine communiste, de l’URSS, du Cambodge, du Zimbabwe, etc. Le mélange détonant de dépenses publiques massives, de nationalisation des entreprises, de politique monétaire politisée et d’autres intrusions du gouvernement dans les affaires économiques, ne produisent rien d’autre que la misère qui sévit actuellement dans l’un des pays qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole.

Certains refusent de reconnaître que la triste situation au Venezuela est due au virage idéologique du gouvernement dans ce pays. D’autres pensent que les États-Unis et d’autres forces internationales œuvrent à saper le gouvernement. C’est une manière de tenter de sauver désespérément les lambeaux du bolivarisme (révolution qui visait à construire une alliance pour le nationalisme et une économie dirigiste dans la région), sachant qu’un de ses objectifs était de débarrasser le Venezuela de cette influence, ce qui signifie qu’elle a échoué dans les deux cas.

Le gouvernement du Venezuela exerce une répression contre ses détracteurs internes par le biais d’arrestations et d’autres moyens. Pourtant, certains considèrent que des Vénézuéliens affamés risquent leur vie à cause des Américains et refusent de regarder en face la dévastation de l’économie du pays par le chavisme (type de socialisme imposé au Venezuela par Hugo Chavez.)

Une politique du chaos

Les prix à la consommation ont augmenté de 800 % en 2016 et le gouvernement exerce un contrôle des changes depuis 2003. Aucun des problèmes économiques du Venezuela ne peut être attribué à l’influence étrangère, puisque le gouvernement a pratiquement fait tout ce qu’il pouvait pour limiter les ingérences politiques et économiques dans les affaires du pays. Plus cela a été fait, plus les Vénézuéliens se sont appauvris, plus le socialisme s’est enraciné, et plus l’État a pris le contrôle.

L’érosion des droits de propriété au Venezuela comprend à la fois la nationalisation et l’expropriation, des piliers essentiels de tout plan socialiste. Comme on pouvait s’y attendre, cela a conduit les Vénézuéliens à faire face à des difficultés économiques auxquelles le gouvernement s’est efforcé de remédier par le biais de dépenses sociales, du contrôle des prix et d’autres interventions.

Dans la pratique, le contrôle des prix empêche les entreprises de s’adapter aux signaux de l’économie indiquant une demande approximative de biens et/ou de services, ce qui entraîne une mauvaise affectation des investissements et une éventuelle pénurie. C’est ce qui s’est passé exactement au Venezuela.

Des populations dans la souffrance

Les fortes augmentations des dépenses sociales et des autres formes de dépenses publiques ont offert au gouvernement davantage de possibilités de justifier ses dépenses et la dette financée par les contribuables. C’est ce qui ressort le plus dans le cas du Venezuela : l’armée a tiré parti de son rôle central dans la distribution des cadeaux du gouvernement.

En plus de fournir de la nourriture aux partisans du régime, elle en vend une partie sur le marché noir pendant que les Vénézuéliens meurent de faim. C’est un problème qui n’est pas propre pas à la seule armée vénézuélienne : l’augmentation des dépenses de l’État signifie davantage de possibilités de corruption. Tuer l’économie tout en engageant des dépenses gouvernementales inefficaces a rendu le pays très endetté, y compris les milliards prêtés par la Chine et la Russie après la rupture des liens entre le Venezuela et les États-Unis.

Selon l’enquête sur les conditions de vie au Venezuela (ENCOVI) : près de 75 % de la population a perdu en moyenne au moins 8,7 kg. Cela signifie que si la plupart des pays dotés d’un marché relativement libre s’inquiètent des taux d’obésité parmi les citoyens, ceux-ci pouvant acheter toutes sortes d’aliments différents à des prix inférieurs, le Venezuela socialiste doit faire face au problème inverse.

Le chavisme qui était censé créer un paradis sud-américain a finalement entrainé la fuite de millions de Vénézuéliens vers les pays voisins. Plus de 1,5 million de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez en 1999, sur une population de 32 millions d’habitants.

Des promesses chimériques

Le Venezuela est le dernier pays à apprendre à la dure les lois de l’économie. Ce n’était pourtant pas nécessaire d’en passer par là. Nous avons déjà suffisamment d’exemples pour savoir ce qui fonctionne (les marchés libres) et ce qui ne fonctionne pas (le contrôle de l’État). Le socialisme doit être la seule idéologie dont les adhérents, dès qu’ils se voient attribuer le pouvoir, perdent soudain la capacité d’appliquer ce qu’ils avaient précédemment promis avec autorité. Cela signifie-t-il que la seule conclusion à laquelle nous pouvons aboutir est que le socialisme est une farce utopique qui s’oppose directement à la nature humaine ?

Il semble bien que oui. Si l’on se réfère aux nombreux exemples à travers l’Histoire et le présent, le socialisme ne fonctionne tout simplement sous aucune des écoles de pensée économique. Une économie contrôlée par l’État ne peut pas fixer les prix sans conduire soit au gaspillage soit au manque du bien ou du service en question. Seul un marché libre peut faire émerger les véritables besoins d’une population. Malheureusement pour le peuple vénézuélien, son gouvernement l’a conduit à sa situation actuelle, et c’était complètement prévisible.

Sur le web

  1. Mpiyakhe Dhlamini est analyste pour The Free Market Foundation.