Découvrez pourquoi la monnaie actuelle est malsaine

Regardez le système financier avec les yeux de l’inventeur de Bitcoin, Satoshi Nakamoto : vous allez comprendre pourquoi la monnaie imposée par les États n’inspire pas confiance.

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Money Laundering - Euros By: Images Money - CC BY 2.0

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Découvrez pourquoi la monnaie actuelle est malsaine

Publié le 16 janvier 2017
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Par Benoît Huguet.

monnaie
Money Laundering – Euros By: Images MoneyCC BY 2.0

Entrez un instant dans la peau de Satoshi Nakamoto, l’inventeur de Bitcoin et voyez donc le système bancaire et monétaire avec ses yeux, vous comprendrez alors pourquoi Bitcoin est une innovation cruciale.

Notre monnaie de tous les jours est déjà bien virtuelle.

D’après les statistiques de la banque centrale européenne (la BCE), l’euro est produit électroniquement à plus de 90 % par un simple jeu d’écriture comptable… et pour les 10 % restant, avec du papier, un peu d’encre et une bonne grosse imprimante rotative. Ainsi la planche à billets est progressivement remplacée par des ordinateurs à billets encore plus efficaces.

Pour autant, ce n’est certainement pas cet aspect digital de la monnaie qui est de nature à effaroucher notre Satoshi, enfin pas directement. En revanche savoir qui a le droit de se servir d’un ordinateur à billets et selon quelles règles voilà qui a de quoi retenir toute son attention.

Qui émet la monnaie ?

Eh bien, a priori, ni vous, ni moi, en tout cas pas le citoyen lambda. S’il s’y essaie en autodidacte, ça risque d’être très mal vu. Le fait de falsifier la monnaie ayant cours légal (article 442-1 du Code pénal) ou d’émettre une autre monnaie que celle ayant cours légal (article 442-4 du Code pénal) est considéré comme un crime, puni dans le premier cas par une peine de 30 ans de prison et 450 000 € d’amende et dans le second cas par 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. Plutôt sévère comme sanction !

Surtout si on tourne quelques pages de ce code surprenant et qu’on y découvre que « le fait de soumettre une personne à des tortures ou à des actes de barbarie [n’]est puni [que] de quinze ans de réclusion criminelle » article 222-1 du Code pénal, idem pour le viol, article 222-23 du Code pénal. De là à affirmer qu’il est moins grave de torturer ou de violer quelqu’un que d’imprimer des faux billets… il fallait être législateur pour en avoir l’audace ! Les lois du législateur sont impénétrables, le citoyen en revanche…

Mais trêve de digressions. La gestion de l’émission monétaire (euro, dollar, yen etc.) est l’apanage, d’une part des banques centrales (BCE, FED, BoJ etc.) et d’autre part, ce qui est moins connu, des banques commerciales (Crédit Agricole, BNP, Dexia etc.) qui créent aussi de la monnaie en pratiquant ce qu’on appelle un système de réserves fractionnaires, à savoir qu’elles prêtent davantage de monnaie à leurs clients qu’elles n’en ont en réserve, selon des modalités strictement définies par nos bienveillants législateurs, cela va de soi.

Fiat money

Les anglo-saxons appellent ces monnaies, euro, dollar et toutes les monnaies étatiques en général, des monnaies fiat. Le mot fiat venant du latin et signifiant : « qu’il en soit ainsi ». En effet ce sont des monnaies dont l’acceptation à un cours officiel est imposée par la loi à tous les citoyens d’une zone géographique donnée. On dit de ces monnaies fiat qu’elles ont un cours légal et forcé.

En France c’est le Code pénal (article R642-3 du Code pénal), qui rend obligatoire sur le sol français l’acceptation des euros à leur cours officiel tout en interdisant l’acceptation, la détention ou l’utilisation de toute autre monnaie que la monnaie officielle (article R642-2 du Code pénal).

Ce qu’il faut retenir de tout ceci, c’est que la valeur des monnaies fiat, contrairement à celle des monnaies métalliques qu’elles sont venues remplacer, ne dépend plus de la rareté naturelle du support avec lequel elles sont produites, ni d’une quelconque promesse de convertibilité en or, ou autre chose, mais uniquement de la loi et par conséquence de la sagesse et de l’intégrité de ceux qui l’écrivent et la font respecter.

Le débat est donc ouvert à propos de la sagesse et de l’intégrité de nos banquiers centraux et de tous ceux en charge de la politique monétaire.

Si l’Histoire doit nous servir de guide

Le concept de monnaie à cours légal et forcé n’est pas nouveau, la première expérience de monnaie fiat remonte au XIIIème siècle. Elle est attribuée à Kubilai Khan, petit-fils de Gengis Khan, qui le premier avait compris l’immense pouvoir que confère le monopole monétaire à celui qui le détient. Malheureusement cette première expérience se solda par un premier fiasco, cette monnaie perdant en moins de 30 ans 80 % de sa valeur.

Dévaluations et crises que connaîtront de nombreuses monnaies papier tout au long de l’histoire : sur les 786 principales monnaies papier émises au cours des derniers siècles (exceptées les très nombreuses monnaies chinoises d’avant 1935), 609 ont disparu soit 77 % des monnaies étudiées, leur durée de vie n’ayant été en moyenne que de 17 ans. Quant aux 177 monnaies encore en circulation aujourd’hui, leur moyenne d’âge est de 37 ans. Ainsi il n’est pas improbable du tout de connaître plusieurs monnaies fiat au cours d’une vie, pour ma part j’en suis à 2, mes parents à 3. Les monnaies fiat se font et se défont, je vous laisse faire votre propre compte.

L’inflation est le principal fléau de la monnaie papier, dans 19% des cas la monnaie est brutalement détruite par des épisodes d’hyperinflation. Mais même lorsqu’elles ne sont pas détruites, des monnaies pourtant anciennes et respectables, garanties par de puissants États, sont drastiquement et systématiquement affectées par l’inflation. La livre sterling (pound sterling GBP), la plus ancienne monnaie fiduciaire ayant cours (320 ans d’existence) a perdu 92 % de sa valeur depuis 1971, idem pour le dollar américain (USD) qui au cours de ses 222 ans d’existence a perdu 97 % de sa valeur, dont 83 % de dépréciation depuis 1971 seulement !

Cette funeste tendance de la monnaie fiat à perdre sa valeur a d’ailleurs été parfaitement analysée par de nombreux grands esprits. Voltaire disait déjà en son temps :

« Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro. »

De même que le Général de Gaulle affirmait :

« Parier contre l’or revient à parier sur les gouvernements. Celui qui parie sur les gouvernements et leur papier monnaie parie contre 6 000 années d’histoire de l’humanité. »

Bien entendu on peut espérer que cette fois-ci ce soit différent, que les erreurs du passé aient été assimilées, que désormais de solides institutions encadrent fermement la production et la circulation monétaire et que youpi, tout soit bien géré ! C’est possible en effet, néanmoins quand on s’intéresse à l’euro, on est aussi en droit d’avoir de sérieux doutes.

L’Eurosystème

L’euro comme toutes les monnaies fiat naît d’une volonté politique, celle d’établir une monnaie unique entre les différents États membres d’une union économique et monétaire (UEM). C’est le traité de Maastricht de 1992 qui définit les règles fondamentales à l’introduction de l’euro, dictant notamment les conditions que les États membres doivent remplir pour adopter l’euro.

Ces conditions portent le doux nom de « critères de convergence » et sont incluses depuis 1997 dans ce qu’on appelle le « Pacte de stabilité et de croissance ». Ces critères supposent notamment le respect d’une certaine discipline budgétaire. Discipline, bien entendu, qu’ont promis de respecter, la main sur le cœur, tous les représentants des États signataires du traité.

Néanmoins, si malgré ses promesses les plus sincères, un État membre venait à ne pas respecter ses engagements budgétaires, le pacte de stabilité prévoit le déclenchement d’une procédure de déficit excessif à son encontre. L’État membre devant alors corriger ses déficits dans une échéance impartie, faute de quoi il est passible de sanctions.

Eh bien accrochez-vous : Sur les 27 États membres de l’Union européenne, 24 font actuellement l’objet d’une procédure pour déficit excessif (dont 15 des 17 États ayant adopté l’euro) ! Ça a quand même quelque chose d’effrayant de penser que sur 27 États membres, 24 ne respectent pas leur engagements !

Ajoutez à cela qu’à l’échelle nationale notre État Français dépense systématiquement plus qu’il ne gagne depuis 40 ans ! Que le dernier budget équilibré remonte à 1974, ce qui nous fait un total de 40 années consécutives de déficit public ! Et vous commencerez peut être à ressentir les premiers frissons d’effroi quant aux capacités de nos autorités administratives à gérer sainement la monnaie qu’elles nous imposent.

Mais le plus grand danger, la principale source d’angoisse de Satoshi, réside dans le fait que ce système concentre entre quelques mains seulement un pouvoir incommensurable. Le conseil des gouverneurs, l’organe de décision suprême de la BCE, dont très probablement vous ne connaissez ni le visage, ni le nom d’aucun de ses membres, excepté peut-être celui de son président Mario Draghi, définit et met en œuvre la politique monétaire européenne.

Cela signifie que ce groupe de 22 banquiers centraux est en mesure de prendre, à sa discrétion, des décisions portant sur des montants monétaires considérables, (des milliers de milliards d’euros !), et dont les effets (inflation, bulles spéculatives…) se répercuteront ensuite sur tous les citoyens européens, sans bien entendu, que ces derniers n’aient été consultés au préalable.

À titre d’exemple on peut citer la mise en place en décembre 2011 et février 2012 de deux mesures dites pudiquement « non conventionnelles » (VLTRO), destinées à prêter à des banques en difficulté des montants astronomiques : 1018 Md€. La mise en place en mai 2010 d’un programme d’achat (indirect) d’obligations d’État (grecques, espagnoles etc.) nommée SMP (Securities Market Program) qui s’est élevé à 210 Md€ en deux ans et continue maintenant sous un autre nom OMT (Opérations monétaires sur titres).

Enfin comment ne pas parler du programme actuel d’assouplissement quantitatif de la BCE, (Quantitative Easing, QE pour les anglophones) qui apporte actuellement 60 Md€ par mois de liquidités sur les marchés et qui vient compléter les opérations extraordinaires (merveilleuses, fabuleuses…) de refinancement des banques nommées cette fois T-LTRO et dont la dernière édition a été souscrite à hauteur de 98 Md€ par les banques au taux d’ami de 0,05 %.

Il pleut, au gré de la météo des dieux de la BCE, des milliards d’euros sur les marchés financiers. Le CAC 40 est luxuriant, mais ça reste quand même très localisé, jusqu’à présent pas une goutte n’est tombée sur mon compte en banque.

A-t-on oublié Montesquieu ?

« Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser »

A-t-on pour but de satisfaire l’ambition de Mayer Amshel Rothschild (1743-1812) :

« Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. »

Telle est l’angoisse de Satoshi Nakamoto !

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de dire qu’un organisme privé ferait mieux qu’un organisme public ou vice versa, ce n’est pas le sujet.

Le problème réside dans la concentration excessive des pouvoirs. Cette capacité qu’a un petit comité de décider qui a le droit de disposer de la monnaie créée, selon quelles modalités, d’en imposer le cours forcé et légal aux citoyens, d’interdire toute concurrence à son monopole sous peine d’emprisonnement, c’est cela le plus grand danger du système !

Alors comment fait-on pour se prémunir de ces abus, comment se dote-t-on d’une monnaie saine ?

Les alternatives à ce système

Cet article étant déjà assez long, nous conclurons en citant de nouveau Montesquieu :

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

Appliquée à la monnaie, la solution historique consiste à limiter le pouvoir des émetteurs en recourant à des supports monétaires naturellement rares tels les métaux précieux. Par ailleurs, il est également urgent de repenser le rôle des citoyens, non pas en sujets captifs d’un système et d’une monnaie imposée par des technocrates non élus, mais en tant qu’arbitres et acteurs du système.

Il faut donc rompre avec le monopole bancaire de l’émission monétaire et enfin donner le droit aux citoyens de choisir librement parmi des monnaies complémentaires celle qu’ils jugent la mieux gérée, la mieux adaptée à leurs besoins et la plus proche de leurs valeurs. C’est seulement de la sorte que chaque citoyen pourra peser sur la politique monétaire de son pays et rester maître de son argent.

Notons pour conclure que l’innovation technologique Bitcoin s’inscrit parfaitement dans cette logique, il s’agit du premier protocole permettant une gestion et un contrôle communautaire, à grande échelle, de la monnaie. Bitcoin est la première monnaie open-source et participative de l’histoire ! Voilà un fantastique contre-pouvoir monétaire à la portée de chaque citoyen du globe. Certains grincent des dents, mais on peut adorer. Merci Satoshi !

Sur le web

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  • Le bitcoin n’est pas une monnaie, c’est un protocole d’échange. Ses fluctuations en font un instrument hautement instable…
    3 pages pour dézinguer (peut-être avec raison) le système monétaire passé et actuel, 1 ligne pour ne pas décrire la solution à tous nos maux, le bitcoin… Est-ce à dire que même ses plus fervents supporters ne trouvent plus d’arguments en faveur bitcoin que la foi du charbonnier ?
    Article vraiment faiblard…

    • cépafo.
      il manque au bitcoin la fonction « réserve de valeur » pour être une monnaie … mais à cette aune, l’euro, le dollar et les autres ne sont pas des monnaies non plus !
      en pratique, un protocole d’échange est suffisant pour la plupart des fonctions monétaires.
      cela dit, je n’ai pas l’impression que l’article fait la promotion du bitcoin en lui-même, mais celle de monnaies alternatives donc le BC est l’archétype.

      • On admet que la fonction réserve de valeur est une conséquence implicite de la fonction d’échange. On peut souligner en revanche que le bitcoin ne dispose pas d’une fonction d’échange pleine et entière du fait de son mode d’émission inégal selon les détenteurs, pour la bonne raison que les premiers détenteurs « historiques » du bitcoin ont un pouvoir d’achat infiniment supérieur aux derniers arrivés.

    • Le but de cet article est de démontrer quelles sont les faiblesses de notre système monétaire. Notamment le fait que nous soyons tous légalement captifs de ce système est un gros problème. Monopole et cours forcé n’incitent pas à la vertu.
      Toute l’histoire des monnaies Fiat le prouve, crises monétaires et inflation sont plus fréquentes qu’on ne veut bien l’admettre.

      Faire ce constat est primordial, on ne peut comprendre l’intérêt d’une alternative que si l’on connait les faiblesses des systèmes existants.

      Maintenant si vous souhaitez en connaitre davantage sur le sujet Bitcoin, j’ai écrit dessus des articles détaillés, je vous en recommande la lecture.

  • Merci pour votre excellent article Benoit. Depuis 2009 on ne compte plus les articles et commentaires qui dézinguent le Bitcoin. Il faudrait demander aux chinois, indiens, vénézuéliens, mexicains et zimbabwéen ce qu’ils pensent du mal du Bitcoin suite aux épisodes de démonétisation des uns, de variations alarmantes du taux de change des autres,, voire même l’idée saugrenue que le Bitcoin pourrait être une alternative à la monnaie fiat pour certains.

    Me rappelle ceux qui m’expliquaient au débuts des années 2000 que Wikipédia était une encyclopédie morte-née. Ok le Bitcoin personne ne sait ce qu’il en adviendra mais pour une expérience de 2009 qui atteint une valeur monétaire de plusieurs milliards d’euros… Bref, le crypto-anarchisme dérange même les plus libéraux, c’est sûr.

    • Merci FFT ! Effectivement, je recommande à tous ceux qui trouvent Bitcoin incongru d’aller vivre quelques années dans un pays pratiquant une politique monétaire exotique. On en reparle après.

  • Rejoignez la TRM 😉 Théorie Relative de la Monnaie. https://fr.duniter.org/

  • Assez approximatif. D’abord s’il y a monopole d’impression des billets, il n’y a pas de monopole de création monétaire. Les banques ordinaires font cela tous les jours. Enfin la fameuse réserve fractionnaire est présentée de façon tendancieuse. Il est trompeur de dire que les banques prêtent 10 fois plus que leurs dépôts. Il serait plus juste de dire qu’elles prêtent un peu moins que ce que l’emprunteur apporte en garantie et qu’elles se réservent une marge au cas où la garantie apportée par l’emprunteur s’effondrerait. Normalement la fraction de créances douteuses doit être assez faible pour que globalement les réserves de la banque suffisent en cas de coup dur. Bien entendu il peut y avoir de très graves crises dans lesquelles les banques peuvent perdre de l’argent. C’est regrettable mais le plus grave n’est il pas la cause (beaucoup d’entreprises en difficultés) que la conséquence (des banques en difficultés) ? On a un peu trop tendance à tout ramener au financier et à la monnaie. Il y a aussi des tendances lourdes (innovation en panne, éducation insuffisante, états prélevant de plus en plus et gaspillant ensuite, concurrence internationale plus agressive…)

    • Tout est sourcé. Ce sont des faits, après libre à vous de l’accepter ou de le nier.

      Monopole il y a : vous n’avez pas le droit de concurrencer l’Euro, je donne notamment les liens vers les articles de loi qui définissent le cours légal et forcé de l’Euro. Ni vous, ni aucune banque ne peut émettre sa propre monnaie, et vous ne pouvez pas refuser l’euro.

      Réserve fractionnaire est bien défini : cela consiste pour une banque à prêter davantage que ses fonds propres. Effectivement dans la retranscription de contrepoints certains liens ont sauté. Mais si vous consultez l’original sur bitconseil.fr : http://bitconseil.fr/l-angoisse-de-satoshi vous constaterez que je donne les liens qui définissent précisément ce que sont les réserves fractionnaires et je renvoie vers les accords de Bale II et de Bale III qui définissent les ratio de fonds propres applicables.

      • Les banques n’ont pas besoin de créer leur propre monnaie puisqu’elle peuvent créer de l’euro. Sur le fonds, il est parfaitement vrai qu’une banque peut prêter beaucoup plus que ses fonds propres. Ce que j’ai souligné c’est que les fonds propres ne doivent pas être mis en face de la totalité du prêt mais en face de l’écart entre prêt et garanties. Si un emprunteur ne rembourse pas sa banque, elle va récupérer les garanties et les vendre. Les fonds propres ne seront mis à contribution que pour couvrir, si cela se passe mal, la différence entre le montant du prêt et la valeur résiduelle des garanties. Bien entendu si l’emprunteur est défaillant, il y a des chances pour que le prix de vente des garanties soit insuffisant mais c’est toujours cela de pris. Si l’on considère donc que seul une partie des emprunteurs feront défaut et que seule une partie de leur prêt n’est pas récupérable, il est donc normal que les banques appliquent un coefficient multiplicateur assez élevé. Ce qui fait la différence entre un banquier sérieux et un autre, c’est justement qu’il veille à ne pas prendre des risques excessifs susceptibles de devenir des créances douteuses.

  • Avant la monnaie il y avait… le troc !
    L’auteur n’a pas osé nous proposer d’y revenir…

    • Essayer de troquer l’équivalent de 100€ avec un habitant à l’autre bout de la planète… Vous pourriez aussi bien nous parler du Système d’Echange Local, sa version moderne, mais le troc est au mieux national, le Bitcoin est planétaire, GROSSE nuance !

    • Notez que l’auteur ne condamne pas le concept de monnaie.
      Il dénonce juste les monopoles de création/gestion de monnaie dont disposent les états.

  • la sempiternelle phrase : « il n’y a jamais eu, il n’y a pas et il n’y aura jamais de monnaie qui perdure, jamais », montre qu’à tout prendre c’est plutôt la chasse aux escrocs qui devrait primer . . .

  • Quoi ? Vous voudriez rendre nos chers gouvernants responsables de leurs actes et de leurs décisions ??
    Mais vous êtes fous !

    Ironie mise à part, article plutot éclairant sur les problèmes de création de monnaie.

  • « La gestion de l’émission monétair est l’apanage, d’une part des banques centrales et d’autre part des banques commerciales qui créent aussi de la monnaie » : non, pas du tout. Les banques commerciale ne créent pas de la monnaie. Les banques participent par délégation au monopole monétaire sur autorisation de la banque centrale qui est seule en mesure de créer la monnaie, toute la monnaie. D’ailleurs, si on pousse vos hypothèses jusqu’à leur terme, la banque centrale ne créant aucune monnaie en dehors de la monnaie banque centrale qui n’est pas de la monnaie, seules les banques créent véritablement de la monnaie. Mais on voit bien qu’il s’agit là d’une querelle byzantine, sans intérêt pour comprendre les circuits monétaires et les responsabilités de chacun.

    « sur 27 États membres, 24 ne respectent pas leur engagements » : quand une règle n’est plus respectée par la majorité, ce n’est plus la règle.

    « choisir librement parmi des monnaies complémentaires » : une monnaie complémentaire s’adosse au monopole monétaire principal. Aucune liberté de choix là-dedans. Les monnaies complémentaires donnent l’illusion de l’autonomie mais ce n’est qu’une illusion.

    Rien à voir en tout cas avec une vraie concurrence monétaire, où chaque banque émet et gère sa propre monnaie, indépendamment des autres banques. En cas de concurrence, lorsqu’une banque fait des erreurs, personne d’autre que les porteurs de la monnaie de cette banque ne doit assumer les conséquences des erreurs, notamment la chute du pouvoir d’achat de cette monnaie. En revanche, en cas de monopole, c’est la communauté des porteurs de la monnaie monopole dans son ensemble qui doit assumer les erreurs de la banque faillie, y compris ceux qui n’ont rien à voir avec cette banque. Le monopole monétaire a pour but de supprimer la liberté pour imposer la solidarité.

    La disparition pure et simple du monopole monétaire est la condition nécessaire et suffisante de la liberté monétaire, la concurrence étant le seul moyen de protection efficace des populations par rapport aux bêtises des banquiers (et accessoirement des gouvernants).

    • protection efficace des populations par rapport aux bêtises des banquiers (et accessoirement des gouvernants).

      Hum, je les mettrais plutôt à égalité, les banquiers et les gouvernants, les banquiers étant plutôt des suiveurs des polytocards, profiteurs dans certains cas.

    • « « La gestion de l’émission monétaire est l’apanage, d’une part des banques centrales et d’autre part des banques commerciales qui créent aussi de la monnaie » : non, pas du tout. »
      –> Si si, absolument ! Les banques commerciales créent de la monnaie par le crédit, renseignez vous : https://www.wikiberal.org/wiki/Cr%C3%A9ation_mon%C3%A9taire

      « quand une règle n’est plus respectée par la majorité, ce n’est plus la règle. »
      Grand bien vous fasse, pour ma part, une ânerie mille fois reproduite reste une ânerie.

      « une monnaie complémentaire s’adosse au monopole monétaire principal. »
      Faux ! Ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres : il existe par exemple des monnaies complémentaires adossées à la production de matières premières, le Wat au japon est adossé à la production d’électricité, le LEAF à la production de produits agricole etc.

      Quant à la « disparition pure et simple du monopole monétaire », si vous aviez pris la peine de lire correctement mon article à la place d’asséner des contres vérités sur un ton péremptoire, vous auriez réalisé que c’est exactement ce que je préconise.

      Bien à vous

  • Toute l’analyse est juste et n’est plus à démontrer.
    Le bitcoin est la première forme de cryptomonnaie qui aura contribué à révolutionner notre conception même de la monnaie et en cela les générations futures lui en seront redevables.
    Toutefois le bitcoin et ses clones n’ont de vraiment révolutionnaire que l’invention de la blockchain, Pour le reste ces monnaies numériques ne font que reproduire le système asymétrique de la possession qui perdure depuis des millénaires.
    Le vocable de minage par exemple s’apparente exactement à celui du travail permettant de trouver des pépites.
    Et comme tel il est évident qu’un mineur qui gratte la terre avec sa pioche en possédera toujours moins que celui qui peut financer des tracto pelles, des ascenseurs, des foreuses, etc bref une puissance de minage…
    Comme la mine le bitcoin va lui aussi vers l’épuisement de son filon. Évidemment l’or miné servira de valeur d’échange, avantageant ainsi les dynasties transgénérationnelles des primo-minants.
    Cette asymétrie entre les générations qui se voient imposées la valeur de ressources acquises avant leur naissance en fera forcément des aliénés au pouvoir des primo-mineurs. Ceux ci bien sur pourront acheter des tranches de vie aux démunis qui travailleront à leur place pour acquérir quelques piécettes ou bitcoinettes leur permettant d’acheter de la nourriture. Et devinez qui détiennent le magasin et la majorité des industries alimentaires?…

    Non le bitcoin n’est pas la solution, il a seulement ouvert la voix à la blockchain, et là est la vraie révolution.
    Comme dit dans l’article:
    « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

    Pour arrêter le pouvoir il doit être décentralisé comme la blockchain l’est. Mais les monnaies de type bitcoin s’appuient sur une seule mine chacune, et finies en quantité de minage. C’est une mine centralisée de fait. Et la est déjà un pouvoir qu’on ne peut arrêter.

    Une autre forme de monnaie reposant sur l’excellent principe de la blockchain est envisageable. Imaginez une blockchain modifiée en profondeur, ou chaque mineur n’a pas besoin d’avoir la plus grosse pour miner.
    Ou chaque membre de cette monnaie crée lui même de manière synchrone et identique une quantité de monnaie annuelle calculée sur une croissance de 10% sur la masse monétaire déjà émise divisée par le nombre de membres. Évidement ce dividende annuel peut être calculé pour être fractionné de manière à être produit par chacun par mois ou par jour ce n’est qu’une question de choix lors du lancement du protocole monétaire. La monnaie est donc produite par un compte unique attaché à chaque personne et uniquement pendant la durée de sa vie. Un système de certification par WOT renouvelable permettant d’évacuer les décès de la monnaie.
    Nous avons donc la, une monnaie symétrique dans l’espace d’une vie et dans le temps des générations. Aucune fortune du passé ne pouvant imposer son pouvoir sur les générations entrantes. Une masse monétaire stable et toujours relative au nombre de membres de l’espace économique.
    En un mot une monnaie stable, peu spéculative, et adaptative aux « accidents » démographiques.

    Cette monnaie est en test depuis des années déjà et passe en beta test semaine prochaine pour encore deux à trois mois, avant le passage en production. Son nom n’est pas encore arrêté mais le logiciel qui la (les) produira est open source et s’appelle Duniter. https://moul.re/blog/
    Alors pour les devs curieux plongez dans son code et celui de ses clients, ou pour les autres créez vous un compte http://cesium.duniter.fr/ et découvrez le monde de la monnaie libre (réellement libre).
    Ce lien expirera probablement au passage de la beta. tenez vous au courant sur https://forum.duniter.org/

    • Le principe de sécurité des blockchains (comme bitcoin) est que « la majorité a toujours raison ».

      Cela veut dire que l’initiateur de la transaction, qui, par définition est seul, a toujours tort.

      Pour frauder, il suffit d’avoir « plus de machines » que l’auteur de la transaction… donc le plus gros opérateur a toujours raison (comme d’ailleurs pour le HFT: High Frequency Trading).

      La solution serait « simple »: utiliser de la cryptographie à clef publique « post-quantum » (c’est à dire pas cassable aussi facilement que les standards actuels: on fait de faux certificats SSL depuis 20 ans).

      • Je me demande toujours pourquoi les banques ne demandent telle pas une concurrence des monnaie? Sans doute parce que la banque centrale est une institution et que le rôle d’une institution c’est de réduire les coups de transaction et d’information .

        Démontrez moi de manière argumentée qu’une dizaine de monnaies en concurrence au niveau d’un Etat serait plus efficace et plus efficient qu’une seule monnaie à court légal.

        Et sans l’argument historique hein: le volume des echanges et du commerces ainsi que les flux sont incomparable entre les 30 dernière année et il y a 1000 ou 500 ans quand plus monnaies circulaient , et souvent il s’agissait de l’unité de compte et de valeur .

        • « pourquoi les banques ne demandent telle pas »

          Eh oui, il n’y a que vous pour encore poser une question dont on connaît depuis longtemps la réponse.

          « le volume des echanges et du commerces ainsi que les flux sont incomparable »

          Ben voyons, comme si le fait d’ajouter un, deux ou trois zéro en fin de nombre changeait quoi que ce soit à la problématique. C’est le même genre d’argument tare à la crème avec lequel on nous baratine pour justifier la dictature chinoise. Pensez donc, ma pauv’ dam’, si la Chine était une démocratie, ce serait ingérable, ils sont trop nombreux…

          Dictature monétaire en Occident, dictature politique en Chine : mêmes arguments, même but, même combat; toujours et partout, des mêmes dictateurs assoiffés de pouvoir.

        • Démontrez moi de manière argumentée qu’une dizaine de fabriquant de téléphone en concurrence au niveau d’un état est plus efficient qu’un seul fabricant bénéficiant du monopole d’état.

          La monnaie est un bien comme un autre et comme pour la production de n’importe quel bien en confier sa production à un monopole public est une situation sous optimale.

      • Vous avez raison le consensus majoritaire défini la validité de la transaction. Pour le bitcoin, le nombre de mineurs et leur diversité seule permet de sécuriser la blockchain. et il est vrai que la position dominante aujourd’hui, des gigantesques fermes de minage chinoises qui rendent le minage de plus en plus concurrentiel, pourrait finir par inquiéter les investisseurs.
        La blockchain de Duniter elle, ne repose pas sur la puissance de calcul, et s’il est vrai qu’elle peut permettre de calculer un peu plus de blocs, chaque bloc calculé augmente la difficulté à calculer le suivant. et même bloque le calcul sur un certain nombre de blocs. Le calcul de blocks est donc raisonnablement équilibré sur le nombre de nœuds de calcul. Cette simple précaution multiplie la sécurité de sa blockchain. Quand à la WOT, si elle est l’objet de méfiances, de nombreuses simulations démontrent qu’elle résistera facilement à une attaque sybil proportionnellement au nombre de membres. De plus le renouvellement cyclique des certifications permet à la communauté d’évacuer dans le temps la production de DU par les indélicats.

  • Les commentaires sont fermés.

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Selon certains, le Mexique n’a pas fait assez pour relancer son économie après le covid. Le pays n’a pas touché au déficit, à l’inverse de la plupart des autres pays. Son économie rebondit au même rythme que la France, et sa monnaie résiste face au dollar.

Je parlais à un autre Américain que j’avais rencontré à l’église à Paris...

Les compagnies pétrolières, dit-il, ont tout intérêt à nier le réchauffement… mais les chercheurs n’ont pas d’incitation à prouver le réchauffement.

Je réponds que les renouvelables et l’écologi... Poursuivre la lecture

Par Daniel Lacalle.

Les mots les plus dangereux en matière de politique monétaire et d'économie sont "cette fois-ci est différente". La grande erreur des politiciens argentins est de croire que l'inflation est multicausale et que tout se résout avec des doses croissantes d'interventionnisme.

L'indice des prix à la consommation en Argentine a connu une hausse de 58 % en glissement annuel en avril 2022, soit 2,9 points de pourcentage de plus que la variation enregistrée en mars dernier. Une véritable catastrophe. L'inflation en Ar... Poursuivre la lecture

Par Ryan McMaken.

La Banque du Canada a augmenté mercredi son taux d'intérêt directeur (connu sous le nom de taux cible du financement à un jour) de 1,0 % à 1,5 %. Il s'agit de la deuxième augmentation de cinquante points de base depuis avril et de la troisième hausse du taux cible depuis mars de cette année. Le taux cible du Canada était resté stable à 0,25 % pendant vingt-trois mois, après que la banque a réduit son taux cible à partir de mars 2020.

Comme aux États-Unis et en Europe, les taux d'inflation au Canada atteignent d... Poursuivre la lecture

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