Réforme des retraites : la répartition, c’est le problème

Si la retraite par capitalisation permet d'assurer les retraites et de nourrir l'investissement, la retraite par répartition crée de graves problèmes.
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Retraite par répartition, retraite Madoff

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Réforme des retraites : la répartition, c’est le problème

Publié le 29 août 2013
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Si la retraite par capitalisation permet d’assurer les retraites et de nourrir l’investissement, la retraite par répartition, au contraire, rend impossible le financement des retraites et cause de graves dégâts à l’économie.

Par l’auteur du site Bobo libéral.

Retraite par répartition, retraite Madoff

Lors de cet énième débat sur nos retraites, qui rythme désormais le spectacle social-démocratique comme une série avec ses saisons, certains ont raisons comme Jean-Claude Mailly de s’indigner quand on considère l’allongement de la vie comme un problème.

En effet, on ne peut que se réjouir que les gens vivent plus longtemps, et en meilleure santé, et n’étant pas certain de ce qui se cache dans l’au-delà, je préfère m’en tenir à mon existence terrestre le plus longtemps possible, même si elle est semée de vicissitudes et de déceptions à répétitions.

Mais cet allongement de la vie est problématique pour notre système de retraite collectivisé et par répartition, et je précise bien pour ce système-là, et uniquement celui-là. En effet la retraite se faisant plus longue, les actifs (termes élogieux pour désigner ceux qui doivent payer pour ceux qui ne travaillent plus) se voient contraints de supporter une charge toujours plus grandissante de retraités ; problème aggravé quand il y a en prime une inversion de la pyramide des âges (le problème se poserait aussi sans cette inversion).

Alors ce qui est un progrès indéniable devient soudainement une source d’inquiétude ; le retraité coûte cher. Et ce fardeau nous appauvrit, nourrissant le mécontentement populaire. Il n’est pas rare que j’entende, ci et là, certains se demander s’il est nécessaire de vivre si longtemps, et surtout pour finir en ces tissus ridés de souffrances qui se débattent stérilement dans leur lit.

Évidemment toutes ces belles âmes n’iraient jamais jusqu’à les euthanasier ces pauvres vieux. Mais après tout, rien que d’en évoquer l’idée inspirerait des plus radicaux, qui, pour sauver notre belle société collectiviste se dévoueraient pour la bonne cause.

Mais le cœur du problème réside dans cette affirmation que le vieux a un coût, ou du moins que les retraites deviennent un fardeau. C’est s’imaginer que nous sommes face à une impasse, à un problème insoluble, à un effet secondaire de notre société actuelle et c’est surtout ne pas comprendre pourquoi les gens vivent si longtemps, et encore moins pourquoi la retraite par répartition est condamnée à disparaître.

Si l’on vit plus longtemps, ce n’est pas le fruit du hasard, mais de l’accumulation du capital. Une accumulation de capitaux qui s’est faite génération après génération, étape par étape, progressivement, laborieusement, améliorant notre productivité, libérant du temps pour nos loisirs, nous assurant des plages de repos et augmentant notre espérance de vie. Dans une société où l’on produit en une journée de quoi se nourrir un jour, et uniquement un jour, il n’y a nul temps libre, mais seulement une vie marquée du sceau de la précarité et de la brièveté. Si l’on a permis à des gens de vivre leurs derniers jours sans travailler, ou d’avoir simplement des loisirs, ou mieux encore des vacances, du temps libre en somme, c’est que l’on était en mesure de produire de quoi les nourrir, ainsi que nous par la même occasion et le même jour, en leur épargnant ce labeur. Il ne peut en être autrement.

Cette accumulation de capitaux a permis tous les progrès de la science dont nous bénéficions aujourd’hui. Et c’est toujours cette accumulation de capitaux qui a permis cette géniale invention qu’est la retraite par capitalisation.

Mais pour accumuler du capital, il faut être dans une société où l’on produit plus que ce que l’on consomme. Sans cela, il n’y a aucun espoir d’améliorer nos conditions de vie. C’est sans appel.

Et il s’avère que nos sociétés sont gangrenées par des institutions qui détruisent plus de richesses qu’elles n’en produisent et qui, inéluctablement, pour subsister, se financent sur la richesse des autres, comme des parasites. Cependant, tant que leurs destructions n’excédaient pas ce que nous pouvions épargner en capitaux, le progrès était encore possible. Mais quand vint le jour où ces institutions détruisaient plus que ce que nous produisions, alors en lieu et place de nous réformer, nous nous sommes endettés. Nous avons reporté les conséquences néfastes de ce processus de destruction sur les générations suivantes.

Et le jour viendra où les générations suivantes seront les générations actuelles : elles devront régler les comptes légués par leurs parents. Ce qui sera impossible. Car ces institutions auront œuvré encore, et la destruction sera telle que le solde ne pourra être réglé par manque de moyens.

L’ironie est que parmi ces institutions, il y a celle en charge de nos retraites !

Alors que la retraite par capitalisation permet non seulement de finir ses jours sans travailler mais aussi d’œuvrer à l’amélioration de nos conditions de vie en général par les capitaux qu’elle rend disponibles, la retraite par répartition, au contraire, rend impossible le financement des retraites et, par son coût, engendre des dégâts dans tous les autres domaines de la société.

Mais si nous en sommes arrivés là, c’est que nous sommes les victimes d’une intoxication massive nous faisant croire que la retraite, mais aussi la santé ou l’éducation ne sont pas soumis aux mêmes lois que les industries dites classiques. Elles ne peuvent que consommer du capital et ne sont productrices d’aucune richesse. Ce qui est paradoxal pour des choses censées nous protéger du besoin.

Alors que par le développement de ce couple capital/productivité, nous avons rendus disponibles nourritures, habits, ordinateurs, logements et j’en passe, sans que cela ne se fasse au détriment de qui que ce soit, mais en étant un plus pour la société, un bienfait, un gain et non un coût, pour la retraite, en ne prenant qu’elle, ce ne serait pas envisageable, impossible, utopique. Cette même retraite qui, si l’on suit consciencieusement les règles économiques les plus simples, ne peut être rendue possible que par l’amélioration de notre productivité.

Voilà le plus grand enfumage de notre époque.

Il n’y a aucune raison que la retraite, l’éducation ou la santé ne deviennent pas un gain pour la société, une contribution à l’amélioration de notre vie, comme le sont les autres biens et services, et cela par l’accumulation de capitaux.

Mais trop soucieux de conserver leurs privilèges, ou bien victimes de leurs propres croyances (ce qui est pire), beaucoup refusent de revenir sur les fondations d’un système, comme la retraite par répartition, qui ne peut qu’inéluctablement  emporter la société dans les abîmes de la faillite.

Alors on préfère voir la vieillesse, qui devrait nous réjouir, comme un fardeau, un malheur, un coût.

Et cela promet des lendemains qui vont chanter joyeusement.


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  • Le politiques français (UMPPS) ne retient pas les leçons de l’Histoire. Ils s’obstinent à faire une lecture idéologique des événements au lieu d’examiner les faits. Le système de retraite par répartition est mort. Les replâtrages successifs ne régleront rien. L’injustice des régimes spéciaux va continuer. Néanmoins, la faillite qui se profile à l’horizon va régler cette situation, mais dans la douleur.

  • Et si onrevenait comme avant quand les enfants soutenaient leurs parents selon que le demandent la bible et le code civil ?

    • Mais pas la peine ! Avec la capitalisation, les parents se soutiennent eux-mêmes (financièrement s’entend) d’une manière infiniment plus performante que quiconque ne pourrait le faire à leur place, enfants compris.

      Le vieillissement est une chance, inespérée il n’ y a même pas un siècle, pour au moins deux raisons « capitales » (dans les deux sens) : l’accumulation de l’expérience professionnelle pour soutenir le dynamisme économique et l’accumulation de l’épargne pour financer les emplois des plus jeunes. Mais voilà ! On a transformé cette chance en malheur, en affrontement, en parasitisme, avec l’excroissance étatique socialo-communiste de la répartition.

  • C’est faux. Le problème de la retraite, c’est la coercition introduite par l’état.

  • Les commentaires sont fermés.

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