Représentants du peuple, un peu de courage !

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Politique

La redistribution nuit à la compétitivité, pourtant nécessaire dans une économie concurrentielle. Face à cette problématique, le gouvernement devra faire preuve de courage pour renoncer à la redistribution ou à la concurrence et choisir entre liberté et dirigisme.

Par Baptiste Créteur.

La redistribution mise en œuvre par l’Etat force individus et entreprise à consacrer une part importante de leur revenu : la dépense publique représente 56% de la création annuelle de richesse par les Français. Elle nuit fortement à la compétitivité, par son inefficacité intrinsèque mais également parce que l’Etat cherche ouvertement à soutenir et développer les secteurs, entreprises et individus les moins compétitifs.

La compétitivité est pourtant centrale dans une économie ouverte. Le libre-échange permet aux Français de bénéficier des meilleurs produits au meilleur prix, mais n’est profitable qu’aux meilleures entreprises, celles qui parviennent à obtenir la préférence des consommateurs français et étrangers. Si les voitures étrangères sont jugées meilleures par les consommateurs français, ils bénéficieront du libre-échange, au détriment des constructeurs français qui verront leurs ventes diminuer dans l’hexagone. La mondialisation profite à tous les consommateurs, mais seulement aux entreprises compétitives.

Pour améliorer la compétitivité, l’Etat français doit donc faire diminuer son poids dans l’économie. Jusque-là, il a préféré s’accommoder de déficits et financer la redistribution à crédit, mais le niveau d’endettement atteint et la prise de conscience par les Français de son caractère insoutenable l’obligent à chercher d’autres leviers.

Un gouvernement rationnel choisirait de cesser de nuire à la compétitivité de l’économie en réduisant le niveau de redistribution et en cessant d’intervenir à tort et à travers, mais cela lui est aujourd’hui impossible ; l’aveuglement idéologique de ceux qui nous gouvernent et le discours irrationnel qu’ils tiennent aux Français depuis des années portent aujourd’hui leurs fruits.

L’aveuglement idéologique de nos dirigeants les pousse à considérer que l’action de l’Etat est préférable aux lois du marché d’une part, et que la morale altruiste doit être systématiquement appliquée d’autre part. Le « nouveau modèle français », aussi nouveau que libéral, exposé par Jean-Marc Ayrault relève de cette double logique. Leur système de pensée les empêche de remettre en question le modèle français actuel.

Les plus pragmatiques pourraient apporter une part de rationalité à l’action gouvernementale, mais les Français sont trop habitués à l’irrationnel pour accepter un tel discours. Les réactions à des annonces de suppressions d’emploi ou de départs à l’étranger et les justifications données à des choix injustifiables en sont illustratives, et permettent de comprendre que les Français attachent plus d’importance à ce que tous financent le train de vie de l’Etat qu’à l’utilisation faite de l’argent des contribuables.

Aucune publicité n’est faite aux pratiques douteuses relevées en divers endroits – octroi d’avantages à soi-même ou ses pairs, dépenses astronomiques et injustifiables – qui, à l’instar des idées collectivistes et étatistes, dépassent des oppositions partisanes purement formelles. Les élus, attachés à leurs mandats et aux avantages qu’ils leur confèrent, craignent donc les réactions possibles des Français, anesthésiés qu’ils sont par une presse subventionnée et une école politisée, face à un discours de vérité qui peine à se faire entendre.

Jusqu’à présent, les hommes politiques ont préféré demander aux Français de faire preuve de courage en acceptant des sacrifices toujours plus importants plutôt que les accepter pour eux-mêmes en prenant le risque de ne pas être réélus. Ils préfèrent s’affranchir de l’impératif de compétitivité que requiert le libre-échange, en demandant aux Français de consommer Français et en réfléchissant à des barrières à la sortie comme la déchéance de la nationalité et l’impôt sur la nationalité.

Pour les Français, le libre-échange n’est pas seulement une source de création de valeur et d’enrichissement ; il représente aussi pour eux l’opportunité de choisir. Tant qu’ils le peuvent, les Français qui sont restés rationnels ne resteront pas en France et préféreront chercher ailleurs les conditions nécessaires à leur épanouissement et leur accomplissement personnel que leur pays d’origine ne réunit plus.

Parce que c’est à la recherche de leur bonheur que les Français s’en vont, ceux qui ont besoin de l’argent des Français pour vivre feront tout pour être convaincants en affirmant que la recherche du bonheur est une quête égoïste et que l’égoïsme, c’est le mal. Mais ces discours ne suffiront pas, pas plus que des discours suppliant la croissance, l’emploi et les entrepreneurs pour qu’ils reviennent ne les feront revenir.

La lâcheté qui a guidé les actions des hommes politiques français jusqu’à présent ne pourra pas durer éternellement. A force d’avoir caché aux Français les conséquences négatives immédiates ou futures des mesures prises pour leur bien, il faudra leur faire comprendre qu’il n’y a pour la France que deux chemins possibles. Ceux qui nous dirigent devront donc choisir entre mener enfin les réformes qui s’imposent et laisser les Français libres de réussir et s’enrichir, ou aller jusqu’au bout de leur idéologie nauséabonde et mettre fin à la libre-circulation des hommes, des capitaux et des marchandises qui permet aux Français de réussir et s’enrichir.

Au vu des récentes déclarations du gouvernement et des parlementaires, leur choix est déjà fait ; on en connait déjà les conséquences et on peut s’attendre à ce que, par manque de courage, ils attendent aussi longtemps que possible avant de l’assumer.

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  1. Mon cher Baptiste, je crois que vous ne voyez pas dans quelle bulle vivent nos soit disant « représentants » installés dans le XVIeme arr… Je ne vous le reproche pas bien sur, mais ils sont dans la même bulle que les corps constitués en 1788 face au déficit de l’état… Ponctionnez mais pas moi !!! Cela fait longtemps que je le prétends, nous ne sommes pas dans l’année 1929 mais en 1788 – Atlantico a fait un papier dessus… Je suis maintenant sur que ce n’est pas la raison qui les poussera à changer d’attitude mais la force qui les délogera des niches où ils sont cramponnés…