Ayn Rand : A comme Altruisme

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Philosophie

Selon Ayn Rand, adopter l’altruisme comme principe de la moralité, c’est nier le droit qu’a l’individu d’exister pour lui-même, en faire l’objet d’un perpétuel sacrifice de soi, un animal sacrificiel.

Par Baptiste Créteur.

Ayn Rand, philosophe américaine d’origine russe, a développé une pensée couvrant l’ensemble des champs de la philosophie. Dans son roman le plus célèbre, Atlas Shrugged, récemment traduit en français, elle expose son éthique de l’intérêt personnel, qu’elle a su résumer en une phrase : « Pour vivre, un homme doit tenir trois choses pour valeurs suprêmes et souveraines de la vie : la Raison, le Sens et l’Estime de soi. » Elle a également, dans ses ouvrages et discours, su dévoiler les failles de codes « moraux » ; ici, l’altruisme. Les passages qui suivent sont issus de deux ouvrages différents, malheureusement non traduits à ce jour. Ils révèlent la double erreur de l’altruisme, qui fait de l’homme un animal sacrificiel et donne une valeur différente aux choses selon qu’elles sont le fruit de notre travail ou l’objet de notre besoin.

Quel est le code moral de l’altruisme ? Le principe de base de l’altruisme est qu’aucun homme n’a le droit d’exister pour lui-même, que la seule justification de son existence est de servir les autres et que le sacrifice de soi est son plus haut devoir moral, sa plus haute vertu et sa plus haute valeur.

Il ne faut pas confondre altruisme et bonté, bonne volonté ou respect des droits d’autrui. Ceux-ci ne sont pas des prémices, mais des corollaires, que l’altruisme rend, en fait, impossibles. L’altruisme a pour prémices irréductibles, pour absolu de base, le sacrifice de soi ; ce qui veut dire l’auto-immolation, l’abnégation de soi, le reniement de soi, l’autodestruction ; ce qui veut dire le soi comme étalon du mal, la négation de soi comme étalon du bien.

Il ne faut pas se cacher derrière des questions futiles, comme de savoir s’il faut ou non donner dix centimes à un mendiant. Ce n’est pas la question. La question est de savoir si on a ou non le droit d’exister sans lui donner ces dix centimes. La question est de savoir si on doit perpétuellement acheter sa vie, dix centimes par dix centimes, auprès de chaque mendiant qui déciderait de vous aborder. La question est de savoir si le besoin des autres est une hypothèque sur votre vie, le but moral de votre existence. La question est de savoir s’il faut voir l’homme comme un animal sacrificiel. Un homme qui a de l’estime de soi répondra « Non ». L’altruisme répond « Oui ».

Ayn Rand, “Faith and Force: The Destroyers of the Modern World,” in Philosophy: Who Needs It.

Le sacrifice de soi au profit des autres comme but moral fait de la négation de soi une vertu et, par opposition, rend tout acte égoïste immoral. La moralité se trouverait donc dans la négation de soi, dans la poursuite d’objectifs qui ne sont pas les nôtres, dans la mise au service des autres de sa propre vie ; l’individu n’aurait pas le droit d’exister pour lui-même quand d’autres ont besoin d’une chose qui lui appartient ou qu’il pourrait leur apporter. Adopter l’altruisme comme principe de la moralité, c’est donc nier le droit qu’a l’individu d’exister pour lui-même, en faire l’objet d’un perpétuel sacrifice de soi, un animal sacrificiel. Les fondements moraux de l’altruisme font peser sur les épaules de ceux qui vivent au profit des autres le poids de ceux qui vivent à leurs dépens, ils sacrifient le producteur pour soulager le mendiant et condamnent l’égoïsme qui permet de jouir soi-même des fruits de son travail.

Cette première critique de l’altruisme en tant que négation de l’individu ouvre le champ à une critique plus profonde : l’altruisme, qui donne une valeur différente aux choses selon qu’on les gagne ou qu’on les reçoit, pose les fondements d’une éthique hideuse et immorale où l’accomplissement a moins de valeur que le sacrifice, où le besoin a plus de valeur que le mérite, et où l’absence donne un droit sur l’existence des autres :

Pourquoi est-il moral de travailler au bonheur d’autrui, mais pas au vôtre ? Si le plaisir est une valeur, pourquoi est-ce moral quand d’autres le ressentent mais immoral quand vous le ressentez ? Si la sensation de manger un gâteau est une valeur, pourquoi est-ce un vice immoral dans votre estomac et, dans l’estomac d’autrui, une vertu que vous devez cherchez à atteindre ? Pourquoi est-il immoral que vous éprouviez du désir, mais moral qu’autrui en éprouve ? Pourquoi est-il immoral de produire une valeur et la garder, mais moral de la donner ? Et s’il n’est pas moral que vous gardiez une valeur, pourquoi est-il moral pour les autres de l’accepter ? Si vous faites preuve d’abnégation et de vertu en la donnant, ne sont-ils pas égoïstes et vicieux quand ils l’acceptent ? La vertu, est-ce de servir le vice ? Le but moral des hommes bons est-il l’auto-immolation au nom des hommes mauvais ?

La réponse que vous évitez, l’hideuse réponse est : Non, ceux qui prennent ne sont pas des hommes mauvais tant qu’ils n’ont pas gagné la valeur que vous leur donnez. Il n’est pas immoral qu’ils acceptent tant qu’ils sont incapables de la produire, incapables de la mériter, incapables de vous offrir la moindre valeur en retour. Ce n’est pas immoral qu’ils en jouissent, tant qu’ils ne l’ont pas obtenu de plein droit.

Tel est le fondement secret sur lequel votre conviction repose, l’autre moitié de votre deux poids, deux mesures : il est immoral de vivre de son propre effort, mais moral de vivre des efforts des autres ; il est immoral de consommer le fruit de son travail, mais moral de consommer le fruit du travail des autres ; il est immoral de gagner, mais moral de quémander ; ce sont les parasites qui sont la justification morale de l’existence des producteurs, mais l’existence des parasites est une fin en soi ; il est mal de profiter par accomplissement, mais bien de profiter par sacrifice ; il est mal de créer votre propre bonheur, mais bien d’en jouir au prix du sang d’autrui.

Votre code divise l’humanité en deux castes et leur impose de vivre selon des règles opposées : ceux qui peuvent tout désirer et ceux qui ne peuvent rien désirer, les élus et les damnés, les passagers et les transporteurs, ceux qui mangent et ceux qu’ils mangent. Quel est le mètre-étalon qui détermine votre caste d’appartenance ? Quelle clé permet d’accéder à l’élite morale ? La clé est l’absence de valeur.

Quelle que soit la valeur impliquée, c’est le fait que vous ne l’ayez pas qui vous donne un droit sur ceux qui l’ont. C’est votre besoin qui vous donne droit à une récompense. Si vous être aptes à satisfaire vos besoins, votre aptitude vous prive du droit de les satisfaire. Mais un besoin que vous êtes inaptes à satisfaire vous donne un droit prioritaire sur les vies du reste de l’humanité.

Si vous réussissez, tout homme qui échoue est votre maître ; si vous échouez, tout homme qui réussit est votre esclave. Que votre échec soit juste ou non, que vos désirs soient rationnels ou non, que vous ne méritiez pas votre mauvaise fortune ou qu’elle résulte de vos vices importe peu : c’est votre mauvaise fortune qui vous donne droit à une récompense. C’est la souffrance, quelle qu’en soit la nature ou la cause, la souffrance comme absolu premier, qui vous donne une hypothèque sur tout ce qui existe.

Si vous soignez votre souffrance par votre propre effort, vous ne recevez aucun crédit moral : votre code considère cela avec mépris comme un acte allant dans le sens de votre intérêt personnel. Quelle que soit la valeur que vous cherchez à acquérir, qu’il s’agisse de richesse, de nourriture, d’amour ou de droits, si elle est acquise par votre vertu, votre code ne considère pas cette acquisition comme morale : vous n’engendrez de perte pour personne, c’est un échange, pas une aumône ; un paiement, pas un sacrifice. Ce que l’on mérite relève du domaine égoïste et commercial de l’intérêt mutuel ; il n’y a que ce que l’on ne mérite pas qui puisse faire l’objet d’une transaction morale, qui consiste en un gain pour l’un au prix d’un désastre pour l’autre. Demander que votre vertu soit récompensée est égoïste et immoral ; c’est votre absence de vertu qui transforme votre demande en un droit moral.

Une morale qui donne au besoin valeur de créance, tient le vide – la non existence – pour mètre-étalon de la valeur ; elle récompense une absence, un défaut : faiblesse, inaptitude, incompétence, souffrance, maladie, désastre, le manque, la faute, la lacune – le zéro. »

Ayn Rand, Galt’s Speech, in For the New Intellectual.

Si tout acte égoïste est immoral au contraire de l’acte altruiste, alors une même chose devient mauvaise si on la gagne et bonne si on la quémande ; la jouissance devient condamnable si on la mérite et vertueuse si on la reçoit. Cette dualité crée deux castes, ceux qui ne peuvent jouir de rien et doivent tout offrir aux autres et ceux qui n’ont rien à offrir mais peuvent jouir de tout ; l’altruisme récompense l’absence de valeur en en faisant un droit sur la valeur. In fine, l’altruisme, qui fait du vide la mesure de la valeur, est une éthique du zéro.

Les conséquences de l’éthique nauséabonde de l’altruisme et son antithèse, l’éthique objectiviste de l’égoïsme rationnel, sont présentés par Ayn Rand dans le roman Atlas Shrugged (La Grève en français) : les producteurs, les créateurs de valeur, les compétents, qui constituent le moteur du monde, décident de ne plus laisser le code moral de l’altruisme faire d’eux des animaux sacrificiels, et font le serment de vivre par et pour eux-mêmes : « Je jure, par ma vie et l’amour que je lui porte, que je ne vivrai jamais au profit d’un autre homme, ni ne demanderai à un autre homme de vivre pour le mien. »

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  1. @ Baptiste

    Est-ce qu’Ayn Rand ne confond pas deux choses tout à fait différentes: le refus de se sacrifier pour autrui et le refus d’aider l’autre gratuitement? Je puis venir en aide à autrui tout en fixant une limite: ne jamais mettre en péril ma vie, ma santé et mes fins personnelles pour lui.

    Certes, Ayn Rand reconnaît que la générosité doit être un acte secondaire, effectué de temps en temps; mais pourquoi ne pas dire plutôt: « soyez généreux le plus que vous pouvez, mais toujours en sorte de ne pas vous sacrifier au nom de cette générosité. »

    Il me semble que le respect de soi – ne pas se sacrifier pour les autres – se concilie avec le respect des autres – leur prêter assistance gratuitement. Performance personnelle et souci du prochain ne sont pas antagonistes mais complémentaires. Ayn Rand ne le savait pas, et voilà qui gâche une bonne part de son oeuvre.

    Mieux vaut lire Confucius ou le Christ.

    1. « Ayn Rand ne le savait pas, et voilà qui gâche une bonne part de son oeuvre.

      Mieux vaut lire Confucius ou le Christ. »

      Vous devriez (re)lire Ayn Rand, celle-ci ne s’attaque qu’à la moralité du sacrifice et de l’altruisme, aucunement à votre impossible assistance qui ne coute rien à personne, ni temps, ni énergie, pourtant si nécessaires aux fins personnelles de chacun.

      « mais pourquoi ne pas dire plutôt: « soyez généreux le plus que vous pouvez, mais toujours en sorte de ne pas vous sacrifier au nom de cette générosité. » », est-ce à dire « de temps en temps » ?

      1. Ayn Rand approuve un acte de générosité secondaire; mais elle désapprouve qu’un individu maximise sa générosité tout en faisant en sorte que cette générosité reste secondaire.

        Elle ne comprend tout simplement pas le bien que les gens font spontanément aux autres. Et je vous ferai remarquer que Nathaniel Branden le lui reproche.

        1. Ayn Rand ne condamne pas la générosité : « Il ne faut pas se cacher derrière des questions futiles, comme de savoir s’il faut ou non donner dix centimes à un mendiant. Ce n’est pas la question. »
          Ce qu’elle condamne, c’est le sacrifice de soi en tant que mesure de la vertu : « Il ne faut pas confondre altruisme et bonté, bonne volonté ou respect des droits d’autrui. Ceux-ci ne sont pas des prémices, mais des corollaires, que l’altruisme rend, en fait, impossibles. L’altruisme a pour prémices irréductibles, pour absolu de base, le sacrifice de soi ; ce qui veut dire l’auto-immolation, l’abnégation de soi, le reniement de soi, l’autodestruction ; ce qui veut dire le soi comme étalon du mal, la négation de soi comme étalon du bien. »

          1. Oui, je sais qu’elle dit ça, et je l’affirme dans mon commentaire. Mais force est de constater qu’elle est restée étrangère à l’idée d’être généreux LE PLUS QU’ON PEUT, tout en veillant à NE PAS EN FAIRE TROP. Cette nuance est-elle si dure à comprendre?

          2. Une autre citation peut être éclairante sur sa vision : « L’éthique Objectiviste affirme que le bien [pour l'homme] ne requiert pas de sacrifices humains et ne peut être atteint par le sacrifice de quelqu’un au profit d’un autre. Elle affirme que les intérêts rationnels des hommes ne sont pas conflictuels – qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts entre des hommes qui ne désirent pas ce qu’ils ne méritent pas, qui ne font ni n’acceptent de sacrifices, qui se comportent en commerçants, échangeant valeur contre valeur. » (Ayn Rand, « The Virtue of Selfishness »)
            Ainsi, elle n’a rien contre la générosité, tant que cela ne requiert pas de sacrifice ; d’autant plus qu’à son sens, la poursuite des buts individuels ne génère pas de conflits d’intérêts.

  2. Ayn Rand = Petite russe blanche traumatisée à vie.

    A passé toute sa vie à élaborer une philosophie visant à justifier la supériorité de sa propre personne par rapport aux autres.

    Une mal grandie, morte sans enfants, après avoir trahi tous les siens.

    Et qui dit : pensez à vous et à vous seul, n’écoutez pas vos parents qui vous disent de partager.

    L’héroïne rêvée pour les petits blancs riches de 20 ans (tiens, sur la photo, l’auteur a l’air d’un petit blanc riche de 20 ans).

    C’est du Lénine pour les riches. Je chie dessus tous les matins avec bonheur.

    Si vous voulez comprendre pourquoi, parfois, il est nécessaire, vital, de s’oublier soi même, lisez bien Hobbes, Locke, ou Rawls.

    Pas cette pitoyable nullité.

    1. On peut même aller plus loin et partir sur Kant ou même les stoïciens de l’antiquité ! Qu’un gamin se retrouvent à vouloir remettre en cause ni plus ni moins que les fondements de la civilisation humaine juste sur la base d’un roman de science-fiction est à mourir de rire…

      Sinon vous avez oublié de mentionner le béguin d’Alisa Rosenbaum pour le tueur pédophile Hickman, qui éclaire quand même pas mal sur sa vision du monde… Heureusement pour nous que le monde n’est pas dirigé par des adolescents et que nous avons la présence d’esprit de reconnaître que les gens qui ne pensent qu’à eux et à leur propre intérêt, ça s’appelle des sociopathes et que la seule place pour eux est dans un asile et certainement pas à un poste à pouvoir…

      1. Les attaques ad personam vous grandissent…
        Les gens qui agissent dans leur propre intérêt sont des sociopathes parce qu’ils remettent en cause les fondements de la civilisation humaine telle que vous la concevez, c’est bien ça ?
        Vous pouvez aller plus loin et partir si vous le voulez, même mourir de rire si cela vous amuse, ça n’enlèvera rien à l’œuvre d’Ayn Rand, qui compte des ouvrages de fiction ainsi que de non-fiction – notamment les deux ouvrages cités dans l’article.

        1. Je vous rassure ça n’a rien à voir avec une opinion personnelle, c’est une opinion clinique objective qui vient de la nécessité de se prémunir contre les agissements de malades mentaux et d’éviter d’avoir des gens du style Fourniret en liberté.

          http://www.maladiesmentales.org/troubles-personnalite/trouble-personnalite-antisociale/

          « La personne atteinte d’un trouble de personnalité antisociale démontre une indifférence face aux normes sociales et aux codes culturels, ainsi qu’aux émotions et aux droit des autres. Elle adopte généralement un comportement impulsif, visant à répondre à ses propres besoins, peu importe les conséquences sur les autres. On utilise aussi le terme sociopathe pour désigner les personnes diagnostiquées avec le trouble de personnalité antisociale.(…) Ces personnes peuvent blâmer leurs victimes d’avoir été stupides et de mériter leur sort, et selon leur point de vue, chacun se bat pour ses intérêts et tout est bon pour ne pas se laisser marcher sur les pieds. »

          L’homme normal n’est pas mu par ses intérêts personnels mais ressent de l’empathie pour ses semblables, c’est ce qui explique que nous sommes capable de choses comme la transmission ou le sacrifice. Quand un trouble mental (d’une quelconque origine) amène quelqu’un à développer un état d’esprit tel qu’il se retrouve à ne se préoccuper que de ses intérêts ça donne un Fourniret ou un Hickman.

          De ce point de vue le fait qu’Ayn Rand, après s’être découvert une passion pour un tueur, ait trouvé un moyen de se libérer de ses névroses consécutives au fait d’avoir une mère qui ne voulait pas de ses enfants, le passage d’une vie de riche oisive à une vie de pauvre sous le bolchévisme, la fuite aux USA… en écrivant des ouvrages de fiction où les sociopathes deviennent les maîtres du monde est plutôt une bonne chose pour elle et une bonne nouvelle pour la société. Le fait que des gens prennent au sérieux ce qui n’est qu’un défouloir pour s’empêcher de découper des fillettes un peu moins…

          1. La philosophie de Ayn Rand est le CONTRAIRE d’une pensée sociopathes. Ayn Rand nous dit : « servez vos fins propres mais sans faire du mal aux autres ». Et non pas : « faîtes du mal aux autres pour servir vos fins propres. » Vous voyez la nuance, Tilleul?

          2. Vous confondez empathie, altruisme, et sacrifice (cette dernière notion contient implicitement les concepts de contrainte et de culpabilité, c’est ce que dénonce Rand)

    2. « Si vous voulez comprendre pourquoi, parfois, il est nécessaire, vital, de s’oublier soi même, lisez bien Hobbes, Locke, ou Rawls. »

      Effectivement, vous vous êtes oublié vous-même. Votre couche est pleine et vous pouvez aller la changer.

      Ayn Rand nous dit simplement:
      « La générosité, l’altruisme si je veux , mais la générosité, l’altruisme comme réponse à la culpabilisation: non »

      C’est simple à comprendre. La caricature ici c’est vous et Tilleul

      1. On croirait entendre un trotskiste défendre les appels de Marx à exterminer le lumpen-prolétariat… Vous vous faites de l’auto-persuasion pour ne pas avoir à assumer le fait de défendre une pensée fascisante mais dès qu’on commence à qualifier d’autres êtres humains de « parasites » c’est qu’on a une case en moins quelques part…

        1. Voir en face les tueurs en série ou les types qui battent leurs femmes comme des parasites vivant au dépens du développement personnel de leurs victimes, c’est de l’aveuglement?

        2. Je ne peux que vous conseiller de mieux lire Ayn Rand. Vous y découvririez une farouche opposante au communisme et au fascisme.
          Elle défend la liberté et une éthique fondée sur la poursuite de leurs buts propres par les individus tant qu’ils ne mettent pas en péril le droit à la vie d’autrui. Si votre seul but est d’aider les autres, allez-y, mais ne postulez pas trop vite que c’est un but unique partagé et qu’il faut obliger tout le monde à le poursuivre.
          Comment appelleriez-vous une personne qui vit aux dépens d’un autre, en exige le sacrifice en lui donnant le nom d’acte moral ?

          1. Ne renverser pas les rôles, le monde pense qu’il est sain de s’aider les uns les autres car c’est la base de la vie en société et ce sont les gens comme Ayn Rand qui veulent mettre en place une société autoritaire ou l’on récompense l’égoïsme et où l’on puni l’altruisme…

          2. « le monde pense qu’il est sain de s’aider les uns les autres »

            Alors, pourquoi le monde n’est pas altruiste et monnaie ses services ?

            «une société autoritaire»

            La non-agression, c’est donc de l’autoritarisme ? Oo

            Allez, continuez, vous allez bientôt conclure que la liberté, c’est l’esclavage…

            «ou l’on récompense l’égoïsme»

            Bizarre, ce système pousse les gens à aller vers autrui et à être serviable.

            «où l’on puni l’altruisme»

            Par quel raisonnement fallacieux en êtes vous venu à conclure que l’on punissait les altruistes ?

        3. Je crains que notre ami Tilleul ne se soit effectivement oublié et laisse parler ses émotions plutôt que la raison.

          Ayn Rand ne condamne ni la générosité, ni la charité… Elle condamne un ordre moral où le sacrifice de soit est érigé en vertu. En somme, elle se rapproche de ce que NIetzsche écrit dans « l’Antéchrist ».

          Sa charge n’est pas à l’encontre de l’entraide, de la solidarité ou de quoi que ce soit de ce type à titre individuel.

          « Il ne faut pas se cacher derrière des questions futiles, comme de savoir s’il faut ou non donner dix centimes à un mendiant. Ce n’est pas la question. La question est de savoir si on a ou non le droit d’exister sans lui donner ces dix centimes. »

          Elle se contente de prêcher contre un système de valeurs dont le sacrifice serait la valeur ultime. Surtout si ce système est imposé aux individus.

          Parler ici de fascisme et autre est totalement hors sujet…

  3. @Baptiste :
    J’ai deux questions :
    -De quel contexte est tirée cette citation? Est ce d’un développement sur l’économie politique où on exposerait des idées sur les structures légales et sociales pour l’émergence d’une société où règne la paix au sens augustinien : la tranquillité dans l’ordre (lois justes et claires, sécurité des citoyens, libertés suffisantes, etc). Ou est-ce que l’auteur expose à ce moment des considérations morales comme « il faut pas mentir, il faut pas tuer, il faut aimer ses parents… » Les deux points de vue sont différents : d’un côté, il s’agit de décrire l’être humain sous ses différents aspects (philosophique, moral, social, contemporain, etc) afin d’identifier le meilleur « système » politique et juridique, et de l’autre, c’est une réflexion sur l’Homme dans le sens le plus philosophique du terme avec les corollaires moraux qu’entraîne une telle réflexion. Dans le premier cas, j’adhère plus ou moins. Dans l’autre, les termes utilisés et le point de vue me paraissent réducteurs. Ce qui me fait arriver à ma deuxième question :
    -Y-a-t’il un autre terme que égoïsme pour décrire le fait que notre premier souci doit être nous-même? L’aphorisme qui dit « charité bien ordonnée commence par soi-même » n’est pas d’hier : d’autres systèmes philosophiques ou théologiques présentent ce souci de soi même, cette hiérarchie de priorité entre soi et les autres comme de la charité (ou de l’intelligence, de la prudence,…) et non de l’égoïsme. Si un souci de soi raisonnable est vu comme « charité », alors l’égoïsme est toujours vu comme un défaut, le vice du « moi-d’abord » hypertrophié. Donc ma question est de savoir si on pourrait remplacer ce « égoïsme » qui voudrait dire « charité bien ordonnée » par un autre mot qui, lui, ne traînerait pas le poids des siècles de désapprobation du véritable égoïsme, celui du narcissique et du je-m’en-foutiste.