Députés : le peuple les élit, l’homme libre les craint

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Politique

Les députés français, à l’épreuve du gros micro mou, dénoncent la fiscalité non-confiscatoire de nos voisins et la liberté.

Par Baptiste Créteur.

Assemblée NationaleLe ministre belge des affaires étrangères affirme que le départ de nombreux Français est une conséquence de la politique fiscale du gouvernement et qu’il n’est pas opposé à ce que d’autres exilés les suivent. Les députés français ne pouvaient pas rester sans réagir et se sont empressés de tomber dans un piège régulièrement exposé par h16, celui du gros micro mou.

Chacun se fend donc d’une petite déclaration sur l’affaire Depardieu et les déclarations du ministre belge. On notera qu’aucun ne réagit aux propos d’un autre député, Jérôme Lambert, qui remet ouvertement en cause les principes de la France ; le patriotisme souvent évoqué suppose apparemment plus de servir le gouvernement de son pays que de respecter ses valeurs. Si le doute existait encore, les déclarations des députés le lèvent : en France, la multiplicité des partis masque à peine l’unicité de la pensée.

L’exhaustivité suppose que l’on commence par féliciter les députés lucides. Hervé Mariton, député UMP, propose de corriger le système fiscal plutôt que faire la morale :

L’addiction à la dépense publique, c’est une véritable drogue, conduit à des augmentations d’impôts, et les augmentations d’impôts conduisent à certains exils fiscaux. On peut en penser ce qu’on veut moralement, je ne soutiens pas nécessairement le choix de ceux qui veulent s’exiler, mais plutôt que de leur faire la leçon, je commence par regarder si je ne peux pas corriger mon système fiscal.

Saluons aussi, moins bas tout de même, Claude Greff, UMP :

C’est vrai, aujourd’hui, le gouvernement est en train de « pénaliser » les riches, en tout cas ceux qui ont produit en France […] Concrètement, il faut qu’ils participent à l’impôt bien sûr, mais au moins à 50% [sans doute faut-il comprendre "au plus"], vous vous voyez travailler vous et donner davantage ? Ce n’est pas possible !

La courbe de Laffer semble avoir pénétré les esprits, mais 50% d’imposition – sans mentionner la TVA et autres taxes – n’est pas vraiment un niveau d’imposition incitant à la création de richesse. Le fameux « trop d’impôt tue l’impôt » est également intégré par Benoist Apparu, mais pour lui il faut sadiquement chercher à s’approcher très près de ce niveau fatidique : juste assez d’impôt pour bien matraquer les riches, mais pas assez pour qu’ils partent tous :

On a un ministre des Affaires Étrangères  belge, il y a quelques semaines le Premier Ministre anglais, le maire de Londres, qui disaient : « Venez mes petits Français, vous paierez moins d’impôt à Londres ou en Belgique. » Il est normal, sain, légitime, que les riches payent beaucoup plus d’impôts – je dis bien beaucoup plus d’impôts – que tout le monde ; ça s’appelle la solidarité nationale. Il y a un moment où à force de vouloir trop les matraquer, eh ben ils sont plus là, et donc on n’a plus de recettes fiscales.

Voilà, faire payer aux riches beaucoup, beaucoup d’impôts – et surtout plus que tout le monde – c’est normal, sain et légitime. Vilain, le riche, vilain ! Il a de toute façon trop d’argent ; et les autres en veulent, de cet argent, alors… C’est la solidarité nationale, soyons généreux avec l’argent des autres. Bon, malheureusement, ils partent ensuite, mais on pourra faire de sacrés festins avec ce qu’on leur aura pris.

D’autres appliquent sélectivement leur haine des riches, comme Marc-Philippe Daubresse (UMP) :

Oui, je pense que Didier Reynders n’a pas tort sur ce sujet-là. Pour autant, il faut aussi trouver… L’équilibre c’est quoi ? C’est qu’il ne faut pas une surcharge fiscale vis-à-vis de ceux qui créent de la richesse, par contre il faut être juste et il faut sanctionner ceux qui vivent de leur rente.

Voilà, sanctionnons ceux qui ont un patrimoine, pas ceux qui en créent un – jusqu’à ce qu’ils changent de catégorie, bien entendu. On retrouve également le syndrome du « You didn’t build that », chacun essayant de bénéficier d’un peu de l’aura du nouveau modèle de collectivisme Barack Obama. Olivier Falorni, RPDP, s’y essaie :

Ben je crois que le patriotisme c’est quelque chose d’important.

– Ça suffit ?

– C’est déjà beaucoup. C’est déjà beaucoup. Et puis, je crois qu’il faut aussi rappeler à ceux qui partent d’où viennent leurs fortunes.

Leurs fortunes viennent du travail acharné des députés, des autres élus et des fonctionnaires, qui paient des impôts qui financeront les salaires du secteur privé ainsi que ses dépenses, ses projets ratés, ses erreurs de jugement et la solidarité qu’il offre au nom de tous, nul n’est censé l’ignorer. Mince, c’est tout l’inverse !

L’inversion des rôles est d’ailleurs un jeu très prisé des députés, notamment de Jérôme Guerj (SRC) :

À l’inverse, je trouve que la politique fiscale de la Belgique contribue à créer une sorte de paradis fiscal au cœur de l’Europe et ce n’est pas ma conception de la solidarité à l’échelle européenne.

Voilà, c’est de la faute des autres pays européens qui ne sont pas lancés dans la plus grande entreprise de spoliation depuis des décennies. Profitons-en, comme Michèle Tabarot (UMP), pour proposer une harmonisation fiscale :

Eh bien il y a à la fois les accords qui peuvent être trouvés avec les pays européens, une harmonisation fiscale, on en parle depuis longtemps : il faut le mettre en application.

Certes, il se trouve des députés pour dire des choses idiotes, et il s’est trouvé des gens pour voter pour eux ; c’est regrettable mais plus surprenant. Pour les surprises, il nous reste le champion toutes catégories de la référence historique honteuse et fallacieuse, qui prend assez peu de recul sur l’histoire pour revendiquer d’avoir été protectionniste avant les autres. Tout y passe : la culpabilité des autres pays européens qui ne s’adonnent pas au joyeux matraquage fiscal à la française, le manque de patriotisme des exilés fiscaux qui sont des « déserteurs » dans le combat mené par les forces molles de la nation contre la liberté, et la taxe sur le droit de vivre dont chaque Français devrait s’acquitter pour l’éternité auprès de son bienveillant seigneur, l’État. L’homme qui voulait mettre Debout La République et qui, si on le laissait faire, mettrait la France à terre et les Français à genoux, Nicolas Dupont-Aignan (DLR) :

Je crois surtout que le dumping fiscal généralisé à l’échelle européenne est mauvais pour tous les pays. […] Vous savez, on ne peut pas inculquer le patriotisme à des déserteurs. Donc s’ils veulent partir, qu’ils partent, mais en revanche, moi je préconise un impôt de nationalité.

L’ensemble de la classe politique peut vous remercier : ses membres passent grâce à vous pour des génies.

Par leur refus de collaborer à un régime qu’ils jugeaient totalitaire, de nombreux Français ont quitté la France à diverses époques, pour défendre un idéal, qu’ils avaient pour eux-mêmes ou pour la France. Aucun n’est à blâmer ; la coercition requise par l’étatisme et le collectivisme, qui vont de pair, ne leur laissait pas d’autre choix s’ils voulaient vivre en conformité avec leurs valeurs – i.e. s’ils voulaient vivre. Souvent, ils ont été accusés, tantôt d’être lâches, tantôt d’être des ennemis.

Vous pourrez m’accuser autant que vous le voudrez de lâcheté ; contrairement aux hommes politiques, je n’ai pas besoin de l’approbation de qui que ce soit. Comme l’a si bien dit Ayn Rand, « Je n’ai besoin ni de justification ni de sanction pour être ce que je suis. Je suis ma propre justification et ma propre sanction. » Et s’il se trouve quelqu’un pour menacer ma liberté, quelqu’un qui prétendrait que je suis né pour le servir, il peut à juste titre me considérer comme son ennemi.

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  1. Etonnant l’attachement à son pays de naissance!
    D’autant plus étonnant que les politiciens, même en prenant le contre-pied de leurs électeurs à chaque référendum, poussent l’Europe en avant.
    Après cela, bon nombre de Français se sentent plus européens que Français; et bien sûr libres de s’installer là où ils veulent en Europe; notamment là où ils se sentent le mieux, aspects financiers inclus.

  2. Article d’une rare débilité, tout a fait incohérent :

    si la dépense publique est une « drogue », comme le dit ce p’tit génie, comment se fait-il que les autres pays européens n’en soient pas atteints ? méthadone ? se pourrait-il que ça ait un lien avec la volonté des gens de vivre dans une société sereine ?

    Cessez de vous foutre de la gueule du monde : s’il y a effectivement du gaspillage (peut on être « accro » au gaspillage ?)
    1/ la démocratie et la lutte contre la corruption ça consiste aussi a rémunérer correctement ses élus, hein…
    2/ dans l’autre sens, les TRES riches (précisons puisque l’auteur de l’article semble dans le flou) ont par contre des comportements notoirement pathologiques d' »amasseurs », mais ça n’a pas l’air de vous émouvoir… (cf. Depardieu lui même : « j’ai tellement de fric que je ne sais plus quoi en faire » … cqfd).
    Être riche, pourquoi pas, mais ce n’est justifiable que si l’argent collecté est réinvesti et réintègre le circuit de l’économie réelle. Sinon c’est de l’argent mort. Imaginez que toute la masse monétaire soit dans les mains d’1 seule personne : comment l’économie globale est-elle sensée tourner ? retour au troc ? figurez vous que ca revient a la mode dans certains pays…

    « Voilà, faire payer aux riches beaucoup, beaucoup d’impôts – et surtout plus que tout le monde – c’est normal, sain et légitime. »
    Ben oui einstein : vous comptez peler les tondus pour financer le budget ? serrer les fesses en attendant que ces quelques très riches investissent ici pour relancer l’économie alors que rien ne les y incite ? et que toute incitation est strictement défendue par l’UE parce que « le protectionnisme c’est le mal absolu et le retour des heures sombres où on mangeait les enfants alors il faut diminuer les salaires (mais surtout pas celui des plus riches) pour redevenir compétitif » ?
    Pour rappel : vous qui pourfendez les références historiques, rappelez vous des assignats : c’est du même ordre (le culte a changé pour celui de la réussite, le surcroit de revenu est bel et bien une obole a ces dieux vivants).

    « Et puis, je crois qu’il faut aussi rappeler à ceux qui partent d’où viennent leurs fortunes.
    =>Leurs fortunes viennent du travail acharné des députés, des autres élus »
    Commentaire complètement crétin de l’auteur… qui n’a visiblement pas compris qu’ici, la personne ne parle évidemment pas des députés etc, mais de la france dans son entièreté … vous savez ce pays où vivent 65 millions de personnes ?
    pour info le patriotisme ne consiste pas a être « sous la botte des élus », mais a être solidaire de vos concitoyens. C’est le sens de la promotion populaire démocratique d’élus, dont la fonction est de défendre les intérêts du peuple, et pas simplement quelques très riches…
    Mais ça fait meilleur genre de taper sur les élus, sinon on passe pour un aristo (« le peuple est trop con »), et Mr Créteur n’a pas envie de ça … Cependant, sachez que ce procédé de substitution paralogique à un nom : la démagogie.
    Vous l’utilisez a plusieurs reprises dans cet article, notamment a propos de Dupont-Aignan, qui fait ici l’objet d’une attaque primaire bassement minable…

    Bref, je pourrais continuer, mais je préfère vous donner un conseil : évitez de dégeuler votre bile haineuse dans vos articles, ca ne vous fait vraiment pas passer pour quelqu’un d’intelligent …
    A bon entendeur (ou plutôt lecteur).

    1. Baptiste CréteurBaptiste Créteur Auteur de l’article

      Les autres pays européens sont atteints, avec des degrés d’addiction divers. Rassurez-vous, si tant est que l’on puisse trouver cela rassurant.

      1) Je n’ai pas l’impression que les rémunérations, pourtant plutôt correctes des élus, aient une quelconque efficacité contre la corruption : http://www.contrepoints.org/2012/12/18/108400-france-une-corruption-de-letat-toujours-plus-banale
      La démocratie, est-ce de laisser tout pouvoir à la majorité ? Ce n’est alors qu’une forme de tyrannie.

      2) Être riche n’est pas « justifiable » par ce qu’on fait de l’argent qu’on amasse, mais par ce qu’on a fait pour l’obtenir. Les riches devenus riches légitimement (c’est-à-dire dans le cadre d’interactions fondées sur le consentement mutuel) ne sont sans doute pas devenus riches en faisant dormir de l’argent. Si tel était le cas, vous pourriez l’être aussi, foncez !

      Toute incitation est défendue par l’UE ? On trouve pourtant beaucoup d’exemples d’incitations, étrange… Si vous êtes dans le flou, une recherche sur Contrepoints ou ailleurs vous renseignera.

      Pourquoi les riches paieraient-ils plus que tout le monde ? L’argent a-t-il une valeur différente selon les individus ?
      http://www.contrepoints.org/2012/06/28/88579-pour-un-impot-plus-simple-plus-plat-plus-juste

      Je ne comprends pas votre point sur « la France dans son entièreté ». L’article dit, sur ce sujet, que le privé nourrit le public, pas l’inverse ; les élus feraient bien de se souvenir que leurs rémunérations (ou indemnités, comme vous voulez) sont financés par les impôts du secteur privé, au risque de mordre la main qui les nourrit.

      Le patriotisme consiste à être solidaire ? Admettons, si vous voulez. Mais en quoi une solidarité forcée vous rend-elle patriote, alors que vous ne faites que la subir ?

      Les élus ont, en France, une fâcheuse tendance à favoriser le capitalisme
      de copinage. Est-ce votre vision de « défendre les intérêts du peuple » ?

      Je ne vois pas où est la substitution dans mon propos. Donner son avis sur les propos des élus ne rend pas démagogue, et il me semble avoir donné quelques arguments. A l’inverse, créer un homme de paille qui défendrait les privilèges des puissants mais ferait tout pour ne pas passer « pour un aristo », si. Vous l’êtes d’ailleurs à plusieurs reprises dans votre commentaire. La paille, la poutre.

      Bref, vous pouvez continuer, mais je préfère vous donner un conseil : « évitez de dégueuler votre bile haineuse » dans vos commentaires, « ça ne vous fait vraiment pas passer pour quelqu’un d’intelligent… »

    2. « Être riche, pourquoi pas, mais ce n’est justifiable que si l’argent collecté est réinvesti »
      Un riche n’a aucun besoin de se justifier. S’il a acquis sa fortune honnêtement, sa fortune lui appartient, et ni vous ni personne n’avez de droit dessus.

      « Sinon c’est de l’argent mort »
      L’argent mort, c’était déjà con du temps de la monnaie or, mais à l’ère des réserves fractionnaires et injections de liquidités par banques centrales, il faut vraiment être complètement ignorant en économie (ou de mauvaise foi) pour utiliser cet argument.

      « Imaginez que toute la masse monétaire soit dans les mains d’1 seule personne : comment l’économie globale est-elle sensée tourner ? »
      Expliquez moi comment cela peut-il arriver alors que les banques peuvent créer de la monnaie à volonté ? Et dans le cas d’une monnaie physique (or ou argent-métal), si une personne s’accapare une partie significative de la monnaie, cela provoque simplement une déflation, parfaitement gérable.
      C’est assez amusant cette idée stupide qui vous sert d’axiome, disant que la monnaie existerait en quantité limitée, et que la monnaie aurait une valeur en elle-même.

      « Ben oui einstein : vous comptez peler les tondus pour financer le budget ? »
      Vous êtes sur un site libéral. Ici la position générale est qu’il faut simplement réduire le budget, et se recentrer sur l’essentiel, qui n’est pas si coûteux. La dépense publique n’est pas une fatalité. Du reste, il est largement reconnu qu’un impôt à taux faible avec une assiette large est plus efficace qu’un impôt à taux fort et à assiette réduite. Les riches ont de l’argent, mais ils sont peu nombreux (et mobiles…). Enfin, pauvre comme riches bénéficient des services de l’état, il est logique que les deux y contribuent. Et il est inique de vouloir faire payer des dépenses, choisies par la masse via le vote, par une minorité de personnes.

       » la personne ne parle évidemment pas des députés etc, mais de la france dans son entièreté … vous savez ce pays où vivent 65 millions de personnes ? »
      1. La fortune de Depardieu ne lui a pas été offerte par les Français, elle a été échangée, contre le visionnage de ses films, qui valaient manifestement cette somme, puisque personne n’a été forcé à aller voir ses films. Vous ne pouvez pas plus réclamer la fortune de Depardieu que nous ne pouvez exiger la maison de votre boulangère ou le camion de votre plombier.
      2. L’argument du député vaut pour tout Français, pas seulement Depardieu. C’est l’argument qui permet de taxer la population de plus en plus lourdement. Et le point que vous avez manqué est que non, ce n’est pas l’état qui fait vivre les citoyens, ce sont les citoyens qui font vivre l’état.
      3. Le député peut prétendre tant qu’il veut parler au nom du peuple. Tant qu’il y a des dupes pour y croire…

      « a être solidaire de vos concitoyens »
      La solidarité n’a de sens que si elle est conscentie. Depardieu ne conscent manifestement pas, il en a parfaitement le droit, légal comme moral. Et je vois mal comment on pourrait lui demander d’être solidaire de gens qui lui crachent à la figure, et qui ne voient en lui qu’un porte monnaie sur patte, bon à piller.

      « Dupont-Aignan, qui fait ici l’objet d’une attaque primaire bassement minable »
      De quelle attaque parlez vous (dans cet article) ? Et vu le contenu de ses propos, qui sont objectivement totalitaires, je ne vois pas comment une critique pourrait être trop dure.

      « évitez de dégeuler votre bile haineuse dans vos articles »
      En fait, vous êtes adepte de l’auto-dérision ?

    3. « La courbe de Laffer semble avoir pénétré les esprits, »

      A tel point que maintenant on trouve des gens persuadés que si l’on réduit le taux d’imposition à presque zéro, alors le produit de l’impot sera beaucoup plus important…

      C’est quoi pour vous le taux d’impot idéal ? alleeeez dites un chiffre ?

  3. Ce qui est gênant avec les étatistes forcenés comme avec les libéraux forcenés, c’est qu’ils finissent par devenir totalement borgnes et érigent en dieu tutélaire qui l’Etat, qui l’individu forcément opprimé par l’Etat… Comme de nombreux auteurs de ce site, l’auteur du présent article fait partie de la seconde catégorie. Ca n’est pas bien grave car il est semble-t-il fort jeune, et l’âge venant on devient – fort heureusement – bien moins pétri de certitudes sur le bien et le mal, et par là bien moins primaire !
    Je veux bien qu’on parle d’harmonisation fiscale au niveau européen, mettons-nous effectivement d’accord sur le fait qu’entre « cousins » de l’UE il est dommage que certains pays sous-fiscalisés « volent » les recettes du cousin, parfois sur-fiscalisé peut-être, vérifions. Je vous quand même imaginer une Suisse ou un Luxembourg, pays que vous admirez peut-être pour leur complaisance envers la fortune fût-elle honnête ou non, revenus aux seules contributions de leurs nationaux, sans l’argent sale de la fraude fiscale ou du crime qui transitent ou s’enracinent dans leur paradis artificiels tolérés par l’Europe (qu’on voit nettement moins bien disposés envers d’autres mauvais élèves souffrant d’autres carences…) Vraiment, font-ils mieux que les Etats interventionnistes comme la France ou l’Europe du Nord à l’ancienne ? Que cela ne nous empêche pas de nous questionner sur l’efficacité de notre dépense publique, mais de grâce ne soyons pas caricaturaux. Puisqu’on parle des mérites fiscaux comparés des Etats, vous avez sans doute entendu parler de tous ces frontaliers qui apprécient d’aller chercher un « gros » salaire en Suisse pour un membre du foyer, tout en conservant un salaire français pour l’autre membre parce que la sécu, la CAF, tout ça, ça coûte cher mais quand même c’est pas mal… Qui mettrait vraiment les Français à genoux ?

    1. « il est dommage que certains pays sous-fiscalisés « volent » les recettes du cousin, parfois sur-fiscalisé peut-être, vérifions. »

      1/ Donc, les individus ne seraient que des recettes pour le « pays », nous ne sommes que des moyens, et l’état la fin…
      2/ l’état serait donc le pays. Vivre dans un pays fait donc de vous un serviteur de l’état…
      3/ le fait de déménager dans un autre pays, c’est le vol commis par le pays de destination…
      4/ le problème n’est donc pas que le pays d’origine augmente ses impôts, mais que le pays de destination ne les augmente pas…
      5/ il n’y a aucune limite de légitimité à l’impôt…

      «Ce qui est gênant avec les étatistes forcenés comme avec les libéraux forcenés, c’est qu’ils finissent par devenir totalement borgnes et érigent en dieu tutélaire qui l’Etat, qui l’individu forcément opprimé par l’Etat…»

      Vu votre argumentation, vous faites, vous, partie des étatistes forcenés.
      Arrêtez donc de vous faire passer pour un modéré, vous ne l’êtes pas !

      « sans l’argent sale de la fraude fiscale ou du crime qui transitent ou s’enracinent dans leur paradis artificiels tolérés par l’Europe»

      Mais bien sur, ces pays se sont développés par la fraude fiscale…
      Voilà les assertions faciles habituelles chez les socialo-putrides.

      «Vraiment, font-ils mieux que les Etats interventionnistes comme la France ou l’Europe du Nord à l’ancienne ?»

      Oui. Quant à l’Europe du nord (et même du sud) à l’ancienne, celle-ci taxait nettement moins.

      « Que cela ne nous empêche pas de nous questionner sur l’efficacité de notre dépense publique, mais de grâce ne soyons pas caricaturaux. »

      Il n’y a aucune caricature, juste une analyse empirique de la nature de l’homme et du pouvoir.

      « vous avez sans doute entendu parler de tous ces frontaliers qui apprécient d’aller chercher un « gros » salaire en Suisse pour un membre du foyer, tout en conservant un salaire français pour l’autre membre parce que la sécu, la CAF, tout ça, ça coûte cher mais quand même c’est pas mal… »

      Et alors ? Ce sont des choix individuels. Certains ont le choix et choisissent la sécu.
      La grande majorité de la population n’a pas le choix.
      Si la sécu, c’est si bien, pourquoi interdire la concurrence ?

      1. Non, les individus ne sont pas des recettes pour l’Etat, pas plus que les individus ne doivent des électrons libres auxquels l’Etat doit simplement garantir la liberté absolue de faire tout ce qui leur semble bon sans imposer aucune contrainte. Rassurez-vous, j’ai été libéral, assez primaire sans doute, mais il faut aussi pouvoir s’extraire d’une vision à sens unique, ça permet de changer de point de vue assez radicalement. Pour autant, je ne suis pas devenu étatiste, interventionniste, si. Dans le sens où seul l’Etat a la légitimité de garantir les conditions nécessaires à l’intérêt commun, que ce soit contre l’Etat lui-même, contre les individualités, les communautarismes ou les lobbies économiques. Je vous accorde qu’il n’y parvient pas toujours. Mais il aura toujours un net avantage sur les agents économiques, c’est que les institutions qui nous gouvernent émanent de l’ensemble des citoyens tandis que les conseils d’administrations des grandes entreprises…

    2. Baptiste CréteurBaptiste Créteur Auteur de l’article

      Les certitudes sur le bien et le mal, n’est-ce pas là ce qu’on appelle plus communément des principes ?

      Comment pouvez-vous affirmer que des pays sont sous-fiscalisés ou sur-fiscalisés ? Si vous le pouvez, laissez les autres avoir leur propre jugement et, s’ils le souhaitent, agir en conséquence.

      Questionnons-nous, avant toute réflexion sur l’efficacité de la dépense publique, sur sa légitimité…

      Vous semblez dire que considérer l’individu comme son seul souverain propre est une erreur. J’aimerais beaucoup avoir votre point de vue.

      1. Il est en effet difficile d’affirmer de telles choses puisque sur et sous impliquent des notions toutes relatives. Néanmoins, il n’y a pas besoin de pousser trop loin l’analyse pour constater que des pays parfois présentés comme des modèles, du type Luxembourg, Dubaï, que sais-je encore, « pompent » des ressources qui de frontaliers, qui d’exilés fiscaux (on peut choisir le vocable que l’on souhaite), qui d’immigrés surexploités. En ce sens, on pourrait définir comme pays « normalement » fiscalisé, celui qui à partir des ressources de ses propres nationaux parvient à fournir à ceux-ci un niveau d’équipement et de sécurité communs jugés corrects. Encore ici, il s’agit de notions relatives, qu’il appartient aux citoyens d’estimer !
        J’ai effectivement tendance à considérer, au point où j’en suis de ma réflexion et de mon expérience personnelle, que considérer l’individu comme seul souverain propre est une erreur. En effet, il ne semble pas très probant que l’abandon progressif de toute transcendance (Nation, Dieu, société, communauté, etc.) produise dans les sociétés occidentales un état de bonheur généralisé, je pencherais plutôt pour une déprime latente sur fond de dégradation du cadre de vie. Pour autant, on peut mettre collectivement un coup de barre dans l’autre sens sans tomber dans l’excès inverse de l’individu réduit à simple composante passive d’un collectif qui le broie

        1. Baptiste CréteurBaptiste Créteur Auteur de l’article

          Le relativisme dont vous faites preuve est dangereux. En refusant de considérer qu’une chose puisse être un absolu, vous remettez en question toute connaissance et en finissez par considérez que l’individu doit être souverain, mais pas trop, sans savoir qui serait son autre souverain.
          A la merci de qui l’homme doit-il se trouver ? Du nombre ? Du clergé ? Du souverain ?

    3. Lol ! Bonjour les préjugés sur la Suisse…

      Renseignez-vous avant d’écrire ! C’est un pays qui en bcq à remontrer à la France aussi bien en matière de démocratie, de politique industrielle, universitaire et j’en passe..

      1. Je n’irais jamais contester que nous avons à nous inspirer de la démocratie suisse, en particulier concernant le référendum d’initiative citoyenne qui me semble un formidable outil pour éviter que les citoyens ne s’endorment et deviennent de simples moutons consommateurs ! Pour autant, son statut de parasite fiscal (certains emploient le terme paradis) ou son secret bancaire ne m’incitent pas à admirer son modèle

  4. Et maintenant la confiscation et la déchéance de la nationalité!
    Enfin, ce n’est que le retour au source du socialisme…
    La « route de la servitude » en action…le national socialisme et le socialisme unient contre la société ouverte ou plurielle.

  5. Condescendance, Xénophobie, Déni des droits naturels (Liberté, Propriété), Attaques personelles, Pauvreté terrible des raisonnements économiques (L’argent qui dort!)… nous avons là du national-socialisme 5 étoiles!

    1. F. Bastiat: nous avons là du national-socialisme 5 étoiles! »

      Oui, « Il est de retour et il n’est pas content »

      Le socialisme des petits oiseaux gentils arrive au bout de l’argent des autres et avec la haine et la frustration revient ce nationalisme qui lui va si bien au teint.

  6.  » L’homme qui voulait mettre Debout La République et qui, si on le laissait faire, mettrait la France à terre et les Français à genoux, Nicolas Dupont-Aignan (DLR)  »

    Celle-la je la note quelque part, elle est excellente!

  7. Bonjour,
    Je partage votre analyse de la situation actuelle en France,hélas nous sommes peu nombreux !
    quant à mettre Debout la Republique je pense que son représentant s’est déshonoré dans son commentaire sur le départ de G. Depardieu sur la Belgique.
    D’ailleurs, quand dans un pays l’on parle d’exil fiscal celà devient inquiétant…celà implique la nécessité de se réfugier…celà devient grave en France…