« Le diable dans la démocratie » de Ryszard Legutko (1)

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« Le diable dans la démocratie » de Ryszard Legutko (1)

Publié le 29 août 2021
- A +

Par Johan Rivalland.

Ryszard Legutko est ancien ministre de l’Éducation de Pologne et député européen. Mais il est surtout l’ancien éditeur de la revue philosophique clandestine Solidarity, éditée du temps de l’URSS.

C’est en observateur avisé qu’il a pu constater avec stupéfaction comment les anciens communistes sont parvenus à beaucoup mieux s’adapter que les dissidents et anticommunistes aux régimes démocratiques libéraux fondés en Europe de l’Est après la Chute du Mur de Berlin en 1989… Avec la complicité passive des institutions privées et publiques de l’Europe de l’Ouest.

Une découverte stupéfiante, malgré la supériorité que conserve cependant à ses yeux la démocratie libérale en tant que telle par rapport aux autres formes de régimes, qui a été surtout l’objet de profondes dérives au cours des dernières décennies. Et c’est en en étudiant de manière approfondie les mécanismes particuliers qu’il met en lumière à travers cet ouvrage les causes et symptômes fondamentaux qui en sont responsables.

« Pour faire court, comme le marxisme d’antan, la démocratie libérale devient une idéologie globalisante qui, derrière le voile de la tolérance, ne tolère pas la moindre opinion contraire », résume John O’Sullivan, éditeur à la National Review et vice-président de Radio Europe/Radio Liberty dans la préface.

Les points communs entre communisme et démocratie libérale

Les similarités entre communisme et démocratie libérale n’ont germé que progressivement dans l’esprit de Ryszard Legutko. Et c’est dès les années 1970, à l’occasion de son premier voyage hors de la Pologne que la relative conciliation et empathie à l’égard du communisme éprouvée en Occident l’a frappé, là où il se serait attendu à une vigoureuse condamnation.

Mais il a fallu attendre 1989 pour qu’il parvienne à prendre réellement conscience que la vague intuition qu’il eut alors était juste : ce sont quelques principes et idéaux communs qui peuvent venir expliquer en bonne partie ce lien de cousinage et la conversion rapide des anciens communistes tandis que les anticommunistes se trouvaient paradoxalement stigmatisés et considérés comme une menace, subissant de violentes attaques.

Le communisme et la démocratie libérale sont apparus comme constituant des entités amalgamant l’ensemble de la société et objurguant leurs partisans à penser, agir, analyser les événements, parler ou rêver de la bonne manière. Les deux régimes disposaient de leurs propres orthodoxies et de leurs modèles de citoyen idéal.

La vision de l’Histoire

La première de ces similarités porte sur la vision du sens de l’Histoire, qui évoluerait forcément vers le progrès.

À l’historicisme marxien – qui ne peut mener qu’à la violence politique selon Karl Popper – répondent comme en échos les idéaux du libéralisme d’une part et de la démocratie d’autre part, selon l’auteur, qui s’envisagent également en tant qu’horizon de progrès dans une perspective historique. Dans les deux cas, selon lui, qui tente de s’opposer d’une manière ou d’une autre à cette vision et à cette évolution jugée inéluctable est apparenté à un ennemi du progrès.

Le parallèle ainsi établi (Ryszard cite des penseurs comme Adam Smith, Emmanuel Kant ou Frédéric Bastiat) me paraît cependant injuste et incorrect.

Injuste dans la mesure où la pensée libérale n’est pas un constructivisme, contrairement au marxisme, et ne procède pas d’une volonté d’imposer les choses de manière autoritaire. Et incorrect dans la mesure où la philosophie libérale ne présente pas du tout la liberté comme une fin en soi, ni la paix perpétuelle (Emmanuel Kant) comme une finalité indépassable ou une sorte de fin de l’histoire mettant un terme définitif aux tyrannies.

Hélas, je ne crois pas en un tel optimisme et irréalisme quant aux mauvais penchants de la nature humaine. Ce qui n’empêche pas de souhaiter ardemment que les principes de liberté puissent être envisagés comme un moyen particulièrement efficace d’atteindre les plus grands desseins humains.

Bien que l’approche de l’auteur soit passionnante, j’éprouve d’autres points de désaccord : les auteurs libéraux ne croient pas en un unilatéralisme de l’histoire, ni en l’espoir que « des dirigeants éclairés ou des élites » seraient susceptibles de nous mener à une société meilleure.

Non seulement ils ne croient pas en une « marche de l’histoire », mais il me semble que la tolérance fait bien partie de l’esprit libéral. En aucun cas des libéraux estimeraient que les pays d’Europe de l’Est sont « en retard », ni ne renient la volonté de certains de défendre par exemple la famille traditionnelle ou d’autres valeurs, le libéralisme consistant justement en la liberté laissée à chacun de vivre selon les principes qui ont sa préférence. Et en aucun cas d’authentiques esprits libéraux ne préconiseront de quelconques interventions législatives de la part d’un État dans l’intention d’imposer certains principes.

Dogme du progrès et despotisme démocratique

Il est à noter cependant que l’auteur distingue bien clairement libéraux, démocrates et démocrates libéraux. Ce qui n’est, en effet, pas la même chose et explique bien des divergences fondamentales. Dans de nombreux domaines évoqués par l’auteur (école, éducation, art, etc.), des libéraux ne renieraient pas les constats d’échec et les perversions engendrées par une certaine démocratie libérale.

En outre, une fois que nous reconnaissons – et les démocrates libéraux le font généralement – que le progrès a été rendu possible par la quête humaine de la créativité, de l’inventivité, du pouvoir de l’imagination et de la liberté de penser – qualités qui ont souvent changé au cours de l’histoire – pourquoi devrions-nous tout d’un coup accepter l’idée complaisante que ces mêmes qualités ne pourraient pas nous mener au-delà de l’horizon démocrate libéral ?

[…]

De nos jours, nous observons chez ceux-là mêmes qui ont si facilement succombé à la tentation totalitaire un rejet furieux de la moindre critique, une acceptation négligente de toutes les tares du système, une manière de réduire les opinions dissidentes au silence, un soutien absolu en faveur du monopole de leur idéologie dans un système politique. Cette idolâtrie de la démocratie libérale fait partie de la même maladie qui contamine facilement les intellectuels et les artistes.

C’est ainsi que les mêmes excès d’enthousiasme et d’adhésion sans modération observables en faveur successivement du communisme, du fascisme, puis du national-socialisme et du socialisme, sont également à l’œuvre lorsqu’il s’agit de la démocratie libérale. Avec la même idée de progrès, de transformation du monde et d’indignation à l’encontre de toute personne pouvant aller à l’encontre de ce processus, vouant les traditions et tout ce qui peut représenter le passé aux gémonies.

Car, plutôt que de s’en tenir au parlementarisme, au système multipartite et à l’État de droit, le système est devenu dogmatique, visant la transformation de la société et de la nature humaine, cherchant à « influencer la vie dans ses moindres aspects ». Ce qui n’est pas sans rappeler les mises en garde prémonitoires d’Alexis de Tocqueville au sujet du despotisme démocratique.

Le système multipartite a perdu graduellement son caractère pluraliste, le parlementarisme est devenu un vecteur de la tyrannie aux mains d’une majorité idéologiquement constituée, et l’état de droit évolue vers l’arbitraire juridique.

Selon Ryszard Legutko, le mal profond provenant surtout de ce qu’aux valeurs anciennes et millénaires, comme la dignité, on a voulu substituer un culte au confort, à l’utilité, au plaisir et à la gratification immédiate. Aboutissant à des formes de vulgarité et de superficialité qui ont grandement réduit les aspirations humaines. L’égalité est devenue la valeur suprême, tandis que des valeurs jugées plus aristocratiques se trouvaient rejetées, le commun et le médiocre remplaçant des aspirations plus hautes, jugées moins attrayantes, ceci faisant partie de ce qui devenait – sans autre forme de débat – un simple « droit ».

La croyance en le caractère inéluctable du progrès de l’histoire provient des Lumières, dont les dogmes sont encore davantage crus par les démocrates libéraux que les socialistes, selon l’auteur.

Le démocrate libéral se sent privilégié et heureux d’être différent des pauvres imbéciles, des bons à rien qui n’ont pas réussi à accepter ce qui est pourtant évident. L’ensemble de ces facteurs pris ensemble le renforcent dans sa croyance que si le monde doit survivre et se développer, il devra aller dans une seule et unique direction – la sienne.

[…]

Comme charmés par de puissants, mais invisibles magiciens politiques, Les Européens de l’Est succombèrent immédiatement à ce qu’ils considéraient comme l’impératif du développement historique de la civilisation occidentale. L’attitude requise d’une nation nouvellement libérée n’était pas là créativité, mais le conformisme.

Une utopie

Ryszard Legutko dresse ensuite un parallèle intéressant entre l’expérience qu’il a connue dans le monde communiste puis, après la chute de celui-ci, dans le monde occidental actuel, pour montrer en quoi les deux systèmes poursuivent de la même manière un idéal qui, dans chacun des deux cas, ne conçoit aucune alternative à son aboutissement. Combinant dans chacun des deux cas langages de la moralité et de la politique.

Il n’existe pas de sujets, même triviaux, que le démocrate libéral pourrait évoquer ou discuter sans mentionner la liberté, la discrimination, l’égalité, les droits de l’Homme, l’émancipation, l’autoritarisme et d’autres notions afférentes. Aucun autre langage n’est utilisé ni accepté.

Comme si la démocratie libérale seule pouvait être la représentante de la liberté. Ce qui est faux, montre l’auteur, qui rappelle comment notre civilisation occidentale s’est fondée de manière concrète, à travers des institutions, des pratiques sociales, des habitudes mentales, entre autres.

Il est difficile d’imaginer la liberté sans la philosophie classique et l’héritage de l’Antiquité, sans la chrétienté et la scolastique, sans les différentes traditions de la philosophie du droit et sans pratiques sociales et politiques, sans le républicanisme ancien et moderne, sans anthropologie puissante et sans une éthique des vertus et des devoirs, sans le conservatisme anglo-saxon et continental et sans d’autres nombreux composants de la civilisation occidentale.

Quant à la démocratie, malgré les défauts qui lui sont inhérents et ont toujours été reconnus par tous les plus grands esprits depuis l’Antiquité, elle continue d’être vénérée au-delà de toute raison, rejetant toute forme de contestation ou même de simple spéculation intellectuelle. Ce qui définit bien l’utopie dans son sens originel.

Le remède à ses faiblesses consisterait à administrer encore plus de démocratie. Mais imagine-t-on affirmer que pour gommer les manquements d’une oligarchie il faudrait encore renforcer l’oligarchie ? demande l’auteur à juste titre. Ou que pour remédier aux défauts d’une tyrannie il conviendrait d’approfondir la tyrannie ? Un raisonnement absurde qui ne tient qu’à cette adulation excessive qui relève bien de l’utopie.

En réalité, nous dit Ryszard Legutko, les penseurs de l’Antiquité avaient déjà déterminé une solution possible aux défauts respectifs des trois grands types de systèmes (monarchie, oligarchie, démocratie) : opérer des combinaisons des trois. Les avantages des uns neutralisant ainsi les désavantages des autres.

Nous aurions alors, par exemple, une représentativité démocratique, mais en même temps des institutions aristocrato-oligarchiques qui préserveraient une forme d’élitisme ainsi qu’un certain type de monarchie garantissant l’efficacité de la gouvernance. Une telle combinaison reposait sur l’habileté des politiciens et sur le caractère d’une société précise et pouvait aboutir à la production d’une grande variété de formes politiques hybrides. Lorsque Cicéron mentionna ce régime mixte, il employa le nom de res publica. Ce fut le début d’une tradition républicaine très importante dans la civilisation occidentale.

[…]

Même le système américain, qui est considéré aujourd’hui comme une incarnation exemplaire de la démocratie représentative, fut échafaudé comme une construction hybride. Certains des Pères fondateurs y voyaient comme un enjeu majeur de la réduction de l’influence du demos afin de garantir à l’élément aristocratique un rôle important, puisqu’il demeurait de sa responsabilité de propager et de défendre les vertus politiques et éthiques. Tocqueville souleva le même problème, qui était pour lui encore plus pressant dans la mesure où il voyait l’émergence de la démocratie comme irrésistible. Dans les temps nouveaux qui venaient, il était de la plus haute importance d’injecter une forme d’esprit aristocratique dans une société plus égalitaire.

[…]

En tout cas, avant qu’il ne disparaisse pour céder la place à l’idolâtrie de la démocratie, le concept de système hybride connu sous le terme de régime mixte avait joué un rôle créatif dans la pensée politique et la pratique, et avait empêché bien des politiciens de sombrer dans l’utopisme.

[…]

Les politiciens sont parfois réticents à utiliser le mot « république » que l’on tend à associer avec une forme d’étatisme répressif. On préfère le terme de « démocratie » qu’on nous a appris à relier avec la liberté, l’ouverture et la diversité. Ces associations sont bien sûr fausses, dans la mesure où une république offre une diversité interne bien supérieure à celle que l’on peut trouver dans la démocratie libérale car elle incorpore des institutions non démocratiques (par exemple d’inspiration monarchique ou aristocratique) tout en complaisant aux sensibilités non démocratiques. La démocratie libérale est plus restrictive, car fortement corrélée à des principes égalitaristes qui sont à tort conçus comme générant de la diversité.

Les démocrates libéraux ont ainsi l’illusion qu’ils contribuent à la diversité là où au contraire ils se comportent de manière monolithique en cherchant à imposer leurs idées au monde, enfermant le monde qui les entoure dans une uniformité de plus en plus rigide et ne souffrant pas la moindre critique.

Fin de ce premier volet. Pour des raisons de longueur (liées à l’importance et à la richesse de cet ouvrage), nous présenterons deux autres volets. Le prochain portera notamment sur les dérives de la démocratie libérale.

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  • Le salut est en effet dans l’aristocratie libérale, un concept rationnel mais difficile à vendre dans notre univers de médiocritude.

    • Jerémy Lapurée
      29 août 2021 at 10 h 27 min

      Merci bien mais non merci. L’aristocratie, nous l’avons déjà, avec nos gouvernements des experts, un genre de despotisme éclairé.
      Nos démocraties libérales sont imparfaites (enfin certaines plus que d’autres) mais pour y remédier je suis preneur de plus de démocratie (avec de gros morceaux de démocratie directe, par ex, comme en Suisse avec les votations) et plus de libéralisme (cad moins d’interventionnisme d’Etat).
      Pour moi, ces gens qui font la fine bouche devant nos démocraties en se proposant de jeter le bébé avec l’eau du bain, ou qui trouvent des défauts aux Lumières ne méritent pas le qualificatif de libéral.
      Quant à trouver de fortes similitudes entre la démocratie libérale et le communisme, voilà qui mérite bien un point Orwell ! La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage… Toujours sidéré qu’on puisse accorder le moindre crédit à un tel fatras d’âneries !

      • « L’aristocratie, nous l’avons déjà »

        « aristo » au sens premier ne désigne ni les mieux-nés ni les plus bavards ni l’élite auto-proclamée mais les plus aptes tels que les sélectionne une saine compétition. C’est ce que nous n’avons pas et que nous aurions automatiquement dans un régime libéral.

        • Effectivement, l’aristocratie est basée sur le mérite et le savoir faire. Aujourd’hui nous sommes dans une oligarchie, avec une reproduction sociale d’incapables. Pour le coup c’est une aristocratie inversée

          Il est d’ailleurs dommage qu’on ait à ce point banni toute valeur aristocratique. Même dans le secteur professionnel on attaché davantage d’importance au diplôme qu’au savoir faire (du moins en France)

        • Jerémy Lapurée
          30 août 2021 at 9 h 28 min

          1. Bon courage pour redonner au terme « aristocratie » son lustre grec plus de 200 ans (depuis 1789 précisément) après sa réduction à la noblesse hors-sol dont on a coupé les ailes sinon la tête…

          2. Votre automaticité entre libéralisme et aristocratie ne va pas de soi et, pire elle suppose, peu ou prou, une mise à l’écart des principes démocratiques. Qu’on puisse défendre un libéralisme sans la démocratie me paraît excessivement suicidaire.

          3. Et, grands dieux, les plus « aptes » à quoi ? !

  • Il me semble que la France de De Gaulle ressemblait assez bien au modèle défendu par Legutko, plutôt qu’à une démocratie libérale. Les dérives sont pourtant du même ordre voire pires ! Certains diront que le socialisme est la cause, ce qui est vrai pour certains aspects civilisationnels mais il n’explique pas tout. Le modèle Legutko ne me semble pas une bonne réponse en toutes circonstances. Pour faire vite, les dérives s’installent toujours, quelle que soit l’organisation, lorsque sa résilience devient insuffisante. Il faut, parfois, faire un pas en arrière, si ce pas autorise ensuite deux ou trois pas en avant. Les affaires humaines sont rarement de progression linéaire comme on suit un idéal.

  • Nos démocraties libérales représentatives ne sont ni des démocraties, le pouvoir appartenant au peuple, ni libérales puisque les divergences d’opinions sont bannies. La cancel culture succédant à l’inquisition! En fait ce sont des régimes oligarchiques, une élite soi-disant éclairée faisant littéralement ce qu’elle veut, pour se remplir les poches, le cas des champs d’éoliennes en étant le plus bel exemple. La situation économique de nombre de pays occidentaux démontre l’incompétence et l’incapacité de cette élite qui méprise les déplorables comme l’a si bien dit Hillary Clinton. Les gens instruits ne sont pas pour autant intelligents quoi qu’on en pense. Macron et sa bande de clowns démontrent cela tous les jours!

  • La preuve que communisme ou autre idéologie n’ont qu’un but : prendre la place !!! c’est hôte toi de là que je m’y mette !! et c’est réversible ce qui est inattendu !!!!

  • Merci beaucoup pour cette chronique, vous m’avez donné envie de le lire

    Pour réagir à cela :
    « les penseurs de l’Antiquité avaient déjà déterminé une solution possible aux défauts respectifs des trois grands types de systèmes (monarchie, oligarchie, démocratie) : opérer des combinaisons des trois. Les avantages des uns neutralisant ainsi les désavantages des autres »

    De mémoire c’est la conclusion à laquelle parvenait Bernard Manin dans son ouvrage sur la démocratie représentative, après avoir analysé le fonctionnement de l’Angleterre si je me souviens bien

  • Intéressant, mais il me semble que la discussion est difficile, voire viciée, dès le départ par l’absence d’une définition claire des termes employés. Par ex, on qualifie nos pays de « démocraties libérales » alors qu’elles ne sont pas du tout « libérales » au sens du libéralisme comme philosophie. En fait la gouvernance de nos pays est déjà un douteux mélange, et on ne peut certainement pas qualifier d’aristocratie les « zélites » au pouvoir. Ce qui est clair, c’est que la bien-pensance « politically correct » est une forme sournoise de carcan imposé à la liberté de pensée et d’expression qui, hormis la violence, n’a rien à envier à la propagande des pays communistes totalitaires.

  • Le problème est que « démocratie » signifie « pouvoir du peuple » et que la démocratie représentative est à la démocratie ce que la prostitution est à l’amour.
    De fait, en France « le peuple » a voté très exactement zéro article de loi sur les 98’000 existant, il a zéro pouvoir.
    C’est une minorité très mal élue et très mal aimée qui le détient et ça fait 40 ans que des sondages démontrent que le peuple a bien d’autres aspirations que celles de la bureaucratie soviétoïde malgré un lavage de cerveau record.
    .
    En Suisse le peuple a voté 700 fois en 30 ans sur les lois fiscale et autres, le peuple suisse a le pouvoir et la démocratie, la vraie, ça marche ! (Certains pays du nord sont aussi de mauvaise démocratie, mais leurs représentants ne sont pas des marxo-jacobins complètement perdus dans leur prétendue supériorité intellectuelle).
    .
    La première question de l’article aurait dû être: « sommes nous en démocratie ? » et la deuxième « sommes nous un pays libéral ? ». La réponse est évidemment « non » aux deux questions.
    Le socialisme est par contre cruellement réel.

  • Excellent ouvrage ! Très éclairant quant a la véritable nature de l’union Européenne soi disant libérale

  • Le titre de l’ouvrage est alléchant, ce qui en est reporté ici par Johan Rivalland plutôt décevant. La démocratie politique libérale peut être définie comme un système dans lequel législateurs et dirigeants sont élus, leur pouvoir étant théoriquement borné par une constitution. Comme le confirme la réaction totalitaire de la plupart des gouvernements des démocraties dites libérales dans le monde, la démocratie politique libérale est un mythe. Aucun de ces gouvernements n’aurait pu imposer aussi vite une telle quantité de mesures liberticides si le terrain n’avait été préparé de longue date par l’extension continue du socialisme, permise et encouragée par la démocratie représentative, système dans lequel la compétition pour le pouvoir étant théoriquement ouverte à tous, ce sont les pires qui y parviennent, sur la base de promesses démagogiques visant généralement à donner aux uns ce qu’on aura extorqué aux autres par la force, tout en se servant largement au passage bien entendu. La démocratie directe (toute loi, sans exception, devant être votée par référendum) serait déjà un progrès. Subsisteraient néanmoins plusieurs problèmes :
    1) comment empêcher qu’une majorité s’entende pour asservir une minorité ?
    2) comment garantir que la justice interprète et applique correctement les lois votées ?
    3) comment garantir que l’exécutif s’applique à faire respecter les décisions de justice ?
    4) comment garantir l’indépendance de la justice et de l’exécutif ?
    Ces questions n’ont pas de réponse, à la connaissance.
    En fait, la seule vraie démocratie libérale, pouvoir du peuple pour le peuple, c’est le marché libre, système dans lequel chaque individu composant le peuple a le pouvoir sur toutes les affaires qui le concerne (et rien qu’elles) et s’abstient d’imposer aux autres sa volonté par la force. A mon avis, seule une société basée sur ces principes mériterait le qualificatif de démocratie libérale.

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