Éoliennes : une énergie illégitime

Eoliennes à Longeville sur Mer Vendée BY FredArt (CC BY-NC-ND 2.0) — FredArt , CC-BY

Le recours à l’énergie éolienne est présenté comme l’une des solutions miracle pour décarboner le mix énergétique français mais cela est faux économiquement et intellectuellement.

Par Florent Ly-Machabert, pour Action Écologie1.

Avec près de 30 milliards d’euros dédiés à la transition écologique, l’actuel plan de relance gouvernemental fait l’objet d’un puissant mais pas irrésistible matraquage politique et médiatique en faveur des énergies dites vertes puissant.

De très nombreux faits, presque totalement privés de couverture médiatique, invalident le dogme de la nouvelle religion de l’écologie politique, qui n’est ni authentique, c’est-à-dire enracinée dans nos territoires, nos traditions et nos paysages, ni respectueuse du principe de subsidiarité, le seul à avoir fait la preuve de son efficacité en matière environnementale.

En démontrant rigoureusement combien le recours à l’énergie éolienne, présenté comme l’une des solutions miracle pour décarboner le mix énergétique français, relève purement et simplement de l’escroquerie, tant intellectuelle qu’économique, nous souhaitons éviter à la France, qui a prévu de doubler le nombre d’éoliennes d’ici 2028, et à l’Union européenne, dont le Green New Deal prévoit de multiplier l’éolien en mer par 25, de s’engouffrer dans une voie sans issue, dont l’inefficacité énergétique, qui rivalise avec l’opacité de son financement, fonde un véritable procès en illégitimité.

Éoliennes : un désastre en puissance

D’une part, bien que toujours présentée comme propre, l’énergie éolienne a tout d’un désastre écologique en puissance.

En effet, cette énergie a d’abord un mauvais bilan carbone dès que l’on considère l’intégralité de son cycle de vie :

  • la construction des éoliennes – surtout offshores – requiert des terres rares, dont la Chine détient plus du tiers des réserves, ce qui confère à Pékin un quasi monopole de la production mondiale d’éoliennes, soit 80 %, et un indéniable avantage géopolitique ;
  • l’intermittence de leur fonctionnement (20 à 35 % de sa capacité totale pour un taux d’émission de gaz à effet de serre de l’éolien en mer inférieur de seulement 8 % à celui du nucléaire) doit être compensée par le recours à des énergies fossiles polluantes, comme les centrales thermiques à charbon ou au gaz naturel, comme en Allemagne où l’éolien représente un cinquième de la production ;
  • leur démantèlement, la plupart du temps à la charge des propriétaires du foncier sur lequel elles ont été installées, au terme de 22 ans d’exploitation en moyenne, se heurte à la difficulté du recyclage des pales qu’on finit par couper, empiler et enfouir, comme au Wyoming, sans compter les 600 à 800 tonnes de béton qui artificialisent définitivement environ 100 m² de sol par éolienne !

Par ailleurs, au sens de l’écologie intégrale chère au pape François, les éoliennes ont d’importantes externalités négatives, tant sur la faune que sur la population :

  • l’énergie éolienne génère ainsi une pollution sonore néfaste pour la faune océanique lors des phases de construction des parcs en mer et la qualité de vie des riverains. Elle cause annuellement en France la mort d’environ 250 000 chauve-souris et 56 000 oiseaux ;
  • les champs électromagnétiques causeraient également des dégâts sur le bétail, sans compter la pollution visuelle du fait de structures toujours plus hautes (jusqu’à 155 mètres en bout de pale sur terre et 260 mètres en mer) pour capter des vents plus faibles, contribuant à un double mitage aérien et terrestre, trois régions françaises concentrant à elles seules les deux tiers des mâts du pays.

L’éolien est un gouffre financier

D’autre part, au-delà de sa contreproductivité qui fait de lui une énergie inefficace, l’éolien est un gouffre financier, non seulement pour le contribuable mais également pour des pans entiers de l’économie nationale dont il menace la pérennité.

En effet, au pays de la dépense et de la dette publiques, ne soyons pas surpris de découvrir que l’énergie éolienne est dépendante des subventions publiques, ce qui est l’indice, dans une économie de marché, d’une allocation du capital totalement inefficace.

Le prix d’achat de l’électricité éolienne est régulé, c’est-à-dire garanti par l’État, lequel s’engage à compenser les pertes d’EDF (5 milliards d’euros en 2013) que le paiement par le consommateur final de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE) ne suffit pas à combler, dans un contexte où la fiscalité verte, pourtant source d’instabilité sociale comme l’a illustré la crise des Gilets jaunes, s’alourdit fortement depuis 2012.

Il est à noter qu’il faut en moyenne 6000 contribuables pour subventionner l’installation d’un seul mât ; à raison de 125 000 mâts pour remplacer l’ensemble de notre parc nucléaire (sans résoudre au passage le problème de l’intermittence), la France doit donc trouver… 750 millions de contribuables !

Cerise sur le gâteau : la Cour des comptes souligne dans un rapport publié en 2018 que les appels d’offre ayant conduit à l’implantation des parcs éoliens en France n’ont pas été assez concurrentiels, ce qui – doux euphémisme – laisse planer le doute quant aux conditions de leur attribution. Mais n’accablons pas trop l’énergie d’avenir de notre pays…

Menace sur terre et sur mer

Enfin, l’éolien menace des secteurs d’activité entiers, à l’instar de la pêche et du tourisme : l’installation d’éoliennes en mer est ainsi réputée restreindre les zones de pêche et faire fuir les bancs de poisson, tandis que l’éolien terrestre amoindrit l’attractivité touristique dans un rayon de 10 à 20 km autour des territoires d’implantation, avec un effet répulsif sensible sur les réservations d’hébergements touristiques de l’ordre de 95 à 97 % dans un rayon de moins de 10 km autour des parcs d’éoliennes.

Pire encore : malgré un taux de recours administratifs de 70 %, certains grands sites naturels ou paysages traditionnels, comme ceux de La Sainte-Beaume près de Marseille, se trouvent à jamais défigurés par les mâts, sans compter que selon une étude de la LSE, les éoliennes entraînent une réduction de la valeur des biens immobiliers de 5 à 6 % dans un rayon de 2 km. Encore un coût caché pour le contribuable !

Le bilan de l’énergie éolienne ne résiste donc pas à une analyse factuelle et se révèle très largement négatif : au cœur d’une incontestable crise d’efficacité énergétique qu’aucune caractéristique de son cycle de vie, saturé d’externalités négatives, ne vient compenser, l’éolien, pourtant symbole médiatique et politique du durable, du vert et du renouvelable, n’est pas non plus rentable économiquement.

Il dépend en effet intégralement des transferts du régulateur et des taxes croissantes payées par le contribuable, tout à la fois vache-à-lait et victime de la pollution sonore et visuelle des mâts, qui ne contribuent, pour leur part, qu’à miter les territoires et désagréger des pans économiques entiers.

Chère et inefficace, l’énergie éolienne est donc parfaitement illégitime. En bon Français, on appelle cela une escroquerie, dans tous les sens du terme.

  1. Lancée fin 2020, l’association Action Écologie rassemble plus de 10 000 sympathisants. Elle a pour ambition « de défendre une écologie respectueuse des nos libertés, nos traditions et nos paysages »
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