La croisade climatique du Pape François

Le message papal met une nouvelle fois en lumière l’amalgame entre d’une part le débat sur le réchauffement climatique et d’autre part la lutte contre la pollution.

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Pape François Credit Catho Alsace (Creative Commons)

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La croisade climatique du Pape François

Publié le 14 septembre 2019
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Par Jo Moreau.

Une nouvelle fois, le Très Saint Père s’est exprimé sur le climat. Déjà en 2015, son encyclique « Laudato Si » consacrée à « la sauvegarde de la maison commune » par la promotion d’une « écologie intégrale », montrait son ralliement inconditionnel aux thèses et recommandations prônées par le GIEC. Elle impliquait la responsabilité humaine dans les dérèglements climatiques et la détérioration du milieu naturel, et ce en opposition avec la volonté divine.

Cette encyclique avait inspiré au regretté professeur Istvan Marko, une « Lettre ouverte au Pape ». Celle-ci mettait en lumière le fait que la mise en application des recommandations initiées par le GIEC et défendues par Sa Sainteté frappera prioritairement et durement les populations pauvres à travers le monde.

Le 1er septembre 2019, le Souverain Pontife remet cela dans un « message à l’occasion de la journée mondiale de prière pour les soins de la création ». Cette nouvelle implication du Vatican auréolant une hypothèse scientifique d’un voile spirituel débouchera-t-elle dans un futur proche à la condamnation des hérétiques climatiques par l’Église, comme cela est déjà le cas dans la société civile ?

Que trouvons-nous dans ce message, rappel de « l’écologie intégrale » prônée par l’encyclique de 2015 ?

[…] Tout est cher aux yeux de Dieu, qui offre la création aux hommes et aux femmes comme un cadeau précieux à préserver. […] La détérioration (de l’environnement) s’est accentuée au cours des dernières décennies : la pollution constante, l’utilisation continue de combustibles fossiles, l’exploitation agricole intensive et la déforestation font monter les températures mondiales au-dessus des niveaux inoffensifs. L’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes et la désertification des sols causent d’énormes difficultés aux plus vulnérables d’entre nous. La fonte des glaciers, la rareté de l’eau, la négligence des bassins hydrographiques et la présence considérable de plastique et de microplastiques dans les océans sont également préoccupants et témoignent de la nécessité urgente d’interventions qui ne peuvent plus être différées. Nous avons provoqué une urgence climatique qui menace gravement la nature et la vie elle-même, y compris la nôtre. […] Le moment est venu de se repentir. […] À cet égard, le prochain sommet de l’ONU sur l’action pour le climat revêt une importance particulière. Les gouvernements auront la responsabilité de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour prendre des mesures drastiques afin d’obtenir le plus rapidement possible des émissions nettes de gaz à effet de serre et de limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, avec les objectifs de l’accord de Paris.

Le message papal, nouveau copier-coller presque intégral des thèses du GIEC, y compris les plus controversées, met également une nouvelle fois en lumière l’amalgame entre d’une part le débat sur le réchauffement climatique, et d’autre part la lutte contre la pollution dans un package all inclusive. Ainsi, quiconque conteste tout ou partie des causes et conséquences présumées du prétendu changement climatique est de ce fait automatiquement cloué au pilori comme complice des dommages causés par une pollution envahissante.

Le plus préoccupant, toutefois, est qu’il semble très mal conseillé. Fin août, embrayant sur des déclarations très populistes mais très peu scientifiques, il avait qualifié l’Amazonie de « poumon vital pour notre planète ».

Il était également important d’embrayer sur l’engagement climatique des jeunes, aujourd’hui animé par une nouvelle Bernadette Soubirous, et montrer que leur combat est également celui du Pape :

De nombreux jeunes du monde entier se font entendre et demandent des décisions courageuses. […] Nous leur devons de vraies réponses, pas des mots vides, des actions, pas des illusions.

Le caractère prophétique des manifestations climatiques est ainsi restauré…

Un nouveau discours religieux prend forme, non plus pour s’adapter aux valeurs séculières, mais pour redonner un fondement sacré à l’organisation de la société – en la changeant si nécessaire. (Gilles Kepel, La revanche de Dieu)

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Voir les commentaires (24)

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  • Faire coller une organisation archaïque a une pseudo modernité
    voila le job..
    pour çà tout ce qui fait l' »air du temps » est recyclé par encyclique
    la science ayant toujours posé un probleme a la croyance ..
    ce qui est le cas pour les uns et les autres les verts et les religieux sont des « croyants »

  • Je n’ aime pas ce pape, il est beaucoup trop de gauche pour être honnête.
    L’ étape suivante, du moins celle que je sens poindre, peut-être vous aussi, ressemble à l’ inquisition. Il faudra être en mesure de répondre clairement à la question venue de n’ importe qui apte à vous dénoncer: » que faites-vous pour la planète? » et apporter des preuves concrètes de votre repentance.

  • Sans doute que le vatican investit dans les renouvellables donc …..la’ religion a toujours ete une histoire d’argent !

    • Non. Par contre les prêtres, quelle que soit la religion, se sont souvent laissé aller à des comportements répréhensibles pour des motifs liés à l’argent. De là à penser que François a été corrompu par les vendeurs d’éoliennes, c’est sans doute exagéré. L’hypothèse qu’il soit seulement incompétent en la matière est suffisante.

  • il semble bel et bien y avoir un mécanisme psychologique qui fait que beaucoup de gens pensent que le matérialisme n’est pas la clef du bonheur sinon un maître implacable… dans beaucoup de religion il existe des ordres mendiants…

    la religion climatique peut établir des ponts avec cet aspect des autres religions..

    bah…
    le petrole c’est comme le péché… on en utilisera et puis on ira se confesser.. quels seront les ave à réciter pour être absout?
    il me semble avoir observé chez pas mal de bouffeurs de curé la même volonté de régir la vie des autres..juste différemment…

  • Les catholiques, français du moins, sont devenus des urbains, les catholiques ruraux sont en voie de disparition.
    Jean Paul II et Benoît XVI étaient encore issus du monde rural et connaissaient l’apreté du monde vivant et ne le divinisaient pas, faisant ainsi écho au livre de la Génèse:
     » Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
    Soumettez là car ils savent que ce n’est pas une partie de plaisir, la nature n’est pas toujours tendre.
    Le public catholique est désormais très bobo, urbain, peu concerné par le chômage (cf dernier article de H16): la Pape François fait donc sien, l’adage, je suis leur chef donc je les suis.

    • cela pourrait s’entendre si le Salut des âmes n’était pas l’enjeu, ni la première responsabilité du pape.

    • Ce sont les ruraux tout court qui sont en voie de disparition, du moins si on entend par « ruraux » des gens qui habitent à la campagne, peu nombreux, et qui en vivent directement, encore moins nombreux. L’immense majorité de la population n’a plus qu’un lointain rapport avec la nature et strictement aucun avec la nature sauvage.

      • Mais par contre ils croient savoir et donnent des leçons aux paysans sur la manière dont ils doivent cultiver leurs champs! Grotesque.
        Ils ne cessent de répéter qu’il faut vivre en harmonie avec la nature, alors qu’en fait c’est en luttant contre elle que l’on réussit à survivre, car elle fait tout pour vous tuer!

  • Ce pauvre pape est le modèle de l’écolo-pastèquisme.

  • Staline était-il mal conseillé par Lissenko ?
    Les climato alarmistes sont-ils mal informés par le GIEC ?
    Non, le pape veut remettre au jour les doctrines de son choix, et il se sert d’arguments d’autorité. Quand l’équilibre ou l’alternative n’existe pas dans un propos, il faut absolument douter.

    PS: Pour rappel, le GIEC qualifie les pires menaces répétées journellement comme imminentes, par l’expression « Higly unlikely »…

  • En réalité, on ne leut sélarer la croisade climatique de l’idéologie mondialiste dont elle est un cheval de Troie (un gouvernement mondial serait nécessaire pour traiter un problème supposé planétaire).
    Cette idéologie est promue à travers de multiples réseaux d’influence depuis au moins deux siècles, et ces réseaux se sont infiltrés peu à peu dans l’Eglise au plus haut niveau jusqu’à faire élire un pape « compatible ».
    Les propos inconsidérés du pape sur les migrations (qui sont un autre volet de l’idéologie mondialiste) s’expliquent aussi de cette façon, de même que des nominations controversées et des méthodes autoritaires.
    Nous en sommes là…
    L’expression « très saint Père », dans ce contexte, me gêne beaucoup…

  • Notre Pape écolo sait ‘il que nous avons en réserve à notre disposition non pas une seule, mais pas moins de 60 milliards d’autres planètes habitables, rien que dans notre Galaxie, la Voie lactée ? Il ne nous manque que le moteur atomique assez rapide pour en profiter en raccourcissant le temps de trajet bien trop long avec nos fusées actuelles …Sait ‘il aussi que les coureurs automobiles font 10 fois plus de kilomètres que nous à des vitesses autrement plus dangereuses, mais avec trente fois moins de risques d’accidents mortels que nous ? …Schumacher s’est sorti quasiment indemne d’un accident à 350 km/heure… mais s’est rendu totalement infirme dans un accident à 5 km/heure… Où est l’erreur ? Sinon dans le fait que dans le premier cas, son attention extrême n’a pas été déconcentrée par de multiples pseudo-règles de sauvegarde inadaptées, car édictées par des nuls et pour des nuls…En réalité uniquement pour dépouiller les conducteurs coupables d’utiliser une maudite voiture…puisque, au fond, selon eux, seule la mort des hommes protège la Nature de leurs détestables comportements…Dans cette idéologie saugrenue pourquoi ne pas recommander chaudement l’usage du téléphone portable, si efficace pour tuer ses usagers pendant la conduite, à moindres frais ? Et aussi interdire, en toute logique, l’extinction des feux spontanés que la Nature elle-même allume dans les pseudos poumons de la planète, si vraiment ceux-ci accélèrent tant soit peu l’extinction de notre espèce erronée que la Nature a créé par mégarde tellement maléfique pour sa survie…Cette révolution du dogme montre qu’il est frappé de macronisme aigu.

  • « Le moment est venu de se repentir ». Oui, vous, affreux consommateurs irresponsables, vous devez payer vos indulgences climatiques, et vous, méchants hérétiques, vous devrez payer pour vos hérésies. Sic transit gloria mundi….

  • Ce n’est pas du tout cette croisade qu’on attendait de ce pape qui semble conforme à l’apocalypse de st Jean, la destruction de l’église catholique.

  • Ne pas oublier que le clergé de « La théologie de la libération » sud-américain était communiste à l’époque de l’ordination de ce Pape. Ce qui explique ses positions socialistes!

  • Entièrement d’accord avec cet article. Ce pape fait de la politique sur des sujets à propos des quels il n’a aucune compétence, au lieu de prêcher la spiritualité, ce qui devrait être son job. Son encyclique « laudato si » – que j’ai lue intégralement – est un recueil de tous les poncifs ressassés par les idéologues du climat, qui , comme le dit très bien l’article, confondent climatologie, météorologie, lutte contre la pollution, et épuisement des ressources naturelles. Ce pape se garde bien d’ailleurs de dire ce qu’il faut faire, mais se contente de voeux pieux (jeu de mots involontaire)

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