Les Français privés de ski pour les fêtes

Photo by Marin Tulard on Unsplash — Marin Tulard ,

Les Français peuvent prendre le métro mais pas aller au ski. Ni en France, ni à l’étranger.

Par Francis Richard.

Les hommes de l’État ne savent pas quoi inventer pour punir les Français qui ne sont pas sages, c’est-à-dire ces grands et petits enfants qui ne comprennent pas que ce qu’ils décident est toujours pour leur bien et qu’ils doivent se montrer obéissants et soumis comme des moutons à qui on ne permet que de gémir, ce qui est sans conséquences : Bêle toujours, tu m’intéresses !

Bien sûr, dans un État nounou, il y a toujours des chouchous : ceux qui ont le droit sanitaire de manifester en rangs serrés ou d’emprunter des métros bondés pour se rendre au boulot avant de rentrer faire dodo par les mêmes métros tout aussi bondés. À ceux-là donc, il n’y a rien à dire, ni à redire, pourvu qu’ils aient sur eux toutes les attestations auto-délivrées et justificatifs requis.

Brimer, réprimer, verbaliser

Mais il y a tous les autres, ceux qu’il faut brimer, réprimer et verbaliser au prix unique de base de 135 euros, entre autres :

  • Ceux qui n’acceptent pas que les produits qu’ils considèrent comme essentiels ne soient pas les mêmes que ceux déterminés par les hommes de l’État.
  • Ceux qui n’admettent pas que les masques hier facultatifs soient devenus par miracle obligatoires en tous temps et en tous lieux.
  • Ceux qui n’ont pas bien rempli leurs attestations auto-délivrées ou qui n’ont pas avec eux tous les justificatifs requis.

Les hommes de l’État ont toujours raison, même quand ils ont tort. Comme tous les petits chefs, ils ne se trompent jamais et ne supportent pas la contestation ou la rébellion. Leurs contradictions ? C’est ce qui fait leur charme. Et puis le ridicule ne tue pas, ça se saurait. Sinon, il y a belle lurette qu’ils ne nuiraient plus aux autres et leur feraient des vacances qu’ils auraient bien méritées.

La lecture n’est pas « essentielle »

Par exemple, face au virus couronné, la lecture n’est pas essentielle aux yeux de ces je-sais-tout-et-mieux, d’autant que ça pourrait donner des idées d’insoumission à leurs esclaves, jusque-là volontaires en grand nombre, comme les sondages semblent le confirmer. C’est pourquoi ils ont fermé les librairies même si on peut dire sans se tromper que dans ces lieux c’est sans danger… parole de marathon man.

Comme les hommes d’État veulent tout contrôler, tout gérer avec incompétence, et ne sauraient donc penser à tout, ils n’ont pas vu qu’il y avait une faille, de taille, Amazon, sur laquelle les reproches ont plu, alors qu’elle n’en pouvait mais. Ces prétentieux et arrogants ne savent toujours pas et ne sauront jamais qu’il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Ce qu’on ne voit pas est pourtant essentiel

Contrôles pour ceux qui iraient au ski

Dernièrement, les hommes de l’État se sont penchés dangereusement sur le cas des stations de ski et les Français ont eu droit à un numéro de duettistes où l’improvisation le disputait à l’incompétence, mais c’est normal de la part de deux énarques qui se distinguent comme de juste par leur amateurisme et leur impéritie.

Le 24 novembre 2020, Emmanuel Macron dit qu’il sera impossible d’ouvrir les stations de sports d’hiver avant les fêtes de fin d’année.

Le 26 novembre 2020, Jean Castex enchaîne en disant que les stations de ski pourront rouvrir durant les fêtes de fin d’année, mais que les remontées mécaniques seront fermées :

« Il sera loisible à chacun […] de se rendre dans ces stations pour profiter de l’air pur de nos belles montagnes… »

Le 1er décembre 2020, Emmanuel Macron voit la faille :

« S’il y a des pays de l’Union européenne et hors UE qui maintiennent leurs stations de ski ouvertes, nous aurons en effet des mesures de contrôle, pour d’abord dissuader nos concitoyens d’aller dans des zones où on considère qu’il y a des risques d’infection et pour ne créer – si je puis dire – de déséquilibre avec des stations en France, en Italie ou en Allemagne qu’on serait amené à fermer quand d’autres ouvriraient. Oui, nous aurons des mesures restrictives et dissuasives… »

Le 2 décembre 2020, Jean Castex précise ce que Macron entend par mesures restrictives et dissuasives (en réalité liberticides) :

« L’idée, c’est d’empêcher les Français d’aller se contaminer à l’étranger. On va instaurer une quarantaine avec les préfets limitrophes. Il y aura des contrôles aléatoires à la frontière. Vous serez placés en quarantaine de sept jours et vous subirez des tests. »

Les distorsions de concurrence entre  les stations de ski françaises et les autres

L’autre idée est que c’est une question d’équité à l’égard des stations françaises qu’il prétend défendre après les avoir empêchées de travailler. Comme tout énarque, il a appris à l’école que quand la concurrence ne peut être pure et parfaite, l’État intervient pour pallier les distorsions qu’il a créées : il a ainsi obligé les grandes surfaces à ne pas concurrencer les commerces fermés par ses bons soins…

La calamité du premier confinement n’ayant pas servi de leçon aux hommes de l’État français, ils ont décidé de procéder à un deuxième confinement tout aussi calamiteux. Sur l’autel du virus couronné, plutôt que de suivre l’exemple de pays d’Asie qui ont surmonté la crise sanitaire avec succès, ils ont sacrifié tout le monde ou presque, comme l’ont fait tous les hommes d’État du continent européen ou presque.

Faire surgir l’argent du néant

Pour réparer les dégâts qu’ils ont commis, les hommes de l’État n’ont qu’un mot à la bouche, l’argent, pour indemniser les pertes de recettes et créer des aides spécifiques aux salariés qu’ils ont précarisés.

Comment ? L’État est providence, donc tout-puissant. Il est ainsi capable de faire surgir l’argent du néant, à quelques petites choses près que sont les recours à l’emprunt, aux impôts ou à la dévaluation.

En attendant de payer l’addition, il faut se souvenir de ce que disait Ludwig von Mises de ce tour de magie :

« Un gouvernement est la seule organisation capable de prendre une matière première importante comme le papier, d’y mettre un peu d’encre dessus, et de rendre le tout totalement sans valeur. »

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