Livres interdits à la vente : et si le pays des Lumières touchait le fond ?

Photo by Librairie Garin(CC BY-NC 2.0) — Librairie Garin, CC-BY

La France, pays des lumières, de la littérature reine, de la langue de Molière vient de réussir le prodige d’interdire à sa population d’acheter des livres.

Par Doriane de Lestrange.

Si l’on nous avait dit, à la sortie du premier confinement, que les gouvernants français n’avaient pas tiré de leur manche toutes les idées absurdes qu’ils avaient eues, nous ne l’aurions pas cru. Et pourtant…

On semble toucher le fond. La France, pays des Lumières, de la littérature reine, de la langue de Molière, vient de réussir le prodige d’interdire à sa population d’acheter des livres.

Alors qu’à l’heure du reconfinement, le gouvernement Castex a décidé de fermer tous les commerces jugés non essentiels, contrairement aux sacro-saints magasins de bricolage, les libraires ont été informés que les produits qu’ils vendent ne sont pas essentiels.

Et comme il aurait été trop intelligent de s’arrêter en si bon chemin, pourquoi ne pas décider de rendre inaccessibles les rayons culturels des grandes surfaces restées ouvertes ? Eh bien, c’est désormais chose faite.

L’année 2020 est donc celle qui aura vu sacrifiées les libertés fondamentales les plus primaires. Nous ne reviendrons pas ici sur celles d’aller et venir, se réunir, ou encore pratiquer sa religion, largement bafouées depuis désormais plus de six mois.

Mais la lecture… Qui aurait cru qu’un jour ceux qui doivent leurs postes à nos bulletins de vote nous la retireraient ?

Alors, bien entendu, on nous explique. On nous démontre, à nous peuple d’ignorants, que laisser les hypermarchés vendre des livres, c’est tuer les petits libraires au motif de la concurrence déloyale. Car, oui, la mort des librairies n’est évidemment pas le fait des politiques qui les obligent à fermer leurs portes, mais bien la responsabilité de la vile et sournoise grande distribution…

N’évoquons même pas Amazon, chef de file de tous les démons de la mondialisation d’ailleurs facilitée par ceux-là même dont nous parlons ici.

Alors oui, nous y sommes. Nous sommes dans cette époque où les concepts juridico-économiques prennent le pas sur le bon sens, sacrifié sur l’autel de la sottise et de la pleutrerie politicienne. Les décisions absurdes et gesticulations en tout genre d’une caste décidément déconnectée du réel et engoncée dans son mépris des petites gens.

Tant que l’on peut s’abrutir devant le poste de télévision, suivre les aventures de Koh-Lanta ou des candidats de The Voice en se gavant de malbouffe et en fumant allègrement du tabac dont la vente ne risque pas de se voir interdite pour raison sanitaire… Et pourtant, en 2017, les Français déclaraient lire environ 20 livres par an.

Et pendant ce temps-là, outre Quiévrain, nos voisins belges s’illustrent par la raison et l’intelligence en considérant que les librairies font bien partie des commerces essentiels. Christian Carpentier, porte-parole de David Clarinval, ministre des classes moyennes, des indépendants et des PME de préciser qu’il est nécessaire « d’aider les gens à tenir le coup en passant le temps de manière intelligente ».

Si Victor Hugo s’était exilé à Bruxelles pour écrire, peut-être les Français devront-ils s’y réfugier pour lire !

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