Coronavirus : le Covid-19 ou la faillite d’un État en surpoids

Emergenza coronavirus By: Dipartimento Protezione Civile - CC BY 2.0

En France, notre gouvernement reste frappé de stupeur. Pourquoi cet État qui dispose de budget faramineux reste-t-il impuissant ?

Par Hector Allain.

Si l’on observe l’Italie qui nous précède de 10 jours, nous risquons d’affronter l’un des pires crises sanitaires de l’époque moderne. Hyper contagieux, sept à dix fois plus létal qu’une grippe, le Covid-19 est un champion dans l’évolution naturelle des virus, une souche unique. La population française n’est pas immunisée et surtout mal dirigée. Un boulevard se déroule donc pour l’épidémie .

Beaucoup trop peu, beaucoup trop tard, chronologie d’un échec majeur

Le gouvernement a d’abord totalement échoué dans ses prévisions. Début mars, alors que l’épidémie grondait en Italie, Sibeth Ndiaye niait crânement tout risque. Depuis, l’impréparation de l’État se dévoile chaque jour comme dans les épisodes d’une série télévisée d’horreur :

  • retard dans les mesures de confinement pour les personnes provenant de pays à risque
  • pénurie de masques et de gels, et même d’alcool pharmaceutique, une aberration dans un pays agricole
  • absence d’équipement pour les soignants
  • incohérence dans les décisions : on interdit des concerts mais on laisse ouverts le métro et le RER soit des millions de passagers quotidiens, sans mesure particulière

La communication insouciante du gouvernement n’aide pas non plus. Un grand nombre de personnes se serrent toujours la main ou continuent à emprunter les transports en commun. La politique du En même temps du gouvernement nous conduit à l’échec. Nous aurons à la fois l’épidémie et l’embargo des populations, à l’image de nos voisins italiens.

Fatalisme d’État

Nos politiques hésitent entre déni et fatalisme.

L’exemple de pays comme Taïwan montre pourtant qu’il était possible d’endiguer l’épidémie. Le gouvernement taïwanais a par exemple pris en charge la production et la vente des masques de protection. Les citadins ne sortent plus sans masques évitant ainsi de contaminer ou de se faire contaminer. L’État a su imposer des mesures drastiques. Les salariés des bars et restaurants sont obligés de se protéger et on s’assure que chaque maison soit dûment décontaminée en cas de maladie.

La Corée du Sud est certes plus atteinte mais le grand nombre de cas résulte d’une politique de dépistage très large, les tests étant gratuits. La Corée compte en fait très peu de morts. Là encore, l’État s’est montré très pro-actif, notamment en fédérant l’effort de la communauté économique. Les producteurs de Soju, l’alcool coréen traditionnel, ont été ainsi mis à disposition pour produire les gels et spray de décontamination.

Les racines du mal

En France, notre gouvernement reste frappé de stupeur. Pourquoi cet État qui dispose de budget faramineux reste-t-il impuissant ?

C’est le paradoxe de l’obèse. Plus il mange et moins il bouge. L’empilement des instances et de décideurs crée une inertie considérable. La chaîne de commandement est lente et transmet au pouvoir des informations imprécises. C’est ce qui explique en partie l’erreur d’appréciation sur la magnitude de l’épidémie, épidémie que de nombreux spécialistes anticipaient depuis janvier. Comme sur la sécurité et bien d’autres sujets régaliens, l’État a échoué.

Plus généralement, la crise du Covid 19 renforce l’impression d’une classe politique autocentrée et narcissique. Ces dernières semaines, les politiques ont davantage été animés par la campagne électorale que par la prophylaxie. L’État est devenu un gigantesque théâtre déconnecté du réel, une idéologie qui se met en scène en permanence. Victimes de ce système, nos politiques sont des communicants remarquables mais de piètres dirigeants opérationnels. La magie du verbe n’aide pas à prendre des décisions rapides et concrètes, ce qui est funeste dans une crise telle que celle qui vient.

Aide-toi et le ciel t’aidera

Après des années d’étatisme, les citoyens infantilisés sont incapables de s’occuper d’eux-mêmes. Le Français a perdu son fameux sens de la débrouille. Nos grands- parents auraient sans doute fabriqué leurs masques de protection ou leur gel hydro-alcoolique eux-mêmes, sans même disposer de tuto youtube. Le Français actuel préfère quémander de l’aide à un État qui ne pourra bientôt plus rien.

La France en a vue d’autres et elle survivra. Le décompte des victimes sera sans doute lourd, tout comme l’impact sur l’économie. Espérons que cette crise nous ouvre les yeux sur nous-mêmes et sur les impasses de notre système.

Hector Allain est l’auteur de À la découverte du fabuleux miracle français.

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