Véran : Français, obéissez ou le Père Noël ne passera pas !

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Noël « ne sera pas une fête normale » a dit Olivier Véran. L’intrusion de l’Etat dans nos vies n’a plus aucune limite.

Par Margot Arold.

« Plus on respecte le confinement, moins il sera long » a dit Olivier Véran ce dimanche dans le JDD. Dit autrement cela signifie « si tu es sage tu auras du dessert ». Ou encore : « Comme vous n’avez pas été sages vous allez écoper de deux mois de plus » :

« Si le confinement n’est pas bien respecté, il faudra prendre des mesures complémentaires. »

Les menaces

Dans son annonce du 14 octobre, Emmanuel Macron disait vouloir responsabiliser plutôt qu’infantiliser. Et pourtant, la communication du gouvernement s’acharne à nous brandir la carotte et nous menacer du bâton. Une méthode éducative plus appropriée aux ânes qu’aux adultes.

Car les propos d’Olivier Véran sont clairs : le confinement sera réduit si on le respecte (vœu pieux), tout peut arriver dans le cas contraire. « Tout », car « prendre des mesures complémentaires » est un euphémisme quand on en est au stade du confinement et de la fermeture de certains commerces.

Les Français obtempèrent

Ainsi, nous sommes passés des masques inutiles aux verbalisations si on n’en porte pas. Les Français sont sympas, ils obtempèrent. Ils portent leur masque consciencieusement, même dehors, même en été. Jusqu’ici tout va bien.

À l’automne, couvre-feu. Les Français sont sympas, ils obtempèrent. Jusqu’ici tout va bien.

Puis est arrivée l’interdiction de subvenir à ses propres besoins par le fruit de son travail : fermeture de certains commerces dits « non essentiels ».

Les Français sont sympas. Ils maugréent un peu mais obéissent. Jusqu’ici tout va bien.

Ils s’enferment sur demande, vont (ou ne vont pas) au travail, utilisent des bus et des métros bondés, alors que leur atmosphère confinée est pire que tout. C’est même Olivier Véran qui le dit.

Jusqu’ici tout va bien. Alors, pourquoi s’arrêter en si bon chemin (de la servitude) ?

Noël : l’intervention de l’État n’a plus de limite

Nouvelle étape, donc : Noël, dans le privé, dans votre propriété privée, dans le cercle intime :

« Nous cherchons à créer les conditions pour vivre un Noël le moins contraignant possible. Hélas, comme ailleurs dans le monde, ce ne sera pas une fête normale.

C’est difficile d’envisager de grandes soirées pour le réveillon du 31 cette année.

Mais notre but est que la pression épidémique retombe pour qu’on puisse faire des courses à temps, se préparer dans la joie, pour que soient créées les conditions permettant aux familles de se retrouver. »

Le choix des mots n’est pas anodin : « nous cherchons à créer », « notre but », « créer les conditions » – deux fois !) « pour permettre ». Tout un programme  constructiviste pour fabriquer une société « qu’on pourrait conduire comme on le ferait d’une quelconque machine » comme le dit Pascal Salin.

L’argument du pays voisin qui ne fait pas mieux est savoureux : d’abord parce que pour l’instant, il est faux. Notre pays a choisi un des modes les plus sévères d’Europe pour sa gestion sanitaire. Ensuite ce n’est pas parce que d’autres font mal que cela dédouane de sa propre responsabilité a emboîter le pas.

Noël « ne sera pas une fête normale »

Pour rappel, nous parlons bien ici des fêtes de fin d’année. Celles qui se déroulent en privé, chez soi, et où l’État projette d’intervenir pour que tout s’y passe à sa convenance.

L’État a prévu d’agir sur Noël. D’un claquement de doigts, il a pu faire enfermer la population, faire fermer les commerces, il a pu mettre à l’arrêt l’économie. Il a pu interdire l’accès aux livres. Puisque jusqu’ici, tout va bien. L’étape suivante paraît logique : entrer encore un peu plus dans nos modes de vie.

La gestion bureaucratique du pays est devenue frénétique, impossible de s’arrêter à l’espace public, l’ogre étatique a faim de contrôle et ne rencontre aucun obstacle.

Le Père Noël ne passera probablement pas. Ou les Français doivent commencer à prendre conscience que l’intrusion se fait plus insistante et feront massivement le choix de conserver leur liberté, leur vie privée, qui n’appartiennent qu’à eux et ne peuvent être décidées par quiconque. Sauf s’il considèrent encore que « jusqu’ici, tout va bien »…

 

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