La France face au COVID–19 : après l’échec, l’absurde

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La France semble plus que jamais incapable de faire face aux défis de cette année 2020. À tel point qu’il semble lui rester la coercition pour imposer quelque mesure que ce soit.

Par Sabine Lula.

La France est frappée de plein fouet par l’épidémie de coronavirus. Bien qu’étant le premier pays européen contaminé, et ce dès le 24 janvier 2020, des mesures concrètes n’ont été prises que récemment, un peu n’importe comment.

Alors que le pays entre dans sa deuxième semaine de confinement, la gestion du problème par nos élites semble de plus en plus chaotique. Sans mentionner le spectaculaire retournement de veste d’un président qui déclare une guerre sanitaire près d’une semaine après avoir encouragé les Français à continuer à vivre normalement, il est évident que la situation leur échappe complètement.

Malgré l’appel des médecins à pratiquer des dépistages de masse et d’isoler seulement les cas avérés, la France, au bord du gouffre financier, a préféré déclarer la mise en quarantaine quasi-totale du pays, au risque de diagnostiquer certains patients trop tard pour pouvoir les sauver.

La France, une obésité législative étouffante

L’État français et sa législation ayant atteint un stade d’obésité morbide inédit, la simple idée de ne pas réguler la situation par des biais administratifs semble terrifier nos charmants élus. Ainsi non seulement tout traitement potentiel devra obtenir une AMM au risque que des milliers de patients meurent en attendant un remède déjà disponible, mais les Français sont cordialement invités à rester chez eux le temps que la pandémie se calme, paralysant ainsi une économie déjà très fragile.

Afin de s’assurer que ces indisciplinés de Français suivent les dernières consignes mises en place tardivement par Saint-Macron, l’exécutif a mis à contribution les forces de l’ordre. Si dans les pays voisins, la police a décidé de miser sur la pédagogie et l’humour pour inciter leurs concitoyens à rester chez eux, de notre côté de nouvelles régulations sont venues se greffer aux deux cent mille lois et décrets déjà existants dans l’Hexagone.

En plus d’une attestation papier signée sur l’honneur pour avoir le droit de franchir la porte de son domicile, tout réfractaire risque une amende s’élevant actuellement à 135 euros, et pouvant aller jusqu’à 1500 euros voire 3000 euros en cas de récidive.

Rivalités administratives, législations délirantes : bienvenue en Absurdie !

La France ne voulant pas pratiquer le dépistage de masse comme en Corée du Sud, et plus récemment en Allemagne, la seule arme dont elle veut bien user est celle de la paperasse et de la régulation ; on observe dans tout le pays un durcissement des consignes de confinement ainsi que certains abus répressifs de ces toutes nouvelles fraudes.

On a pu ainsi observer non seulement une hausse spectaculaire des tensions au sein des grands centres urbains, notamment dans certains quartiers dits sensibles, mais aussi une augmentation des actes d’incivilités – le plus souvent de véritables scènes de guérilla dans les magasins. Mais c’est le simple fait de sortir sans que cela n’entre dans les clous des nouvelles législations qui pousse l’exécutif à sanctionner.

Ainsi, ces derniers jours, avons-nous appris qu’assister à l’enterrement d’un proche n’était pas une raison valable de quitter son domicile, mais qu’on pouvait éviter de purger l’intégralité de sa peine de prison si on est un délinquant. Crème de la crème de cette dernière absurdité en date, les contrôles effectués par des gendarmes… sur des policiers en service. De quoi relancer l’éternelle guerre des polices, bien que le contexte soit particulièrement tendu.

S’il est vrai que la situation de pandémie demande à chacun d’être responsable et de réduire au possible les risques de contamination, la sévérité des répressions ainsi que des réponses pénales ne semblent pas la solution.

Si les 40 000 verbalisations à 135 euros du week-end dernier n’ont pas dissuadé les Français de respecter la quarantaine, on peut craindre une escalade dans la répression pour faire respecter les dernières consignes mises en place.

Que faire face à cette situation déplorable ?

Dans un pays croulant sous le poids de ses propres régulations, en grave crise sanitaire, économique et sociétale, agir pour communiquer ne suffit pas. La gestion de cette épidémie originaire de Chine risque fort de déboucher sur un scandale d’État.

La communication et les intérêts politiques ne doivent plus être la priorité des dirigeants. Or, un tel changement de paradigme étant complètement utopique (preuve en est, le projet de nationalisation et les saisies des ressources médicales essentielles à l’origine des pénuries), mieux vaut se fier à la science, et surtout à soi-même. Dépendre d’un État et de ses membres alors qu’ils sont responsables par leur incompétence de la situation actuelle, c’est réduire ses propres chances de s’en sortir.

Rester indépendant, être responsable et autonome, se renseigner sur les progrès de la médecine à propos de l’épidémie, voilà peut-être le moyen le plus efficace et le moins absurde pour lutter contre le virus de Wuhan.

Liberté, responsabilité, temporalité, voici peut-être les mots qui manquent à notre pays pour que celui-ci se redresse et survive à cette crise.

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