Fin des vols intérieurs : une mesure idéologique, antisociale et anti-climat

F-HBLE NCE by ERIC SALARD(CC BY-SA 2.0) — ERIC SALARD, CC-BY

La fin annoncée des vols domestiques est une mesure idéologique, antisociale et anti-climat.

Par Jonathan Frickert.

La crise du Covid semblant se terminer, les vieilles marottes de la gauche reprennent vie. Après un mois de juin marqué par la question raciale, voilà que l’écologie revient, avec les travaux de la fameuse Convention citoyenne pour le climat.

Destinée à répondre aux Gilets jaunes, elle ne porte bien que la première partie de son nom et sonne comme la deuxième mort des Gilets jaunes, noyautés par l’extrême gauche dans la rue d’abord, au sein de cette fameuse Convention coprésidée par le directeur général de Terra Nova et une haut-fonctionnaire ayant fait ses classes à la LCR ensuite.

Si la convention s’est portée sur des thèmes de gauche – le logement plutôt que la démographie – en proposant par exemple la semaine de 28 heures, ce sont bien les 110 km/h sur autoroute et l’interdiction des liaisons aériennes domestiques qui cristallisent le plus de mécontentements.

Privilégiant l’interdiction à l’innovation, la Convention, bientôt suivie par l’exécutif, s’apprête pourtant à donner un sérieux coup de pouce à une CGT en pleine remise en question de sa ligne productiviste.

La fin de la start-up nation

La France est championne de la subvention aux astres morts au nom de la promesse d’un voyage vers les étoiles. Le cas Air France en est le dernier avatar, car la proposition succède à un prêt de 7 milliards d’euros concédé à Air France en échange d’une réduction de son empreinte carbone. Mais qu’Air France se rassure, il n’y a pas de favoritisme à la Convention, puisque toutes les compagnies du secteur seront concernées.

La mesure devrait coûter « un pognon de dingue » et plusieurs milliers d’emplois et surtout dépouiller les aéroports régionaux du peu de poids qu’ils ont pu glaner au fil des années.

Emmanuel Macron s’apprête donc à faire fuir les investisseurs, lui qui est encore dépeint par l’extrême gauche comme étant le président de la start-up nation.

Comme l’évoque Nicolas Beytout dans L’Opinion, « on va vite comprendre que ce sera plus simple de passer par Londres ou Amsterdam. » Et dire que certains pensaient que le président de la République souhaitait faire de la France un terreau intéressant pour les entreprises internationales…

L’interdiction plutôt que l’innovation

La disparition du transport à cheval puis de la charrette ont-ils été le fait d’une loi ? Non. Ils ont disparu du fait de l’émergence du moteur à combustion, jugé plus efficace et moins coûteux. La machine à vapeur et la voiture ont rendu désuets les transports utilisant la force physique.

De la même manière, la voiture connaît sans doute aujourd’hui ces dernières décennies. C’est du moins l’avis du futurologue Jamais Cascio, estimant que dans un quart de siècle, la voiture sera l’équivalent du cheval pour nous : une niche destiné à des passionnés.

Le transport aérien pourrait bien connaître le même sort, car bien que le secteur connaisse une certaine croissance depuis plusieurs années, l’arrivée des LGV a freiné la croissance des vols domestiques que la crise sanitaire a manqué d’achever.

La réforme de la SNCF est en effet le meilleur outil permettant de limiter factuellement l’usage des vols métropolitains, si elle n’était pas sclérosée comme elle l’est depuis plusieurs décennies.

Car si les grèves qui ont terminé l’année 2019 ont paradoxalement été le meilleur fossoyeur de ce vieil homme malade qu’est la SNCF en permettant la croissance des modes de transports alternatifs, la Cour des comptes rappelle régulièrement qu’elle est de plus en plus délaissée, avec des TER ultra-subventionnés dont le taux de remplissage avoisine les 25 %.

Il y a donc un effort considérable à mener sur le secteur ferroviaire. Une arlésienne malheureusement toujours aussi présente dans le débat public français et que les écologistes sincères auraient tout intérêt à prendre à bras le corps.

Les écologistes alliés de la CGT ?

Par une décision d’une convention manipulée de A à Z par quelques idéologues et sans réforme radicale de notre système ferroviaire, ce remodelage n’entraînera rien d’autre qu’une augmentation du pouvoir de nuisance des syndicats sur les transports longue distance dans ce pays.

Nous connaissions déjà les blocages induits par les syndicats de pilotes à Air France. Au nom d’une justification écologiste, l’augmentation artificielle du poids du secteur ferroviaire risque de permettre à une CGT en pleine remise en cause de sa ligne productiviste de disposer d’un pouvoir de nuisance considérable.

 

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.