Air France : des syndicats en dessous de tout

Quand donc la France aura-t-elle des syndicalistes responsables… et « citoyens » ?

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air france (Crédits René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Air France : des syndicats en dessous de tout

Publié le 25 septembre 2014
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Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Un Airbus A318 d'Air France

Quand donc aura-t-elle aussi des chefs d’entreprises convaincus de leurs options et prêts à les défendre au mépris des obstacles, pour le bien commun et la pérennité de l’entreprise dont ils ont la charge ?

La bêtise syndicale a déjà coûté cher à la France

La France a perdu sa sidérurgie en grande partie du fait de l’intransigeance des syndicats, la France a perdu ses ports de commerce du fait de l’intransigeance des syndicats, la France a perdu sa marine marchande du fait de l’intransigeance des syndicats, la France a perdu son réseau ferré du fait de l’intransigeance des syndicats, la liste est longue et je suis sûr que vous la compléterez vous-même.

Aujourd’hui, c’est le transport aérien français qu’une bande de privilégiés, au nom de leurs intérêts personnels et au mépris de l’intérêt collectif, est en train de mettre en jeu. Parce que leur statut est issu d’une époque bénie où le transport aérien, prenant le relais des paquebots était réservé à une élite qu’on servait en gants blancs et uniformes galonnés, les pilotes d’Air France refusent de comprendre que la démocratisation passe par la réduction des coûts et que le bon peuple ne vit plus l’avion comme une croisière mais comme un autobus de l’air chargé de l’amener d’un point à un autre. Oui, c’est clair, on ne paie pas un voyage en autobus le prix d’une croisière en paquebot.

Travailler à une refonte du statut de pilote de ligne

air france rené le honzecSi ces réactionnaires de pilotes de l’air avaient un soupçon de bon sens, ils feraient aujourd’hui un mouvement pour exiger la remise à plat de leur statut, permettant ainsi à Transavia d’embaucher des pilotes français. Car, si leur crainte, justifiée, est que demain il y ait plus de pilotes étrangers que de pilotes français dans la compagnie française, c’est uniquement parce que leur statut et le coût de la main d’œuvre sont trop onéreux.

Oui, c’est vrai, chez les pilotes français, comme dans toute l’activité économique de notre pays, on travaille moins que dans toutes les autres compagnies. Il n’y a pas moins d’accidents pour autant. Oui, c’est vrai, le salaire moyen d’un pilote d’Air France n’est pas plus élevé que celui de la plupart des autres compagnies, y compris low cost (le turn over de pilotes chez Easy jet est plutôt moindre que dans la moyenne des compagnies). Mais le coût de revient, avec les charges, les acquis, le tout rapporté au nombre d’heures de vol les situe au-dessus de tous les autres. Sur un marché où les prix sont le critère principal du choix des passagers, c’est rédhibitoire.

Si le syndicat des pilotes était réellement préoccupé par l’emploi en France, au lieu de casser Air France en s’arcboutant sur leurs acquis, ils exigeraient un statut comparable à celui des autres pilotes européens. Ils seraient alors en mesure d’exiger que la compagnie s’engage à embaucher des pilotes français. Ils feraient alors preuve de responsabilité et de « citoyenneté ». Mais savent-ils encore ce que ces mots veulent dire ?


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  • Surtout, quand est-ce que la France aura des politiques qui auront les c… de taper du poing sur la table une bonne fois pour toutes et de réformer ce cancer que constituent le droit syndical et la dérive permanente du droit de grève ?

    • La mafia des syndicats français ne devrait être financée que par la cotisation de leur adhérents respectifs, c’est à dire par 7-8% maximum des salariés ! Ce qui se passe présentement dans notre pays relève du racket pur et dur obligeant tous les français à rétribuer ces nantis qui ne pensent pas à sauver l’emploi en France (de récents exemples honteux l’ont hélas démontré) mais à protéger, conserver, voire augmenter leurs privilèges perso !
      Cette spécificité franco-française fait de nous la risée du monde…. : nous finançons ceux qui nous empêchent – pour un oui ou pour un non – de travailler – TOUT SIMPLEMENT SCANDALEUX
      France réveille toi, il est plus que temps !

  • Pourquoi s’en prendre au syndicat? Certes, il est coupable, mais qui lui donne autant de pouvoir?
    Les politiciens de gauche n’ont cessé, dès qu’ils arrivent au pouvoir, de donner des droits supplémentaires aux syndicats, droits qui n’ont jamais été remis en question par la droite.
    La prolifération indécente des fonctionnaires et des régimes spéciaux, des avantages accordés aux élus, la création d’Offices d’Etat a toutes les sauces pour caser les copains, allant même jusqu’a dénaturer l’esprit de la fonction publique en leur retirant l’obligation de mobilité qui était la contrepartie du statut, sans oublier le financement par nos impôts de ces syndicats mafieux et le racquet des CE, et comme si ce n’était suffisant, on leur offre la manne de la formation professionnelle.
    Bref, ce ne sont pas les patrons qui manquent de c….., mais les hommes politiques qui leur donnent l’ordre de céder, cf Valls en ce moment, et la population française qui met ces petits hommes au pouvoir.

  • Hélas, nous sommes à la fin de la comédie, le Tartuffe de PDG baisse son froc, Air France ne sera plus jamais une grande compagnie et je souhaite à tous ces abrutis de pilotes de se retrouver aux commandes de coucous infâmes et mal entretenus car, lorsque, à l’image de SAbena, d’Alitalia ou de Swissair, Air France sera vautrée, je pense que leur appartenance à ce mouvement criminel ne leur les portes d’aucune compagnie sérieuse…..
    http://maviemonargent.info/2014/air-france-le-pdg-se-degonfle/

    • D’une certaine manière, c’est sans doute préférable. Il vaut mieux qu’Air France se crashe et que chacun sache pourquoi que de voir la compagnie survivre et les pilotes pouvoir prétendre encore à une certaine crédibilité.

  • Ma femme est personnel AF, au sol. Vous verriez comme ils sont dégoutés ! Ca fait des années qu’on leur demande des efforts, qu’on diminue les effectifs.
    Et quand je vois les réactions de PNC/PNT de mes amis sur fessebouc, j’en suis écoeuré ! Pour eux, De Juniac est un con. Et en fait, ils veulent sa peau ! Je l’avais pourtant écouté ce Monsieur qui répondait à une commission d’enquete et je l’avais trouvé bon … pour un politicien ! Mais ces corporations de PNT/PNC sont les « seigneurs » chez AF ! De plus, un certain nombre d’entre eux habitent déjà à l’étranger et ne montent sur leur aéroport de rattachement que lorsqu’ils ont un vol. donc quand ils protestent contre les délocalisations… ca me fait rire.
    Ils n’ont toujours pas compris qu’il n’y a qu’une voie pour une entreprise privée : le client !
    Ils en creveront, juste une question de quelques années. Je prévois déjà des plans de licenciement en 2015.

  • Un peu de mémoire serait pas mal .. on oublie que Christian Blanc (ancien PDG d’air france) sous le gouvernement Balladur, déjà en 1993 avait cédé aux syndicats … c’est pas nouveau de baisser pavillon devant les syndicats, et ça se fait de droite comme de gauche!

  • A ce train là, Air France n’a plus besoin de PDG. Autant transformer la compagnie en SCOP… Ça va abréger les souffrances salariés et des clients.

  • La question est : pourquoi tout le monde baisse le pantalon devant les syndicats qui ne représentent RIEN ?
    Qui peut répondre ?

    J’ai un début de réponse pour AF : les dirigeants ont peur que ceux ci abiment les avions…. (menace réelle clairement sous-entendue par la CGT…)

    • Il paraît probable que ça arrange le gouvernement de lâcher Juniac, trop marqué par ses passages chez Lagarde et Baroin, avant qu’il ne devienne inamovible pour avoir rétabli les comptes.

  • Heureux les pays débarrassés de leur compagnie nationales….

    Belgique, exit Sabena

    Italie, exit Alitalia

    Suisse, exit Swissair

    France, exit Air-France?

  • http://www.air-journal.fr/2014-07-10-lufthansa-a-fonds-dans-le-low-cost-y-compris-long-courrier-5110359.html

    « Nous ne voulons pas être pilotés par les changements dans l’aviation ; nous voulons être parmi les pilotes » a déclaré Carsten Spohr, le CEO de Lufthansa dans un communiqué publié mercredi. Et d’ici 2020, il prévoit de rehausser les revenus des « nouveaux services et nouvelles plateformes » de 30% à 40% du revenu total du groupe.

  • le syndicat n’a jamais eu pour but le bien être des citoyens , c’est une entreprise de services comme les autres payée par les entreprises et/ou l’état , ce ne sont donc que des mercenaires pour le contrôle des citoyens et pour la satisfaction de leur donneur d’ordres.

  • Pilotes d’Air France 2014 versus cheminots SNCF 1995 ?

    Dans les deux cas un mot d’ordre de grève reconductible est suivi.
    Mais AF n’est plus un monopole, il n’y a qu’une participation de l’Etat.
    L’inconvénient est son influence sur la désignation du PDG.

    Quoi de plus central que le pilotage pour une compagnie aérienne ?
    Une Direction avisée ne laisse pas bloquer le coeur stratégique de l’entreprise. Elle anticipe et organise une externalisation partielle et concurrente. Voyez comment ont été externalisés les métiers informatiques des grandes entreprises. Assurer la continuité du service et y empêcher toute grève informatique était et reste la priorité.

    Donc la Direction d’AF aurait du organiser des filiales et des sous-traitances pour diviser la profession de pilote en autant de chapelles concurrentes. Diviser pour régner c’est connu ! C’est moralement justifié si une seule corporation peut ruiner toute l’entreprise. Pareils pour les aiguilleurs du ciel et ADP !

    Evidamment un PDG nommé par l’Etat ne peut organiser ce type de stratégie. Nommé par un actionnaire privé, il le doit !

  • Le syndicalisme est une arme du moyen age, et le soi disant droit de grève, une atteinte à la liberté individuelle qui devrait être condamné. ..le syndicalisme est l’outil fossoyeur de l’economie, pauvre France, pays des privilèges,qui se permet de payer des gens à rien faire !

  • Les commentaires sont fermés.

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