Rapatrier les industries ? Pourquoi pas, mais…

La bureaucratie adore les formulaires, mais la réalité des industries, ce n’est pas la satisfaction de la bureaucratie. Analyse.
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Smelter, demolition of buildings 2009 by astrid westvang(CC BY-NC-ND 2.0)

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Rapatrier les industries ? Pourquoi pas, mais…

Publié le 14 avril 2020
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Par Loïk Le Floch-Prigent.

Je sais que pour le grand public tous ceux qui gravitent dans la sphère économique peuvent parler de cette discipline étrange qu’est l’économie, mais les industriels dont je suis savent qu’il a du mal à comprendre les agrégats de leurs activités quotidiennes et des oracles qui les accompagnent.

Le rapport entre ce qu’il vit et ce qui en ressort n’est pas toujours limpide, mais il reconnait aussi que les mesures prises par les Banques centrales, les gouvernements, puis l’attitude des banques impactent directement son existence : c’est dire le désarroi actuel car les économistes ont disparu de la scène médiatique, remplacés par des médecins et des prophètes.

De la nécessité d’une industrie nationale

Étant un des industriels français les plus tenaces sur la nécessité de conserver une industrie nationale, critiqué depuis des dizaines d’années sur ses vues nationalistes étriquées, je me réjouis de constater une évolution de la pensée politique et médiatique sur le triste constat de la désindustrialisation de la France et sur la nécessité d’y remédier.

Il y a quelques dizaines d’années notre industrie comptait six millions de travailleurs directs et pesait 20 % du PIB, les chiffres sont aujourd’hui de trois millions et 10 % du PIB. Les industriels doivent indiquer comment progresser et revenir à 20 %, ce qui est le cas de l’Allemagne, de la Chine et des USA qui mènent désormais le monde.

Les économistes nous ont aussi dit depuis des dizaines d’années que la mondialisation heureuse allait localiser la production au meilleur prix et au meilleur endroit pour la satisfaction de l’humanité tandis que ceux qui ont encore l’humour de s’exprimer nous disent qu’une « relocalisation » de la production en France allait conduire à une augmentation des prix pour les consommateurs.

Comme on n’arrête pas de dire aussi que les délocalisations ont été la conséquence des salaires trop élevés de notre monde par rapport aux pays émergents, ces vérités d’économistes sont à nuancer par une étude précise plus conforme aux réalités.

Chaque secteur industriel, chaque entreprise de production a ses caractéristiques qui trouvent difficilement leur place dans les généralités et c’est sur la base des concepts de société post-industrielle et de fragmentation des tâches pour optimiser les chaînes de valeur que notre industrie, sur-obéissant aux dogmes, a accepté les fermetures d’usines tandis que les écologistes politiques se réjouissaient de voir s’éloigner les saletés et les affreux capitalistes !

Nous marchions vers une société de services propre et verte avec une nature gratuite nous servant l’énergie, gratuite aussi, du  vent et du soleil. L’opinion a été manipulée au point que le travail manuel était devenu trivial voire nauséabond tandis que notre génie national s’exprimait par 80 % de succès au bac général !

Il faut donc revenir à la raison : notre économie, notre niveau de vie, ont comme origines nos productions agricoles et industrielles, notre tissu industriel irrigue nos territoires et leur permet de vivre : lorsque l’industrie disparaît, la société disparaît peu à peu à mesure que les retraités se retirent ; et comme on vient de le voir terminent leurs vies dans les EHPAD qui sont une honte pour notre pays.

Il faut donc réindustrialiser le pays. La pénurie de tous les matériels nécessaires à la lutte contre la pandémie illustre la faillite de notre modèle d’appel aux fournisseurs les mieux-disants tandis que les industriels nationaux se débattaient contre un amas de normes et règlements orchestrés par une administration tatillonne et soupçonneuse.

Nous n’avions ni gel, ni masques, ni tests, ni respirateurs, ni principes actifs et médicaments alors qu’il n’y avait aucun mur technique à franchir pour en disposer. C’est la politique menée par le gouvernement qui a conduit à cette comédie qui a pénétré tous les secteurs de l’énergie et de l’industrie : le pays dans ses profondeurs ne voulait plus d’industrie, il en mesure les conséquences sur sa santé mais l’insouciance et l’inconséquence dépassent très largement le sujet actuel. Nous nous sommes trompés collectivement, il faut donc faire autrement.

N’en déplaise aux économistes, rapatrier les productions est souhaitable et aussi intéressant pour la plupart des secteurs de production. Nous n’avons pas toujours gagné, loin de là, avec les orientations de fragmentation décrétées par les spécialistes des agrégats.

Tout d’abord lorsque l’on a investi dans un outil industriel, le faire tourner en continu est forcément positif, rapatrier est bon pour l’entreprise, bon pour le pays qui souffre de chômage, et bon pour le maintien et le développement des compétences et du savoir-faire qui sont à la base de notre prospérité. Travailler en trois-huit, 365 jours par an est possible après négociations avec le personnel, il faut miser sur le patriotisme d’entreprise et donc la confiance dans la stratégie du patron et de l’encadrement.

Normes et réglementations ont précipité le déclin industriel

Les 35 heures et les RTT sont venues déséquilibrer l’outil industriel en pariant sur l’interchangeabilité des personnels. C’était une erreur conceptuelle qui n’est pas pour rien dans nos délocalisations.

Vouloir utiliser les ressources scientifiques et techniques pour enrichir le tissu industriel national n’est pas un péché, au contraire, et le fait de ne pas avoir une grande industrie de matériel médical en particulier nucléaire est une anomalie qu’il faut combattre avec vigueur en s’appuyant sur les quelques industriels qui ont réussi à survivre dans un pays très largement hostile au mot « nucléaire »… tant que personne n’est malade. Le site nucléaire de Framatome de Cerca à Romans peut fournir une illustration intéressante à cet égard puisqu’il fabrique des radio-isotopes pour imagerie médicale et diagnostics de cancers.

Mais ce qui est vrai du nucléaire a pénalisé encore plus toute l’industrie chimique nationale avec une application stricte du programme de prévention européen REACH de 2007 ayant contraint une grande partie des fabrications nationales à émigrer dans des pays moins sourcilleux, ce qui a fait le bonheur de l’Inde, de la Chine et des États-Unis !

Cette propension nationale puis européenne à normer, règlementer puis punir pour augmenter à la fois la complexité des investissements, le nombre et le coût des contrôleurs est une incitation permanente à choisir l’hypothèse de l’abandon du territoire. L’examen attentif de tous les textes règlementaires qui ont conduit à une délocalisation est indispensable si l’on ne veut pas que cette dérive se poursuive.

Il est clair que dans le contexte actuel de sur-administration aveugle et sourde qui conduit à des dépenses absurdes, des agences à tous les coins de rue, si l’avenir est une nouvelle fois orienté et contrôlé par une abondante bureaucratie, nous ne pourrons pas redresser l’industrie française.

L’industrie est l’affaire des industriels

Ma thèse est  « l’industrie pour et avec les industriels ». C’est à eux de vouloir, de mesurer les possibles et de convaincre les investisseurs. Les pouvoirs publics peuvent exprimer des vœux, mais rien de plus. Quand on entend ceux qui pensent qu’il suffit d’un peu d’argent pour avoir des batteries modernes pour véhicules, des vaccins contre le coronavirus, des panneaux photovoltaïques, on prend peur.

L’argent sera dépensé, il y aura toujours des margoulins sympathiques et de bons acteurs de théâtre, mais il n’en sortira rien car il faut s’appuyer sur des industriels qui mettent leur tête sur le billot et ont le goût du risque avec la compétence et le savoir-faire associés. La bureaucratie adore les formulaires, les tableaux Excel et les résultats chiffrés. Mais la réalité de l’industrie, ce n’est pas la satisfaction de la bureaucratie.

Enfin, quelques décisions significatives sont à prendre pour que le monde de l’industrie reprenne confiance dans son pays : laisser ouvert Fessenheim et redire que la France a confiance dans son secteur nucléaire, profiter du désastre General Electric pour reprendre en main Alstom Énergie avec les turbo-alternateurs Arabelle et les turbines hydrauliques, abandonner le programme désastreux des éoliennes qui diminue la compétitivité énergétique du pays en important un matériel cher à l’intérêt dérisoire, arrêter le programme européen démentiel de décarbonatation accélérée… Penser industrie à chaque fois que l’on veut prendre une décision quel que soit son intérêt par ailleurs.

L’industrie a besoin d’un État à bonne stabilité émotionnelle, au fonctionnement conséquent avec des règles simples et des procédures automatiques. À chaque fois que l’administration veut penser et agir au nom de l’industrie, elle se plante. Par exemple, nous n’avons pas besoin de l’exposé d’une doctrine publique sur l’introduction du digital et du numérique dans nos entreprises, nous sommes ouverts aux techniques nouvelles avant tous les autres, et surtout nous n’avons pas besoin non plus de la multiplication des bureaucraties, autrement dit nous ne sommes pas idiots.

Chaque industriel trouvera pour lui et pour le pays les solutions de  réindustrialisation une fois le cadre fixé, à savoir que l’industrialisation est souhaitée et bien considérée, ainsi que le rapatriement de fabrications. On n’échappera sans doute pas aux effets d’aubaine de quelques requins, mais si le but est bien de revenir à 20 % du PIB, ces écarts de conduite seront minimes si le sentiment patriotique dans le pays et dans les entreprises revient à la surface.

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  • jacques lemiere
    14 avril 2020 at 6 h 44 min

    industriel est devenu un qualificatif qui permet de donner une connotation négative à un produit..

    • jacques lemiere
      14 avril 2020 at 6 h 45 min

      et le profit une horreur..il faut donc mettre sa tête sur le billot pour l’amour du risque.

      • le problème majeur c’est d’avoir la très nette impression de travailler pour le roi de Prusse et si ce n’était qu’une impression, mais non !

  • Notre « état de guerre » devrait justifier une remise à plat des obstacles en partant du fait que la « nécessité devrait faire loi ».
    Nettoyage par le vide des obstacles…y compris réglementaires et fiscaux.
    Pour beaucoup d’industries, notamment chimiques, c’est bien l’écologie qui , en augmentant les coûts de dépollution, à fait jeter l’éponge et délocaliser. Ce n’est même pas le coût de la main d’oeuvre.
    Au lieu « d’emmerder » les français (et européens) avec des normes anti-pollution intenables, des incitations fiscales à rouler électrique donc en grande partie « chinois », on pourrait envisager d’aider les entreprises à produire ici avec une pollution moindre…en laissant le diésel ! Le » jusqu’au-boutisme » est l’ennemi du « mieux ».
    La crise du COVID 19 a pu démontrer que la pollution de l’air, si elle a bien régressée, ne l’a fait que dans des proportions bien moindre que l’on aurait pu l’attendre sauf à se passer de chauffage, d’épandage agricole et de ??

    • Jerémy Lapurée
      14 avril 2020 at 7 h 06 min

      En effet, alors que le trafic routier est accusé de tous les maux, particulièrement ceux des particules fines, on vient de découvrir, ce que d’aucuns feignaient d’oublier : le trafic routier dans sa totalité (voitures, poids lourds, etc) c’est 14 % seulement des émissions de PF ! C’est le plus faible contributeur à ce type de pollutions…
      Pollutions dont les pics récents dans la zone nord de la France s’expliquent aussi par des sources étrangères…

    • D’autant plus que si on veux réellement avoir un impact écologique il faut garder les industries sur un territoire que l’on contrôle.
      Délocaliser dans des pays ou il n’y aucune norme est aussi hypocrite qu’inefficace.

      • D’ailleurs question hypocrisie , les chinois n’acceptent plus les déchets de pays « vertueux » comme la France.

    • Le problème c’est que sans norme anti-pollution, on aurait encore ce diesel au souffre qui noircissait les villes et les poumons + le monoxyde de carbone. Les normes c’est utile mais ça se négocie en comité de normalisation, ça ne se décide pas en ministère.
      Si on avait d’abord industrialisé le pays pour développer nos panneaux solaires, nos batteries… les aides publiques ne seraient pas parties en Chine directement.
      Déjà arrêter de dévaloriser l’industrie comme cela se fait à l’école depuis 40 ans. Remplacer Germinal et les temps modernes dans les esprits. Ce serait un bon début.

      • Ce qu’on observe de plus en plus , c’est que ce n’est plus les normes qui tire les entreprises vers l’écologie , mais la demande de leurs clients.
        Les entreprises se doivent d’être « responsables » et le faire savoir.

  • Jerémy Lapurée
    14 avril 2020 at 6 h 59 min

    En accord total avec la nécessité absolue de re-industrialiser le pays, et pas uniquement sur le matériel médical.
    Un bémol cependant pour les causes de notre hémorragie industrielle. C’est important pour comprendre éventuellement comment agir en sens inverse. Les 35 h n’ont rien à voir avec cela. Tous les pays de l’Europe occidentale, sauf un, l’Allemagne, ont connu la même évolution. Ce constat dédouane les 35h. Mais pas que : l’idéologie de la désindustrialisation -et sa concrétisation – remonte à bien avant la fin des années 90.
    Ce double constat dédouane probablement aussi la bureaucratie tant nationale que supra-nationale. Comment avec les mêmes contraintes bruxelloises, l’Allemagne est-elle restée un grand pays industriel ?

    • Ce que vous dites est faux, sauf à amalgamer des choux et des carottes.
      Si presque tous les pays européens ont suivi la même tendance, la pente de la désindustrialisation n’est pas du tout la même partout. Pays de l’est, Italie, Espagne , Pays-Bas, Angleterre, Suisse, etc connaissent tous un secteur industriel proportionnellement bien plus fort qu’en France.
      Quant à la bureaucratisation de notre pays, elle s’est amorcée bien avant les années 1990.
      Donc oui, la responsabilité politique est majeure dans cet état de fait.

    • Comment ?

      Ci-dessous un article de 2018 paru dans ‘Deutschland.de’ (traduction google):

       » Le cœur de l’économie allemande bat dans la classe moyenne.
      Il s’agit d’entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 50 millions d’euros et de moins de 500 salariés.
      Les petites et moyennes entreprises comptent 99,6% des entreprises allemandes.
      Plus de 1 000 d’entre elles sont des soi-disant «Hidden champions», souvent des leaders du marché mondial peu connus.  »

      https://www.deutschland.de/de/topic/wirtschaft/warum-ist-die-deutsche-wirtschaft-so-stark-sieben-gruende

      • Ca explique pas mal de choses, les grandes entreprises sont moins bien gérées et sont moins dynamiques en plus d’être soumise aux caprices de la bourse, d’où un besoin de se lier avec l’état de façon plus ou moins honnête.

    • Les 35 heures ont été une catastrophe pour tout à commencer par l’hôpital qui a été complètement désorganisé, les heures supplémentaires ont été non pas payées mais mise dans un compte épargne temps qui est une véritable bombe à retardement, etc..
      Etant chef du personnel dans une DDE de 950 personnes, avec trois adjoints, nous avions du travail pour occuper les 39 heures. Avec les 35 heures et les RTT il a fallu s’organiser lorsqu’un partait en vacance ou en RTT, on a mis en place un cahier où celui qui partait notait les affaires urgentes à régler et les confiait à l’un d’entre nous en plus de son travail, etc..

      • Les 35 heures ont rompu le lien entre la conscience professionnelle et une vie meilleure hors du travail. Elles ont donné l’idée que le travail n’était pas un moyen d’accomplissement à part égale avec les loisirs, mais une sorte d’impôt que percevaient certains en parallèle avec le fisc, suivant des règles injustes.

        • Je pense que le lien a été rompu fin 70, un chômeur est passé de « fainéant » à « gars qui a pas de chance », puis lentement à « il a tout compris il profite » sous Mitterrand.
          La différence de vie entre une personne qui travaille et une qui ne travaille pas n’est pas assez importante.

      • Jerémy Lapurée
        14 avril 2020 at 13 h 27 min

        Ce n’est pas à cause des 35 h que nous avons détruits notre stock de masques FFP2… Ni décidé d’avoir le même taux de lits de réa pour 100000 h que l’Espagne ou l’Italie…
        Merci de ne pas tout mélanger. Ce serz utile pour savoir comment reindustrialiser le pays.

  • Pour reindustrialiser…. Il faut. :
    Des hommes et un circuit de distribution à faible cout.
    Il n’y plus d’hommes pour bosser dans une usine et tous les bénéfices sont captes par la commercialisation
    Conclusion, on n’a absolument pas besoin d’industrie, laissons ça aux chinois aux indiens ou aux asiatiques, ils ont les bras, nous avons encore la tete

    • Les usines du futur seront robotisées au maximum, c’est fini l’époque des temps modernes.
      Et les bénéfices iront a ceux qui capteront les marchés. Made in China n’est pas parti pour être vendeur.

  • La petite bête
    14 avril 2020 at 8 h 13 min

    Monsieur, on aimerait bien vous voir à la place de Bruno Le Maire…

  • Il ne faut surtout pas aider les industriels. Il faut juste arrêter de leur nuire.
    Le coût des salaires n’est pas un obstacle à l’industrie française. Le coût des prélèvements sur les salaires en revanche est un sacré frein.
    Les normes, et pas que les normes anti pollution, sont stupides et contre productives. Elles sont graves dans le sens où elles sont souvent juste protectionnistes, à l’encontre non pas des chinois mais de nos partenaires européens. Il faut désétatiser l’industrie et elle renaîtra.

    • Les normes permettent la concurrence et la baisse des coûts. Imaginez si les piles n’étaient pas normées, vous seriez forcé d’utiliser les piles du constructeur au prix qu’il le souhaite.
      Quand on voit les secteurs non normalisés on voit mieux le problème : encre d’imprimante, écran ou batterie de smartphone, pièces détachées diverses.

      • ne pas confondre normes négociées par les secteurs économiques et les spécialistes pour faciliter les choses (ex : le conteneur) et normes pondues par des administrations nationales ou européennes à but politique (ex émission de CO2 des automobiles).

  • Juste avant le confinement, je tombe sur un article du canard local où un élu d’une ville voisine « posait des questions sur la technique de blanchiment des serres agricoles par hélicoptère ». Technique responsable selon lui, d’avoir tué des poissons. Trop grave.
    Renseignement pris, cet « élu », est inspecteur à la DREAL (direction environnement).
    J’imagine la bienveillance de ses inspections auprès des maraichers, pourtant grands pourvoyeurs d’emplois dans la région…

  • Autrement dit: que l’Etat laisse travailler les industriels et plus généralement qu’il cesse d’intervenir sans cesse dans l’économie. Son rôle est d’assurer la sécurité et le droit.

  • Les obstacles principaux à l’indutrie hexagonale sont:
    1. le socialisme et toutes ses idéologies mortifères, écolos notamment
    2. les ronds de cuir et leur kyrielle de cerfas, de normes idiotes et de règlements absurdes
    3. les normes européennes venant des même idéologies mortifères, à commencer par REACH, une abomination parmi toutes les abominations euro-bruxelloises.
    Vous voulez une indutrie florissante:
    – supprimer les DREAL
    – virez 2 fonctionnaires sur trois dans le back-office
    – retour aux 40h/semaine et à la retraite à 65 ans
    – supprimez toutes les aides aux syndicats qui ne devront vivre que des cotisations de leurs adhérents
    – accessoirement supprimez toutes les ARS, ainsi que l’ANS

    Et vous verrez le pays refleurir, l’indutrie se développer et le plein emploi arriver au bout de quelques années.
    Nota: bien évidemment, cela tient du rêve car il faudrait une révolution pour obtenir ces résultats. CPEF.

    • Je partage, mais un politicien qui se présenterait aux élections avec un tel programme n’a aucune chance d’être élu…

      • Un politicien qui se serait présenté aux élections avec pour programme la fermeture de presque tous les commerces et de toutes les écoles publiques gratuites et laïques, le confinement sous cerfa, l’interruption de toutes les hospitalisations sauf celles de ceux qui n’ont pas guéri chez eux — mais bien contaminé –, etc., etc., aurait-il eu une chance d’être élu ? Rien de ce qu’un politicien promet aujourd’hui de faire ne garantit son élection. Un qui garantirait de ne pas obliger à faire ce qui est manifestement contre-productif, et de laisser faire tout ce qui est honnête, même si ça n’est pas orthodoxe, il pourrait créer la surprise.

  • Monsieur Le Floch-Prigent, je partage votre analyse, sauf sur un point. Certes, non négligeable.
    En pointant la responsabilité des économistes (ce qui exclut l’OFCE…) dans la désindustrialisation française, il me semble que vous vous trompez de cible.
    Les pratiquants de la mondialisation (je ne parle pas du mondialisme) n’ont jamais soutenu une stratégie de paupérisation industrielle de la France. Ceux, sérieux, qui ont conçu les concepts de cette évolution non plus. La mondialisation n’est pas exclusive d’une industrie forte. Peut-être même au contraire.
    Parmi les pratiquants de la mondialisation se trouvent tous les individus, dont vous êtes peut-être vous-même. Des individus qui considèrent que l’ouverture des horizons permet de consommer là où leurs besoins pouvaient être satisfaits. Y compris ailleurs si ce n’est pas ou plus possible ici. Ce qui est une évolution que j’estime globalement favorable.
    Parmi ces pratiquants se trouvent aussi des producteurs français qui ont fait le choix d’abandonner leur activité ou d’aller s’installer ailleurs. Vous êtes un grand patron d’industrie. Je ne vous apprendrai donc pas que de tels choix ne résultent pas d’une quelconque idéologie, y compris économique.
    Les entreprises sont parties, sur des facteurs technico-économiques, contraintes et forcées par un environnement qui ne leur permettait de continuer à vivre face à une concurrence étrangère de plus en plus vive.
    Et dans ce décrochage concurrentiel dramatique, le pilonnage systématique de la compétitivité de nos entreprises doit être pointé du doigt. Ce pilonnage est le fait de nos politiques, notamment ceux inféodés à l’idéologie socialisante. La responsabilité de l’Empire du Bien est colossale. Il y a bien sûr les 35 heures, mais aussi la fiscalité, les charges sociales, les contraintes réglementaires ubuesques, le déficit de main d’œuvre (lui-même résultat d’un nivellement par le bas voulu par les mêmes idéologues). Il faut y ajouter un état inquisiteur, les grèves à répétition, quelquefois, le saccage de l’outil de travail et ce fonds culturel qui fait que le patron, le capital, le profit est haï viscéralement.
    Oui, la désindustrialisation française est un drame. Oui, la responsabilité est avant tout politique.

    • Oui. Tout ceci est juste. Il faut le compléter par l’aveuglement idéologique qui a conduit lors de succession sur des 60.000 successions de TPE PME par an sur les 30 dernière années, la disparition de 20 % x 60.000 x 30 ans = entre 300.000 et 400.000 sociétés et autant d’emplois situés souvent en « Ruralité »..
      Les Allemands ont su, il y a longtemps organiser la pérénnité juridique/fiscale des transferts inter générationnel,dans le cadre de « Consortium familiaux »très souples. La France vient de se réveiller en 2020 !!! en modifiant la loi Pacte Dutreil… C’est dire ….

  • Je ne saurais trop vous remercier, Monsieur, pour ce rappel de l’urgence vitale de réindustrialiser la France et de l’indispensable préalable qu’est la réduction au plus strict minimum des exigences réglementaires, véritable garrot qui étrangle notre pays depuis des décennies.
    Ce préalable acquis, cela devrait pouvoir se faire : les talents et les savoir-faire ne manquent pas et je suis même certain que beaucoup des nombreux français qui se sont expatriés pour fuir les nuisances de l’administration française reviendraient alors.

    • Je ne pense pas qu’un délocalisé revienne, car ce qui est le pire problème d’un entrepreneur bien avant le coût du travail, c’est l’instabilité législative et fiscale.

  • « nous ne sommes pas idiots »

    Justement, c’est bien pour cela que les gouvernants vous tiennent le plus à l’écart possible.

  • Ouf !!!
    Après le discours de Macron hier soir, ça fait du bien de lire du concret et des propositions intelligentes !

    • Et toujours ce verbiage interminable, cette excuse de « eux avant moi n’ont pas fait mieux ». Une incompétence abyssale, une impréparation criminelle, une incapacité à se remettre en question. Il s’entoure d’une pléthore de pseudo-scientifiques, il se disperse, consulte à tout va. Ce nullissime n’est entouré que de courtisans béats. Rien de concret : pas de masques, de tests de virologie. Un foutoir innommable sera la sortie de crise, avec sans doute un retour épidémique. Et des mesures stupides qui mettent l’économie en panne.

    • comme d’habitude Macron est dans le flou complet, dans sa campagne électorale pour 2022 avec la fin de son discours.
      Le pauvre homme, il n’a rien d’un général face à un champ de bataille qui exige des décisions et des actes concrets.
      Entre
      – les tests qui ne pouvaient pas être faits par les laboratoires départementaux,
      – les masques qui ne doivent qu’être du ressort de l’Etat comme on a pu le voir avec notamment ces masques commandés par une région et volés par l’Etat sur le tarmac, ou la déclaration d’un pharmacien
      Révélations d’un pharmacien sur les masques : « On nous interdit de nous en procurer »

      On assiste à une centralisation du pouvoir alors qu’on nous clame et parle d’Union nationale, une main mise des conseils scientifiques, des mandarins. C’est écoeurant.
      Il est plus qu’urgent de changer de Président de la république, Macron est soumis aux lobbys, aux financiers qui se moquent de la France et des Français et qui veulent garder leur main mise sur la France, le pouvoir et l’argent.
      Quant à l’après la crise, je ne fais aucune confiance à Macron qui pourra me répéter à l’envi qu’il a changé. On ne change pas un âne en cheval de course. On ne confie pas à un pyromane le soin d’ assurer la mise hors feu d’une maison. Macron n’est qu’un manipulateur, un psychopathe et je ne dis pas merci à ceux qui l’ont élu soit parce qu’il défendait leurs intérêts soit aveuglés et manipulés.

  • Bravo, Monsieur Le Floch-Prigent. Votre constat et vos propositions sont lumineuses. J’espère que vous serez suivi.

  • La reprise des chantiers de l’atlantique a tourné au burlesque avec l’aide du gouvernement Macron, L’attitude face au cov-19, le temps mis pour avoir des masques, des ventilateurs, en France il n’y a plus ingénieurs, ils sont partis en Chine

    • Non ils bossent dans les centres de R&D de société américaines pour lesquels la France donne de gros bonus fiscaux.

  • claude henry de chasne
    14 avril 2020 at 12 h 22 min

    évidement , si vous avez des clients pour payer le prix du travail a la française avec les coûts induits par les normes et les charges , faites le

  • Je suis d’accord à une condition : mettre les fonctionnaires, collatéraux et autres officines pseudo-financières à une distance de plus de 5000 kilomètres

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