Comment l’État vous rend obèse

Si la pyramide alimentaire nous a bien appris une chose, c’est qu’il ne faut pas compter sur l’État pour prendre soin de nous.

Par Bret Scher.
Un article de PragerU

Petite énigme : comment expliquer que depuis que l’État a décidé de nous dire quoi manger, nous sommes de plus en plus gros et malades ?

En 1977, quand l’État a défini les premières recommandations alimentaires, le poids moyen d’un homme américain était d’environ 77 kg. Aujourd’hui, il est de 89 kg. Ce n’est guère mieux pour celui d’une femme, qui passe de 65 à 77 kg. Et nul besoin d’une étude universitaire pour savoir que les enfants ne sont pas épargnés. Regardez autour de vous.

Les conséquences de cette prise de poids sont évidentes : le pourcentage d’Américains diagnostiqués avec un diabète de type 2 – une pathologie pouvant entraîner de sérieuses complications – est passé de 2 % en 1977 à plus de 9 % en 2015. Concrètement, nous sommes passés de cinq millions à plus de 30 millions de personnes touchées.

Comment cela est-il arrivé ?

Tout a commencé dans les années 1950, lorsque le président Dwight Eisenhower fit une crise cardiaque pendant son mandat. Dès lors, la question de la santé cardio-vasculaire est devenue du jour au lendemain une préoccupation nationale. Gardez à l’esprit qu’à cette époque, les scientifiques avaient déjà exploité la puissance de l’atome, décrypté les secrets de l’ADN et guéri des maladies autrefois incurables, comme la polio. Il devait certainement y avoir une réponse scientifique aux maladies cardiaques.

Et réponse il y a eu. Un charismatique chercheur de l’Université du Minnesota du nom d’Ancel Keyes la donna. Il affirmait, à propos des maladies cardiaques que le cholestérol était le grand vilain de l’histoire. Sa désormais célèbre « étude des sept pays » a établi de façon déterminante – du moins dans son esprit – que les personnes consommant de fortes quantités de gras – en particulier des graisses saturées – ont un taux plus élevé de cholestérol et donc des risques plus importants d’attaque cardiaque.

Diminuez votre consommation de matières grasses, et vous réduirez le risque de maladies cardiaques.

Keyes, toujours aussi convaincu, répandit la bonne parole. En tant que membre éminent de l’American Heart Association, il était très bien placé pour le faire. Un seul problème : son étude était de piètre qualité. La taille de l’échantillon était si petite, l’intégrité de la collecte des données si médiocre et les variables du mode de vie entre les pays étudiés si vastes que ses recherches n’avaient aucune validité scientifique. Autrement dit, il a fait valoir une thèse qu’il ne pouvait pas démontrer.

Lorsque certains scientifiques ont remis en cause les affirmations de Keyes, on leur renvoyait systématiquement  des réponses du genre : « des personnes meurent pendant que tu chipotes sur quelques données. » ou encore « il y a de grands bénéfices et aucun risque » à opter pour cette nouvelle façon de manger.

En 1973, l’American Heart Association a fixé la limite de consommation des graisses saturées à 10 % et, en 1977, l’État américain a fait de même. D’où provient cette valeur de 10 % ? D’aucune donnée scientifique. Ce n’était qu’une proposition de la part d’un comité officiel.

Et ce, en dépit de preuves contraires, comme l’étude menée en 1957 sur des employés de la Western Electric Company, et qui ne révélait aucune différence dans l’apparition de crises cardiaques parmi ceux qui consommaient plus ou moins de graisses saturées. En 1981, une étude à plus long terme portant sur les mêmes sujets de cette compagnie a abouti à la même conclusion. Mais ici encore, nul ne voulait l’entendre.

Pour faciliter la compréhension et la diffusion du message dans les écoles, la pyramide alimentaire fut conçue. Oui, la pyramide que vous avez certainement vue pour la première fois à l’école primaire, avec tous les aliments censés être bons à la base, vous indiquant d’en « manger en grande quantité » et les mauvais aliments au sommet, « mangez-en avec modération ».

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Comment sont nourris nos enfants dans les écoles, les troupes militaires dans les camps, les personnes malades dans les hôpitaux, quelles cultures nous plantons et comment nous élevons notre bétail : tout cela se fonde sur ce modèle nutritionnel fallacieux.

Alors que les Américains consommaient moins de graisses saturées – de la margarine plutôt que du beurre, des huiles transformées telle que l’huile de maïs plutôt que de l’huile d’olive, du lait à faible teneur en gras, du yogourt à faible teneur en gras, etc. ils ont aussi commencé à manger davantage de céréales « saine pour leur cœur », exactement comme vous conseillent de le faire la pyramide alimentaire et la version mise à jour intitulée MyPlate.

Alors que la consommation de graisses saturées a diminué de près de 40 %, la consommation de céréales raffinées – des glucides qui se transforment en sucre dans l’organisme – a considérablement augmenté. L’apport calorique total a également commencé à augmenter.

Cela s’est produit en grande partie parce que les entreprises alimentaires ont profité de l’engouement pour les produits à faible teneur en graisse. Elles ont réduit la quantité de matières grasses et augmenté la teneur en sucre. Et puis, tout à coup, les supermarchés étaient remplis d’aliments prétendument sains, faibles en gras et riches en sucre. Et rien n’a changé aujourd’hui. Les aliments riches en sucre stimulent les mécanismes de récompense dans le cerveau et nous donnent envie d’en consommer davantage. C’est comme cela qu’on peut lire sur des paquets de chips : « Je parie que tu ne peux pas en manger qu’une seule ! »

Au final, il en résulte une population de plus en plus obèse avec des problèmes de santé de plus en plus importants, comme le diabète de type 2, un problème qui ne s’améliore pas, mais qui s’aggrave…

Comment sortir de cette spirale infernale

Il existe différentes réponses : pour certains, c’est le régime cétogène ; pour d’autres, cela peut être le régime méditerranéen ; pour certains, c’est le régime végétarien ; et pour d’autres c’est encore autre chose.

C’est à vous de chercher la meilleure solution qui vous convient. C’est là que réside le point essentiel : nous devons assumer la responsabilité de notre propre santé.

Si la pyramide alimentaire nous a bien appris une chose, c’est qu’il ne faut pas compter sur l’État pour prendre soin de vous.

Je suis le Dr Bret Scher, cardiologue pour PragerU.

Bret Scher est cardiologue certifié exerçant à San Diego. Expert en lipidologie, son expérience de praticien l’a rapidement convaincu des bienfaits d’un régime pauvre en glucides. Il tient par ailleurs un site internet, et est directeur médical sur DietDoctor, où il partage ses connaissances via articles ou podcasts.

Traduction Brice Gloux pour Contrepoints.

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