Les enragés de l’impôt

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Eine ausgepresste Zitrone vor weißem Hintergrund By: Marco Verch - CC BY 2.0

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Les enragés de l’impôt

Publié le 1 mars 2019
- A +

Par Simone Wapler.

Le Figaro du mardi 26 février 2019 :

À l’image de Jacqueline Gourault, favorable à la création d’un impôt universel sur le revenu, ministres et parlementaires sèment le trouble en multipliant les propositions sur la fiscalité.

Ce gouvernement, comme tous les précédents, rassemble des enragés pris d’une frénésie taxatrice. Il oublie aussi que les Gilets jaunes des débuts ont envahi les ronds-points parce qu’ils avaient eux aussi la rage de l’impôt.

Comment en sommes nous arrivés là ? Par idéologie. L’impôt, en France est devenu idéologique.

Nous sommes champions du monde de la pression fiscale, nous sommes champions de la dépense publique. Faut-il rappeler que dépenses publiques et pression fiscale sont liées ?

Notre taux de chômage est l’un des plus élevé de l’OCDE, notre croissance est atone. Le niveau de notre Éducation nationale ne cesse de baisser et est inférieur à celui de nombreux autres pays. La mobilité sociale est faible. Faut-il rappeler que niveau d’éducation et mobilité sociale sont liés ?

Voici quelques images pour étayer ce constat.

Poids de la dépense publique rapportée à la taille de l’économie dans les pays de l’OCDE

Source OCDE

Remarquez à quel niveau se situe la Suisse, pays le plus prospère d’Europe qui ne me semble pas dénué de routes, de chemins de fer, où les cadavres de gens mal soignés n’encombrent pas les rues et les chemins, où les vieillards ne meurent pas de faim et les mendiants ne pullulent pas.

Taux de chômage des pays de l’OCDE

Pour ceux qui pensent que davantage d’État, c’est malgré tout la solution au chômage, voici une autre perspective qui vous montre que plus la dépense publique augmente, plus le chômage augmente.

Mobilité sociale

Comme vous le constatez, la France est aussi un cancre en matière de mobilité sociale. Ce n’est pas un manque de moyen. Nous avons, proportionnellement au nombre d’élèves, davantage d’enseignants, de personnel administratif et d’encadrement que l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

Y aurait-il une relation de cause à effet entre pression fiscale et ces lamentables résultats ?

Oui ! C’est ce que démontre une étude de l’OCDE qui n’est pas un organisme sur lequel souffle le vent d’un  néo-turbo-méga-libéralisme échevelé. Au-delà d’un certain seuil de dépenses publiques, tout devient superfétatoire, inutile, stérile…

Cette étude n’est pas une théorie reposant sur une idée fumeuse d’économiste payé par les contribuables et par conséquent favorable à toujours plus d’interventionnisme. C’est une étude empirique. Elle compare ce qui existe. Des faits1.

Les gouvernements des pays membres de l’OCDE dépensent en moyenne 40 % de leur PIB pour fournir des biens et services publics et effectuer des transferts sociaux.
[…]
L’ampleur du secteur public a suscité beaucoup de recherches portant sur la relation entre la taille du gouvernement et la croissance économique.
[…]
Ce papier est une enquête empirique sur les effets de la taille et de la composition des dépenses publiques sur la croissance de long terme.
[…]
Les principales conclusions de cette analyse sont que […]  les plus gros États sont associés aux plus faibles croissances de long terme. Les plus gros États ralentissent également les rattrapages de productivité.

Pensez-vous que l’examen rationnel de tout cela calmerait nos enragés de l’impôt ? Pas du tout ! Parce que l’impôt en France ne se jauge pas à son efficacité ni à son utilité. Il est d’abord et avant tout idéologique et clientéliste :

Ce sont désormais les deux seules finalités de l’impôt en France. Nos enragés de l’impôt de droite comme de gauche font assaut d’ingéniosité pour prendre le pouvoir en s’appuyant sur une majorité d’assistés qu’ils abreuvent de subventions comme de prestations sociales.

La révolte fiscale qu’était initialement celle des Gilets jaunes a prestement été récupérée. Ce mouvement qui désormais occupe les pavés chaque samedi signe l’échec complet de notre État-providence et de notre démocratie. Ils semblent eux aussi être devenus des enragés de l’impôt pour les autres.

Comme système de gouvernement, la démocratie se bafoue elle-même à chaque instant. Toute manifestation dans les rues qui entrave la circulation, tout blocage des routes, toute grève de fonctionnaires qui empêchent ma libre circulation sont foncièrement antidémocratiques, non seulement parce qu’ils attentent au droit du citoyen mais parce qu’ils autorisent des minorités à brimer la majorité. Il paraîtrait évident que, dans une démocratie digne de ce nom, chacun ait les moyens de s’exprimer sans léser son voisin.

— Vladimir Volkoff, Pourquoi je suis moyennement démocrate, 2002

Les enragés de l’impôt passent leur temps à réfléchir à la meilleure façon d’opprimer une minorité pour distribuer leurs larcins à une majorité qui les soutiendra. C’est le syndrome Robin des Bois — qui n’oubliait pas de se payer au passage et vivait de sa redistribution.

Les enragés de l’impôt feraient mieux de réfléchir à comment baisser le poids du curseur de 57 % à 40 % afin de rejoindre les pays les plus prospères.

Quant à leurs électeurs, les enragés de l’interventionnisme étatique, ils devraient avoir honte en relisant la définition de Bastiat :

L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

______

Pour plus d’informations, c’est ici.

  1. The effect of the size and the mix of public spending on growth and inequality economics department working paper No. 1344.
Voir les commentaires (26)

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  • Est-ce que la collecte d’impôts diminue ? , Non donc on peut encore tondre les francais

  • claude henry de chasne
    1 mars 2019 at 7 h 39 min

    de toute les façon ceci va devoir s’arreter.. par manque d’investisseurs..
    La dette française est une des plus sure du monde , car l’etat sait faire rentrer l’impôt… quand surgiront les problèmes déstabilisateurs (révoltes) , élus populistes, faillites etc ..là la messe sera dite..
    Ce ne sont pas les politiques qui siffleront la fin de la partie, mais les préteurs

    • Des pays de l’EU poussent à la création d’un budget européen, et donc d’une collectivisation de la dette qui s’en suit.

      Cela peut aussi constituer une porte de sortie pour la dispendieuse France.

      • peut être mais le quantitave easing en place depuis 10 ans fait qu’il y a des masses de liquidités phénoménales à placer. Ceux qui les détiennent doivent trouver des instruments ou les placer et ils se battent pour acheter de la dette française.
        La dernière émission de dettes à 30 ans en février a été sursoucrite plus de 4 fois. Alors clairement la musique n’a même pas encore ralentie.

      • La petite bête
        1 mars 2019 at 14 h 33 min

        Saif que les Allemands ne sont pas d’accord du tout… Et peut-être d’autres.
        C’est ce qui souligne le plus l’absence de nation européenne: il a fallu des siècles pour qu’un parisien accepte de payer pour un auvergnat…

    • le problème c est que les préteurs prêtent a des taux négatifs actuellement, et que cela encourage encore plus les politiques a faire de la dette. Par choix politique, la BCE ne relève pas ses taux et favorise l’endettement facile.

    • Les investisseurs viendront toujours ,ils ont un super client pas très pointilleux sur les devis ou la qualité et plus riche que Crésus lui meme , l’etat

  • « L’impôt, en France est devenu idéologique »

    Pas quand on examine les plaies purulentes de l’anus de ceux qui le paient.

  • La petite bête
    1 mars 2019 at 9 h 17 min

    Il y a toujours des GJ qui demandent moins d’Etat et moins d’impôts.
    C’est tout de même étrange qu’on ne leur donne pas la parole dans les médias ?
    (C’était le cas au début… avant qu’E. Macron les rappelle à l’ordre…)

    • OUI ! les GJ demandent moins d’impôts mais des aides sociales et des retraites correctes mais comment fait-on si certains régimes sont déficitaires voire inexistant (les pensions des fonctionnaires n’est payés que par l’impôt et les taxes).
      Les GJ demandent moins d’État mais plus de services publics… peuvent-ils être clair ???
      Pour avoir plus de Services Publics en payant moins d’impôts, il faut qu’ils demandent très gentiment aux fonctionnaires de devenir bénévoles !

      • La petite bête
        1 mars 2019 at 14 h 35 min

        Quelque chose me dit que ce ne sont as les mêmes GJ qui demandent une chose et l’autre

        • Alors pourquoi des gens qui ont des demandes contradictoires s’enveloppent-ils dans la même bannière ?

        • Où sont ceux-là ? On nous parle sans arrêt des GJ des débuts, pourquoi ne les entend-on plus ? Ils ont bien réussi à se faire entendre, au début ?

      • et au nom de quoi ne pourrait on pas avoir de retraite décente? celles et ceux qui paient des impôts plein pot doivent avoir la retraite qu’ils méritent…ou alors on les sacrifie pour le bien commun des futures générations? trop facile

        • Justement, beaucoup de ceux qui demandent des retraites correctes n’ont pas cotisé pour. Ils veulent un niveau de pension supérieur au montant pour lequel ils ont cotisés.

  • Abraham Maslow disait avec raison que quand on n’a qu’un marteau tous les problèmes ressembles à des clous

    • Ouch ! *ressemblent*

    • Et même quand on a plein de marteaux et pas un seul, comme au gouvernement, et qu’on n’est pas vraiment des problèmes, comme le citoyen lambda, les marteaux penseront qu’on ressemble à un clou et nous taperont sur la tête…

  • Je ne suis pas supporter du Lepenisme, mais si l’on réduisait un peu les aides sociales il devrait y avoir deux effets :
    Réduction des impôts et taxes ;
    Réduction de l’attrait de la France pour les migrants (bien que ce ne soit pas eux qui coutent énormément) !… La France est suffisamment belle avec ses clochers et ses beffrois, elle n’y a pas besoin de minarets en plus.

    • @Jean-M64 : Dernièrement j’avais posté un message expliquant plus ou moins la même chose ( « réduction des aides sociales = réduction de l’immigration nuisible » ) J’en profite pour le poster à nouveau :


      « Parmi les personnes souhaitant immigrer en Occident, il y a grosso modo deux sortes d’individus :
      _ 1 = des individus désirables (bosseurs, honnêtes) qui sont indispensables à la compétitivité de notre économie (par exemple : aux USA, dans la Silicon Valley, plus d’un tiers des scientifiques et ingénieurs sont des immigrés, notamment des indiens et des chinois. Sans eux la Silicon Valley ne pourrait pas rester aussi compétitive.)
      _ 2 = des individus indésirables (capricieux, criminels) qui sont désastreux pour notre économie et qu’il serait suicidaire de continuer à acceuillir.

      Les pays occidentaux comme la France distribuent beaucoup d’«aides sociales» et, par conséquent, attirent inévitablement des immigrés indésirables plutôt que des immigrés désirables. Même si ces pays devenaient extrêmement nationalistes et xénophobes, cela ne leur permettraient pas de parvenir au résultat «A + B» :
      – A = se débarasser de l’immigration indésirable.
      – B = rester compétitif économiquement.
      La seule façon de parvenir au résultat «A + B» c’est d’arrêter de distribuer des «aides sociales», chose que refusent tous les anti-libéraux (qu’ils soient de gauche, de droite, d’extrême gauche ou d’extrême droite.)

      Vous me rétorquerez : certes, si on réduisait en France les «aides sociales» cela cesserait d’attirer l’immigration indésirable, cependant qu’arriverait-il aux Français qui ne peuvent pas survivrent sans ces «aides sociales» ? Qu’arriverait-il aux Français qui ne peuvent par survivrent par leurs propres moyens ? Seraient-ils abandonnés par tout le monde ?

      Pour répondre à cette question demandons-nous premièrement ce qui arriverait dans une France plus libérale (c’est-à-dire une France avec moins d’impôts et de réglementations) aux Français capables de survivre par leurs propres moyens ?
      Réponse : beaucoup d’entre-eux deviendraient de plus en plus riches étant donné qu’ils auraient encore plus d’opportunités de gagner de l’argent, et qu’ils consommeraient des produits moins couteux (bien qu’étant de bonne qualité), et qu’ils payeraient moins d’impots (sur ce dernier point, n’oublions pas que l’inflation est elle aussi une forme d’impot.)

      Deuxièmement, demandons-nous qu’est-ce qui est plus facile à effectuer pour un Français devenant de plus en plus riche que pour un Français restant pauvre ou devenant encore plus pauvre ?
      Réponse : c’est plus facile pour un Français riche que pour un Français pauvre de faire des dons aux Français qui ne peuvent pas survivrent par leurs propres moyens.

      En conclusion, si on réduisait en France les aides sociales, les Français qui ne peuvent pas survivrent par leurs propres moyens ne seraient pas forcément abandonnés par tout le monde. D’une part ils recevraient des dons de la part des Français capables de survivre par leurs propres moyens, et d’autre part ils profiteraient comme tout le monde de produits moins couteux. Parmi ces produits se trouveraient d’ailleurs toutes sortes d’assurances maladies, assurances retraitres, etc… Car le libéralisme n’est pas en soi opposé à toute cette « protection sociale », il est juste opposé aux monopoles étatiques qui rende cette « protection sociale » plus chère et de moins bonne qualité. »

      • D’accord avec vous commando. En plus, il y aurait moins de pauvres, car leur (petit) revenu serait moins amputé par les aides sociales étatiques et ils pourraient donc s’assurer eux-memes, moins cher qu’actuellement.

  • « Les enragés de l’impôt feraient mieux de réfléchir à comment baisser le poids du curseur de 57 % à 40 % afin de rejoindre les pays les plus prospères. » pourquoi 40% …allons plus loin ce chiffre doit tendre vers 0.

  • C’est la faute des pauvres ..et oui même sans payer d’impôt l’état les taxe un maximum..alors en bon éleveur qui veille sur son bétail il lui donne le necessaire pour survivre a la traite ,c’est ça son aide sociale , rien de plus.

  • Merci Mme Wapler, mais je désespère… car si l’impôt n’est plus qu’idéologique et clientéliste, alors il est clair que les dépenses publiques ne baisseront jamais…

  • Question : « on voit bien que plus la dépense publique augmente, plus le chômage augmente ». Qu’est-ce qui démontre que ce n’est pas l’inverse, à savoir que la dépense publique augmente parce que le chômage augmente ? (ce qui serait aussi cohérent, augmentation des aides du fait de l’augmentation du chômage)

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