La « démocratie addictive » est-elle une démocratie ?

L’interventionnisme économique a progressé de façon rampante, et le résultat est une situation de quasi-assistanat des citoyens.

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La « démocratie addictive » est-elle une démocratie ?

Publié le 23 juillet 2018
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Par Patrick Aulnas.

La France n’est pas seulement championne du monde de football. Avec des dépenses publiques représentant 57% du PIB elle est également championne du monde de la dépense publique.

Pourtant, il règne aujourd’hui une quasi-unanimité politique et médiatique sur le rôle économique de l’État. Politiciens de droite ou de gauche colportent ici et là une parole publique assez consensuelle. Il s’agit toujours de répartition ou d’efficience, jamais de sélection. Comment faire face plus efficacement aux missions de la puissance publique ? Voilà la question récurrente.

L’autre question, plus fondamentale, n’est jamais posée : que doit faire l’État, que doit-il laisser à la libre initiative des individus ? Sujet tabou.

L’interventionnisme généralisé

Pour en arriver à la situation actuelle, aucune révolution n’a été nécessaire. Il a suffi d’accoutumer citoyens, corps intermédiaires et monde associatif à la dépendance à l’égard de l’argent public. Il s’agit d’une addiction stimulée par l’ensemble du monde politique et la technocratie publique.

Au fil des décennies, la drogue a été distribuée à des doses de plus en plus élevées entraînant un syndrome très particulier. Le corps social malade ne cherche plus à réagir par ses propres moyens, il demande à bénéficier de la potion magique que constitue l’énorme masse financière des dépenses publiques.

Il est intéressant de constater la naïveté plus ou moins feinte de certains élus ou fonctionnaires dans ce domaine. Au niveau communal, il est devenu banal de lire dans la publication périodique diffusée par chaque mairie que l’équipe municipale est une virtuose de la chasse aux subventions. Tel projet d’investissement ne coûtera « que 30% » de son montant à la commune. Le reste sera payé par l’État, la région, le département ou tel ou tel établissement public. Le contribuable communal étant aussi contribuable régional, départemental et étatique, une telle affirmation frôle le mépris pour le citoyen que l’on représente. Mais cela fonctionne.

Faire payer partiellement les autres collectivités publiques est ainsi présenté comme une immense victoire. Pourtant cette victoire alourdit indirectement la charge fiscale globale des contribuables communaux.

On sait également que tout le petit monde de l’économie sociale et solidaire vit largement de subventions publiques. Mais pas que… Quiconque a pu examiner de près le passif du bilan des entreprises françaises ou les produits de leur compte de résultat sait que nombre d’entre elles bénéficient de subventions publiques. L’addiction est donc générale et finalement assez consensuelle.

La retenue à la source des cotisations masque leur lourdeur

Les charges sociales sur salaires constituent un exemple historique de la méthode politico-syndicale d’accaparement de l’argent des autres. Depuis la seconde guerre mondiale, le montant de ces charges n’a jamais cessé d’augmenter. Les séries longues de l’INSEE nous renseignent très bien à ce sujet. Ainsi, les taux de cotisations ont évolué comme suit :

Une telle évolution n’a été possible qu’en masquant habilement son impact financier. Si le choix avait été donné aux citoyens, il ne fait aucun doute que la situation serait profondément différente. Deux modalités de prélèvement doivent être mises en évidence à cet égard : le prélèvement à la source des cotisations sociales et la dissociation des charges dites salariales et patronales.

Le salarié ne connaît pas vraiment son salaire brut de brut (avant toutes les cotisations obligatoires) puisque c’est l’employeur qui paye les cotisations sociales à divers organismes. Le montant de ces prélèvements, calculés sur le salaire brut, est décidé politiquement.

Une simple suppression de la retenue à la source modifierait radicalement la problématique. Le salarié percevrait la totalité de la charge supportée par l’entreprise (charges patronales comprises) et verserait lui-même les cotisations aux organismes concernés. Sa réaction serait évidemment négative face au montant exorbitant demandé et la classe politique devrait en tenir compte.

Mais les salariés sont totalement privés de cette liberté. Ils sont devenus prisonniers d’un système qui leur enlève toute liberté de choix dans le domaine de la protection sociale afin d’accorder un pouvoir considérable à un nombre très réduit de politiciens et de syndicalistes.

Les indépendants sont beaucoup plus conscients du coût de leur protection sociale car ils connaissent leur chiffre d’affaires et peuvent apprécier le niveau des prélèvements réalisés par leur expert-comptable. D’où leurs protestations constantes contre la lourdeur écrasante des charges sociales.

Le subterfuge des cotisations patronales

La seconde façon de cacher la réalité au grand public repose sur la distinction des charges dites patronales et des charges dites salariales. La vérité toute simple est que chaque mois l’entreprise comptabilise en charges le salaire brut plus les cotisations patronales. Le total des cotisations est ensuite versé aux organismes sociaux, y compris celles retenues sur le salaire brut.

Cette distinction de deux types de cotisations a permis d’entretenir une légende : c’est le patron qui paye les cotisations patronales. Le salarié ne se sent concerné que par les retenues sur salaires. En fait, le salaire réel est la charge globale supportée par l’entreprise (salaire brut + charges patronales), toutes les cotisations étant le résultat de choix collectifs imposés politiquement.

Syndicats de salariés et organisations patronales peuvent ainsi se chamailler sur la répartition des charges sociales entre cotisations patronales et salariales, laissant toute liberté au pouvoir politique d’effectuer l’arbitrage. Ces manœuvres ont permis d’imposer quasi-clandestinement un système à l’ensemble des Français avec la triple complicité des politiciens, des syndicalistes et de la haute administration. Au terme de l’évolution, une petite élite gère 750 milliards de dépenses sociales et la liberté de choix des citoyens dans ce domaine est quasiment nulle.

La dictature économique d’une petite élite

Les prélèvements fiscaux ont obéi à une logique assez proche, la complexité entraînant l’opacité. Les besoins à satisfaire étant par définition infinis, il a suffi de conditionner le public à l’assistanat politique pour accumuler du pouvoir. Politiciens de droite et politiciens de gauche ont toujours répondu positivement aux demandes de la population. C’est une des faiblesses de la démocratie représentative, qui conduit le candidat à un mandat électif à caresser l’électeur dans le sens du poil, comme cela se pratique couramment avec les chiens.

On en arrive, après environ 70 ans, à une situation où tout besoin émergent relève presque nécessairement de la sphère politique. Par exemple, le problème de la dépendance liée au grand âge représente un défi pour l’avenir. Mais alors que l’on est incapable d’équilibrer l’assurance-maladie, il est question d’ajouter une cinquième branche à la Sécurité sociale pour couvrir ce risque de dépendance. Il est évident qu’un tel projet ne peut aboutir qu’à de nouveaux prélèvements croissants et à de nouveaux déficits.

En transformant les citoyens en assistés, les responsables politiques, syndicaux et administratifs accroissent considérablement leur pouvoir. Ils prélèvent des sommes gigantesques et décident de leur affectation. Ce pouvoir confisqué aux citoyens appartient à quelques milliers de personnes qui profitent du principe de la violence légale pour disposer de pouvoirs économiques exorbitants.

L’interventionnisme rampant

L’interventionnisme économique a donc progressé de façon rampante depuis la seconde guerre mondiale : augmentation lente des taux, prélèvements à la source peu perceptibles, promesses politiques réitérées de prise en charge de n’importe quel problème. Le résultat est une situation de quasi-assistanat des citoyens. Cette servitude volontaire semble avoir de beaux jours devant elle car personne ne s’intéresse vraiment à cette question pourtant cruciale, à part quelques libéraux. Une démocratie d’assistés est-elle vraiment une démocratie ?

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  • Merci pour cette brève explication de l’origine du pognon de dingue.
    Reste à trouver l’antidote.

    • @ mc2
      Il n’y a pas d’antidote! (Comment revenir sur 70 de législation?)
      Mais beaucoup vous diront qu’il n’y a pas de poison non plus, puisque « le monde entier envie votre système »!

      • Tout ceci car nous sommes « le pays des droits de l’homme » et accessoirement de la connerie.
        Un pays en direction duquel il faut immigrer….

  • Bonjour à tous,
    C’est l’unique, la vraie, lancinante et fondamentale question …
    Pendant ce temps, la seule source réelle de progrès, la recherche et ses applications (innovation de biens et services, et investissements y afférents) est totalement en panne en France, avec les conséquences : PIB par tête et IDH stagnants ou en baisse depuis plus de 10 ans …
    https://www.linkedin.com/pulse/science-technologie-richesses-et-progr%C3%A8s-construisons-pierre-tarissi/?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_profile_view_base_post_details%3B66Iz276hQZSnRbmDCZK7Dg%3D%3D

  • un jour tu admets qu’un politique doit mettre un doigt dans l’économie…à cause que pas juste pour toto….à cet instant la machine est en marche…parce que la résolution du problème en crée un autre.. la solution est la faillite.

    • Un traitement fructueux de la question sociale ne réussira (peut être) qu’à ceux qui auront préalablement accepté l’insolvabilité du problème.

  • Tout cela est hélas très juste. C’est difficilement évitable dans un système où la majorité des électeurs a le pouvoir de forcer une minorité à lui consentir des transferts sociaux massifs. Et en plus cela rejoint les souhaits d’une classe politique et de sa nomenklatura qui sont avides de pouvoir et avides de contrôler des flux aussi élevés que possible. Un tel système ne peut pas se réformer spontanément, il faut une crise profonde qui fasse comprendre aux bénéficiaires actuels qu’en réalité eux-mêmes courent à l’abime si le système n’évolue pas. Plutôt qu’une crise on pourrait rêver d’un monde où les individus se mettent à réfléchir et où les politiciens ne caressent pas forcément la majorité dans le sens du poil et défendent inlassablement une politique réaliste. C’est évidemment un rêve et le plus vraisemblable est que la course vers l’abime se poursuivra inéluctablement jusqu’à une véritable crise auprès de laquelle nos crises récentes apparaitront rétrospectivement comme des plaisanteries..

    • On ne pourra traiter la question des transferts sociaux sans traiter celle des privilèges exorbitants alloués aux élus – en place et à vie. Le « pognon de dingue  » que coûtent nos ministres d’un mois et nos ex-présidents fossilisés…

  • Le problème est culturel. On a en France une défiance généralisée à l’endroit de tout ce qui touche à la finance, aux assurances et aux banques (que les financiers, assureurs et banquiers n’ont pas volée, soit dit en passant), et plus largement un rapport problématique à l’argent. Lequel est vécu par beaucoup comme « sale » sachant qu’en-dessous d’un certain niveau de salaire, travailler ne rapporte pas de quoi vivre et se projeter dans l’avenir, on n’évolue plus comme naguère dans les professions faisant appel au manuel, en même temps on voit des rentiers, des actionnaires, les gens des médias, de la pub, du show-biz et du sport engranger des sommes sans commune mesure avec la pénibilité et les contraintes d’un travail qui permet tout juste d’obtenir le salaire médian.

    L’accès à l’emploi des personnes dites « assistées » (par ceux bien nés et/ou à l’abri du besoin qui ne savent pas de quoi ils parlent et se bornent à rabâcher ce qu’ils lisent et entendent sur les media de propagande) est compromis par différents facteurs qui vont de l’accès au logements (loyers trop élevés dans les bassins d’emplois) au défaut de formation, à l’absence de mobilité (posséder un véhicule est désormais au-dessus des moyens du chômeur de longue durée) et à cette cerise sur le gâteau rassis qui est la précarisation des emplois, la généralisation des CDD sanctionnés par des salaires problématiques, sans rapport avec le coût de la vie – situation qui enlise ceux qui la subissent dans la pauvreté et la frustration, et qui à la longue creuse le lit des extrêmes. Comme on ne peut pas vivre décemment avec des revenus inférieurs au Smic, il faut bien suppléer par des aides.

    La mise en place d’un salaire de vie se substituant aux aides existantes et distribué sans conditions de ressources, serait une avancée positive qui contenterait les uns sans mettre les autres en péril – et permettrait de relancer la conso et par là, de maintenir l’économie à flot. On serait effectivement dans le « travailler plus pour gagner plus » que prônait certain, jadis, sans aller au-delà des mots.

    Autre aspect : l’infantilisation des populations et leur surveillance administrative motivée par l’alibi de la lutte contre les fraudes. Si l’Etat alloue des aides sous condition et de ressources et d’isolement, il lui faut investir dans une vérification en flux tendu de la situation réelle des bénéficiaires de ces aides. Ce qui suppose une organisation de terrain. Le flicage des populations est de toute façon une vieille habitude française à laquelle nos technocrates ne sont pas près de renoncer. On le voit avec Macron. Peu importe le « pognon de dingue » que cela coûte à la collectivité.

    Sur le financement des infrastructures par les collectivités locales, l’Etat… Dans un système totalement libéral visant à la seule rentabilité, on imagine bien que des secteurs géographiques entiers seraient voués à la désertification si les institutions publiques ne contribuaient pas à la construction d’autoroutes, la mise en place de dessertes. C’est d’ailleurs déjà le cas.

    La question n’est pas insoluble, elle est complexe en ce qu’elle touche au culturel.
    Un projet libéral susceptible de remporter l’adhésion d’une majorité garantirait la possibilité laissée à chacun de gagner de l’argent par ses talents et ses savoir-faire, et non de promettre aux braves gens un hypothétique « ruissellement » des richesses créées tandis que les politiques menées ne servent que rentiers et actionnaires de multinationales aux bénéfices colossaux. La libre entreprise vs un capitalisme aristocratique distillant ses libéralités et son impunité à ses valets et fidèles serviteurs : autrement dit, le projet européen tel qu’il est en train de s’effilocher.

    • Spring Time,
      Je ne doute pas de votre sincérité mais, vous en êtes à un projet libéral ludique. L’homme n’est pas, de naissance, forcément bon et la vie en société n’est, souvent pas, de nature à améliorer les choses.
      Des évolutions pourraient néanmoins se faire sur la base de compromis et de dialogues constructifs. Cela nécessiterait l’instauration d’une démocratie directe avec contrôle des élus en cours de mandature.
      La Confédération Suisse, de vieille tradition libérale, permet aux salariés d’obtenir des rémunérations nettes 2,5 fois supérieures en moyenne à celles versées en France à qualifications égales.
      Mais, évoluer vers le libéralisme nécessiterait une remise à plat de la constitution obsolète et inadaptée de notre Vème république qui ne pourrait se faire que par référendum…

      • La pensée libérale sait que l’homme n’est pas naturellement parfait mais le jeu des interactions et des échanges permets d’en atténuer les conséquences. Les autres rééduquent…

      • @Duglandin : Ce qui me préoccupe, c’est de voir un modèle économique intéressant en théorie, mais qui dans la pratique concerne une minorité de nos semblables… au détriment des autres qui ont l’impression que ce seront toujours les mêmes qui feront des profits sur leur dos (les patrons du CAC40 assurés d’un parachute doré même s’ils se plantent, les multinationales et leurs actionnaires…) avec la bénédiction des politiques à leur solde, sous l’égide de Bruxelles qui impose ses directives et qui menace de sanctions quand ça ne va pas assez vite. Directives qui vont toujours dans le même sens : celui de la compétitivité et des profits assurés à quelques-uns. Pour les autres ? l’austérité, l’inflation des charges incompressibles (eau, gaz, électricité, carburants), les restrictions, les taxations.
        C’est ce qui est ressenti par ce qu’un certain Raffarin qualifiait de « France d’en bas » (lui restait poli. Ceux qui lui ont succédé n’ont pas fait dans la dentelle… histoire de bien marquer la cassure entre eux et nous, entre les hors-sol sans autre souci des lendemains que leur réélection et nous, de moins en moins disposés à leur reservir la soupe à chaque scrutin).
        Comment voulez-vous continuer à vendre un tel modèle économique ? On voit ce qui a résulté en Allemagne de toutes ces années d’austérité imposées au nom d’une éternelle dette, et des micro-salaires gagnés à la sueur de micro-emplois imposés à ceux qui ne font pas partie des happy fews du libéralisme (l’immigration y est sans doute aussi pour quelque chose, c’est certain, mais le plan Hartz IV, qu’on aurait bien voulu importer chez nous, tient son rôle dans l’arrivée au pouvoir des extrêmes…).
        Macron est honnête : pour lui seuls comptent les « premiers de cordée », les autres ne sont rien.
        Seulement voilà : les « rien » sont plus nombreux que les « premiers de cordée ». Parmi ces « rien », des gens crédules qui vont succomber aux sirènes des extrêmes, et nous mettre en danger. Mais parmi ces « rien », il y a des gens qui ont des talents, des savoir-faire, des envies de faire, pour eux, pour vivre et faire vivre leur famille, pour leur prospérité et pour apporter aux autres en termes de services et de créativité, et qui se voient opposer des règlements, des lois, du flicage, des démarches sans fin, des restrictions, un parcours du combattant usant au regard de l’enjeu autorisé.
        On parlait beaucoup naguère du rêve américain, de gens partis de rien et devant leur réussite à leur seul mérite, à leurs seuls efforts. Pour moi, c’est à ça que devrait ressembler le libéralisme. Et tant mieux si c’est ludique !

        La démocratie directe devrait être la seule habilitée à répondre à cette appellation. Le contrôle des élus, un référendum de mi-mandat « on les vire/on les garde », seraient à l’évidence une avancée considérable. De même que le mandat unique non-cumulable par définition et non-renouvelable, qui permettrait d’en finir avec le système que nous subissons depuis trop longtemps : élus à vie, copinages, népotisme, élites se renouvelant en vase clos…
        Nous sommes loin du compte.

        • La vision libérale selon laquelle seuls les plus favorisés seraient libres de faire des profits et les autres libres de crever est aussi erronée. Ce sont ceux qui ont les plus faibles rémunérations pour leur travail qui ont le plus à gagner au salaire complet. Le problème est celui des efforts qui ne sont pas récompensés et de la démotivation qui s’en suit, pas que quelques uns réussissent par copinage (et d’ailleurs non sans efforts). Mais la démocratie directe n’est pas un facteur causal de cela, c’est une conséquence. Vos restrictions électorales ne feront que remplacer plus souvent des mauvais par d’autres mauvais. Vu le peu de bons gestionnaires en politique, il les expulserait même au profit d’incapables ! Le problème de la démocratie, ce sont les électeurs qui font les pires choix qui soient pour leurs intérêts, ce sont eux qu’il faut travailler au corps afin qu’ils donnent leur chance à des bons gestionnaires, lesquels seront forcément plus libéraux.

          • @MichelO : « La vision libérale selon laquelle seuls les plus favorisés seraient libres de faire des profits et les autres libres de crever est aussi erronée ».
            Peut-être, mais c’est bien cette vision qui prévaut, et dans le ressenti des gens et dans les propos tenus par l’actuel président.
            D’ailleurs, comment voulez-vous vous engager dans quelque activité que ce soit sans disposer au départ d’une certaine somme d’argent ? Vous pouvez avoir toutes les bonnes idées du monde, les projets les plus innovants, si vous n’avez pas le premier sou, vos projets resteront à l’état de projets, personne ne vous prendra au sérieux. Des vocations artistiques, des créativités technologiques, des savoir-faire originaux, des idées de génie partent ainsi en fumée, dilués dans les CDD besogneux, effilochés dans de l’associatif sans issue.
            En matière d’élections, reconnaissez qu’on n’a pas trop le choix. Des énarques ou des énarques ou des contre-programmes démagogiques, le grand projet européen à base de dette, d’austérité et de règlementations drastiques comme horizon indépassable.
            On est peut-être quelque part dans une avant-garde, mais les autres, à chaque élection, privilégieront ce qu’ils estimeront être les moins pires, le choix du pire étant celui des suicidaires de la démocratie élective. Restent ceux qui ne se reconnaissent en les uns ni en les autres, pour qui le bulletin électoral n’est qu’un bout de papier privé de sens.

            • Le post est intéressant. Le mouvement libéral est perçu en France comme la volonté de certains de bénéficier d’avantages indus et de prérogatives abusives. Une telle perception du libéralisme ne peut que susciter un mouvent de rejet.
              Mais, comme l’affirme MichelO, le libéralisme bien compris ne consiste nullement à permettre aux uns, de réaliser des profits et, aux autres, d’être libres de crever.
              Au contraire, dans un système libéral, chacun doit trouver le positionnement correspondant à ses souhaits, en fonction de sa compétence et son aptitude à s’investir dans sa profession.
              N’oubliez pas que le taux d’affiliation syndical des salariés dépasse 85 % dans certains cantons suisses. Dans un tel contexte, le dialogue social est permanent..
              Bref, un régime Étatique libéral doit être basé avant tout sur des critères d’équité, d’harmonie et de liberté. Le pouvoir Étatique doit alors se limiter à un rôle de régulateur et d’arbitre…
              Comme le reconnait Spring Time, la démocratie directe, qui est à mon sens l’âme du libéralisme, permettrait une avancée démocratique considérable pour notre pays surtout, si cela était associé au suffrage proportionnel. Le taux de l’abstention électorale serai réduit à la portion congrue.
              Quitte à « barber » certains, je pense que le modèle helvétique – à améliorer – pourrait constituer une base de copier-coller intéressante…

            • Vous avez raison. L’image du libéralisme en France est faussée/amoindrie par le fait que ceux dont la voix porte le plus haut limitent souvent sa promotion à son versant économique…
              Macron n’echappe pas à cette règle en se montrant plein de témérité sur les réformes économiques (le plus souvent, ne soyons pas dupes, imposées par Bruxelles) et excessivement discret voire absent sur les aspects sociétaux du libéralisme. La France ne brille guère par son rôle de premier de cordée sur les évolutions en matière de consommation de cannabis, par exemple. Non seulement il reste pénalisé mais la sanction risque dans les faits de s’alourdir avec l’amende forfaitaire.
              Voilà sans doute pourquoi le pékin moyen a du mal à comprendre ce qu’il peut gagner avec ce libéralisme là. D’un côté, il voit venir la fin d’une certaine régulation dont il a du mal à percevoir les bénéfices pour lui, ses filets de protection lui sont retirés petit a petit… De l’autre la pression réglementaire sur ses comportements et sa vie quotidienne est amplifiée, plus de contrôle, plus de taxes, plus de contraintes.

              • @Duglandin & Guido : Je pense qu’une confusion est délibérément entretenue en France par nos énarques, entre libéralisme-bruxello-CAC40 et un conservatisme réac propre à s’allier les voix d’une frange électorale qui va du propriétaire terrien au rentier baby-boomer, en passant par le bourge-catho-attaché-aux-valeurs et le beauf nationaliste, xéno, homophobe, etc – une large palette que se disputent actuellement les partis LR et d’extrême-droite.
                On est donc très loin du libéralisme en tant que philosophie, modèle et praxis, que tous deux avez excellemment résumés.

              • @Duglandin & Guido : J’avais répondu à vos commentaires mais le post a dû sauter, fausse manoeuvre, peu importe.

                Ce que j’exprimais, c’est que nos énarques semblent cultiver délibérément une confusion dans l’opinion entre modèle libéral et conservatisme réac, d’où ce rapport conflictuel au libéralisme, par le grand public assimilé à la dette, à la technocratie, aux directives de Bruxelles, aux bénéfices des entreprises du CAC40, aux parachutes dorés de leurs dirigeants, aux délocalisations, aux plans sociaux, à la précarisation des emplois. Le volet conservateur-réac, centré sur un système de valeurs où se reconnaîtront le propriétaire terrien, le baby-boomer, le bourgeois de province catho, le retraité passéiste, le beauf xénophobe-homophobe, étant sensé s’allier les faveurs de cette large clientèle électorale convoitée par le binôme LR et RN – ex-FN.
                La « gauche » se veut en rupture avec ce conservatisme-réac, c’est son job, tout en suivant à la lettre les directives bruxelloises. Et on obtient le cocktail macroniste, ni gauche ni droite ni « ailleurs » (référence qui parlera aux anciens), et au bout du compte, nulle part.
                Le libéralisme que tous deux décrivez excellemment en tant qu’idéal, philosophie, praxis, projet de société et non plus seulement projet économique, est en effet absent des discours de nos énarques, et pour cause : ils sont formés à administrer et non à libérer, à créer des dépendances et de l’infantilisation et non à susciter une initiative individuelle par ailleurs honnie par notre culture (du fait de ses vieux conditionnements collectivistes), à cultiver une morale imposée à des fins électoralistes – morale à laquelle ils se gardent bien d’adhérer -, à surveiller et à punir, dirait Foucaud, dans l’arbitraire qui est en quelque sorte la carte de visite de l’Administration française, à entretenir une mémoire révisionniste (on ne garde que ce qui nous arrange, le reste on le passe sous silence, exs : le gaullisme amnésique du préfet Papon et de l’exil la queue basse à Baden-Baden et en Irlande, ou plus récemment, 68 dont on préfère oublier la profonde cassure entre mouvements étudiant et ouvrier), bref… On vous dirige sans jamais vous consulter puisque vous nous avez élus et que c’est ça la démocratie, on pense pour vous d’abord et ensuite on vous explique ce que vous devez penser, on vous inflige le sauvetage de la planète à grand renfort de taxes et d’histoires tordues de mégots et de pailles en plastique, on décide pour vous que vous devez jeter votre vieille caisse si elle ne franchit pas le contrôle technique macronien, et tant pis si vous n’avez pas 10.000 balles à consacrer à l’achat d’une roumaine low-cost et que privé de bagnole, vous risquez de perdre votre boulot… le reste à l’avenant.
                Il ne faudra pas s’étonner ensuite si le scénario du vote « utile » se reproduit ad nauseam ou si le vote-sanction suicidaire finit par aboutir.

                • @SpringTime
                  Bonsoir,
                  « On vous dirige sans jamais vous consulter… vous risquez de perdre votre boulot… le reste à l’avenant. »
                  Tout à fait. Du jour au lendemain, il a été décidé que ma voiture de 25 ans d’âge était interdite dans les villes. On a aussi décidé qu’elle dévait passer un contrôle pour vérifier que je ne la garde pas trop lontemps et pour que je la jette lorsque son C.T serait dépassé. Finalement, elle a décidé de claquer toute seule. Du coup, il va me falloir un autre véhicule. Et je suis loin d’avoir 10.000€. Déjà, sortir un smic pour la payer il y a 4 ans a été duraille, mais là, les voitures qui passent ou passerontront le nouveau C.T, à 80€, vont se vendre plus cher (normal, elles ont un atout de plus et elles vont être plus rares). Je suis en joie.

  • Tout dépend de la signification du mot démocratie.
    Le système actuel conduit à l’instabilité en remettant tout à plus tard, au risque d’instaurer une dictature.
    Avec un léger raccourci, on pourrait déduire que c’est un régime compatible avec la dictature, sinon que c’en est l’antichambre.

    • Peut-on parler de démocratie dans un pays où les élites se reproduisent en circuit fermé, où tout se passe par cooptation quel que soit le milieu où on évolue, où il n’est d’égalité des chances que dans les textes ? Un pays de chasses gardées…

  • Très bonne description de la perversion du système. Et comme si cela ne suffisait pas on en rajoute une couche avec la transition énergétique.

  • « Ils prélèvent des sommes gigantesques et décident de leur affectation. Ce pouvoir confisqué aux citoyens appartient à quelques milliers de personnes qui profitent du principe de la violence légale pour disposer de pouvoirs économiques exorbitants. »

    Ces 2 phrases résument parfaitement notre triste condition et la pseudo-démocratie dans laquelle nous vivons, à savoir la spoliation de notre propriété et le culte de l’interdit.

  • Il n’y a pas de démocratie en France.
    L’addiction est celle des parasites agrippés au « pognon de dingue » des autres, « qui ne coûte rien, c’est l’Etat qui paie. »

    « que doit faire l’Etat, que doit-il laisser à la libre iniative des individus ? »
    Dans notre contexte politique actuel, l’Etat ne veut rien laisser aux individus. La Liberté, celle de DDHC de 1789, et celle qui a été scandée en 1945, est un gros-mot de nos jours. La France n’a pas été égalisée en 1945, elle a été libérée.
    L’Etat et les élus ne veulent pas d’individus libres qui peuvent donc prendre des initiatives sans demander une quelconque permission/bénédiction, ou une action du « sommet ».
    « Tout pour l’Etat, tout par l’Etat, rien en dehors de l’Etat. »

    « En fait, le salaire réel est la charge globale supportée par l’entreprise (salaire brut + charges patronales), »
    Le salaire réel que vous décrivez est la vraie valeur du travail montrée par la case Coût Total Employeur sur un bulletin de paie. Ce salaire réel, est amputé de la moitié, en gros. Cette amputation est mise sur le dos des patrons.

    • De plus, le rôle de l’Etat n’est pas de laisser des marges de manoeuvres plus ou moins grandes aux habitants du territoire. Son rôle est de protéger ce territoire, ET ses habitants. La protection des habitants passe aussi par la garantie de leurs droits. S’il se met à étriquer ou étirer les marges de manoeuvres, il doit alorsq marcher sur les droits des habitants, qu’il est supposée garantir.
      On en revient donc à l’article 16 de la DDHC de 1789.

  • merci à l’auteur pour cet article, j’aime bien le passage sur « le subterfuge des cotisations patronales ». C’est aussi l’intuition que j’avais : les pseudo cotisations patronales sont un prélèvement sur le salaire, lequel salaire n’est QUE la contrepartie du travail du salarié. Donc les cotisations patronales sont belles et bien payées par le salarié, ce qui fait monter le niveau d’impôt du citoyen lambda à des niveaux extravagants. Ce problème devraient faire l’objet d’articles spécifique sur l’excellent Contrepoint

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Par Jacques Garello

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