Discours d’Édouard Philippe : les 5 occasions manquées

Le discours d’Édouard Philippe est une occasion manquée, celle de réformer en profondeur le pays pour qu’il puisse affronter les défis économiques, politiques et sociaux de demain.

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Discours d’Édouard Philippe : les 5 occasions manquées

Publié le 5 juillet 2017
- A +

Par Frédéric Mas.

Emmanuel Macron s’est exprimé lundi devant le Congrès, et son Premier ministre, Édouard Philippe, a eu pour tâche mardi de présenter les applications pratiques d’un programme général orienté vers l’« efficacité ». Malheureusement, les propositions phares du collaborateur du nouveau président sont très timides, voire carrément cosmétiques.

La dépense publique effleurée

Ainsi, Édouard Philippe propose 3 leviers pour réduire la dépense publique, consistant à : « stopper l’inflation de la masse salariale dans la fonction publique » ; « choisir et remettre en cause certaines missions » et « repenser les politiques publiques qui pèsent sur nos effectifs ».

Il n’est plus question de remettre en cause le statut exorbitant d’une partie de la fonction publique, qui creuse l’écart entre le public et le privé, et même au sein de la fonction publique l’écart entre le contractuel et le statutaire.

Les deux autres propositions restent vagues, suffisamment vagues pour ne pas compromettre l’autorité directoriale de la haute fonction publique sur la vie publique du pays.

La pression fiscale

Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de réduire la pression fiscale d’« un point de PIB sur 5 ans », sans pour autant expliquer comment cela se ferait sans avoir recours à la dette ou sans la cure d’« austérité » tant redoutée. Pour que la chose soit envisageable, il n’est malheureusement pas possible d’en appeler à un simple ralentissement des dépenses publiques.

La hausse de la CSG

« La suppression des cotisations des salariés financée par un transfert de la CSG redonnera du pouvoir d’achat, dès 2018, à plus de 20 millions d’actifs » pour Édouard Philippe. Ici, nous avons affaire à un classique tour de passe-passe technocratique, visant à faire peser le poids de la dépense publique sur une clientèle plutôt que sur une autre, les retraités plutôt que les actifs.

Il s’agit là d’une mise en application de l’idéologie anti-retraités portée par France Stratégie consistant à ne rien changer en termes de dépense publique, simplement à pénaliser les retraités au profit, très incertain, vus les coûts de transaction de l’appareil bureaucratique, des actifs.

La réforme du Code du travail

Sur le Code du travail, le discours tenu a été suffisamment flou pour satisfaire tout le monde et son chat. Les propos voilés contre l’économie de rente et l’accompagnement des entreprises les plus dynamiques seraient de bonnes choses, à condition d’en savoir un peu plus sur la méthode utilisée.

Seulement ces réformes cosmétiques ne remettent pas en cause le logiciel bureaucratique même du Code du travail, qui met au cœur de son bon fonctionnement le très lourd appareil syndical français.

État d’urgence et terrorisme

Sur le terrorisme, les propos du Premier ministre ont été particulièrement flous, et ont consisté à rappeler la nécessité de trouver un équilibre entre « dureté » et préservation de l’État de droit.

Rien n’a été dit sur la prochaine intégration des dispositifs principaux de l’État d’urgence dans le droit commun, ou la gestion étatique catastrophique de la crise des migrants.

Sur ce dernier point, le Premier ministre semblait plus prompt à chercher à convaincre nos partenaires européens que nos concitoyens. Il eut été sans doute préférable de tenir ici un discours de vérité sur les flux migratoires et leur mauvaise gestion par le politique.

Pour conclure, il est regrettable que le nouveau Premier ministre, et indirectement, le nouveau président, ne soit pas capable de proposer un programme d’action plus adapté à l’urgence de la situation, celle de la banqueroute de notre modèle social et politique.

 

Voir les commentaires (12)

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  • Pfffffsssssttttt….
    TOUT CELA DÉMONTRE QUE NOUS N’ASSISTONS QU’À UN RECHAPPAGE DE L’ÉTAT PS ….
    un rechappage organisé en catastrophe avec de grosses ficelles médiatiques par le gouvernement profond permanent (haute administration, syndicats, justice du SM, journalistes SNJ, capitalistes de connivence,…). Le PS en était la facette politique émergée, cette oligarchie a dû réchapper le systeme vermoulu/éculé en catastrophe en cassant tout ce qui bougeait et en lançant lourdement un produit apparement neuf EM + REM et hop ON A des pneus apparement rénovés mais tout aussi dangereux qu’avant… que les français sont cons !!!

  • csg : +1,7 avec baisse de charges pour les salariés; quid des in dépendants ? On charge encore la barque !! et que va-t-il se passer quand on sait que les TPE sont un des réservoirs de créations d’emplois en France ? Nous sommes dirigés pardes TECHNOCRATES, incapables de penser autrement que les logiciels appris à l’ENA!!! Bref, nous allons continuer à nous enfoncer alors que l’on connait les contraintes qui nous empêchent de sortir de l’ornière : réforme de la fonction publique ,suppression de l’emploi à vie, réforme des régimes de retraite, réalité du travail fourni avec objectifs précis à atteindre; c’est des dizaines de milliards, voire plus qui permettraient de ré injecter dans l’économie privée, avec bien sûr une période difficile à passer. Sans cela, soyez en sûr, nous continuerons à nous enfoncer et les tensions dans le pays seront de plus en plus fortes (vote extrême)

  • On voit déjà que la tergiversation et le temps mis pour faire des réformettes indiquent que les Français se sont fait avoir, comme le plus souvent. Des menteurs ont pris la place d’autres menteurs. Qu’est-ce que cela peut faire d’avoir autant de députés côté pouvoir et surtout autant de femmes. Vont-elles changer la donne. Les entendrons-nous? Sauvez-nous, mes chères dames!

    • Groupe Bellota ou pas, on ne peut pas avoir de l’estime et de la confiance envers un ex-quasi-inconnu qui après avoir dit bien du mal de l’autre ex-quasi-inconnu (il y a trois ans) de cette tragi-comédie rcomme tant de vidéos le prouvent sur la Toile, accepte » d’en être et « re-être » le premier sinistre.

  • L’énarchie a repris le pouvoir. Les discours de Macron, c’était du flan. On ne baissera pas les impôts sur le capital, meilleure façon de relancer la confiance dans notre pays. On ne supprimera pas l’ISF.
    Mais on augmente les impôts sur les retraités, les fonctionnaires et les investisseurs.
    Les plus lucides vous avaient annoncer du Hollande bis.
    Nous y sommes.

  • Tout simplement parce que les énarques n’ont aucune intention de modifier le système qu’ils ont créé!

  • les français ne sont plus dupes ; concernant les bla bla macron / philippe , un français sur quatre a été convaincu ; c’est peu ; concernant les migrants , macron l’a dit fermement : il faut les acceuillir ; au moins , là c’est clair ;

    • Quand on écrit ou dit « LES Français »(avec une majuscule, SVP) ou « LA France » le reste de la phrase est 99,9 fois sur 100 inexact, sinon carrément faux, voire volontairement mensonger.

      Alors que si honnêtement on remplace LES par DES, encore faudrait-il s’assurer, si possible, que derrière ce DES il y a plus de 50 % de Françaises, et de Français.

      • Non, les Français c’est un anglicisme. Il n’y a pas de majuscule au gens, juste au pays.

        Sinon vous avez hélas raison. Si quelques français ne sont pas dupes, hélas la majorité reste bercée par la douce musique médiatique et croient aux discours du président et de son premier sinistre.

  • Un président qui se dit de gauche, prononce un discours de droite … un premier ministre qui se dit de droite, prononce un discours de gauche.

    Ça y est j’ai enfin compris ce que ça voulait dire le « ni de droite, ni de gauche » !

    Synthèse 2.0, comme quand les enfants de maternelle mélangent toutes les gouaches ensembles, on obtient un beau marron caca d’oie tirant sur le vomi.

  • Emmanuel Macron a sans doute mis « au parfum » son premier Ministre, s’il en avait besoin, du danger d »en dire trop dans ce genre de discours. Car les extrémistes sont en embuscade, prêts à bondir, à ameuter les masses, à organiser les blocages.
    Ce n’est peut-être pas très démocratique, mais il vaut mieux faire que dire.

  • Après avoir tout fait avec une stratégie très au point, pour détruire les concurrents potentiels qui prévoyaient des mesures efficaces pour sortir la France de l’état calamiteux dans lequel elle se trouve et l’opération séduction auprès des électeurs le changement et l’action promis s’avèrent être une supercherie totale, on s’en doutait
    Aucune mesure sérieuse et efficace pour réduire le budget de l’état à commencer par les dépenses pharaoniques des élus, il ne faut pas y toucher on ne serait plus Jupiter!
    Il faut dépenser tous les ans 600 000€ pour expliquer ce que l’on prévoit chaque année alors que ce qui était était promis l’année précédente n’a pas été réalisé, ben voyons!
    Sans parler du train de vie et de tous les avantages dont ils profitent
    Mais on clame que les finances sont désastreuses et on fait payer « ceux qui ne sont rien » à ceci près que ceux là sont plus nombreux et pourraient aider à redémarrer l’économie s’ils n’étaient pas surtaxés car ce sont eux les consommateurs et pas « ceux qui réussissent »!
    Mais ces gens là…..
    Ce programme est incohérent et complètement flou, des mesurettes identiques à celles du précédent gouvernement
    On change les personnes et le tour est joué…
    Il est prévisible qu’à la fin du quinquénat s’il peut se terminer, car l’agitation sociale gronde déjà, nous arrivions au niveau de la Grèce sans trop d’efforts et nous pourrons admirer « La république en marche » à reculons. Bravo pour cette magnifique mystification nous
    allons droit dans le mur ce qui était prévisible après ces élections
    cauchemardesques.
    Profitons vite et bien du peu qui nous reste avant la tonte totale

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