Discours de Macron devant le Congrès : paroles, paroles…

Macron a prononcé son discours devant le Congrès à Versailles. Son texte a consisté à énumérer les poncifs et les paroles creuses. S’est-il rendu compte qu’il n’était plus en campagne ?

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Discours de Macron devant le Congrès : paroles, paroles…

Publié le 4 juillet 2017
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Incontestablement, le discours de Macron à Versailles creusera le fossé entre ceux qui n’en peuvent plus de sa rhétorique vide, et ceux qui s’en bercent. Chacun a compris que l’auteur de ces lignes appartient à la première catégorie et que les 60 minutes de figures de style toute droit sorties de classe prépa Sciences-Po lui suscitent peu de sympathie. Les autres modéreront à leur gré.

Pendant 25 minutes, nous avons d’abord reçu une leçon de morale nous appelant à la retenue. Nous, à qui fut volée l’élection présidentielle par une campagne de presse sous la ceinture qui visait à abattre deux candidats, nous devrions aujourd’hui fermer les yeux sur les affaires Ferrand, Bayrou, de Sarnez, Pénicaud… Que ne l’avons-nous entendu lorsque la boue arrangeait bien le candidat Macron.

Au bout de 25 minutes, le Président a fait mine d’aborder les sujets qui fâchent, par exemple la lutte contre la prolifération administrative ou la réduction du nombre de parlementaires. Il paraît que l’ensemble serait réduit d’un tiers (Assemblée, Sénat, CESE), « en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République ». Mais pourquoi cette annonce est-elle noyée dans autant de périphrases gluantes comme miel au soleil ?

Macron fixe le sens du quinquennat

Il paraît que tout cela s’appelle fixer le sens du quinquennat. Mais, si le sens du quinquennat est d’écouter les monologues d’un Président qui s’écoute lui-même, on risque de trouver rapidement l’exercice un peu absurde.

Après avoir à peine effleuré les sujets, Macron a en effet sombré à nouveau dans une rhétorique très pompier, qui lasse, et où passent des messages inquiétants. En particulier, le Président croit semble-t-il que l’efficacité de son mandat tient au pouvoir donné à ses directeurs d’administration centrale plutôt qu’à ses ministres, et nous prenons ici les paris qu’il commet une erreur fondamentale. Ou alors il faut qu’il change complètement son casting de directeurs.

Il a fallu 37 minutes pour que le Président annonce l’introduction d’une dose de proportionnelle dont il n’a pas donné les contours. À la 38è minute, Emmanuel Macron est passé au CESE dont, au lieu d’annoncer la fusion avec le Sénat, il a proposé le changement des règles de représentativité. Mais, là encore, on n’a pas bien compris en quoi consisterait exactement la réforme.

Une nouvelle pirouette

À la 41è minute, il a fait une nouvelle pirouette. Il annonce que les ministres doivent être comptables de leur administration, mais c’est déjà le cas, depuis 1789 ! Et hop, ce faisant, il annonce la fin de la Haute Cour de Justice et la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Une fois ces quelques réformes très centristes exposées, Emmanuel Macron est passé à la menace : si le Congrès n’adopte pas à terme la réforme, il utilisera le référendum.

À 15h45, l’affaire était pliée et le discours a pu retomber dans son enfilade de platitudes sur tous les sujets. C’est sous un chapelet de litanies pleines de morale qu’on a ainsi entendu parler de confiance avec les territoires. Accessoirement, Macron a expliqué que les lois liberticides allaient être renforcées pour lutter contre le terrorisme. En même temps, on est libre, en même temps, on est surveillé.

Le socle de fraternité

Le discours a ensuite continué par une exaltation du « socle de fraternité », « engagement chaque jour répété ». Que retiendra-t-on de ce dernier passage ? Pas grand chose : des intentions, du blabla, des beaux mots que le Président s’écoute débiter, comme s’il était seul au monde, comme s’il s’approchait du nirvana de l’amour narcissique.

À 16h03, Emmanuel Macron a déclaré son intention de « redonner place à l’intelligence française ». Là encore, il y a ceux qui adorent ces diatribes, et ceux qui ont envie de lui répondre qu’elle n’a jamais cessé. Mais, de même que le Président croit que la France résiste aux réformes en se cabrant, il croit aussi qu’elle n’est plus assez aux mains des élites.

Là encore, le diagnostic macronien d’une France trop peu encadrée par ses élites repose, selon nous, sur une erreur d’appréciation totale, qui finira par lui coûter cher.

Ce discours creux s’est achevé par une tirade sur la politique étrangère et sur les devoirs de la France pour préserver la paix. Là encore, les auditeurs ont eu droit à une multitude de lieux communs prononcés avec un air inspiré. Le Président a expliqué qu’il fallait partout trouver des solutions politiques, même avec des gens qui ne partagent pas nos valeurs.

Bon… ben voilà… il y a ceux qui seront convaincus, et ceux qui ne le seront pas.

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  • s’est il rendu compte que l’on n’était plus en campagne ? je pense que macron va être en campagne durant tout son mandat ; d’aprés ferrand , macron viserai 2022 ; à peine élu , il pense déjà à son avenir …..

  • Depuis quelques temps, Monsieur Verhaege, vous avez changé vos discours ? Vous semblez être farouchement anti-Macron quoiqu’il dise ou fasse ?
    Comme vous (je crois ?) je voulais Fillon. Nous avons Macron alors donnons lui une chance ? Et je suis persuadé que le plus important pour améliorer les affaires de notre pays, c’est de lui redonner confiance et je trouve que Macron le fait très bien ? Mais si vous et d’autres lui tirent dans la pattes avant même qu’il ait commencé, tout le monde va perdre confiance très vite et il est clair que dès lors, nous n’aurons pas les réformes (que je trouve insuffisantes mais bonnes) annoncées car tout le monde descendra dans la rue ?!
    Maintenant, on a compris : vous ne croyez pas en Macron !! Ok ! mais essayez de rester neutre quelques mois, parlez d’autre chose ? On verra bien et lisez la lettre ouverte de Charles Gave à Macron !!! Il doit « tuer » ses amis pour le bien de la France ! Mais pour le moment, il a besoin de toutes les bonnes volontés ! Dans un prochain quinquennat, il y aura peut être moins de technocratie et plus de politique ?

    • Il est difficile de rester neutre quand les media, de peur de ne pas être accrédités sans doute, pratiquent l’étalement de la confiture à coups, même pas de cuillères mais de pelle!

    • Perso, j’attends toujours de savoir ce qu’il compte vraiment faire…
      Je veux bien faire confiance, mais s’il compte là dessus pour que le pays se relève, comme Hollande attendait après une hypothétique reprise cyclique, on est mal barrés…

    • avant de lui faire confiance, il faudrait quand même qu’il finisse par annoncer ce qu’il a envie de faire, non ?
      on a quand même réussi à voter 4 fois pour lui (je n’en fais pas partie) et on ne connaît toujours pas le programme ou les intentions… c’est ahurissant…
      ça doit durer encore combien de temps ce flou ? ou alors, il n’y avait d’autre programme que d’arriver là et d’y rester 5 ans ?

    • C’est quoi cette morale à deux sous : « donnons lui une chance » ?

      • @ Stéphane Boulots
        C’est le système français de la Vième: à part un référendum complètement raté (et encore …), vous ne pouvez pas dégommer votre président, sauf pour cause de démence officielle (ici aussi: « et encore …).

        Donc tant qu’à faire, vous auriez pu attendre le discours d’E.Philippe pour voir comment le gouvernement allait traduire les projets du président qui n’a pas à dicter sa politique au pouvoir législatif: simple séparation des pouvoir respectée! (Je ne suis ni pour ni contre E.Macron – je m’en fous: je ne suis pas Français -, mais jusqu’à présent, c’est bien mieux que le précédent!)

    • Milrem, je suis d’accord avec vous mais pas pour lui laisser sa chance, juste voir ce qu’il va faire.
      Je trouve consternant que, certainement par manque de matière, les opposants s’opposent, tout comme les fonctionnaires font de la bureaucratie.
      Je suis peut-être optimiste mais pas naïf : je n’ai vu jusqu’à maintenant que des discours critiquant la façon dont il marche ou la couleur du tailleur de Brizitte.
      L’élection législative n’a pas un mois… wait and see, il sera temps de s’opposer quand de vraies décisions seront votées.
      Faut-il être naïf pour croire qu’il allait renverser la table ? Il n’a pas été élu pour cela et celui qui voulait renverser la table n’aurait jamais été élu, même avec 100% de participation.

    • Étant donné les « track record » de TOUT les politiques français depuis aussi longtemps que je me souvienne la simple logique devrait nous rendre extrêmement méfiant et pratiquer la défiance a priori jusqu’à preuve du contraire.

      • @ Laurent
        C’est rarement comme ça qu’on avance (pas toujours dans votre sens favori!). Mais si vous préférez rester spectateur et juge avant de « bouger », c’est votre droit même si ce n’est pas ce dont la France a besoin!

    • Vous avez déjà oublié qu’il fut conseiller et ministre de Hollande, l’autre baratineur?

  • une mauvaise solution reste une mauvaise solution. les solutions de Macron ne sont ni liberales ni reformatrices.

    lui donner un blanc seing car la France va mal n’est une solution car quand les idées sont mauvaises il ne faut pas les appliquer du tout.

  • Le discours du trône qui nous a été livré va bien au delà de ce qui pouvait être imaginé par un français lucide.
    Décidément la Vème République de la France est dans une phase de surréalisme que même De Gaulle était, lui même, loin d’imaginer…

  • TRAGI-COMEDIE FRANCAISE

    Un ex-inconnu recueillant au premier tour une mini-minorité de suffrages de Français en âge de voter, incluant les suffrages d’anti-Fillon, d’anti-Mélenchon, d’Anti-Hamon, voire d’anti-Le Pen.

    Un ex-inconnu qui, mais c’était « avant », a dit pis que pendre de celui qui, informé ou non, machiavèlement ou non, le fait et refait premier sinistre de deux étonnants, sinon inquiétants gouvernement

    Un Congrès imposé la veille du discours d’investiture présidé par une girouette sans parole.

    Des députés majoritairement mal élus dont certaines et certains devraient par respect pour eux-mêmes logiquement finir leur mandat (de 5 ans vraiment?) comme non-inscrits ou dans un autre groupe.

    Pauvre France. Pauvres Français !

    Pauvres pauvres français …… qui le seraient un peu moins si des non-Français, depuis longtemps, ne profitaient pas des avantages sociaux et autres chèrement, voire douloureusement, gagnés par majoritairement des petits salariés dont certains descendants sont devenus pauvres ou sont morts de leur pauvreté.

    • Mais il faut arrêter avec ce mythe des acquis sociaux gagnés dans le sang etc… le code du travail a été multiplié par 3 depuis 1978 – on est très loin de Germinal et du Front Populaire.

      La limitation du temps de travail, le droit de grève, l’interdiction du travail des enfants, l’éducation nationale, le droit syndical … tout cela a été mis en place par des libéraux avant la 3° république.

  • pendant qu’il était a versailles ,brigitte en a profiter pour planquer le scooter de macron dans la cave ,on ne sait jamais …on ne sait jamais !!

  • L’Entreprise France se prépare à une réduction d’effectif de 30% des élus des assemblée selon les paroles du PDG
    .Celui-ci a obligation de reclasser les personnels concernés..
    Proposera-til un départ volontaire ? ou une obligation de formation dans le monde réél du travail pour une meilleure employabilité pour le bien des Français. Pas de reclasement dans des services publics inutiles comme il en existe déjà tant . .Il n’est pas besoin d’attendre 60 mois pour la réduction d’effectif , les contribuables assumeront les coûts de la formation des 30 % partants. Les 60 % restants seront toujours assez nombreux pour veiller à l’application des milliers de textes existants sans en rajouter

    • Il a déjà recasé Ségolène royal à un poste bidon pour 50.000 euros + 30.000 de frais.

    • Pensez donc, il va pas bousculer mémé dans les orties. Cela fait du pognon gratuit des autres qui rentre dans les caisses de LREM. Ce sera pour la prochaine législature. Quand le fromage est bon, pourquoi le délaisser trop vite ❓

  • Discours creux et insipide ? Assurément oui ! Qui plus est le monsieur n’est pas un grand orateur…

    • Fichtre non ! C’était lent voire gnangnan et débité sur un ton insipide comme un curé faisant le catéchisme à des élèves de primaire. en fait c’était carrément ça, sur la forme comme sur le fond.

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