En avons-nous vraiment fini avec la covidocratie ?

La pandémie s’inscrit dans un changement de paradigme global qui frappe actuellement nos sociétés : la politique tente de récupérer la science à son propre compte.

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En avons-nous vraiment fini avec la covidocratie ?

Publié le 10 décembre 2022
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Les experts ne semblent pas sonner l’alarme outre mesure concernant la neuvième vague de covid. Et pourtant en avons-nous vraiment fini avec la « gestion politique » de la pandémie ?

Qu’il s’agisse des images choquantes des confinements chinois ou des bruits qui laissent entendre le possible retour des passes sanitaires (devenus nécessaires pour voyager) tout indique que nous sommes loins d’être sortis de la covidocratie.

 

Vers une banalisation du covid ? 

Les dernières données sur la pandémie ne semblent pas susciter la crainte outre mesure des milieux médicaux.

Interviewé sur Europe 1, l’infectiologue Éric Caumes parle de neuvième vague avec l’arrivée d’un sous-variant d’omicron qui n’entraîne pas pour l’instant de niveau très élevé des hospitalisations. De même, il souligne que le nombre des décès n’augmente pas vraiment ; quant à l’impact au niveau des urgences, il reflète selon l’expert la « désertification médicale en ville ».

Selon lui le constat général étant que le covid s’est installée dans la société « comme le coronavirus OC43 précédent qui est parmi nous depuis la fin du XIXe siècle. » Aussi l’infectiologue recommande une stratégie vaccinale similaire à celle de la grippe… Nous irions donc vers une « banalisation » de la maladie même si comme il le rappelle, celle-ci fait tout de même encore actuellement une cinquantaine de morts par jour.

 

Confinements et apprentis dictateurs

Et pourtant les images récentes de la Chine montrent à quel point cette pandémie a été l’occasion de réveiller les instincts totalitaires de certains États. En proie avec sa stratégie zéro covid le gouvernement de Xi ne semble pas vouloir lâcher prise sur la stratégie du confinement, illustrant l’absurdité d’une politique sanitaire qui croit pouvoir éradiquer un virus en enfermant les populations et en bloquant les rouages de la société.

La leçon à tirer de cet exemple, c’est que contrairement aux scientifiques qui se doivent de changer de théorie au fil des réfutations, les politiques n’hésitent pas à persévérer et reproduire les mêmes erreurs même si on leur démontre par a + b que cela ne fonctionne pas. Si on peut comprendre de manière rétrospective qu’on ait eu recours à ce genre de politique sanitaire au tout début de la pandémie, a contrario il semble que les États ayant abusé des politiques de confinement ne se soient pas trop penchés sur l’utilité de celles-ci.

Ainsi les auteurs d’une méta-analyse publiée par le Johns Hopkins Institute 1 ont passé en revue plus de 18 590 études et constitué trois groupes d’analyse :

  1. Les études d’index des confinements stricts (réduction de la mortalité de 0,2 %)
  2. Les études d’ordre d’isolements sur place (une réduction de 2,9 % en moyenne)
  3. Les études spécifiques d’interventions non pharmaceutiques (aucune preuve d’effet)

 

Les auteurs de l’étude ont conclu à une quasi absence d’impact des confinements ce qu’ils ont formulé élégamment :

« Dans les premiers stades d’une pandémie, avant l’arrivée des vaccins et de nouveaux traitements, une société peut réagir de deux manières : des changements de comportement obligatoires ou des changements de comportement volontaires. Notre étude ne parvient pas à démontrer les effets positifs significatifs des changements de comportement obligatoires (confinements). Cela devrait attirer notre attention sur le rôle des changements de comportement volontaires […] Il devrait être clair qu’un rôle important des autorités gouvernementales est de fournir des informations afin que les citoyens puissent réagir volontairement à la pandémie de manière à atténuer leur exposition. »

Hélas nous en sommes loin quand on se souvient, par exemple, qu’Éric Ciotti a trouvé les confinements trop laxistes et a écrit à Emmanuel Macron pour exiger des mesures plus strictes :

« La mise en œuvre d’un couvre-feu dans les quartiers où le confinement n’est pas respecté ou appliqué, aussi bien dans certains quartiers touristiques que dans certaines cités communautarisées, des sanctions financières et pénales plus lourdes à l’encontre de ceux qui ne respectent pas les règles de confinement, la mobilisation de l’armée pour faire appliquer ledit confinement, l’interdiction du sport en extérieur et la modification du système d’attestations qui devraient être fournies par les employeurs ou une autorité publique »

Cette petite liste concoctée par l’actuel candidat à la présidence du parti Les Républicains illustre bien à quel point certains politiques ont utilisé la situation pour des raisons politiques et laissé libre cours à leur fibre autocrate.

 

Le passe, Saint Graal de la covidocratie 

Comme je le montre dans Greta a ressuscité Einstein, la pandémie s’inscrit dans un changement de paradigme global qui frappe actuellement nos sociétés : la politique tente de récupérer la science à son propre compte (c’est le cas aussi avec le climat et la biodiversité) avec pour finalité d’instaurer de nouvelles lois qui s’appuieraient sur ladite science.

Concrètement une forme de covidocratie a vu le jour, autrement dit un régime politique qui tire son pouvoir de la « science du covid ». On peut schématiser cette récupération au travers de cinq sophismes qui permettent au discours politique d’instrumentaliser la science :

L’affirmation d’un consensus

Par exemple, Antony Fauci a déclaré « je suis La Science et vous ne pouvez me critiquer » et la censure des contradicteurs : voir à ce sujet la controverse sur la déclaration de great Barrington, ou le débat sur les études gains de fonction financées par le contribuable américain.

La moralisation du débat sur les thérapies

Par exemple, les débats chloroquine vs remdesivir ou encore « vax-évangélistes », « anti-vax » et « vax-sceptiques ».

Le recours à des politiques sanitaires

Sans mesures véritables des résultats, elles se sont traduit par l’éternel retour des confinements et des passes sanitaires.

L’instrumentalisation du sentiment de peur

Voir à ce sujet le débat sur les données statistiques de l’Imperial College de Londres et Neil Ferguson)

Le réductionnisme 

Le covid devient la seule pathologie importante : voir à ce sujet les retards pris au niveau des soins du cancer.

 

Bien qu’il soit confronté à une pathologie subjective, car nouvelle, le covidocrate imagine qu’il peut s’appuyer directement sur la science (identifiée de manière précipitée à la médecine) pour prendre en charge directement les patients dans le cadre de protocoles et en se passant progressivement des médecins devenus inutiles puisque c’est le Comité scientifique qui définit « La Science ».

On comprend alors pourquoi des dispositifs de types passes sanitaires peuvent émerger dans ce contexte. Ils ont un bel avenir puisqu’ils offrent une solution politique pour gérer toutes formes de pathologies. L’idée générale étant qu’un État pourra piloter et gérer à distance une maladie et planifier la santé des administrés.

Concrètement, si la mise sur le marché du vaccin a été salutaire en permettant de lever les confinements, l’obligation vaccinale reste fort critiquable. D’après de nombreux experts, celle-ci n’aurait pu concerner que les populations les plus fragiles et susceptibles de développer des formes graves… quant aux populations qui ne présentaient pas un risque particulier, on aurait pu imaginer les laisser consulter leur médecin de confiance pour se renseigner sur le vaccin et prendre une décision sur ses conseils. Avec le passe sanitaire, un algorithme se charge d’implémenter une politique de taille unique qui transpose la vision des covidocrates : la science des législateurs l’a emporté sur la pratique des médecins. L’objectif n’est plus de guérir le patient mais qu’il soit conforme à la norme.

Dans ces conditions il n’y aurait rien d’étonnant à ce que les passes sanitaires fassent un beau jour leur retour. On ne sera pas surpris d’apprendre que l’Organisation Mondiale de la Santé réfléchit à un passeport de vaccination international.

Lors du dernier G20, les leaders réunis à Bali ont déclaré :

« Nous reconnaissons l’importance de standards techniques partagés et de méthodes de vérification dans le cadre des standards définis par l’IHR (2005), pour faciliter la transparence des voyages internationaux, l’interropérabilité, et la reconnaissance de solutions digitales et non digitales, incluant des preuves de vaccination. » (paragraphe 23 de la déclaration des leaders du G20 à Bali).

Ajoutons-y le permis carbone et nous serons prêts pour le stade ultime de la planification technocratique : l’algorithmocratie.

  1. Jonas Herby, Lars Jonung, and Steve H. Hanke, A Literature Review and Meta-Analysis of the Effects of Lockdowns on COVID-19 Mortality, The John Hopkins Institute for Applied Economics, SAE./No.200/January 2022
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  • Encore une fois, en refusant de se comporter d’eux-mêmes de manière responsable, les citoyens offrent un boulevard aux politiciens pressés de montrer qu’ils « font quelque chose » en faisant n’importe quoi.

    • « c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui » – Rémi Gaillard.

    • « en refusant de se comporter d’eux-mêmes de manière responsable »
      Il faudrait déjà que ceux qui prétendent gouverner le fassent « avec responsabilité » ce qui ne saute pas aux yeux depuis belle lurette!
      Et ensuite définir ce que pourrait être un comportement responsable quand les informations fournies par les médias, politiques et experts en tous genres, sont approximatives, incohérentes, injustifiées ( par les analyses scientifiques) et plus teintées d’idéologie que de bon sens.
      On ne peut dire qu’une chose, il y a encore du boulot pour y arriver!

      • Responsable, c’est se faire une opinion par soi-même, en recherchant les informations sans se contenter de se laisser gaver, et se comporter ensuite de manière cohérente avec cette opinion. Ca n’est pas pour les paresseux, nous sommes d’accord, mais ça n’est pas hors de portée de tous ceux qui ont un minimum d’esprit logique et de curiosité et d’honnêteté intellectuelles.
        Les informations ont toujours été approximatives, incohérentes, partiales, injustifiées et teintées d’idéologie,et ce depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, internet offre aux personnes de bon sens des moyens jamais atteints de moins mal s’en dépatouiller. Certes, internet n’offre pas les moyens de contrer plus globalement les propagandistes et les gouvernants du même tonneau, mais la responsabilité individuelle serait un premier pas, on ne peut rien entreprendre tant qu’on ne l’a pas fait.

        • Et donc c’est ainsi que ceux qui s’interrogeaient sur l’efficacité et l’innocuité des « nouveaux vaccins à ARN m » ont été traités de complotistes et d’antivax, laissant entendre qu’ils étaient contre la vaccination et tous les autres vaccins! Vous demandez donc aux gens d’être curieux et de s’informer par eux-mêmes pour se faire leur propre opinion, mais à vous lire, il faut que cette opinion corresponde aux injonctions dictées par les politiques, plutôt que par le corps médical! Vous demandez la responsabilité en condamnant la liberté de faire ses propres choix!

  • Votre article montre simplement, avec une grande lucidité, que nous devenus collectivement complètement cons !

    • C’est inné. Cf. Brassens :
      Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on
      Est plus de quatre, on est une bande de cons

  • Toujours pas vu le covid mais je ne me fais pas tester… Par contre combien de personnes âgées vaccinées ont disparu ?
    En fait le covid a réapparu avec la vaccination et l’entretien, normal, le vaccin consiste à innoculer le covid grâce à nos petites cellules, pas grises, mais rose bonbon. Pour l’arn les autres n’ont aucune efficacité pour la disparition de l’humanité., donc, interdits. Après 50 0u 60 ans , les vaccins sont inoperants, et en dessous le covid est sans importance. Ce n’est qu’un coroma, l’humanité le connaît depuis la nuit des temps même pour sa version fauci… L’homme qui se prenait pour dieu…

    • Des lions menés par des ânes, on comprendrait qu’ils se rebellent, pas qu’ils se comportent en ânes eux aussi. Un petit rappel (vaccinal) : les statistiques sont disponibles sur internet, le vaccin sert essentiellement à éviter l’effondrement de notre système de santé en divisant par 2 à 7 le risque d’hospitalisation, et pousser à cet effondrement n’est pas la meilleure manière de le réformer.

      -2
      •  » en divisant par 2 à 7 le risque d’hospitalisation »
        La moindre des choses serait de nous expliquer d’où sortent ces chiffres qui, vous en conviendrez, supposent que la marge d’erreur est gigantesque! Personnellement, je n’irais pas me faire opérer d’une simple appendicite si l’on m’annonçait qu’il y a cet écart entre échec et succès!
        Mais pour sauver l’hôpital OK, on a tout bon!!!!!!!

        • J’ai écrit ici, il n’y a pas une semaine « Cherchez un truc comme « Statut vaccinal des personnes testées ou hospitalisées avec Covid-19 ». » Allez voir le graphique 2, et vous verrez qu’en fonction de l’âge et de ce qu’on entend par « vacciné », le risque est divisé par 2 à 7. Faites un peu vos propres recherches, si vous trouvez des chiffres contradictoires, je serai heureux de les discuter avec vous.

          -2
        • Et pourquoi voulez-vous que ce soit une « marge d’erreur » ? C’est une influence d’autres facteurs. Oui, pour une appendicite, suivant votre âge et les autres maladies dont vous souffrez, l’écart peut être encore plus grand entre échec et succès.

  • Calcul macabre et nécessaire.
    50 morts par jour du covid sur la saison froide, mettons 180 jours, en comptant large.
    9000 décès par an.
    La grippe, c’est 10000 en moyenne.
    La grippe justement. L’espagnole, en 1918-1919, avait fait des milions de morts. Avant de devenir saisonnière et de passer sous les radars de la dramatisation.
    On attend avec impatience le jour où nos dirigeants cesseront de nous les briser menues.

    • Avec des morts en moyenne, on peut prouver n’importe quoi. Le calcul de risque est relativement simple, le risque de mourir du covid est parfaitement négligeable par rapport au risque de mourir d’autre chose parce que les urgences et les services de réanimation seront saturés par la combinaison covid-autres maladies. Ce risque de saturation est très élevé, ne pas le voir est comme le jusqu’ici tout va bien du mec qui s’est jeté du 98e étage. En cas de saturation, on passe de quelques morts par semaine à beaucoup de morts par jour. Ceux qui ne veulent pas que leurs dirigeants les leur brisent menues feraient bien de ne pas les leur offrir sur un plateau.

      • Urgences et services de réa n’ont pas attendu le covid pour être saturés en hiver. Grippe et cie faisaient déjà très bien le job.
        Contrairement à la bronchiolite, covid et grippe ont la même cible : personnes âgées et personnes à risque.
        Multiplier les virus de ce type ne multiplie donc pas les réas. Ça ne fonctionne pas comme les lames Gillette.
        Le nombre de réa pour covid n’a cessé de tomber depuis la première vague, l’épidémie se banalise, se saisonnalise.
        Impossible de croire ou faire croire qu’on attendra les 7000 patients – première vague covid – en réa pour maladies respiratoires.
        Nous reparlerons de votre calcul de risque aux beaux jours.

  • Dans les grands groupes drh, docteurs, infirmières et responsables sécurité sont dans les starting blocs… Masque, distances de sécurité, vaccin, ils sont au taquet…

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