Un passeport sanitaire pour les gouverner tous…

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Pour corriger le trop plein d’Etat, on va ajouter des vexations, de la surveillance et de l’Etat. Forcément ça va bien se passer.

par h16

Bientôt, la République Française prendra enfin le nom de République Démocratique Populaire de France et rejoindra le cortège de ces nations habilement affublées de ces sobriquets pour cacher que leurs gouvernements ne sont plus ni populaires, ni démocratiques. En attendant, la parodie démocratique actuelle continue de nous amuser avec un spectacle aux rebondissements aussi scriptés qu’un feuilleton franchouille aux heures de grande écoute.

Le dernier épisode nous a gratifiés d’un déroulement parfaitement téléphoné mais qui n’en a pas moins réussi à agiter les médias subventionnés : ainsi, alors que la population française est actuellement assez clairement contre toute forme de pistage (électronique et/ou bureaucratique) des vaccinés, alors que les consultations à ce sujet renvoient toutes une volonté claire du peuple de ne pas infliger une ségrégation médicale, le législateur entend cependant bien installer cette nouvelle usine à gaz.

Appuyant le gouvernement, les médias (dont la survie dépend ultimement du bon vouloir étatique) s’empressent donc, depuis plusieurs semaines, de pousser l’idée selon laquelle ce passeport serait à la fois utile et la seule clé permettant de retrouver une vie normale : pour notre presse aussi libre que pluraliste, il ne faudrait surtout pas mettre en danger les sources de subventions en expliquant que ce nouvel outil de traçage ne permettra en rien de retrouver une vie normale – puisque cette dernière ne dépend que du bon vouloir des autorités sans aucun lien avec le nombre de morts, de cas, de lits – et qu’il n’aura aucun impact sanitaire pratique à moins d’entretenir volontairement la confusion entre la vaccination et les petits coups de tampons bureaucratiques.

La petite musique s’installe donc qui consiste à bien faire comprendre que le cheptel doit être marqué, et qu’il n’y a donc pas trop à discuter. C’est donc avec stupéfaction (relative) qu’on apprend mardi soir que l’Assemblée nationale rejette le texte de loi visant justement à installer l’artefact administratif permettant enfin aux foules de prouver qu’elles sont innocentes en bonne santé : le MODEM, ce groupe habituellement constitué des voitures-balais de LREM et des serpillières sur lesquelles le gouvernement essuie ses pieds, vient subitement de se relever comme un seul homme et de voter contre l’instauration de cette nouvelle vexation attentatoire aux libertés fondamentales.

Les médias, fébriles, ont immédiatement relayé la nouvelle à grands renforts de surprise surjouée et de minimisation euphémisante en mode pompier : il apparaissait vraiment incroyable que la majorité se fendille ainsi sur un sujet pourtant si consensuel (mais si, puisqu’on vous le dit !) ; surtout, en s’inscrivant contre cette formalité, l’Assemblée nationale sortait brutalement de son rôle de chambre d’enregistrement des désirs gouvernementaux, et dans un pays bien tenu, bien propre et bien gouverné, cela ne se fait pas. Tout ceci ne pouvait être qu’un « petit couac », une simple bévue, un errement de fin de journée chargée, voilà tout.

Heureusement, les gouvernements qui se succèdent depuis un moment à la direction du mammouth étatique français savent comment obtenir malgré tout les lois et décrets dont ils ont besoin. Il suffit pour les dirigeants de masser un peu quelques dos, de crier un peu dans quelques oreilles, et, tout simplement, de faire revoter : la gamelle est trop bonne et l’exercice du pouvoir trop gouleyant pour qu’une velléité de rébellion s’installe vraiment parmi les députés.

Revote il y eut donc et instantanément l’extrême centre pourtant unanimement contre se retrouve unanimement pour : le passeport sanitaire est donc validé par la Chambre basse d’enregistrement et grâce, notamment, à la souplesse gymnastique de ces députés qui ont réussi, en une soirée, à baisser leur pantalon et retourner leur veste tout en restant droits dans leurs votes. Espérons que leur électorat leur en saura gré lorsque, confronté dans quelques mois aux erreurs, pénibleries et dérives évidentes de ce passeport, il pourra mesurer à quoi son vote et ses impôts lui servent.

En tout cas, ce délicieux épisode aura été l’occasion de montrer une nouvelle fois que le gouvernement français prend très officiellement ses concitoyens pour des abrutis. Si ce n’est une surprise que pour une portion congrue de citoyens qui, alors, méritent donc amplement d’être ainsi catégorisés, le rappel reste utile pour la majorité de la population qui veut encore croire à une sortie de crise prochaine moyennant encore quelques efforts : en réalité, à voir l’actuelle multiplication des décisions parfaitement stupides que ce gouvernement enfile avec gourmandise, rien n’est moins sûr et tout indique plutôt qu’on va continuer à tricoter des débilités administratives à rythme soutenu.

Considérant la population comme un vaste contingent de gamins idiots, le gouvernement, noyé dans les détails absurdes, s’en va même jusqu’à préciser la façon dont les tables et les chaises doivent être disposées sur les terrasses et accepte ainsi la présence de protections en plexiglas, des paravents ou du feuillage – évidemment réputé pour repousser les virus, c’est prouvé, c’est la Faculté d’Épidémiologie Emmanuel Macron qui le dit. Échapperons-nous au Décret Pipi détaillant par le menu les cas où les toilettes seront ou ne seront pas accessibles pour les consommateurs ? Probablement pas : apparemment, le ministère de l’Économie va se pencher sur ce délicat problème de braguette qui taraudait apparemment toute l’intelligentsia parisienne et les petites feuilles humides de nos journaux ; le rapport entre ce ministère et les vessies françaises sera laissé à l’appréciation du lecteur.

Bref : la chronique de la vie française est maintenant alimentée par ces faux rebondissements pathétiques qui illustrent la pire veulerie de politiciens prêts à tout pour obtenir une petite parcelle de pouvoir supplémentaire ainsi que les dérives consternantes d’un pouvoir brouillon et pusillanime qui micro-dirige le peuple comme une mère tyrannique et psychotique le ferait sur un gamin à moitié demeuré.

On en vient même à lire que la brochette de tyranneaux aux manettes consent tout juste à distribuer quelques maigres autorisations de sortie et des petites remises de peine aux incarcérés des EHPAD, oubliant que nos anciens ne sont ni des détenus, ni des citoyens de seconde zone privés de leurs droits essentiels.

Le pays sombre dans un scandale permanent où une petite caste de bureaucrates, sanitaires ou non, entend imposer la pire des sociétés orwellienne à tous, sous des motifs de plus en plus grotesques et qui, pour compenser les gabegies et les mémorables ratages logistiques et financiers de tout l’État, entend accroître encore sa taille et ses prérogatives.

Plus d’État, plus de surveillance, plus de vexations, plus de clowns débiles au pouvoir ? Forcément, ça va bien se passer.


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