Les confinements ont coûté cher pour sauver peu de vies

Une étude de l’université de Johns Hopkins met en évidence que les confinements ont sauvé peu de vies.

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Les confinements ont coûté cher pour sauver peu de vies

Publié le 7 février 2022
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Par J.D. Tuccille.
Un article de Reason.

Les mesures restrictives de santé publique ont été vendues comme des compromis temporaires entre la liberté et la protection contre l’infection. L’idée était que si nous renoncions à la liberté de mouvement, au commerce et à l’interaction sociale normale pendant une courte période, nous pourrions vaincre le Covid-19, puis recommencer à vivre. Mais depuis le premier jour (comme nous l’avions mis en évidence dans un article de Reason), les coûts pour la liberté et la prospérité ont été élevés pour un bénéfice incertain.

Des mesures restrictives sans efficacité

Aujourd’hui, les chercheurs apportent de nouvelles preuves que le monde a très peu profité de la liberté qui lui a été enlevée.

Selon une méta-analyse de 24 études publiée cette semaine par des chercheurs du Johns Hopkins Institute for Applied Economics, Global Health, and the Study of Business Enterprise :

Les confinements en Europe et aux États-Unis n’ont réduit la mortalité due au Covid-19 que de 0,2 % en moyenne. Les confinements à domicile [SIP = Shelter-in-place] étaient non moins inefficaces, ne réduisant la mortalité par Covid-19 que de 2,9 % en moyenne.

Selon cette analyse « certaines preuves » montrent que la fermeture des bars a réduit les décès. Mais on ne trouve « aucune preuve que les fermetures d’écoles, de frontières et la limitation des rassemblements aient eu un effet notable sur la mortalité due au Covid-19 ».

Les confinements doivent être rejetés

Les auteurs soulignent :

Bien que cette méta-analyse conclue que les confinements n’ont eu que peu ou pas d’effets sur la santé publique, ils ont imposé d’énormes coûts économiques et sociaux là où ils ont été adoptés […] En conséquence, les politiques de confinement sont infondées et doivent être rejetées en tant qu’instrument de politique pandémique.

Bien que nous soyons suffisamment à l’aise avec la terminologie de l’ère pandémique pour savoir de quoi il s’agit, il convient de préciser que le document définit les confinements comme « l’imposition d’au moins une intervention non pharmaceutique obligatoire (NPI). Les NPI désignent toutes les mesures officielles qui directement restreignent les possibilités des gens, telles que la limitation des déplacements internes, la fermeture des écoles et des entreprises et l’interdiction des voyages internationaux. »

Les mesures de confinement à domicile sont des diktats qui enferment généralement les individus chez eux.

Cet article ne sera pas le dernier sur l’efficacité des politiques de santé publique, étant donné qu’elles se poursuivent dans de nombreux endroits, tout comme leurs effets. Mais ce n’est pas non plus le premier, puisque nous avons avertis depuis les premiers jours de Covid-19 que les efforts autoritaires pour contrôler l’infection étaient contre-productifs.

Les coûts économiques élevés des confinements

Sunetra Gupta, professeur d’épidémiologie théorique à l’Université d’Oxford, avertissait en juin 2020 :

Il devient clair que de nombreuses personnes ont été exposées au virus et que le taux de mortalité chez les moins de 65 ans ne peut justifier d’arrêter l’économie. Nous ne pouvons pas seulement penser à ceux qui sont vulnérables à la maladie. Nous devons également penser à ceux qui sont vulnérables au confinement. Les coûts du confinement sont trop élevés à ce stade.

Gupta a ensuite co-rédigé la Déclaration de Great Barrington, qui appelait à une approche moins restrictive pour lutter contre le Covid-19.

David Nabarro, envoyé spécial pour le Covid-19 de l’Organisation mondiale de la santé, en octobre 2020 commentait ainsi les préoccupations économiques de l’épidémiologiste d’Oxford  :

Mise au point vraiment importante du professeur Gupta. L’Organisation mondiale de la santé ne préconise pas le confinement comme principal moyen de contrôle de ce virus. La seule justification d’un confinement est de vous faire gagner du temps pour vous réorganiser, vous regrouper, rééquilibrer vos ressources, protéger votre personnel de santé qui est épuisé, mais dans l’ensemble, nous préférons ne pas le faire.

Au cœur des préoccupations concernant l’inflation, les étagères vides et les pénuries de main-d’œuvre, le coût des interventions de santé publique dans l’économie devrait être évident. Les chercheurs constatent que les fermetures contraintes ont fait chuter les revenus des entreprises en Californie et étouffé le commerce international. Inonder l’économie d’argent pour compenser les perturbations a dévalué les devises et provoqué une hausse des prix.

Dans un article de décembre 2021 l’économiste John H. Cochrane a souligné :

La dette fédérale globale a augmenté de près de 30 %. Est-ce vraiment une surprise qu’un an plus tard l’inflation éclate ?

Des confinements tout aussi néfastes pour les libertés

Nous avons également payé le prix fort en termes de liberté.

Selon l’Index 2020 de la Démocratie de The Economist présenté début 2021 :

Le retrait des libertés civiles, les attaques contre la liberté d’expression et les défaillances de la responsabilité démocratique qui se sont produites à la suite de la pandémie sont des questions graves.

À la fin de l’année dernière, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale suédois  a averti :

Le monde devient de plus en plus autoritaire alors que les régimes non démocratiques deviennent encore plus arrogants dans leur répression et de nombreux gouvernements démocratiques souffrent d’un retour en arrière en copiant leurs politiques de restriction de la liberté d’expression et d’affaiblissement de l’État de droit, exacerbé par ce qui menace de devenir une ‘nouvelle normalité’ les restrictions Covid-19.

Heureusement, de nombreux pays assouplissent maintenant les politiques liées au covid et admettent que nous devons apprendre à vivre avec le virus.

La Première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré cette semaine :

Nous sommes prêts à sortir de l’ombre du coronavirus. Nous disons au revoir aux restrictions et bienvenue à la vie que nous connaissions auparavant.

Mais les résidents de Boston, Washington DC et d’autres juridictions américaines sont toujours tenus par la loi de présenter une preuve de vaccination pour entrer dans de nombreuses entreprises. Amnesty International a récemment condamné  la politique draconienne de l’Italie en matière de pandémie.

Et en janvier, l’Organisation mondiale de la santé continue d’exhorter les pays à abandonner les restrictions de voyage :

Levez ou assouplissez les interdictions de circulation internationales car elles n’apportent pas de valeur ajoutée et continuent de contribuer au stress économique et social subi.

Nous avons maintenant de nouvelles preuves que ces graves interventions dans les libertés civiles et la prospérité économique n’ont pas fait grand-chose pour réduire les décès dus au covid. On nous a pris énormément de choses en échange d’un très faible gain, voire aucun.

Les auteurs de l’article de Johns Hopkins ajoutent :

Dans l’ensemble, nous concluons que les confinements ne sont pas un moyen efficace de réduire les taux de mortalité pendant une pandémie, du moins pas pendant la première vague de la pandémie de covid. Nos résultats sont conformes à ceux du Groupe de rédaction de l’Organisation mondiale de la santé (2006), qui déclarait : « Les rapports sur la pandémie de grippe de 1918 indiquent que les mesures de distanciation sociale n’ont pas arrêté ou semblé réduire considérablement la transmission. »

Tirons-en la leçon, car il ne s’agit pas seulement de l’inefficacité des efforts les plus intrusifs pour lutter contre la pandémie de Covid-19. C’est une mise en garde : tout avantage promis par la classe politique pour justifier la perturbation de nos existences peut se révéler illusoire. Nous devrons nous battre pour retrouver notre liberté et notre prospérité, et nous ne retrouverons peut-être jamais complètement ce que nous avons perdu.

Traduction de GM Thermeau pour Contrepoints

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  • C’est inefficace, mais c’est dans l’air du temps. La décroissance, les entraves aux voyages aériens, la limitation du commerce aux denrées indispensables, ect.. tout cela est dans le programme des écologistes qui ont gagné la bataille de l’hégémonie culturelle. La décroissance est une bonne chose d’après eux.
    A nous de lutter pour remettre la liberté au centre des choses, comme au siècle des lumières.

  • Ce n’est que la énième étude qui le montre ; les Prs. Ioannidis ou Toussaint avaient déjà démontré l’inefficacité des confinements.
    Même la simple observation des courbes (hospitalisations, décès) en France le montre : si le confinement du printemps 2020 avait été un tant soit peu efficace, on aurait vu les courbes s’infléchir un minimum suite au déconfinement de la mi-mai : or on n’a strictement rien vu sur les courbes, cf par ex. https://cdn.statcdn.com/Infographic/images/normal/21350.jpeg. Il s’est produit exactement la même chose au Texas en mars 2021 : les enfermistes ont promis l’enfer aux Texans suite à la décision de leur gouverneur de tout rouvrir (par ex, Biden traitant de « néandertalienne » cette décision), et… strictement rien ne s’est passé, l’épidémie continuant de décliner comme si de rien n’était.
    On pourrait citer les prédictions apocalyptiques de Ferguson et cie sur la Suède, promettant au pays 96.000 morts avant l’été 2020 si aucun confinement n’était décrété… bilan, à peine 6.000 morts, soit 16 fois moins que le chiffre annoncé.
    Comme dit gillib plus haut, j’ai peine à croire qu’avec toutes ces infos, d’autres éléments comme l’idée de décroissance tellement en vogue sur fond de soi-disant RCA, n’aient pas joué. Comme peut-être aussi l’idée de détourner l’attention des populations des autres problèmes, en particulier en France. La volonté d’habituer la population à l’obéissance aveugle ne peut être écartée de la part de dirigeants dont beaucoup de choses montrent qu’ils ne sont pas vraiment désintéressés.

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