Les déserts médicaux ne sont pas près de refleurir

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Au lieu de former des personnels pour les réanimations, l’État a préféré l’immobilisme et la déprogrammation de la chirurgie.

Par Bernard Kron.

La crise de la santé ne finit pas de rebondir comme en témoigne le report de plus en plus nombreux des interventions chirurgicales.

Un État autiste

Quatre lois en moins de 20 ans nous ont amenés au bord de l’abîme. La loi dite loi Kouchner de 2002 relative aux droits des malades a fait des patients des consommateurs de soins ayant tous les droits et les soignants seulement des devoirs.

Les lois suivantes ont aggravé la situation car l’État en position d’arbitre est partial. Ses acteurs ne pensent qu’à une chose, se faire réélire et développer leurs avantages et leur plan de carrière.

Alors on confine pour la troisième fois et on déprogramme à nouveau certaines interventions chirurgicales.

La révolte gronde et l’hôpital se meurt. Les cliniques indépendantes devenues moribondes sont regroupées dans des chaînes, proies faciles pour les fonds de pensions ou les assurances.

Alors les soignants vont-ils se révolter contre cette administration et les agences de santé qui les paralysent ?

Les agences et les énarques, complices de l’État

« Certains médecins, en vous tâtant le pouls, ont une façon de vous prendre par la main qui semble tout de suite vous guider vers un monde meilleur. » Paul Masson.

Face à la détérioration de notre médecine humaniste, je me suis depuis longtemps posé la question de savoir s’il y avait réellement un pilote dans l’avion.

À la vue des décisions allant toutes dans le même sens, à savoir toujours plus d’administrateurs et moins de soignants, je pense au contraire que la direction est toute tracée : mettre la santé sous le contrôle de l’État. Toutes ces crises en découlent.

Depuis les ordonnances Juppé de 1996 l’État a pris le contrôle et a fait des Français des assistés. Après avoir augmenté de façon insupportable les cotisations et créé de nouveaux impôts il ne restait plus qu’à diminuer le nombre de médecins. Le scénario catastrophe est en place. Le moindre grain de sable va bloquer le système et a fortiori une pandémie alors que les organismes de l’État avaient en janvier 2020 tous les éléments pour prendre les bonnes décisions.

Au nom du principe de précaution les masques et les tests auraient dû être distribués à tous les soignants et les aéroports fermés. Tester les arrivées et isoler les passagers auraient permis de mieux contrôler l’épidémie, mais rien n’a été fait… À qui la faute ?

L’incurie administrative et la multiplication des intervenants de la haute fonction publique ont paralysé tout le système de commandement. Les hauts fonctionnaires devraient y réfléchir. Ils sont issus de l’ENA, de l’École polytechnique, de l’École nationale de la magistrature, de l’École des hautes études en santé publique ou de l’Institut national des hautes études territoriales.

Au lieu de former des personnels pour les réanimations, ces acteurs ont préféré l’immobilisme et la déprogrammation de la chirurgie.

Je décris cette situation dans le livre Blouses Blanches colère noire édité par Max Milo et paru le 9 mars 2021.

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