Les déserts médicaux ne sont pas près de refleurir

Les déserts médicaux : au lieu de former du personnel soignant, l'Etat préféré l'immobilisme et la déprogrammation de la chirurgie.
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Les déserts médicaux ne sont pas près de refleurir

Publié le 4 mai 2021
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Par Bernard Kron.

La crise de la santé ne finit pas de rebondir comme en témoigne le report de plus en plus nombreux des interventions chirurgicales.

Un État autiste

Quatre lois en moins de 20 ans nous ont amenés au bord de l’abîme. La loi dite loi Kouchner de 2002 relative aux droits des malades a fait des patients des consommateurs de soins ayant tous les droits et les soignants seulement des devoirs.

Les lois suivantes ont aggravé la situation car l’État en position d’arbitre est partial. Ses acteurs ne pensent qu’à une chose, se faire réélire et développer leurs avantages et leur plan de carrière.

Alors on confine pour la troisième fois et on déprogramme à nouveau certaines interventions chirurgicales.

La révolte gronde et l’hôpital se meurt. Les cliniques indépendantes devenues moribondes sont regroupées dans des chaînes, proies faciles pour les fonds de pensions ou les assurances.

Alors les soignants vont-ils se révolter contre cette administration et les agences de santé qui les paralysent ?

Les agences et les énarques, complices de l’État

« Certains médecins, en vous tâtant le pouls, ont une façon de vous prendre par la main qui semble tout de suite vous guider vers un monde meilleur. » Paul Masson.

Face à la détérioration de notre médecine humaniste, je me suis depuis longtemps posé la question de savoir s’il y avait réellement un pilote dans l’avion.

À la vue des décisions allant toutes dans le même sens, à savoir toujours plus d’administrateurs et moins de soignants, je pense au contraire que la direction est toute tracée : mettre la santé sous le contrôle de l’État. Toutes ces crises en découlent.

Depuis les ordonnances Juppé de 1996 l’État a pris le contrôle et a fait des Français des assistés. Après avoir augmenté de façon insupportable les cotisations et créé de nouveaux impôts il ne restait plus qu’à diminuer le nombre de médecins. Le scénario catastrophe est en place. Le moindre grain de sable va bloquer le système et a fortiori une pandémie alors que les organismes de l’État avaient en janvier 2020 tous les éléments pour prendre les bonnes décisions.

Au nom du principe de précaution les masques et les tests auraient dû être distribués à tous les soignants et les aéroports fermés. Tester les arrivées et isoler les passagers auraient permis de mieux contrôler l’épidémie, mais rien n’a été fait… À qui la faute ?

L’incurie administrative et la multiplication des intervenants de la haute fonction publique ont paralysé tout le système de commandement. Les hauts fonctionnaires devraient y réfléchir. Ils sont issus de l’ENA, de l’École polytechnique, de l’École nationale de la magistrature, de l’École des hautes études en santé publique ou de l’Institut national des hautes études territoriales.

Au lieu de former des personnels pour les réanimations, ces acteurs ont préféré l’immobilisme et la déprogrammation de la chirurgie.

Je décris cette situation dans le livre Blouses Blanches colère noire édité par Max Milo et paru le 9 mars 2021.

Voir les commentaires (12)

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Créer un compte Tous les commentaires (12)
  • Toute la médecine est sinistrée. L’hôpital public est dysfonctionnel, mais les soignants privés ne font guère mieux, avec des délais pour obtenir des rendez-vous déraisonnables.
    Toute la médecine est fonctionnarisée, les acteurs ont une rente de situation, et travaillent de moins en moins (3-4 jours/semaines).

    • « les soignants privés ne font guère mieux, avec des délais pour obtenir des rendez-vous déraisonnables. »
      Lol. Il faudrait quand même sortir de ce raisonnement qui permet de discrètement exonérer l’Etat de ses responsabilités.

      Quels sont les causes de ces délais?

      1/ Le numerus clausus des études de médecine instauré par l’Etat pour limiter le nombre de médecins dans le but de faire des économies en limitant les dépenses médicales par la pénurie de soignants.

      2/Baisse de la rentabilité de l’activité libérale en Médecine par:
      – augmentation des taxes, charges, impôts
      – augmentation des charges administratives chronophages amputant d’autant l’activité source de rentrée d’argent
      – limitation des entrées d’argent par la stagnation des tarifs médicaux (fixés par l’Etat!), les dépassements d’honoraire ayant permis de rattraper en partie cela mais pour certains médecins uniquement, l’Etat limitant indirectement ces dépassements en limitant juridiquement les remboursements des Mutuelles (contrats dits « responsables »)
      Conséquences: arrivé à un certain niveau, un surplus d’activité d’un médecin ne se traduit plus par une augmentation significative de revenus par rapports aux contraintes, aux prélèvements divers et au temps passé ainsi qu’à la fatigue générée.

      3/Pour l’activité paramédicale (infirmier) libérale, la mise en place d’une limitation annuelle du nombre d’actes remboursés

      Bref, dans toutes ces causes, vous retrouvez la main de l’Etat.
      Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de médecins se déconventionnent càd retrouvent leur liberté mais leur actes ne sont plus du tout (sauf 1 ou 2E) remboursés par la SS. Ceci continuera jusqu’au jour où l’Etat l’interdira si jamais le mouvement devient trop important..

      • Ce n’est pas faux, les soignants du privé sont comme les autres professions empêchés, entravés, par des multiples taxes et autres réglementations vexatoires.

    • 1/ Trois ou quatre jours par semaine, oui. Mais ce sont des journées de dix heures minimum. Ce qui donne, en moyenne, du 40 heures/semaines. Bien sûr, cela ne comprend pas le temps de formation personnel, la comptabilité et l’administratif, etc.

      2/ Les cotisations obligatoires ne cessent d’augmenter. Quel est l’intérêt de travailler plus de quarante heures par semaine si c’est pour se faire racketter par l’État ?
      a) La reconnaissance des patients ? Elle est inexistante. Tout leur est du, gratuitement : « pourquoi ce n’est pas gratuit ? ». Le professionnel de santé est vu comme un larbin : « sale fainé*nt » (sous-entendu « qui refuse de partir après vingt heures parce que MOI j’ai besoin »).
      b) La reconnaissance de la société ? Elle est négative : « sala*d de riche », « y’a qu’à les forcer à aller dans des trous où personne ne veut aller », « les fameuses études gratuites où l’on se fait exploiter comme un chien par l’hôpital », etc.

      3/ Vous avez dans votre propre discours la raison (« rente de situation » & « travaillent de moins en moins ») pour laquelle mes confrères n’en ont plus rien à cirer. Nous ne sommes pas des larbins à votre disposition.

  •  » ils sont issus de l’ENA « ….c’est bien là le problème….

  • et les soignants parlent maintenant de reconversion…

  • Big is not beautiful ! Les petites et moyennes structures permettaient au moins de pratiquement quadriller la presque totalité du territoire et curieusement de garder bon nombre de médecins de campagne . . . .

    • Le problème n’est pas véritablement la taille mais le gestionnaire de la structure.
      Si c’est également l’Etat qui gère vos petites et moyennes structures, le résultat sera tout aussi médiocre.

    • Les professionnels de santé ne veulent pas aller dans les « déserts médicaux » parce que ce sont des déserts tout court !

      Quels emplois pour les conjoints ? Quel qualité d’instruction pour les enfants ? Quels services « publics » pour les considérables cotisations et impôts payés ? Quels services privés ?

      Selon la jurisprudence « UBER » les professionnels de santé libéraux conventionnés sont presque déjà des salariés ! Tarifs opposables insultants, CCAM stupide et intrusive, praticiens-conseils complètement déconnectés de la clinique, etc. L’État voudrait maintenant leur dire où s’installer ! Mais qu’ils recrutent donc des fonctionnaires ! Cela sera les trente-cinq heures (pliés en trois jours), aucun investissement dans le plateau technique (achats au moins cher), aucun administratif (plus de harcèlement), etc. Bien évidemment, il ne veut pas : cela coûterait, au bas mot, trois fois plus cher !

  • Jerémy Lapurée
    4 mai 2021 at 10 h 44 min

    « La loi dite loi Kouchner de 2002 relative aux droits des malades a fait des patients des consommateurs de soins ayant tous les droits et les soignants seulement des devoirs. »

    Eh bien, parlons en justement. Par expérience, j’ai été très heureux de ne pas avoir un médecin, un hôpital ou une clinique obligatoire, mais au contraire d’avoir pu faire établir plusieurs devis.
    Pas tant pour le prix que pour l’avis médical lui-même.
    Sinon, dans un cas, j’aurais eu à subir une opération inutile (et coûteuse) et dans l’autre, aurais vu retarder une intervention dont le report aurait été fatal.
    On l’a particulièrement compris avec cette crise. Les médecins, y compris les plus chevronnés, n’étaient d’accord sur rien. Et certains ont été empêchés de prescrire des molécules quand d’autres en vantaient les mérites. On dirait bien un refus de vente !
    Alors oui, un patient consommateur me convient parfaitement et je note que cette logique n’est pas encore pleinement satisfaite…

  • D’accord avec tout l’article.

    Seule cette phrase me semble de trop : « La loi dite loi Kouchner de 2002 relative aux droits des malades a fait des patients des consommateurs de soins ».

    Les malades ne sont pas des meubles que le menuisier va réparer comme bon lui semble. Il est normal que le malade soit informé de ce qu’il a et de comment on va le soigner, et il est également normal qu’il puisse se renseigner ailleurs.
    La lecture des dispositions générales de cette loi (par le lien) est instructive et confirme combien elle était nécessaire.

  • L’article commence mal avec la phrase « La loi dite loi Kouchner de 2002 relative aux droits des malades a fait des patients des consommateurs de soins ayant tous les droits et les soignants seulement des devoirs. »

    Au contraire, cette loi s’inscrit dans une évolution qui fait des patients des acteurs de leur santé quand ils souhaitent s’en donner la peine. Ce type d’évolution a permis de sortir de l’époque féodale où la toute puissance du corps médical était trop souvent abusive.

    Désormais les patients et les soignants peuvent s’engager dans une alliance thérapeutique où chacun s’appuie sur les compétences reconnues de l’autre. La médecine dite, à juste titre, libérale est parfaitement à même de s’adapter pour faire du sur-mesure autant que nécessaire en fonction des capacités de chaque patient et de chaque soignant. Au final, c’est plus efficace et plus économique pour tout le monde. Même (et, pour tout dire, surtout) avec des soignants non conventionnés et qui ne travaillent pas plus de 3 ou 4 jours par semaine (1).

    (1) (@ Gillib. Plus la qualification du travail augmente, plus le temps passé s’analyse en terme d’intensité et non de durée. A la limite, les Jeux Olympiques, c’est tous les 4 ans et, dans l’intervalle, ce peut être juste de la préparation qu’il ne serait pas pertinent de qualifier de loisir de rentier. C’est une métaphore que je vois bien fonctionner avec certains médecins, entre autres. Donc c’est à chaque professionnel de juger du bien fondé de son temps de travail.

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