Principe de précaution : jusqu’où irons-nous ?

Avec le confinement et le principe de précaution décrétés par le gouvernement, s’enfonce-t-on de plus en plus dans l’arbitraire et l’interdit ?

Par Élodie Keyah.

Dans le cadre de l’épidémie du Covid-19, et au nom de la lutte contre les risques de contamination par les porteurs sains, des supermarchés ont interdit l’entrée aux parents accompagnés de leurs enfants, souvent en bas âge, à moins de les laisser… dehors ou à l’entrée du magasin.

En témoigne Mathilde, mère célibataire de 25 ans qui, malgré ses nombreuses tentatives pour faire ses courses en ligne, a été refoulée d’un supermarché avec sa fille de 4 ans.

Alerté, le Défenseur des droits dénonce une atteinte aux droits des personnes, et en particulier à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Parallèlement, la Secrétaire d’État chargée de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, a décidé de créer une adresse mail gouvernementale pour recevoir les signalements des parents isolés et ce, afin « d’ouvrir un dialogue » avec les acteurs concernés.

Réactions saines où chacun répond avec ses armes. Une énième mesure de précaution qui se retourne contre des familles monoparentales, dans l’impossibilité de laisser leur enfant seul, souvent très jeune, à la maison. Dans un contexte de confinement total et obligatoire, la réalité des uns finit par se heurter à celles des autres.

Quand le gouvernement décide de ce qui constitue un motif valable de sortie, de ce qui relève d’un commerce essentiel ou d’un achat nécessaire ; quand sortir votre chien sans un document administratif peut vous valoir une convocation en correctionnelle ; quand les mesures drastiques prises par les autorités pour limiter les effets d’une épidémie se révèlent, in fine, plus nocives pour l’ensemble de la population et des futures générations, est-il réellement nécessaire de rendre la situation encore plus difficile à vivre et s’enfoncer, au nom du principe de précaution, toujours plus chaque jour dans l’arbitraire et l’interdit ?

 

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