Quatrième frein à l’entreprise : l’étatisme

Stamps BY Bruno Bicalho(CC BY-SA 2.0) — Bruno Bicalho, CC-BY

L’étatisme est un malheur bien français et ce sont nos entreprises qui en payent le prix estimé.

Par Claude Goudron.

L’une des plus belles réflexions de Frédéric Bastiat est celle concernant l’État, dont le petit soldat est le fonctionnaire :

L’État c’est la grand fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

C’est bien le malheur français et ce sont nos entreprises qui en payent le prix estimé, pour le gaspillage induit, à 80 milliards d’euros par an !

Étatisme et fonctionnaires

La révolution industrielle informatique 4.0, qui a boosté la productivité de nos entreprises, n’a pas trouvé l’équivalent dans l’administration qui, forte de son immobilisme, a réussi l’exploit, non pas de réduire mais d’augmenter son effectif dans des proportions ahurissantes, passant de 3,9 millions en 1981 à 5,6 aujourd’hui (+40 %) auquel il faudrait ajouter une part importante des 1,9 million de salariés d’associations financées majoritairement par nos impôts.

Avec 30 000 hauts fonctionnaires c’est une situation de rente insoutenable pour l’économie française. Et malgré cela, il faut savoir que faute de capacités internes, l’État fait de plus en plus appel à des cabinets privés extérieurs spécialisés.

Une telle inefficacité a fait prendre conscience à nos politiques que pour y remédier, il fallait décentraliser cette administration. Cela a été amorcé sauf que, comme toujours en France, on ajoute une couche administrative sans toucher à l’existant… et en augmentant des effectifs.

Certains candidats aux dernières élections présidentielles, comme François Fillon proposait de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires ; Juppé, 300 000 et Macron, 120 000. Il en a créé plus de 20 000.

Plus on en crée, moins ça fonctionne, la preuve avec l’administration des hôpitaux dans la crise Covid. Une fois écartée par le personnel de santé, les choses ont commencé à fonctionner.

Et il ne faut pas croire que c’est mieux dans les autres administrations qui ont pris le pouvoir dans notre pays !

Le règne de l’irresponsabilité

Tout d’abord reconnaissons qu’il existe en France de très bons et dévoués fonctionnaires, qui ne sont malheureusement qu’une minorité.

Tout est mis en place pour que les agents du service public bloquent toute initiative ou imposent des délais déroutants : par exemple 5 à 10 ans pour une éolienne contre deux années maximum en Allemagne.

Afin de justifier leur emploi en sureffectif, les fonctionnaires ont créé 400 000 normes et décrets contre seulement 80 000 chez nos voisins Allemands. Ils ont également sur-transposé les normes européennes afin de les mettre en conformité avec le droit français, pénalisant encore plus nos entreprises.

La hantise de la responsabilité les oblige à obtenir un nombre imposant de signatures afin de la diluer, et malheur au projet d’urgence absolue si l’un des signataires est en vacances.

Tirer la couverture de la protection semble être la règle numéro 1 ; quand c’est possible, on refile le dossier au petit copain pour ne pas en assumer la responsabilité.

De toute façon, le fonctionnaire n’est jamais responsable. Il n’est jamais sanctionné en cas d’erreur, mais éloigné grâce à une promotion. Et c’est ainsi que les plus inefficaces se trouvent en haut de la pyramide.

Le prix payé par les entreprises est exorbitant

Seule l’entreprise, principalement industrielle et agricole et celles qui y sont associées, crée de la richesse. Toutes les dépenses de l’État sont à sa charge. Elle paye impôts et taxes et en salariant ses employés, ceux-ci paient également leur part.

Les fonctionnaires sont rémunérés par les recettes de ces taxes et impôts, là encore grâce aux entreprises. Supprimez l’entreprise et plus rien ne fonctionne !

Chaque dépense de l’État doit donc être parfaitement justifiée et gérée au mieux, tout écart se répercutant immédiatement sur la rentabilité des entreprises. Ici réside donc la raison principale du déclassement industriel du pays.

Depuis le début des années 1980, soit en 42 années de carrières, le gaspillage d’argent généré par cette overdose de fonctionnaires s’élève à environ 7000 milliards d’euros. Un fonctionnaire coûte au budget de l’État 3,5 millions d’euros jusqu’à sa mort.

Quelle serait la situation du pays si les entreprises n’avaient pas été ponctionnées à ce niveau de prélèvements ? Elles doivent retrouver la compétitivité qu’elles ont perdue et rattraper le retard pris sur l’Allemagne.

Aujourd’hui le PIB français devrait s’élever à 3300 milliards au lieu de 2700 en 2019 !

Une réforme sans cesse repoussée

Quarante-cinq ans de déficit. Les plus sérieux des hommes politiques en sont désolés, mais aucun ne veut passer à l’acte par peur de provoquer une réaction violente du peuple qui n’a jamais été éduqué à l’économie.

Le temps qui passe accumule les dettes qui, immanquablement vont nous sauter à la figure. Plus on attend et plus ce sera explosif.

La tête dans le sable nous attendons l’inévitable en priant que ce ne soit pas notre génération qui la subisse : une belle démonstration de notre lâcheté collective et du mépris pour nos propres enfants et petits-enfants !

Un thème qui doit être au cœur de la présidentielle 2022

Ce sera le plus important enjeu pour l’Europe : soit le pays se redresse, soit il sera rejeté par l’Europe ; ou pire, l’Allemagne en sortira. Dans les deux cas ce sera la fin de ce beau rêve avec une descente aux enfers et des prédateurs en tout genre qui vont se ruer sur le pays.

La réduction des dépenses de l’État, principalement par le retour à un effectif administratif du niveau de celui de nos concurrents, devra être le thème principal de la prochaine campagne présidentielle.

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