Impôts et taxes : un deuxième frein à l’entreprise 

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La survie de nos entreprises impose une remise à plat totale de la fiscalité. C’est une réforme qui aurait dû être faite il y a vingt ans et qui aurait ainsi évité une perte de 50 % de l’industrie française.

Par Claude Goudron.

Pourrait-on demander à un sportif de haut niveau de ramener une médaille olympique en courant avec un sac à dos de 50 kg ?

C’est pourtant ce que demandent nos gouvernants successifs aux entreprises françaises qui n’en peuvent plus de voir leurs efforts se fracasser sur le mur des prélèvements obligatoires.

Prélèvements obligatoires

Noyer le poisson en médiatisant toutes les baisses d’impôts accordées aux entreprises relève pour moi d’une communication malhonnête. En effet, elles sont souvent accompagnées de hausses ou de créations d’autres prélèvements, comme par exemple la suppression de la Taxe Professionnelle en 2010 remplacée par la Contribution Économique Territoriale et la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises !

Le seul et unique indice incontestable c’est le niveau de prélèvements obligatoires !

Notre pays en détient le record absolu : avec 47,4 % du PIB en 2019 selon EUROSAT, c’est le record de la zone euro, suivi de la Belgique avec 46 %. L’Allemagne est à seulement 42 %.

Cet écart est encore plus important si l’on compare la répartition des cotisations salariales et patronales : respectivement 4,4 % et 10,2 % pour la France, contre 9,5 % et 6,6 % pour nos voisins.

Notre sac à dos est donc lesté de 135 milliards d’euros.

Impôts et taxes, une fiscalité délirante

L’iFRAP a recensé 360 taxes et impôts en France (230 pour les entreprises), dont certains qui coûtent plus cher à faire entrer que ce qu’ils rapportent.

La collecte de ces impôts coûte en France 5,2 milliards d’euros. En 2015 Bercy employait 140000 personnes là ou l’Allemagne en comptait 54 000 pour une  population 20 % supérieure. Même si l’effectif en France est passé à 104 000 nous sommes encore largement en sureffectif !

La survie de nos entreprises impose une remise à plat totale de la fiscalité. Est-il  normal que l’État les ponctionne pour le financement des allocations familiales ?

Des cadeaux aux entreprises

Ce débat stérile en France à propos des cadeaux faits aux patrons est suivi bien entendu chaque fois par des demandes de compensations qui, malheureusement, se terminent souvent par une pression supplémentaire pour les entreprises qui n’en peuvent plus.

Conscient de ces handicaps pour l’entreprise le ministre des Finances nous annonce des mesures fortes comme la baisse annuelle de 10 milliards d’euros des impôts de production. En effet, ils sont cinq fois plus élevés qu’en Allemagne, soit 75 milliards d’euros contre 14 milliards. Nous passons de cinq fois plus à… 4,5 fois plus… ce n’est pas comme ça que les industriels reviendront en France.

Un ciblage contre-productif

Le gouvernement pousse les entreprises à privilégier la fabrication de produits haut de gamme. Pour cela il faudrait naturellement privilégier l’embauche de cadres et de personnels très qualifiés, à condition d’en trouver, car il faut savoir qu’un cadre, charges comprises, coûte 30 % de plus qu’en Allemagne.

Le pays s’est rapproché de ses concurrents à propos des charges sociales pour les bas salaires mais au détriment des hauts salaires : elles sont deux fois plus élevées qu’en Allemagne pour un salaire de 4000 euros et trois fois plus pour un salaire de 8000 euros !

Impôts : un frein à l’investissement

Le résultat unanimement reconnu de cette surimposition est que les entreprises françaises ne disposent pas de fonds propres suffisants. Elles ne peuvent donc pas investir dans les technologies d’avenir indispensables pour améliorer leur compétitivité, sauf à s’hyper-endetter, ce qui les fragilisent.

Il ne leur reste alors que trois solutions : se développer à l’étranger, se faire racheter et pour une majorité déposer le bilan.

Conclusion

Les entreprises doivent être déchargées de ces sacs à dos. Des réformes sont nécessaires pour les rendre compétitives car passer d’une charge de 50 à 40 kg ne suffit pas ; même à 20 kg la France ne ramènera pas de médaille. Il faut parvenir à zéro kg !

C’est une réforme qui aurait dû être faite il y a vingt ans et qui aurait ainsi évité une perte de 50% de l’industrie française. Diviser par deux les charges pour doubler le nombre d’entreprises, ce sont des rentrées fiscales identiques pour l’État… mais beaucoup de chômage en moins !

Allez-vous comprendre, messieurs Macron et Le Maire ?

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