Pourquoi être contre le confinement ?

confined BY steve hanna (CC BY-NC-ND 2.0) — steve hanna, CC-BY

Le confinement aura probablement des conséquences à long terme plus dramatiques encore que l’épidémie. Il est vital d’en finir avec cette folie.

Par Damien Conzelmann.

Pour reprendre l’expression de Ferghane Azihari, la « misère noire » que nous sommes en train de créer aura probablement des conséquences à long terme plus dramatiques encore que l’épidémie. Il est vital d’en finir avec cette folie.

Nous vivons une période étrange. Depuis un an, un mot que nous ne connaissions pas, ou alors que nous n’utilisions qu’à de rarissimes occasions s’est imposé dans le langage courant. Ce mot c’est confinement. Nous en avons vécu un premier, puis un second, et il est désormais question d’un troisième. Pourtant, cette stratégie pourrait se révéler contre-productive.

Le confinement, une mesure exceptionnelle

Le confinement est avant toute chose une mesure d’exception. Jamais, en temps de paix, nos libertés individuelles n’avaient été à ce point réduites. Une mesure empiétant à ce point sur nos vies intimes ne saurait être prise dans d’autres circonstances que celles d’une extrême nécessité.

C’est ce que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme elle-même. Sur son site internet, elle écrit :

« Ces mesures peuvent avoir des conséquences délétères graves sur les individus, les communautés et les sociétés, car elles entraînent un arrêt quasi-total de la vie sociale et économique. Ces mesures affectent de manière disproportionnée les groupes défavorisés, notamment les personnes en situation de pauvreté, les migrants, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et les réfugiés, qui vivent le plus souvent dans des endroits surpeuplés et pauvres en ressources, et dont la subsistance dépend du travail quotidien. »

Elle renchérit :

« L’OMS comprend bien que certains pays en sont parfois arrivés à un stade où ils n’ont d’autre choix que de décréter des confinements et d’autres mesures, pour gagner du temps. Les pays doivent utiliser ce temps pour renforcer leurs capacités à détecter, isoler, tester et prendre en charge tous les cas, à localiser et mettre en quarantaine tous les contacts, à mobiliser, responsabiliser et permettre aux populations de piloter la réponse de la société, etc. »

Le fait que le confinement s’installe dans la durée, dans notre quotidien, avant d’être le signe d’un quelconque courage politique que le pouvoir essaierait de nous vendre est avant tout le signe d’une profonde désorganisation, et dirait-on même d’une profonde incompétence.

Le confinement, à l’origine d’une grande détresse psychosociale

Tout d’abord, il est vain d’opposer l’économie et la santé : l’économie c’est la santé.

Selon une étude britannique publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, la crise économique de 2008 serait directement responsable de 500 000 morts par cancer dans le monde. La pauvreté entraîne en effet une misère sanitaire.

D’après un sondage IFOP et de la Fondation Jean Jaurès, 20 % des Français auraient des pensées suicidaires. Derrière la vague de la covid-19 se cache une autre vague, peut-être plus dévastatrice encore : celle de la misère psychosociale que nous sommes artificiellement en train de créer.

Dans une étude intitulée « Years of life lost due to the psychosocial consequences of COVID-19 mitigation strategies based on Swiss data » Dominik A. Moser, Jennifer Glaus, Sophia Frangou et Daniel S.  Schechter, tous des experts reconnus dans leurs disciplines, écrivent :

« Ces stratégies [de confinement] comportent cependant un risque important pour la santé mentale, qui peut entraîner une augmentation de la mortalité à court et à long terme et n’est actuellement pas incluse dans la modélisation de l’impact de la pandémie ».

La détresse des étudiants

Aujourd’hui, deux Français sur trois souffriraient de troubles du sommeil selon une enquête de Santé publique France. Les plus jeunes, quant à eux, semblent être ceux qui souffrent le plus du confinement. 84,1 % des jeunes seraient atteints.

À Sciences Po Paris, une association rapporte dans les résultats de son sondage que 41 % des étudiants se trouveraient dans un état dépressif, et 61 % des interrogés souffriraient d’anxiété. 91,1% éprouvent des difficultés d’ordre mental pour le suivi des cours à distance (concentration, décrochage…).

Une autre enquête datant du 16 novembre menée parmi 700 étudiants issus de milieux populaires révèle que 73,5 % d’entre eux se disent stressés, épuisés, souffrant de troubles du sommeil ou encore de troubles alimentaires. C’est assez facile à comprendre : l’isolement, l’angoisse, l’exposition intensive aux écrans ou encore le sentiment pour certains de passer à côté de leurs plus belles années sont sans nul doute à l’origine de cette situation.

Le confinement est à l’origine d’une dépression économique sans précédent

Et que dire de la situation de nombreux commerçants, de restaurateurs et de gérants de bar ? Nombre d’entre eux n’ont cessé de crier leur colère ces dernières semaines. En effet, à cette détresse psychosociale s’ajoute une détresse économique qui lui est intimement liée. Le confinement est déjà responsable de la destruction de milliers d’emplois. Peut-on accepter que cette dynamique se poursuive et s’aggrave ?

De même, de nombreuses PME se trouvent désormais dans une grande difficulté et sont au bord de la faillite.

Peter St.Onge et Maria Lily Shaw, deux  économistes, déclarent dans leurs travaux :

« Il faut cesser d’imposer des mesures de confinement aux PME. Une vaste littérature économique démontre que les changements permanents ont une incidence bien plus importante que les changements temporaires ».

Selon eux, multiplier les confinements pourrait transformer une récession passagère en une dépression de longue durée, ce qui pourrait engendrer des dégâts considérables.

Ils continuent :

« Sur la base de 70 années de littérature empirique et de théories économiques éprouvées, nous pouvons affirmer avec certitude que des confinements répétés, même modérés, sont susceptibles de se révéler chaque fois plus dévastateurs pour les PME confrontées à des choix difficiles dans un contexte de catastrophe qui tend à se perpétuer. »

Le confinement tue ce que nous sommes

Frédéric Bastiat écrivait :

« Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer ; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme. »

Ne serait-il pas bon de traiter enfin les Français comme des adultes responsables en leur laissant le choix de se confiner ou non ? Qui mieux qu’eux-mêmes pour savoir ce qui est bon pour eux ? S’il vaut mieux risquer la contamination ou l’isolement ? L’infection ou la dépression ?

Conclusion

Nous devons à présent apprendre à vivre avec le virus — cela ne signifie pas vivre en confinement perpétuel !

D’autres solutions existent : vacciner, augmenter considérablement les places en réanimation, former du personnel en urgence, isoler les malades, dépister… ce que conseille l’OMS !

 

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