Covid : entre la première et la seconde vague, ils n’ont rien préparé

Emergenza Coronavirus By: Dipartimento Protezione Civile - CC BY 2.0

Faudrait-il alors que notre liberté soit désormais suspendue à un hypothétique futur vaccin ? En vérité, ce deuxième confinement risque bien de ne plus s’arrêter.

Par Thomas Ligneyrac.

Le système de santé français est sur les rotules. Nous sommes en novembre 2020. L’histoire retiendra que cette année-là un virus peu létal mais contagieux a mis à genoux les systèmes de santé des pays développés.

La Sécurité sociale française, parmi les plus chères du monde, se révèle incapable de nous protéger. Au contraire, dans le but de protéger notre système de santé, le gouvernement a décidé pour la deuxième fois d’enfermer la totalité de la population.

Pourtant, la nécessité du premier confinement était déjà discutable. Les pays qui n’ont pas confiné n’ont pas subi l’hécatombe promise. Alors que les séquelles familiales, sociales et économiques laissées par le confinement mettront des années à se résorber.

Il s’est passé six mois depuis la première vague de contamination. Depuis le début, cette deuxième vague était une possibilité.

Ils ont eu six mois. Ils n’ont rien fait.

Ils n’ont rien préparé.

Et ils veulent nous enfermer.

Mais quelque chose a changé. Le premier confinement était une mesure exceptionnelle en réponse à une situation imprévue. Le deuxième confinement n’est déjà plus une exception et répond à une situation prévisible. En outre, il semble bien que le nouveau coronavirus s’est installé pour durer. Faudrait-il alors que notre liberté soit désormais suspendue à un hypothétique futur vaccin ? En vérité, ce deuxième confinement risque bien de ne plus s’arrêter.

Désobéissance civile

Une certaine fronde est en train de voir le jour. Des enseignes de grande distribution, des maires, de nombreux commerçants et artisans font depuis vendredi dernier acte de désobéissance civile.

La Fnac a lancé le bal, elle considère que ses produits sont essentiels et a décidé d’ouvrir l’ensemble de ses magasins :

On vend des ordinateurs, des téléphones, de l’électroménager, tout ce qu’il faut pour télétravailler. On peut donc ouvrir. C’est autorisé, reconnaît-on en plus haut lieu.[…]Quitte à être ouverte, la Fnac va vendre tout ce qu’il y a dans ses magasins […] « On prend notre risque, c’est vrai. On verra bien », reconnaît-on en interne.

La grande distribution ferme ses rayons interdits non sans faire la publicité que le gouvernement mérite :

 

De nombreux maires se mouillent pour protéger les petits commerces :

Des maires de petites et moyennes villes, comme Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ou Aubusson (Creuse) ont pris des arrêtés autorisant l’ouverture de commerces non-alimentaires. […] Des arrêtés similaires ont été pris aux Abrets-en-Dauphiné (Isère), Aubusson (Creuse), Barneville-Carteret (Manche), Béziers (Hérault), Colmar (Haut-Rhin), Décize (Nièvre), Faches-Thumesnil (Nord), Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe), Malemort-sur-Corrèze (Corrèze), Migennes (Yonne), Montauban (Tarn-et-Garonne), Perpignan (Pyrénées-Orientales), Valence (Drôme) et Yssingeaux (Haute-Loire).

 

 

Après avoir été tancé par le Préfet, le maire de Chalon-sur-Saône ne se démonte pas et lui répond vertement :

… Le préfet de Saône-et-Loire déclare pompeusement : « L’arrêté en question est illégal ».

Diantre ! Depuis quand un préfet est-il autorisé à se substituer au juge ? […] Du reste, je note que le préfet ne méconnaît pas que le droit, mais aussi la réalité. En particulier la réalité de ce qui se joue dans les grandes surfaces en ce moment. Il évoque de manière savante le respect d’un protocole sanitaire, un nombre maximum de mètres carrés par client… Depuis combien de temps n’a-t-il pas fait la queue avec des dizaines d’autres clients à une caisse enregistreuse ?

Un risque d’effondrement du système de santé

Personne n’ignore que le système de santé est surchargé. Le retard dans les opérations pris durant le premier confinement n’est toujours pas rattrapé, une part inquiétante du personnel est en burn-out. Dans les hôpitaux publics, nos soignants sont mal payés, surmenés, impuissants, contaminés. Ils vivent littéralement l’enfer. Le risque d’effondrement est réel.

Est-ce une raison valable pour enfermer la population ? Non. En revanche, il serait avisé de remettre en question l’organisation de la Sécurité sociale à la française.

Quoi qu’il en soit, il est temps de se rappeler que le mot sécurité ne fait pas partie de notre devise nationale. Et même si elle est certainement importante, elle l’est tout de même moins que la liberté. Le premier mot de notre devise. Le plus important.

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