Confinement : la trahison de l’État est sans précédent

Screenshot_2020-06-22 REPLAY - L'allocution d'Emmanuel Macron du 14 juin — AFP ,

Ce qu’aucun envahisseur n’avait osé, le gouvernement élu d’un pays démocratique, patrie des Droits de l’Homme, réussit à l’imposer légalement grâce à l’État d’urgence sanitaire qui vient d’être prolongé jusqu’au 16 février 2021.

Par Patrick de Casanove.

La santé plutôt que la liberté, mais sans liberté point de santé, ni physique, ni psychique. La société sans liberté devient malsaine.

 

« Nous devons réapprendre à être pleinement une nation. Nous vivions dans une société d’individus libres, alors que nous sommes une nation de citoyens solidaires. »

Cela fait longtemps que les libéraux attirent l’attention des Français sur la réduction de leurs libertés. Cette fois elle est actée par Macron lui-même. Les Français ne sont plus libres et ne le seront plus.

Ils seront des prisonniers, solidarisés les uns aux autres par les chaînes que l’État aura forgées. Ils n’auront aucune autre latitude autre que celle d’agir là où l’État leur dit d’agir et de penser. Emmanuel Macron ose appeller cela une nation…

C’est une trahison

Ce qu’aucun envahisseur n’avait osé, le gouvernement élu d’un pays démocratique,  patrie des Droits de l’Homme, réussit à l’imposer légalement grâce à l’État d’urgence sanitaire qui vient d’être prolongé jusqu’au 16 février 2021.

Ceux qui croient que l’État d’urgence sanitaire sera un jour entièrement levé sont probablement très naïfs. Avec lui les hommes de l’État ont trouvé un levier extraordinaire, inespéré et d’une puissance terrifiante pour accroître leur pouvoir, leur mainmise sur la société, sur les individus, jusque dans leur vie privée, jusque dans leur domicile, jusqu’au cœur de leur famille.

Les politiciens peuvent accomplir leur rêve de façonner l’Homme nouveau (vert) pour une société nouvelle (verte). Sans oublier que tant qu’il dure ils n’ont pas de comptes à rendre.

Ainsi, en prenant des mesures coercitives au prétexte de cette épidémie :

L’État a trahi les principes de la République française

Dont la devise est « Liberté, égalité, fraternité ». Il faut remarquer que liberté figure en premier. Grâce à l’État d’urgence sanitaire l’État a restreint les libertés individuelles. Il est allé jusqu’à confiner, puis reconfiner toute la population, sans jamais lui avoir rendu sa liberté.

L’État a trahi la Constitution

Le Préambule de la Constitution fait référence à la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789.

Elle dit dans son article 2 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »  

La liberté est citée en premier.

Le Préambule précise :

« Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789. »

De plus la Déclaration ses Droits de l’Homme de 1789 figure en bonne place sur le site de l’Elysée.

Il n’est pas inutile de se rappeler ici que pour les pères de cette Déclaration les problèmes surgissent quand l’État se dispense de les respecter :

« Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs »  

L’État a trahi les Français en détruisant leurs droits naturels

« Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme. »  Frédéric Bastiat, La Loi (1850)

Son rôle consiste pourtant à les garantir.

La liberté est donc en France un droit individuel naturel, imprescriptible, inaliénable et sacré. Malgré cela le gouvernement l’a détruite.

Ce que dit cette atteinte aux droits naturels individuels

C’est un test de résilience et de résistance de notre société, voire de notre civilisation. Le résultat est très inquiétant.

La soumission c’est la facilité. La soumission c’est la disparition de l’élan vital. La liberté a un coût, un prix. Il est cher. Elle se mérite.

La valeur suprême qu’est la liberté irrigue, vivifie, sublime toutes les autres. En effet il est légitime de se battre et mourir pour défendre la personne ou la propriété. Mais se battre et mourir pour la liberté est un élan transcendant universel qui soulève l’humanité. Le combat pour la liberté est aussi vieux que la civilisation humaine.

Il fut un temps où en Occident la liberté était première, absolument sacrée, inattaquable. Le sacrifice de la vie était parfois nécessaire pour la défendre. Cela ne se discutait même pas. Ce fut encore le cas il y a un peu plus de 80 ans, quand des millions de personnes se sont battues et ont perdu la vie pour être libres. Aujourd’hui il est légitime de se demander s’il existe encore une cause pour laquelle les Occidentaux accepteraient de se battre et éventuellement mourir.

Toujours est-il que, malheureusement aujourd’hui en France, il ne reste plus grand monde pour défendre la liberté.

Des frémissements peuvent laisser espérer que cela pourrait changer. Par exemple ces actions de beaucoup de maires  ou d’autres plus désespérées. Il existe aussi des réflexes malsains consistant, au lieu de réclamer la liberté pour tous, par exemple tous les commerces, d’exiger la coercition pour tous, petits commerces, certains rayons de grandes surfaces, e-commerce.

Force est de reconnaître que la machine à broyer étatique a écrasé tout esprit de résistance. Non seulement le totalitarisme est mis en place sans aucune difficulté mais il est réclamé par beaucoup. La peur, la soumission à l’autorité, le suivi de la masse font leur office. Un pouvoir totalitaire ne peut rien espérer de mieux qu’une population qui réclame son oppression.

Aujourd’hui toute une population accepte quasiment sans broncher d’être enfermée une deuxième fois, de subir des mesures de privation de liberté, sans avoir commis aucun délit et objectivement sans cause valable. La Covid-19, quoi qu’on en dise, est gérable. Ces mesures coercitives sont les seules qu’utilise l’État pour, prétend-il, lutter contre l’épidémie. En particulier :

  • il interdit de traiter étiologiquement l’infection au stade précoce ;
  • il se détourne de l’isolement des seuls malades ;
  • il n’a toujours pas prévu suffisamment de lits de réanimation.

L’État nous refuse de vivre, il fait de nous des non-morts

Selon toute vraissemblance « Il faut vivre avec le virus », l’infection prenant une tournure saisonnière. Le mot important est vivre.

Pour Bastiat la vie sans la liberté n’était pas la vie.

Vivre sans la liberté ce n’est pas vivre, puisqu’avec elle, la personnalité, la propriété  « sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la vie. » Détruire la liberté détruit la vie, au sens métaphysique mais aussi physique puisque beaucoup sont morts alors qu’ils n’auraient pas dû, du SARS-coV2, de privation de soins ou d’isolement et d’abandon.

Ces trois droits naturels sont liés, porter atteinte à l’un détruit les autres.

En supprimant la liberté l’État n’a aucun respect pour les Français, ni pour leur travail, ni pour la transmission de leurs savoirs, ni pour leur projet de vie. Nous ne pouvons plus disposer de ce qui nous appartient, de ce que nous créons par notre travail. Toute personne est considérée incapable d’agir rationnellement, de choisir librement, de prendre des risques et des responsabilités.

En détruisant la liberté l’État détruit la personnalité, l’humanité, il réifie. La liberté est consubstancielle de l’humanité. Sans liberté il n’y a pas d’Homme. Les êtres humains ne sont plus que des pions, les rouages d’une mécanique sociale.

« Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer ; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, Chapitre X, Concurrence (1850)

Aujourd’hui ce qui nous est imposé est de vivre confinés dans un monde désinfecté, stérile, ou plutôt d’y rester physiologiquement non mort, sans souffrance physique, le plus longtemps possible, à n’importe quel coût même celui de sa liberté. La joie, le plaisir de vivre ses passions, d’accomplir son destin, son projet de vie sont secondaires.

Le bonheur de vivre pleinement, d’embrasser ses enfants, ses petits- enfants, ses parents, ses amis, de partager des moments de convivialité, d’accompagner les êtres chers, s’il le faut jusqu’à leur dernière demeure, sont sans valeur.

La liberté est un droit naturel et un principe

Il ne faut pas reculer sur un principe. Il ne faut pas reculer sur la liberté. Les conséquences délétères sont incommensurables, sociales, économiques, humaines. Au nom de la santé, l’État détruit notre vie en détruisant notre liberté.

Il faut cesser de gouverner par la peur. La peur est mauvaise conseillère et dans la panique on fait n’importe quoi, surtout des erreurs qui deviennent des fautes lorsqu’elles se répètent.

Il faut que l’État cesse d’infantiliser les gens et les traite comme des personnes rationnelles capables de choisir. Les Français prendront leurs responsabilités, agiront de manière bien plus pertinente et efficace.

La politique doit cesser de vouloir s’occuper d’une épidémie.

Il faut rétablir la confiance. Il faut rétablir la liberté.

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » Propriété et loi (1848)

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » La Loi (1850)

 

Sinon, toute espérance perdue, ceci est peut-être un avant-goût de ce qui pourrait arriver. Autant l’éviter.

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