Planification : le retour d’un Commissariat au Plan ? 

Ce n’est pas en créant ou en recréant une Institution qui a eu son heure de gloire pour être ensuite fort décriée que l’on va arriver à redéfinir notre politique économique.

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François Bayrou en meeting à Toulouse (Crédits Jackolan1, licence Creative Commons)

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Planification : le retour d’un Commissariat au Plan ? 

Publié le 19 août 2020
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Par Loïk Le Floch-Prigent.

Il est à craindre que l’on s’intéresse davantage au titulaire du poste et à son rattachement hiérarchique qu’au retour d’une vieille aventure : la planification. C’est dommage car ce serait un beau débat si l’on pouvait, pour une fois, parler d’un sujet sans sombrer immédiatement dans l’anecdotique.

Planification et bureaucratie

On peut y trouver des relents de soviétisme car la planification économique a été au centre du rêve de l’URSS et le symbole de son effondrement, mais ce rappel serait injuste pour notre pays qui a fait fonctionner un Commissariat Général au Plan de 1946 à 2006 avant de de le transformer en agence comme c’est devenu la mode sous le sigle « France-Stratégie ».

D’ailleurs, il y a bien à l’époque deux aspects dans cette ambition reposant sur un petit nombre d’hommes essentiellement non- fonctionnaires : d’une part concentrer l’action d’un État fort vers des priorités claires et d’autre part associer toutes les forces vives de la nation dans cet effort collectif.

Mais on a du mal à ne pas faire correspondre la planification avec la bureaucratie et la technocratie car c’est bien avec cette notion et ses démembrements baptisés programmes que l’on a réussi à confisquer au cours du temps les initiatives  individuelles ou collectives intéressantes au profit d’orientations et de directives émanant des gouvernements et de leurs fonctionnaires.

Planification : un retour un arrière

La mondialisation libérale ayant fait exploser les volontés de souveraineté dans des domaines jugés fondamentaux pour certaines nations, le retour à une terminologie du passé à connotation de carcan administratif ne peut se concevoir qu’après une réflexion approfondie : le choix d’un homme et d’un concept flou en plein été n’apparait pas, dans un premier temps, comme un gage de succès !

Le plongeon de notre économie dans l’inconnu, d’abord avec des dizaines d’années de désindustrialisation puis de mesures désordonnées pendant les mois de pic de la pandémie avec un confinement dont on a eu du mal à percevoir les intentions comme les conséquences, exige de notre part des orientations claires pour permettre un rebond salutaire.

Pendant la dernière phase, l’évidence de notre dépendance à l’égard des manufactures asiatiques a été un choc pour beaucoup malgré toutes les observations et les alertes du monde industriel en même temps que celles des scientifiques et des économistes depuis des années.

La première réaction des technocrates a été de vouloir nous orienter vers une logique formelle de reconquête en privilégiant les postures et les modes : économie verte, hydrogène, numérique, intelligence artificielle, véhicule électrique, retour d’une industrie de principes actifs pour les médicaments… Une orientation, des programmes, des financements, des contrôleurs… Bref tout ce qui a échoué lamentablement dans le système soviétique.

Les préconisations issues d’un monde administratif à la fois anti-scientifique et anti-industriel ne peuvent aboutir qu’à la multiplication des effets d’aubaine et des pertes abyssales d’argent. Dans un monde aux changements très rapides on ne peut confier à des forts en thème n’ayant aucune expérience à la fois la définition des priorités et les choix des exécutants. Ce n’est pas comme cela que fonctionnent ni la science, ni la technique, ni l’industrie qui progressent grâce à des personnes compétentes, anticonformistes, et ayant le goût du risque et bien d’autres qualités éloignées des projets de carrière.

Dans le monde de la reconstruction d’après-guerre, pour remettre le pays en route il fallait se fixer des objectifs et mobiliser autour de ces projets à la fois l’argent disponible et les individus compétents quelles que soient leurs provenances, tout en y associant les forces productives avec ceux qui les représentaient.

Le contexte d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les objectifs comme les modalités du renouveau d’un effort collectif national sont d’une grande complexité car nous nous sommes mis dans une situation inextricable.

Planification à l’heure actuelle

D’abord nous sommes sur-administrés, et les réformes successives de ces dernières années, réalisées pour simplifier et réaliser des économies ont fait tout le contraire : nous avons plombé notre économie avec des dépenses publiques issues d’un millefeuilles administratif inqualifiable. Non seulement il coûte cher, mais il est essentiellement organisé pour les contraintes et les freins à l’initiative et au développement. Dans un premier temps, un Commissariat au Plan devrait donc, sans presqu’aucun fonctionnaire comme en 1945, définir un dégraissement de l’État et un rationnement des normes et règlementations qui amputent sans bienveillance les initiatives.

Ensuite les processus législatifs et règlementaires sont allés depuis vingt ans dans le sens de l’affaiblissement de l’industrie et plus généralement de l’appareil productif, y compris agricole et maritime. La disparition de pans entiers de notre industrie a été favorisée, en souhaitant que des activités considérées comme polluantes disparaissent et se reconstruisent dans d’autres contrées.

Nous y avons pleinement réussi, mais si désormais les yeux se sont ouverts, les corps sociaux de fonctionnaires chargés de faire appliquer les directives sont toujours là et rien ne bouge. Il est clair désormais qu’il ne fallait pas fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, qu’un moratoire sur le développement des éoliennes est indispensable. Mais les fonctionnaires veillent, obéissent et poursuivent leur destruction de notre appareil énergétique national.

On peut dire la même chose de notre agriculture, notre pêche, notre industrie chimique et pharmaceutique, notre secteur biomédical. On entrave, on contrôle, on punit et on incite à la fermeture et au départ. À cet égard, la Covid-19 a été un révélateur puisque des minorités bien organisées ont vu dans la disparition d’activités l’espoir d’une renaissance sans en définir ni les objectifs ni les moyens.

Il faut revoir la politique fiscale

Enfin, l’endettement excessif du pays a été présenté comme un espoir alors qu’il n’a consisté qu’à payer des rustines sans préparer l’avenir tandis que l’épargne continuait à ne pas être drainée pour soutenir l’appareil productif. L’essentiel de l’emploi réside dans les PMI et les ETI, ce sont elles qui sont en souffrance, elles manquent de fonds propres pour redémarrer, certaines ont obtenu des prêts relais sans traiter leur problème existentiel.

Il va donc falloir en priorité revoir la politique fiscale qui les rend non compétitives, revoir la fiscalité de la transmission puisqu’il apparait que ce sont les sociétés familiales correctement transmises qui sont le fond de cuve de la prospérité de certaines régions françaises et européennes. Certains épargnants sont prêts à soutenir localement la production mais considèrent ne pas avoir les instruments pour le faire dans des conditions de risques acceptables.

La question centrale d’une planification éventuelle n’est donc pas celle qui intéresse les fonctionnaires et la presse, c’est-à-dire la définition des secteurs d’avenir sur lesquels faire porter l’effort. Le préalable au rebond du pays est de bien comprendre comment et pourquoi nous nous sommes orientés depuis plus de vingt ans sur la route de l’échec et comment, avec le soutien des forces vives du pays nous allons pouvoir revenir sur toutes les âneries qui nous ont fait régresser.

Pour cela, il faut de la cohésion et les fragmentations actuelles alimentées sur les sujets de société ne vont pas dans le bon sens, avec des politiciens pratiquant avec délectation le déni de réalité.

Redéfinir une politique économique nationale avec des populations aux antagonismes démesurés et des violences physiques de plus en plus fréquentes est à la fois une nécessité et un rêve difficilement atteignable. Ce n’est pas en créant ou en recréant une Institution qui a eu son heure de gloire pour être ensuite fort décriée que l’on va y arriver, mais en reprenant une à une avec détermination, expérience et clairvoyance les dérives de la société française, en lui faisant redécouvrir la possibilité d’un chemin collectif au prix d’un effort lui aussi collectif. Il faudrait d’ailleurs commencer plutôt par supprimer toutes les Agences inutiles créées chaque mois depuis vingt années. Créer les conditions d’un renouveau économique c’est d’abord regarder les réalités en face et traiter les sujets fondamentaux en abandonnant les postures. Nous avons le potentiel humain pour réagir et prospérer, il faut arrêter de multiplier les contraintes et les punitions.

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  • La photo, associée au titre, fait immanquablement penser que Bayrou est un membre du politburo s’autocongratulant.

  • Retour aux vieilles lubies rouges dans lesquelles cette classe politique a souvent baignée dans sa jeunesse dorée,en étant admirative de ces régimes rouges bien souvent enseignés dans les écoles qu’ils ont fréquentés (Normale sup,sciences po…)ou le communisme était enseigné comme modèle politique ultime et parfait de contrôle des peuples et dont les modèles les plus extrêmes comme le maoisme ou le régime Khmer étaient vénérés par certains (Attali pour Mao).
    Nous avons notre version soft,mais non moins efficace,des camps de rééducation avec l’Education nationale et nos médias chargés d’instiller la bonne parole.

    • !e problème est que beaucoup d’entre eux ne sont toujours pas repentis de leur idées et passé trotsko-maoïsto-polpoto-léniniste, à commencer par un ex premier ministre, et un ex directeur de journal ayant fonde un site d’information sur internet, et que leurs idées mortifères infusent toujours dans la societe

  • En cinq ans c’ est possible. Pour cela il est nécessaire d’ élire Eliot Ness et une équipe de flingueurs incorruptibles. Parce qu’ il faudra récurer profond et vachement fort pour enlever toute la crasse mafieuse du système étatique français.

    • Vous aussi vous attendez le messie libéral ? C’est une épidémie ?
      Il suffit de cesser de tout interdire et de garder à la niche les contrôleurs de tout poil les plus zélés. On respirera tout de suite mieux.
      Votre solution est bien aussi mais c’est juste un rêve.

  • Qui portera ce discours à l’Assemblée ? Probablement personne. Malheureusement. Par contre le « plan » d’écroulement de la France, lui, fonctionne à merveille, la soviétisation de notre pays étant « en marche », reste plus qu’à y mettre le « Plan Final ».

  • Le Titanic est en train de sombrer
    Il faut organiser l’évacuation avec le minimum de vagues
    Bayrou sera parfait

  • Le plan jusqu’à la prochaine élection étant fait, le plan pour la transition énergétique delà signé jusqu’ en 2030, le plan climatique jusqu’en 2050, le choix d’un homme du passé pour s’occuper de la période 2050-2100 à un homme d’avenir s’imposait donc, un seul choix, bayrou, spécialiste des chevaux, futur moyen de transport de nos chevaliers des temps futurs et laboureurs de nos campagnes.

    • En détruisant le système producteur d’énergie, qui alimente l’économie et la prospérité du pays, on ne risque pas de redresser celui-ci. Les écolos gauchistes sont des saboteurs!

  • Le commissariat au plan français du passé est pour moi associé au développement du nucléaire, des TGV, du Concorde puis d’Airbus, d’Ariane. Le meilleur exemple de plan est le MITI japonais. Si le future directeur s’entoure de chefs d’entreprises (de toutes tailles), f’un ou deux établissement financier et de Présidents de Régions, on peut faire un truc formidable pour relancer la France, à mon avis ?

    • TGV ,une belle idée qui a asséchée la France en faisant oublier tout le réseau secondaire et en la réduisant à 3 grands axes Paris Lille,Paris Marseille,Paris Bordeaux et plus rien entre sauf la voiture….diesel!
      Le Concorde un bel oiseau de nos ingénieurs aéro mais échec commercial.
      Airbus qui s’est planté avec l’A380 et qui a du mal a validé L’A400M pourtant indispensable à nos armées qui volent encore dans des Transall de plus de 50 ans…
      Le Minitel(précurseur du web et qui n’a été rentable que pour les sites pornos),le Be Bop précurseur du portable ,des belles idées consommatrices d’argent public tant dans leur conception que dans leur exploitation.C’est cela le plan un grand consommateur d’argent public.

      • Ecoutez, si vous avez le choix entre un train régional avec changement et une nuit dans le train ou le TGV, vous prenez quoi ? Le Concorde est une succès technique énorme et c’est l’expertise acquise qui a permit d’avoir les ingénieurs qui ont développé l’aérospatiale puis Airbus…etc, etc… Mais le plan, ce n’est pas forcément de la dépense d’argent public. Ce peut être des « secteurs d’avenir » développés avec des entreprises sur des territoires, dans des Zones d’Activités spécialisées. C’est l’état qui aide à déterminer où pousser les efforts et qui coordonne. Voyez le MITI japonais ? Le libéralisme doit-il exclure tout les services que l’état est en mesure d’apporter ? Bayrou n’est certes pas dynamique mais je le crois ambitieux et intelligent. En outre, il n’est pas dogmatique. Mais un ex Président de grosse entreprise ou un commercial de haut niveau pourraient aussi bien faire l’affaire pour diriger ce Commissariat ? Moi, je crois que cela peut-être très intéressant ?

        • C’est l’idée même qu’il faille coordonner qui pose problème, du moins au niveau d’un pays de la taille de la France et au sein d’une économie mondialisée.
          Penser qu’un aréopage de crânes d’oeuf puisse faire mieux que le marché à cette échelle est un non-sens. Maîtriser les éléments d’une économie au delà de la taille d’une ville est tout simplement hors de portée. La preuve en est que chaque mesure prise par le gouvernement génère aussitôt une kyrielle de conséquences imprévues, le plus souvent délétères, qu’il faut tenter de corriger par de nouvelles mesures , ce qui déclenche aussitôt d’autres effets … etc. Même la simple connaissance de l’ensemble des éléments à considérer est inatteignable, alors la maîtrise…

        • Bien sur que je prends le TGV,je dis que le réseau secondaire a été trop délaissé au détriment de ces 3 axes et a contribué a asséché les territoires et donc leur développement.Le Concorde ,succès technique énorme mais échec commercial,nous avons des idées mais pas de pétrole comme disait ce slogan de 1976 dans ma jeunesse.
          Le MITI japonnais est le ministère de l’économie ,de l’industrie et du commerce,nous en avons déjà un et je doute que les japonnais aient à sa tête un littéraire, pas besoin d’un commissaire au plan.
          Ce qui me gêne dans cette notion de plan ,c’est son inspiration socialo communiste avec les résultats que l’on connaît,à ma connaissance cela n’existe pas dans les pays anglo-saxons.

        • Mais vous n’avez pas ce choix. Il est 19h, vous êtes à Rennes, vous vous découvrez le besoin d’être à Bordeaux demain matin vers 10 h. En quoi avoir développé le TGV vous rend-il la vie plus facile que pour un trajet équivalent dans un pays différent ?

          • Je ne suis pas un expert et je sens qu’il y a un piège dans votre exemple avec le choix des villes mais je ne le saisis pas.
            C’est à cause de l’escale à Paris ? Bon, je vois qu’il y a une escale à Paris aussi en prenant l’avion.

            En ce moment je suis à Toulouse, et en tant que voyageur je serais très content d’y voir arriver le TGV.
            Pareil je suis très content qu’une nouvelle ligne de métro ouvre dans les prochaines années, même si ça me prendra plus de temps pour aller à mon boulot avec qu’en prenant ma voiture.
            Peut-être que je me trompe hein, mais du coup je veux bien que vous expliquiez le problème que vous voyez dans votre exemple.

      • En quoi le minitel n’a pas été un succès ? Il a duré trop longtemps certes, mais sur le début c’était une belle avancée et a été massivement utilisé. Des opérateurs japonais comme Docomo ont copié son modèle économique qui avait plus de sens qu’internet en 2000.

    • ce que vous citez est sympa, mais franchement, vous voyez Bayrou lancer une idée innovante, ou un chantier qui sera structurant au niveau mondial pour les cinquante prochaines années, vous…?
      Vous le voyez s’entourer de chefs d’entreprises qui lui apporteront une vision neuve ? Je ne parle pas de ceux qui émargent aux conseils d’administration des différentes entreprises du CAC40…

    • Pour voler en supersonique il faut injecter du carburant dans la chambre de combustion du réacteur. Ce qui en quadruple la consommation. Or le prix des billets en dépend, ainsi que la capacité en voyageurs. 2 handicaps du Concorde avec seulement une centaines de places. C’était un avion pour les riches.
      Boeing lui sortait en même temps le 747 avec ses 500 places ce qui permettait de réduire considérablement le prix des billets, rendant enfin l’avion accessible aux classes moyennes!

      • Des trucs « pour les riches », y en a plein qui fonctionnent. Je n’ai jamais voyagé en Concorde, n’y avait-il pas d’autres manques à bord pour expliquer le sentiment que la prestation ne valait pas son prix ?
        Et puis il reste toujours le temps d’attente dans l’aéroport.

        • Exactement. Il manquait l’étude de marché sérieuse qui indique ce que gagnent les voyageurs ciblés et combien seront séduits par la nouvelle offre. L’homme d’affaires qui peut dormir, travailler et se restaurer dans l’avion a du mal à voir l’intérêt de réduire ce temps plutôt que celui entre son bureau et l’avion…

          • Mais ce ne sont pas non plus les marketeurs qui font forcément les bons produits. Il faut tout un ensemble de choses pour qu’un produit marche, mais commencer par le faire n’est pas forcément une mauvaise idée. Et après… ben il y a des échecs, c’est vrai. Je ne sais pas s’il y a eu un vrai bilan de fait pour dire si c’était bien un échec. Mon expérience est qu’il n’y a pas beaucoup de responsables qui aiment faire des bilans, qu’ils considèrent comme des procès, et qu’il y a rarement de capitalisation stratégique, que ce soit sur les succès ou les échecs.

    • Nucléaire : Euratom, 1957.
      TGV : 17 ans après le Shinkansen, initiative de la SNCF
      Airbus : consortium européen ( France, Allemagne, UK, Espagne, participations belge et néerlandaise ) Son succès a commencé quand Airbus est parvenue à s’affranchir des interventions des états.
      Ariane : programme lancé par dix pays eyropéens

      Pour les flops, voir les résultats des nationalisations sous Mitterand et le post de PCC : toujours le même problème : l’incapacité à voir mondial ( on peut rajouter Dailymotion, Bull, Géoportail, bientôt le clavier franco-français )

  • Avoir le pouvoir et s’en servir pour préparer sa réélection au lieux d’être au service des Français. Top macron !

  • Vaste programme! cf. de Gaulle

  • « Dans le monde de la reconstruction d’après-guerre », bien que le pays ait bénéficié d’une manne céleste providentielle (l’argent des USA à fonds perdus), l’Etat socialoïde a pourtant terminé sa course folle quasiment en faillite vers 1957. C’est dire l’immense réussite de la planification d’alors.

    Macron va probablement réussir à faire aussi bien avec son confinement parfaitement inutile, ses masques aussi vains que rigolos tout en interdisant obstinément l’accès au seul traitement efficace connu (https://youtu.be/jkLtPq5-e_k) et finalement le retour improbable du clown Bayrou.

    Entre 120% et 130% de dettes sur PIB, bientôt 200% de dettes sur VA marchande, au moins 19% de PIB perdus à jamais (8% seulement en Suède non confinée sur la même période), l’aéronautique et l’automobile au tapis, sans oublier les artisans et le commerce ruinés, entre 8 et 10 millions de chômeurs (mais la masse salariale des fonctionnaires inchangée, peu importe s’ils travaillent ou non), une circulation embolisée par des pistes cyclables vides partout, des flics qui tabassent joyeusement les honnêtes citoyens tandis que certaines banlieues sont à deux doigts de proclamer leur indépendance (là, pas le moindre uniforme en vue), un blackout prévisible au cœur de l’hiver prochain…

    La France est gravement atteinte par une pandémie de stupidité.

  • Du passé faisons table rase ! C’est aujourd’hui le seul point avec lequel je suis en accord avec les communistes….

    Sérieusement, l’état de notre pays est tel qu’il faille plus qu’un quinquennat ou deux pour le sauver ! Car même avec un gouvernement libéral, les oppositions au sein de la machine étatique édifiée depuis des années, feront de toute tentatives de réforme un travail Herculéen !

    Un nouvelle constitution pour faire table rase de l’état profond et de son armée de haut fonctionnaire me paraît capital. Seul de nouvelles institutions nous permettrons de réformer la république sociale, en république libérale…

    • Faire table rase du passé, c’est l’erreur cardinale qu’explique fort bien José Ortega y Gasset dans son opus magnum « La révolte des masses ». C’est quand on ne connait plus son histoire, aussi bien politique que culturelle qu’on obtient des dirigeants incompétents et dangereux.

    • Tout à fait d’accord. Il faut supprimer le statut de la fonction publique (et donc l’ENA) , et cette élection présidentielle qui cannibalise toute la vie politique. Après il y aura le mille feuille ,
      mais peut on faire tout cela sans une révolution ?

      • A-t-on la moindre chance d’y parvenir par une révolution ? Le simple discrédit des énarques, s’il était obtenu, n’aurait-il pas au moins autant de chances de réussir ?

  • La désindustrialisation est la conséquence de toute une série de décisions prises pendant les 45 dernières années, allant toute dans le sens d’une socialisation de la société.
    L’entrepreneur est cet oiseau rare qui veut bien travailler 70 heures par semaine en prenant des risques fous pour bâtir ce qui crée de la richesse et des emplois. Il a besoin qu’on lui foute la paix et qu’on lui laisse le fruit de ses efforts, lorsque ceux-ci ont été couronnés de succès (1 sur 5 environ).
    Si on le bombarde de règles aussi stupides que contraignantes et qu’on lui vole la moitié ou les trois quarts de ses profits, il fait quoi, notre oiseau rare?
    IL SE BARRE!

    • @Gerald. OUI. De plus, dans les années 60/70.. voire jusqu’au milieu des années 80 avant la loi Pacte Dutreil, qui imite avec beaucoup de retard.. les consortium familiaux, en usage en Allemagne et Autriche, les autorité locales et nationales, ont laissé mourir des TPE et PME, en dizaines de milliers, car n’ayant pas de repreneur familial.
      Et ceci souvent, avec les applaudissements des potentats syndicaux et politiques locaux : jalousie , haine etc.. envers la réussite et le « bourgeois du village! C’est la triste réalité des villages et petites villes encore aujourd’hui.. représenté au Sénat.

  • Il va faire quoi dans tout ça Bayrou ?

    Parachuter en 3 mois les valises de billets de Merkel sur les cibles prédéfinies par les lubies de Macron ?

    Ou mettre à profit sa Haute Compétence en Lettres Classiques pour corriger en 6 mois la stratégie économique et industrielle française ?

    Ou passer une commande massive de boules de cristal pour équiper les administrations et les ministères afin de définir les technologies émergentes dont la France sera le leader dans 1 an ?

  • Le plan le plus utile et urgent est celui qui redéfinira le rôle des acteurs de la sécurité, mission première de l’État, qu’elle soit extérieure, intérieure ou sanitaire.
    A part la première qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a sans démériter, la seconde n’ose pas agir comme elle devrait et la troisième nous laisse pantois par ses incohérences et son alignement sur la seconde!

  • J’ai d’abord été surpris de voir la signature de Loïc Le Floch-Prigent sur ce site et encore plus surpris de lire tout le contenu de l’article qui est une critique acerbe et extrêmement pertinente de tout ce que l’État a fait de travers depuis 1974

  • La planification pourrait permettre justement de définir des politiques de transition, d’arrêt progressif des subventions aux secteurs industriels qui n’ont plus de légitimité technique, d’allègement de l’administration… etc.
    Pour le coup la redéfinition de la fiscalité me semble devoir être si profonde que pour moi elle n’est pas encore envisageable aujourd’hui et nécessitera encore plus d’une crise économique, les tentatives conformistes de redéfinition marginale ne servent à rien : il va falloir réformer, et en fait personne n’a envie de le faire pour l’instant.
    Je parie moi aussi que le commissariat au plan sera une énième tentative de ne rien planifier du tout, de tenter de tout figer, de projeter des politiques conformistes à moyen terme, de nier le dynamisme économique et social de notre époque pour rigidifier un ordre dont on sent bien la remise en question, de protéger les intérêts particuliers traditionnels pour conserver des rapports de force qui vont avec.

    • « légitimité technique » ?!?

      • Les biais économiques introduits sont tellement assimilés que plus personne ne me semble les voir. J’aurais dû écrire « matérielle ». Nous avons mis en place des systèmes de licence dans des domaines où les contraintes matérielles devaient être respectées, et aujourd’hui nous les maintenons alors que les contraintes matérielles n’existent plus… et il y a tellement de fierté sur ces licences que les gouvernements essaient d’en mettre partout (à tel point qu’on peut se demander s’ils ne se sentent pas ne plus avoir que ça comme utilité).

        • Vous parlez de monopoles ?

          De toutes manières, les subventions à des secteurs industriels ne peuvent que nous attirer des conflits avec l’OMC et les US.

          Mais tout va bien, BLM a appelé à prendre les fusils pour défendre la Frrrance dans la guerre d’Airbus contre Boeing !

          • Mais suis-je bête ! Le prochain président US démocrate va défendre la France et Airbus contre Boeing …

          • Non, je ne parle pas forcément de monopoles: les dynamiques actuelles remettent en question la viabilité de secteurs entiers et les aides, subventions, avantages… fonctionnent à plein régime, arrosant tout un tas d’entreprises qui se croient encore en concurrence les unes avec les autres.
            Pour ce qui est d’Airbus et de Boeing, j’ai l’impression que nous n’en sommes techniquement pas au même stade que dans l’automobile par exemple où Tesla a montré qu’il était possible de lancer un nouveau producteur en relativement peu de temps. Dans l’aéronautique les contraintes matérielles semblent nécessiter beaucoup plus de temps. Ainsi on peut s’attendre à ce qu’un grand constructeur chinois arrive à percer à grand renfort d’intervention étatique, mais enfin même comme ça c’est loin d’être fait.

  • Ce n’est qu’un écran de fumée de plus imaginé par Macron pour faire croire aux couillons qu’il fait quelque chose. Sa spécialité! En France on parle, on discute, on plane mais on ne fait RIEN en définitive. Jules César, déjà à son époque, constatait que les Gaulois croyaient en ce qu’ils voulaient. Rien n’a changé depuis.

  • Rien à ajouter tant le constat est juste. Merci, Monsieur Le Floch-Prigent.

  • Excellente analyse que cet article, dont l’auteur, on le sait, connaît ce qu’est une entreprise industrielle…..
    Ce projet de commissariat au plan est une ânerie archaïque et bureaucratique de plus montée pour des considérations d’alliance politique et pour faire croire que mr Macron agit…. en réalité il ne fait que parler et on commence à s’en rendre compte !! Que des signes dérisoires de réformettes démagogiques faites pour rechercher une réélection par une majorité du pays assistée et que se satisfait de l’être….! « Le socialisme s’arrêtera quand les autres ne pourront plus payer » disait justement mme Thatcher.
    Le problème aujourd’hui c’est l’Etat, et pas la solution!!!! Quel politicien aura la force de le dire et la capacité à agir????
    Aucun.
    Dans un pays où 20% de la population trime pour en faire vivre 80% qui pensent pourvu que ça dure…..

  • la photo nous montre un incapable content de lui, le lecheur de botte a enfin un job ! lamentable !

  • Nommer un agrégé de grammaire ou d’histoire ministre ou commissaire au plan: n’importe quoi comme dab

  • Et c’est les mêmes lecteurs de Contrepoint qui s’extasient du programme électronucléaire français. Sans planification étatique pas de programme Apollo pas de programme Concorde.

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