Une France apaisée mais pleine de fusillades

Après 40 années de socialisme, de vivrensemble et d'étatisme tout azimut, la France est apaisée. Malgré tout, des fusillades éclatent régulièrement...
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Une France apaisée mais pleine de fusillades

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 février 2017
- A +

La campagne électorale est maintenant lancée à plein régime, ce qui permet d’intéresser le bon peuple français avec des sujets palpitants comme la colonisation algérienne, les tractations mélenchono-hamonesques et le grand orchestre d’instruments à vent d’Emmanuel Macron. Et heureusement que ces clowns sont là : sans eux, on prendrait conscience qu’il y a quelque chose de pourri dans la République du Bisounoursland.

Pourtant, tout le monde sait qu’en France, grâce à l’énergique pacification de la société entreprise depuis plus de 40 ans, la plupart des problèmes ont été réglés et que, d’année en année, la condition du peuple s’est franchement améliorée : sécurité fiscale puis sécurité financière ont permis à toutes les classes sociales de marcher main dans la main, jusqu’au moment où la sécurité physique fut totale et parfaite.

Pas étonnant, dès lors, qu’à chaque période électorale, les sujets économiques passent très loin au second plan. Pas étonnant que la sécurité des citoyens ne concentre guère d’attention tant le pays est un havre de paix. Comme globalement, tout va plutôt bien, il ne reste plus dans les agendas des journalistes, des chroniqueurs politiques et des politiciens que des questions périphériques sur les petits ajustements qu’on peut encore faire à la magnifique machine huilée qu’est devenue la France, tant et si bien qu’on en est à réfléchir sur la distribution universelle et généreuse des dividendes d’une richesse revenue en fanfare, la sortie de l’euro tant notre économie, solide, garantirait une monnaie en béton armé, ou d’autres mesures frappées au coin du bon sens.

optimisme

En tout cas, c’est la seule explication valable qui me vient à l’esprit quand je vois avec quelle légèreté sont traitées les fusillades régulières qui ont lieu un peu partout dans le pays, et à Marseille en particulier.

Comment ? Vous n’avez pas remarqué ?

Pourtant, quelques titres ont parsemé la presse furtivement, entre deux saillies vagues de politiciens en campagne, et il ne faisait aucun doute qu’une fois encore, le pays et l’arrière-pays s’illustraient autrement que par « vivrensemble » et distribution de câlins.

C’est ainsi que vendredi, on apprenait la mort d’un individu suite à une fusillade. Les circonstances de cette fusillade sont suffisamment « croquignolesques » pour qu’on y consacre quelques mots : deux véhicules, dont une grosse cylindrée, se sont mis à poursuivre une Twingo noire à près de 150 km/h sur l’A55, obligeant les autres automobilistes à s’écarter et à ralentir. Quelques minutes plus tard, après avoir terrorisé plusieurs automobilistes et leurs familles sur leur passage, deux des trois véhicules se retrouveront sur le toit, le conducteur de la Twingo sera abattu puis carbonisé par les occupants du troisième véhicule qui prendront la fuite.

Pour le préfet des Bouches-Du-Rhône qui ne manque manifestement ni d’aplomb ni d’inventivité, tout ceci se résume à – je cite – un bête « homicide par règlement de comptes », le règlement de compte devenant de nos jours un objet vraiment très contondant.

Notez que tout ceci se passe à Marseille en 2017 et pas à Chicago en 1930, et notez qu’une telle série aux États-Unis nous aurait valu d’improbables commentaires des foutriquets habituels sur le port d’arme, la mentalité foncièrement différente des Américains et sur la nécessité évidente de bien encadrer la possession d’armes à feu (parsemé d’un petit « ouf, en France, ce n’est pas comme ça »). Mieux encore, certains, naïfs ou idiots, pourront insister sur le caractère exceptionnel de ce genre de faits divers.

Ils ont bien évidemment tort.

En fait, l’aspect exceptionnel ici est dans le faible nombre de victimes et c’est à peu près tout. Les fusillades, dans ce pays, sont devenues en réalité assez régulières. Un petit coup d’œil aux nouvelles locales permet de bien comprendre l’importance du phénomène : Bobigny compte ces derniers jours trois blessés dont un grave à cause d’une fusillade, Aix, Gignac et Marseille complètent la série hebdomadaire. La semaine précédente, Allauch et Marseille encore une fois trouvaient une place dans la même rubrique.

Je pourrais aussi, pour l’amusement, ressortir un précédent billet de 2015 dans lequel je faisais état d’une semaine presque banale en Bisounoursie socialiste où, sur sept jours, on trouvait cinq fusillades à différents endroits, fusillades initiées et terminées par la faune locale et jamais par la police qui, comme la cavalerie, arrive toujours après les faits.

De façon très concrète, très claire, la France est devenue une terre de fusillades et on ne doit l’absence de réaction à cette réalité tangible qu’à la cécité commode d’une part des grands médias et à l’envie de ne surtout pas voir cette réalité dérangeante par une proportion majoritaire des politiciens et, il faut bien le dire, des citoyens pour lesquels fusillade est seulement synonyme d’Amérique. De ce point de vue, la propagande par action ou, comme ici, par omission, fonctionne assez bien.

Il n’en reste pas moins que le pays est, au moins localement, en proie à de véritables guérilla de gangs mafieux que ne semblent arrêter ni la police, ni la gendarmerie, ni la justice, ni la kyrielle de politiciens bigarrés qu’on nous offre d’un plateau télé à l’autre.

De façon tout à fait symptomatique et parfaitement en lien avec cette ambiance catastrophique qui règne sur certains pans entiers du territoire français, on assiste aussi à une violence récurrente et systématique lors de manifestations. Les dernières en date, prenant plus ou moins prétexte des violences policières subies par Théo, se soldent par plus d’une douzaine d’arrestations suite à des exactions qu’absolument rien ne justifie, de la même façon qu’absolument rien ne justifie d’aller brûler les voitures personnelles de policiers qui n’ont rien à voir avec l’affaire (cinq jusqu’à présent).

Interrogés ou titillés par ces événements, il va de soi que nos politiciens ont réagi avec la présence d’esprit et la lucidité qu’on retrouve facilement chez certains petits primates lorsqu’il s’agit d’attraper des fruits goûtus tout en se grattant une couille : Marine Le Pen juge nécessaire d’interdire les manifestations (si les gens sont violents, interdisons les gens), François Fillon remet sur la table l’idée d’une majorité pénale à 16 ans, quant au clown qui sévit encore comme président et à son factotum en plastique qui lui sert de ministre de l’Intérieur, ils n’ont rien trouvé de mieux qu’à se taper une petite opération de communication personnelle aussi putassière qu’hypocrite.

Autrement dit, soit les politiciens n’ont rien à dire sur ce qui ressemble à un mode de vie très alternatif dans le pays et qui échappe de plus en plus à toute forme d’autorité, soit ils s’expriment sur le sujet et enfilent avec application des bêtises périplaquistes en lieu et place d’un traitement de fond, durable.

Les principes, les lois, la volonté des citoyen excédés par un laxisme multi-décennal, les moyens techniques, financiers et humains, tout existe déjà pour revenir à une situation normale d’un pays dit civilisé, d’état de droit et de respect de la personne. Malheureusement, une frange de la population, la presse et l’intelligentsia politique n’ont toujours pas compris.

À mon avis, dans un proche avenir, elles peuvent se préparer à quelques surprises.


—-
Sur le web

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  • ou « Une France fusillée pleine d’apaisés »… 😉

  • Tout va bien, donc nos politiques n’ont plus qu’à régler le problème des injustes sanctions routières. Ainsi les conducteurs des 2 véhicules à près de 155km/h vont savoir ce que c’est que de rouler de plus d’un km/h de trop: 1 point, 6 mois, 45 euros, pour le même prix il pouvaient rouler à 150, ce qu’ils ont fait, donc ils connaissent bien le code et ils ne semblent, pour le législateur, pas plus dangereux que le petit automobiliste qui roule à 131 km/h. Avec un peu de chance ils roulaient en voiture volée et ce sera à la victime du vol, qui recevra le PV de la forteresse de Rennes, de payer. Quand au délit de fusillade, laissons tomber cela coûte à l’État de les garder en prison alors que le petit automobiliste à 131 km/h rapporte 42 euros tous les 6 mois. Cherchez l’erreur !

  • Au chapitre des trophées et puisqu’elle est à l’honneur citons la Suède dont le député Allan Widman (patron du Comité parlementaire de défense) propose une loi interdisant la vente et le port de… gilets pare balle par les simples citoyens. Pour que les délinquants ne les portent pas.
    Au rythme où ils vont, il va être de plus en plus difficile de prétendre que tout cela n’existe pas et que notre vieux fond complotiste nous égare…

  • Est-ce que la priorité de nos politiques doit être de résoudre les problèmes de règlement de compte entre bandes rivales? Ce n’est pas sûr. Ces gens ont rarement intérêt à embêter le bon peuple, car cela ne peut qu’inciter la police à mettre davantage le nez dans leurs petites et profitables affaires. Ce qui a de plus gênant par contre, c’est l’accumulation des domaines où l’Etat montre son incapacité à faire ce pour quoi il est payé. La réaction logique devrait être de lui confier beaucoup moins de choses à faire et à l’inciter à se concentrer sur l’essentiel, mais étrangement la plupart des candidats aux élections font l’analyse exactement inverse. J’avoue que cela me laisse perplexe.

    • On a laissé les bandes rivales régler leurs problèmes entre-eux depuis des années et maintenant ça déborde un peu en faisant courir quelques menus risques aux usagers de la route mais ce n’est pas une raison pour que l’état intervienne et fasse son travail, il vaut mieux laisser encore dégénérer la situation jusqu’à la survenue d’un énième drame qui nous vaudra l’indignation de toute la classe politique avec la larme au coin de l’oeil nous promettant que cette fois promis juré c’est la dernière fois (enfin jusqu’à la prochaine).

  • J’avais vu passer celle-là tout aussi fugitivement :

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/02/09/01016-20170209ARTFIG00160-nevers-le-gign-mis-en-echec-par-la-presse-locale-dans-une-affaire-d-enlevement.php

    Le traitement de l’affaire tout comme l’affaire elle-même sont rocambolesques.

  • Heureusement que nous sommes en Etat d’urgence, que la police est au taquet sur la menace terrorsite, qu’il y a des radars et des caméras de surveillance autoroutières pour notre sécurité, que nous sommes tous fichés au TES, surveillés par la loi renseignement. Tout cela nous protège, ouf !
    Après une telle délinquence routière il faut remettre des pelotons de gendarmes le long des autoroutes avec jumelles laser, uniformes camouflés, et taper dur sur les automobolistes lambdas ainsi que mettre en place une commission spéciale sur la sécurité routière parce qu’une grosse cylindrée contre une Twingo ce n’est ni fair-play ni égal.

    Le « réglement de compte » est une arme, il faut interdire les règlements de compte, vite une loi et des taxes.

    @simple citoyen

    Ne serait-ce pas en Suède qu’un gugusse s’est promené pendant une heure et demie en tuant les gens qu’il croisait, sans croiser la moindre résistance ?
    Au passage, il est interdit pour les civils citoyens d’acheter ou de vendre des gillets pare-balles en France. Seuls les possesseurs d’une carte professionnelle le peuvent. Comme d’hab’ : d’un côté une loi qui prive une partie de la population d’armes et/ou de gillet pare-balles, et de l’autre quelques individus qui se les procurent sans soucis (criminels et Forces de l’Ordre). La même partie est à la merci des deux autres.

  • Ce serait intéressant de savoir combien de policiers en France sont affectés à la sécurité des anciens présidents, ministres, anciens ministres, députés, etc..
    Quelqu’un a une idée du nombre?

  • Pour paraphraser ce que j’ai lu dans un autre article: « Et alors ? »
    Chaque année des milliers de personnes meurent du cancer, de l’alcoolisme, d’accidents routiers etc… Et on nous rebat les oreilles avec quelques fusillades et deux attentats qui a tout casser font 500 morts.

    Ironie mise a part, il est évident que l’Etat ne joue pas son rôle, que le contrat social n’est pas respecté. Lorsqu’un contrat n’est pas respecté, il peut/doit être dénoncé. Nous, citoyens, ne sommes pas autorises pour autant a dénoncer ce contrat. L’Etat ne nous défend plus, mais nous ne pouvons pas pour autant nous défendre nous même. « Dura lex, sed lex ». Si rien ne change, nous allons droit vers des tensions autrement plus graves que celles qui ont fait l’actualité récente dans les banlieues nord de Paris.

  • Le crash de la France est tellement lent que les gens ne sont même plus étonnés de voir se plier et rougir les tôles en face d’eux ni de ressentir de plus en plus d’inconfort.

    • Le crash de la France est tellement lent

      Oups, surement un effet de la déformation de l’espace temps, comme probablement suggéré un génie astucieux prénommé Albert 🙂
      D’ailleurs, si l’on met le doigt dans un trou noir, on ne s’en aperçoit pas. On dirait que l’on y est 🙁

      • En fait je pense que plus rien ne surprend dans la lente décomposition de la société.
        Tout débute par de petits renoncements face aux incivilités, on se dit que jeunesse se passe et qu’on a tous déjà eu affaire à ça. Mais là le bât blesse quand toute une frange de la population vit dans l’incivilité tellement permanente qu’elle devient la nouvelle normalité.
        De l’incivilité la plus « banale », au renoncement des autorités face aux délits et agressions, additionné à la réponse sourde d’une autocratie en mal de surveillance des populations, on se dit que soit les policiers travaillent comme des ninja, soit que les réponses sont tellement indolores que la récidive, ya que ça de vrai.
        Et lorsque les faits divers deviennent des faits de la vie de tous les jours, on se dit que quelque chose, sans doute, a dû nous échapper.

      • Michel ,

        Le très bon Mr Albert et l’espace temps..

  • Vous zavez rien compris !
    En fait, les deux motards étaient des spécialistes de la brigade anti attentat, et ils poursuivaient un vilain djihadistes organisateur d’une série d’attentats à venir dévastateurs. Une arrestation étant inutile pour ce genre d’individu, et comme il était bien connu du milieu, le plus efficace était de simuler un règlement de comptes. Et hop, la voilà l’explication qui tue !
    ?

  • Cher H16, de quoi vous plaignez vous? Nous avons là une industrie parfaitement libérale, dont les marges, non-taxables, sont garanties par l’État, via la perpétuelle et vaine « guerre contre la drogue », des contrats de gré à gré sans papier timbré. Chantage, extorsion, menaces et travaux forcés restent invisibles.
    Parce que personne n’a intérêt à bouleverser les équilibres des pouvoirs locaux.

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